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que chose de tout pareil ; mais ce n'est pas le temps d'en parler.

129. Le plein ne permet pas que les tourbillons s'enflent tous, ou se désenflent tous en même temps ; il faut nécessairement que les uns s'enflent, tandis que les autres se désenflent, et cela avec toute la précision possible ; mais on voit bien que c'est le plein même qui la cause. De plus, il se peut fort bien qu'un même tourbillon s'enfle d'un côté, et se désenfle du côté opposé : le tourbillon qui le touche à l'est , sera plus fort que lui; et celui qui le touche à l'ouest , plus faible.

130. Dans les petites machines des animaux , l'inspiration ne dure qu'un temps fort court, et l'expiration un autre temps égal. Mais il ne serait nullement impossible qu'il y eût un animal dont l'inspiration et l'expiration durassent chacune un quartd'heure, une demi-heure, etc. Cela n'a point de bornes , et il semble qu'il ne faudrait qu'augmenter à proportion les organes et la machine de l'animal. Du moins est-il certain que , quand notre tourbillon serait terminé à Saturne , ce qui pourrait bien n'être pas, un espace de trois cent millions de lieues ne sera pas traversé en peu de temps : il en faudra d'autant plus , que ces jets de matières étrangères dans notre tourbillon , n'y peuvent pénétrer , sans combattre et sans surmonter un mouyement très-rapide de sa matière propre.

131. Cela même pourrait faire naître quelque difficulté ; mais on y répondrait suffisamment par l'exemple des grosses rivières qui pénètrent dans la mer, lors même

que son mouvement est le plus contraire au leur , et qui y forment des courans bien sensibles et bien marqués dans l'étendue de quelques lieues.

132. On ne peut imaginer ces jets de matière étrangère , que comme étant d'un assez gros volume, et du moins dans la proportion des courans des rivières à la mer où ils entrent. Mais nous ne proposons jusqu'à présent que de simples conjectures sur la communication des tourbillons étrangers avec le nôtre; et il faut attendre la connaissance de quelques faits bien constatés, pour arriver à quelque chose de moins vague et de plus déterminé. Qu'il nous soit permis cependant de suivre notre hypothèse jusqu’où elle peut aller , et de voir quel est son degré de yraisemblance.

133. Le tourbillon solaire reçoit , non de toutes parts , mais de plusieurs endroits de sa circonférence , des jets de matière étrangère , qui ont des directions différentes , et souvent opposées, ou , à peu près, prises deux à deux. Łui-même il en peut rendre aux tourbillons environnans ,

différens de ceux dont it en reçoit ; et au lieu que les premiers jets avaient leur direction de sa circonférence à son centre, ces seconds auront la leur du

117 et

d'un

centre à la circonférence. Ces courans, qui ne doivent faire qu'un petit volume par rapport au volume total du tourbillon , sont séparés les uns des autres par d'assez grands intervalles ; ils peuvent avoir des vitesses différentes jusqu'à un certain point. Maintenant, que l'on conçoive les couches qui portent nos six planètes, et qui, dans un milieu parfaitement uniforme , auraient eu un cours parfaitement circulaire ; peuvent-elles l'avoir encore dans un milieu inégal et mêlé, tel que nous venons de le représenter ? Pourraient-elles même conserver leur figure sphérique sans altération, surtout quand elles seraient attaquées par des courans différens de la manière exposée dans les articles 120 ? Voilà le principe général des différentes ellipticités des planètes, promis dans l'article 124. Il est aisé de voir en gros , seul coup d'oeil, qu'il en doit naître un prodigieux nombre de variétés possibles. C'en sera une , et peut-être la plus singulière de toutes, que l'ellipse ou orbite de Vénus seule restée cercle presque parfait (124).

134. On sait par observation à quels lieux du firmament répondent dans les orbites planétaires les aphélies , ou plus grandes distances de chaque planète au soleil. Ceux de Mercure, de Vénus et de Saturne sont dans le sagittaire ; celui de Mars dans la vierge, de la Terre dans le capricorne , de Jupiter dans la balance. Ainsi , tous les aphélies sont compris dans la région du ciel, qui s'étend depuis la vierge jusqu'au capricorne ; et il n'y en a point hors de ces cinq signes, c'est-à-dire , que les jets ou courans ont plus de force dans toute cette grande partie du ciel que dans l'autre presque égale , puisqu'il y en a une correspondante où les ellipses planétaires sont le plus ellipses par rapport au soleil. Cela est assez conforme à l'hypothèse des jets.

135. Les aphélies sont fixes , ce qui marque qu'il y a partout des équilibres établis , du moins pour de longues durées.

136. Il n'est pas impossible , et peut-être est-il nécessaire pour l'espèce de vie qu'a l'univers, que ces équilibres finissent , tantôt dans un endroit, tantôt dans l'autre. Un tourbillon qui , pendant plusieurs siècles , aura jeté dans les tourbillons voisins et reçu d'eur une égale quantité de matière', viendra enfin, par quelque cause que ce soit, à en jeter plus qu'il n'en recevra , et à se vider peu à peu. Alors il ne pourra plus se soutenir comme les autres ; et le corps solide ou soleil qu'il avait à son centre , et qui certainement sera demeuré le dernier en så place , en sera chassé, et ira errant par les interstices des tourbillons , où il ne trouvera presque aucune résistance. Ce sera là une comėte ; et l'on pourrait suivre cette idée , si l'on voulait, et la rendre assez vrasemblable ; mais je doute que l'on sache encore assez l'histoire

des cometes; du moins, pour moi, je suis dans le cas de ne l'avoir pas assez étudiée. Je ne puis cependant m'empêcher de dire que, quand on fait décrire aux comètes des ellipses infinies ou presque infinies, dont notre soleil est un des foyers, il me semble que c'est là un reste du système de Ptolomée , bien naturel à la vérité, où l'on se fait le centre de tout. Il n'y a point de mouvement céleste qui ne puisse être rapporté par nous à tel point du ciel qu'il nous plaira : mais afin qu'il s'y rapporte naturellement, il faut du moins que ce point soit dans le plan d'une couche décrite autour de lui par le corps mû. Or, on ne peut savoir qu'une courbe soit circulaire, ou au moins rentrante , si l'on n'a vu le même corps y revenir ; mais on n'est pas

encore sûr d'avoir vu deux fois la même comète. Maintenant que l'on

observe , et en plus de lieux , et mieux que jamais , on commence · à croire qu'il y a des comètes tous les cinq ans et demi : en voilà beaucoup; et plus il y en aura , moins il y aura d'apparence qu'elles décrivent toutes des courbes autour du soleil , et plus il sera difficile de reconnaître celles qui seraient les mêmes. Ne précipitons rien , s'il se peut.

137. Il y a un fait bien constaté en astronomie , dont la cause, telle que nous l'imaginons, en conséquence de tout ce qui a été dit , serait l'émission des jets.

Anciennement on croyait les étoiles fixes , absolument ; et on y était assez bien fondé : mais on s'est aperçu , il y a environ deux mille ans, qu'elles ont un mouvement , non pas mouvement qui les fasse changer de place entre elles, mais qui les fait aller toutes ensemble d'occident en orient, toujours parallélement à l'écliptique ou orbite de la terre ; de sorte que l'étoile de la constellation d'Aries , qui était autrefois à l'intersection de l'écliptique et de notre équateur , n'y est plus , mais s'est avancée vers l'orient, sans sortir du cercle de l'écliptique, et ainsi de toutes les autres étoiles du firmament. Cela est assez connu.

138. Si l'on conçoit que les plans de la circulation et de la rotation de la terre, qui naturellement ne doivent être que

le même (114), viennent à se détacher l'un de l'autre , et par conséquent aussi leurs axes, il n'importe encore comment. Și, de plus, on conçoit que l'axe de l'équateur se meuve et décrive un cercle autour de l'axe de l'écliptique immobile , il est certain que le mouvement des fixes sera vu de la terre , tel qu'il a été représenté dans l'article précédent; il sera toujours parallèle à l'écliptique; les fixes ne conserveront point les mêmes distances à l'égard de l'équateur, etc. Il ne faut qu'un peu d'attention pour

s'en convaincre.

139. Mais quelle sera la cause qui séparera les deux axes ? Un

jet de matière étrangère qui viendra frapper la terre par le pôle commun à la circulation et à la rotation ; et certainement il doit produire quelque effet. Comme le mouvement apparent des fixes · dure déjà depuis 2000 ans, qu'il a peut-être commencé longtemps avant que d'être observé, et qu'on ne saite quand il finira , l'action d'où il dépend doit être assez modérée , et ne va pas jusqu'à troubler les grands équilibres. Le jet dont il s'agit ici ne changera que la direction de l'un ou de l'autre des deux axes de la terre. Pour changer la direction de l'axe de circulation, il faudrait transporter la terre dans une autre couche du tourbillon, car il est aisé de voir qu'elles ont toutes cet axe différemment dirigé; et ce transport de la terre dans une autre couche , dont il faudrait vaincre la résistance, ne serait pas un médiocre effort. Le jet ne changera que la direction de l'axe de rotation, et rien ne s'y opposera. Cet axé n'est déterminé par les circonstances physiques , qu'à faire un certain angle avec celui de circulation, mais non pas à avoir sa direction est et ouest, plutôt que nord et sud. Il obéira sur cela à la moindre impulsion. On peut se rappeler ce qui a été dit sur la cause de la rotation dans l'article 68.

140. L'action du jet sur l'axe de rotation de la terre ne peut guère être continue : il serait difficile de concevoir qu'un tourbillon voisin agit pendant 2000 ans sur le nôtre, sans que le nôtre réagit sur lui. Il est vrai qu'il pourrait, pendant ce temps-là , réagir sur un autre voisin, et lui renvoyer autant de matière qu'il en aurait reçu ; mais il paraît plus naturel que l'action du premier jet soit interrompue, et ne se fasse qu'à différentes reprises, telles cependant que son effet n'ait pas été entièrement détruit dans les intervalles de

repos.

aisément intervalles , quoique réels, n'empêcheront pas la continuité apparente d'un mouvement qui n'est qu'un degré en 70 ans, et dont la révolution entière serait de 25,200. C'est là le plus long , sans comparaison , de tous les mouvemens observés jusqu'ici, et celui dont la cause paraît le plus devoir être rapportée aux tourbillons environnans.

141. Les observations astronomiques plus exactes, plus assidues et plus nombreuses aujourd'hui que jamais, commencent à faire découvrir, ou du moins à faire soupçonner que l'angle de l'équateur avec l'écliptique , que l'on avait toujours cru constant, diminue, ou, ce qui est le même , que l'équateur et l'écliptique se rapprochent. Cela se lierait aisément avec notre hypothèse présente. L'axe de l'écliptique, ou celui de la circulation de la terre, que nous avions supposé immobile, ne le sera pas parfaitement, et participera un peu au mouvement de l'autre axe, qui

On verra

que ces

est celui de l'équateur et de la rotation, ce qui est vraisemblable, car certainement ce nouveau mouvement, tel qu'il devrait être sur le pied de ce qu'on en connaît jusqu'ici , serait très-lent par rapport à l'ancien : sa révolution ne pourrait être aux 25,200 ans du mouvement apparent des fixes, que comme i à 205.

142. Cela ne conclut pas que l'écliptique, qu'on supposerait partie d'abord d'une position perpendiculaire à l'équateur, dût, dans le cours de 5 millions 166,000 ans, qui sont le produit de 25,200 par 205, s'approcher toujours de l'équateur, se mettre dans son plan, passer ensuite au-delà , et se remettre dans sa première position. Il se peut très bien que l'écliptique ne s'avance vers l'équateur que jusqu'à un certain point, qu'ensuite elle retourne au point d'où elle était partie , et toujours ainsi de suite , en faisant des oscillations qui dureront des milliers d'années. Mais d'en vouloir deviner toutes les causes, ce serait trop s'abandonner aux conjectures.

143. En général, il est certain que l'ordre, l'uniformité, la constance , la longue durée des mouvemens célestes demandent un grand équilibre universel , qui se subdivise même en plusieurs équilibres particuliers. Un équilibre ne peut être formé que par deux forces égales. D'ailleurs, ces équilibres ne sont pas des repos, des cessations de mouvement; au contraire, ils s'accordent avec des mouvemens très-vifs , très-rapides, toujours sub• sistans. Il faut donc que des forces égales ne laissent pas de se combattre perpétuellement, en se balançant les unes les autres , et devenant alternativement supérieures et inférieures , du moins pendant de longues suites de siècles. Les équilibres et les oscillations seront les deux grands principes de la formation artificielle de l'univers.

SECTION I X.

Sur les Atmosphères des Corps célestes. 144. Nous avons vu que plusieurs planètes ont certainement des tourbillons particuliers, et qu'apparemment elles en ont toutes (95 et 96 ).

Outre cette enveloppe, quelques globes solides en ont certainement encore une autre. La terre, par exemple , a son atmosphère formée tant par l'air , si nécessaire à tous les animaux , que par les vapeurs et les exhalaisons qui sortent incessamment de la terre échauffée , soit par les feux souterreins,

soit soleil, et s'élèvent jusqu'à une certaine hauteur qui n'est pas encore déterminée.

Au lieu que la matière éthérée, qui compose en général le

par le

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