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les inventeurs de celles qui seront approuvées, seront tenus de lui en laisser un modele.

XXXII. Les académiciens honoraires , pensionnaires et associés auront voix délibérative, lorsqu'il ne s'agira que de sciences.

XXXIII. Les seules académiciens honoraires et pensionnaires auront voix délibérative , lorsqu'il s'agira d'élection ou d'affaires concernant l'académie , et lesdites délibérations se feront par scrutins.

XXXIV. Ceux qui ne seront point de l'académie , ne pourront assister ni être admis aux assemblées ordinaires , 'si ce n'est quand ils y seront conduits

par

le secrétaire (pour y proposer quelques découvertes ou quelques machines nouvelles.

XXXV. Toutes personnes auront entrée aux assemblées publiques qui se tiendront deux fois chaque année , l'une le premier jour d'après la Saint-Martin, l'autre le premier jour d'après Pâques.

XXXVI. Le président sera au haut bout de la table avec les honoraires ; les académiciens pensionnaires seront aux deux côtés de la table ; les associés au bas bout, et les élèves chacun derrière l'académicien duquel ils seront élèves.

XXXVII. Le président sera très-attentif à ce que le bon ordre soit fidèlement observé dans chaque assemblée et dans ce qui concerne l'académic; il en rendra un compte exact à sa majesté , ou au secrétaire d'état à qui le roi aura donné le soin de ladite académie.

XXXVIII. Dans toutes les assemblées, le président fera délibérer sur les différentes matières , prendra les avis de ceux qui ont voix dans la compagnie , selon l'ordre de leur séance , et prononcera les résolutions à la pluralité des voix.

XXXIX. Le président sera nommé par sa majesté au premier janvier de chaque année : mais quoique chaque année il ait ainsi besoin d'une nouvelle nomination, il

pourra

être continué tant qu'il plaira à sa majesté ; et comme par l'indisposition ou par la nécessité de ses affaires , il pourrait arriver qu'il manquerait à quelques assemblées , sa majesté nommera en même temps un autre académicien pour présider en l'absence dudit président.

XL. Le secrétaire sera exact à recueillir en substance tout ce qui aura été proposé , agité, examiné et résolu dans la coinpagnie , à l'écrire sur son registre , par rapport à chaque jour d'assemblée , et à y insérer les traités dont aura été fait lecture. Il signera tous les actes qui en seront délivrés , soit à ceux de la compagnie, soit aux autres qui auront intérêt d'en avoir ; et à

la fin de décembre de chaque année, il donnera au public un extrait de ses registres, ou une histoire raisonnée de ce qui se sera fait de plus remarquable dans l'académie.

XLI. Les registres , titres et papiers concernant l'académie , demeureront toujours entre les mains du secrétaire , à qui ils seront incessamment remis par un nouvel inventaire que le président en dressera ; et au mois de décembre de chaque année, ledit inventaire sera par le président récolé et augmenté de ce qui s'y trouvera avoir été ajouté durant toute l'année.

XLII. Le secrétaire sera perpétuel; et lorsque , par maladie ou par autre raison considérable, il ne pourra venir à l'assemblée , il y commettra tel d'entre les académiciens qu'il jugera á propos pour tenir en sa place le registre.

XLIII. Le trésorier aura en sa garde tous les livres, meubles, instrumens, machines ou autres curiosités appartenant à l'académie : lorsqu'il entrera en charge , le président les lui remettra par inventaire ; et au mois de décembre de chaque année ledit président récolera ledit inventaire pour l'augmenter de ce qui aura été ajouté durant toute l'année.

XLIV. Lorsque des savans demanderont à voir quelqu'une des choses commises à la garde du trésorier, il aura soin de les leur montrer ; mais il ne pourra les laisser transporter hors des salles où elles seront gardées , sans un ordre par écrit de l'académie.

XLV. Le trésorier sera perpétuel ; et quand, par quelque empêchement légitime , il ne pourra satisfaire à tous les devoirs de sa fonction, il nommera quelque académicien faire.

XLVI. Pour faciliter l'impression des divers ouvrages que pourront composer les académiciens , sa majesté permet à l'académie de se choisir un libraire, auquel, en conséquence de ce choix , le roi fera expédier les priviléges nécessaires pour imprimer et distribuer les ouvrages des académiciens que

l'académie aura approuvés. XLVII. Pour ence

ncourager les académiciens à la continuation de leurs travaux, sa majesté continuera à leur faire

payer

les pensions ordinaires, et même des gratifications extraordinaires , suivant le mérite de leurs

ouvrages. XLVIII. Pour aider les académiciens dans leurs études , et leur faciliter les moyens de perfectionner leur science , le roi continuera de fournir aux frais nécessaires pour les diverses expériences et recherches que chaque académicien pourra faire.

XLIX. Pour récompenser l'assiduité aux assemblées de l'académie , sa majesté fera distribuer à chaque assemblée quarante

pour y satis

jetons à tous ceux d'entre les académiciens pensionnaires qui. seront présens.

L. Veut sa majesté , que le présent réglement soit lu dans la prochaine assemblée, et inséré dans les registres , pour être exactément observé suivant sa forme et teneur; et s'il arrivait qu'aucun académicien y contrevint en quelque partie , sa majesté en ordonnera la punition suivant l'exigence du cas. Fait à Versailles, le vingt-sixième de janvier mil six cent quatre-vingtdix-neuf, Signé LOUIS ; et plus bas , PHELYPEAUX.

En vertu de ce réglement , l'académie des Sciences devient un corps établi en forme

par l'autorité royale, ce qu'elle n'était pas auparavant.

C'est un corps beaucoup plus nombreux , et qui embrasse sous différens titres toutes les personnes les plus illustrés dans les sciences, ou même les plus propres à le devenir.

Il embrasse non-seulement les plus célèbres savans des provinces de France , mais même ceux des autres pays.

Il contient en lui-même de quoi se réparer continuellement ; et ceux qui en peuvent devenir les principaux membres , commenceront de bonne heure à s'y former.

En même temps il ne laisse pas d'être toujours ouvert au mérite étranger.

Il a des correspondances dans tous les lieux où il y a des sciences , et il attire à lui les premières nouvelles et les preiniers fruits de la plupart des découvertes qui se feront au dehors.

Les différentes manières d'entrer dans ce corps sont proportionnées aux différentes vues qui peuvent faire désirer d'y entrer, et aux différentes classes d'académiciens.

Les académiciens sont plus fortement que jamais engagés au travail , et même à l'assiduité. L'académie se fait plus connaître du public, les matières qu'elle traite sont moins renfermées chez elle , et le goût; le fruit et l'esprit des sciences peuvent se communiquer au dehors avec plus de facilité.

Après que le réglement eut été lu dans l'assemblée, M. l'abbé Bignon y fit lire une lettre de M. de Pontchartrain , par laquelle le roi nommait plusieurs académiciens nouveaux.

On vit à l'assemblée suivante une agréable confusion à laquelle on n'était pas accoutumé; car les anciens académiciens , dont quelques-uns n'étaient pas fort assidus , ne manquèrent pas de 'y trouver , et les nouveaux vinrent prendre leurs places; ce qui faisait beaucoup de monde pour une des plus petites chambres de la bibliothéque du roi où l'on s'assemblait. Ce désordre cessa bientôt; M. l'abbé Bignon marqua à chacun une place fixe, et il

S

se trouva ; ear peut-être n'est-il pas hors de propos de rapporter les plus petites choses , surtout parce qu'en fait de compagnies elles peuvent devenir importantes , il se trouva que les savans de différentes espèces, un géomètre, par exemple, et un anatomiste furent voisins ; et comme ils ne parlent pas la même langue, les conversations particulières en furent moins à craindre.

Dans cette assemblée, qui fut la première de la nouvelle académie, le premier soin fut celui de la reconnaissance que l'on devait à M. de Pontchartrain. Il fut résolu unanimement que la compagnie en corps, présidée par M. l'abbé Bignon, irait le remercier très-humblement du réglement qu'il avait eu la bonté d'obtenir du roi , et lui demander la continuation de sa protection. Ce ministre engagea encore la compagnie à une nouvelle reconnaissance par la manière dont il la reçut. Quand elle s'en alla , il lui fit l'honneur de la reconduire jusqu'à sa cour, et de ne point rentrer dans son appartement, qu'elle n'en fût entièrement sortie.

Quelques jours après, on résolut que l'académie irait par députés remercier aussi M. l'abbé Bignon de la part qu'il avait eue au nouveau réglement, et des extrêmes obligations qu'on lui avait depuis long-temps. On prit , pour proposer et pour régler cette députation, un jour qu'heureusement M. l'abbé Bignon n'était pas à l'assemblée, et l'on jugea nécessaire d'arrêter que le secret serait inviolablement gardé jusqu'à l'exécution,

Il y eut d'abord quelques séances qui se passèrent uniquement å se mettre dans la nouvelle forme que le réglement prescrivait.

On travailla ensuite à trouver un sceau et une devise la compagnie.

Le sceau fut un soleil, symbole du roi et des sciences, entre trois fleurs-de-lys; et la devise une Minerye environnée des instrumens des sciences et des arts , avec ces mots latins , invenit et perficit.

Mais entre toutes ces séances, où il ne fut question que de préliminaires, la plus remarquable fut celle où tous les académiciens, pensionnaires déclarèrent par écrit quel était l'ouvrage auquel ils travailleraient, et en quel temps ils espéraient l'avoir fini. Ce fut une espèce de veu qu'ils firent à cette nouvelle naissance de la compagnie ; et la plupart des associés et des élèves en firent autant, quoiqu'ils n'y fussent pas obligés. Quelques académiciens ont déjà satisfait à leur engagement, et leurs ouvrages ont paru.

Tous les académiciens présens nommerent aussi les différentes personnes avec qui ils seraient en commerce sur les matières de

pour

sciences, soit dans les provinces, soit dans les pays étrangers ; et le secrétaire expédia de la part de la compagnie des lettres à tous ces correspondans, pour les prier d'entretenir ce commerce avec régularité.

On s'apercevait aisément que ces préliminaires , quoiqu'indispensables, paraissaient languissans à la compagnie, impatiente d'en venir à un travail sérieux. Elle

y vint enfin, et désormais son histoire ne roule plus que sur des observations et des raisonnemens proposés dans les assemblées.

Il reste cependant encore un fait que la reconnaissance , et même la gloire de l'académie, rendent absolument nécessaire dans son histoire. C'est une nouvelle grâce qu'elle reçut du roi. Il lui donna un logement spacieux et magnifique dans le Louvre, au lieu de la petite chambre serrée qu'elle occupait dans la bibliothéque; et la première assemblée d'après Pâques , qui, selon le réglement donné en février , fut publique, se tint dans ce nouveau logement.

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