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Page 64. Parmi ses membres les plus célèbres, ceuxci sous les glaces du pôle, ceux-sous les feux de l'équateur, mesuraient cet arc du méridien qui devait fixer la figure de la terre , etc.

Ce fut sous le ministère de M. de Maurepas que l'Académie des Sciences voulut soumettre à des calculs mathématiques l'hypothèse de Newton sur l'applatissement des pôles, et déterminer ainsi avec précision la figure de la terre. Elle résolut de faire mesurer un degré du méridien sous l'équateur, et un autre sous le pôle. La Condamine, Bouguer et Godin, Clairault, Maupertuis, Le Monnier et Camus, furent chargés de l'exécution de cette pénible entreprise. Les uns partirent pour le Pérou en 1735, les autres, l'année suivante , pour les confins de la Laponie. Des obstacles de tout genre ne purent arrêter le zèle de ces savans voyageurs. Les observations faites souvent en particulier par chacun d'eux, se rapportèrent d'une manière si rigoureuse qu'il ne put rester aucun doute sur leur parfaite exactitude. Une seule année suffit aux Acadéniciens envoyés dans le Nord ; mais dix années s'écoulèrent avant que les travaux de leurs collègues fussent entièrement terminés.

Quelques-uns

Quelques-uns d'entre eux n'étaient point encore de retour, lorsqu'en 1750 l'abbé de la Caille fut aussi député par l'Académie au Cap de Bonne-Espérance ; pour y observer la parallaxe de la lune , et mesurer le plus austral des degrés du méridien de notre continent. Il eut moins d'obstacles à surmonter, et put mettre plus de promptitude dans l'exécution de ses travaux. On eut alors plusieurs degrés du méridien pris sous l'équateur, et au-delà du tropique du capricorne : et les observations des Savans français prouvèrent enfin ce qu'on n'avait fait que supposer, que notre globe est un sphéroïde légèrement aplati vers les pôles.

Page 65. Le Géomètre qui, dans son Traité de Dye namique avait rapporté d un principe unique toutes les lois du mouvement, en résolvant depuis le problême de la précession des équinoxes, faisait franchir à la science les limites le génie de Newton s'était arrêté, etc.

J'aurais craint de m'exagérer l'importance de ces découvertes , si je n'avais trouvé en faveur de mon opinion de grandes autorités. Il ne sera peut-être pas inutile aujourd'hui de remettre sous les yeux

des lecteurs le jugement qu'en portait , en 1784, le dernier secrétaire perpétuel de l'Académie des sciences. Les sciences soumises au calcul marchent de progrès en progrès : pour être juste envers ceux qui les ont autres fois agrandies, il faut un moment revenir sur ses pas, et porter ses regards en arrière. C'est alors sur-tout qu'il importe de mettre, comme un poids dans la balance, le suffrage des contemporains,

Dans la science du mouvement dit M. de Condorcet , il faut distinguer deux sortes de principes, Les uns sont des vérités de pure définition ; les autres sont ou des faits connus par l'observation, ou des lois générales déduites de la nature des corps considérés comme impénétrables , indifférens au mouvement et susceptibles d'en recevoir. De ces derniers principes, celui de la décomposition des forces était le seul vraiment général qui fût connu jusqu'alors; et joint à ces vérités de définition sur lesquelles Huyghens et Newton n'avaient rien laissé à découvrir , il avait suffi pour établir leurs sublimes théories , et pour résoudre ces problèmes de statique, si célèbres dans le commencement de ce siècle. Mais si les corps ont une forme finie , si on les imagine liés entre eux par des fils flexibles ou par des verges inflexibles , et qu'on les suppose en mouvement, alors ces principes ne suffisent plus , et il fallait en inventer un nouveau. M. d'Alembert le découvrit, et il n'avait que vingt-six ans. Ce principe consiste à établir l'égalité, à chaque instant, entre les changemens que le mouvement du corps éprouvés, et les forces qui ont été employées à les produire, ou, en d'autres termes , à séparer en deux parties l'action des forces motrices , à considérer l'une comme produisant seule le mouvement du corps

dans le second instant et l'autre comme employée à détruire celui qu'il avait dans le premier. Ce principe si

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simple , qui réduisait à la considération de l'équilibre toutes les lois du mouvement, a été l'époque d'une grande révolution dans les sciences physico-mathématiques. A la vérité , plusieurs des problèmes résolus dans le traité de Dynamique, l'avaient déjà été par des méthodes particulières, différentes en apparence pour chaque problème , elles n'étaient sans doute réellement qu'une seule et même méthode ; sans doute elles ren fermaient le principe général qui y était caché ; mais personne n'avait pu l'y découvrir ; et si on refusait, sous ce prétexte, à M. d'Alembert la juste admiration qu'il mérite, on pourrait, avec autant de raison, faire honneur à Huyghens des découvertes de Newton , et accorder à Wallis la gloire que Léibnitz et Newton se sont disputée ».

no Il restait encore à M. d'Alembert à donner un moyen d'appliquer son principe au mouvement d'un

corps fini d'une figure donnée : et en 1749 il résolut le problème de la précession des Equinoxes. — L'axe de la Terre ne répond point toujours au même lieu du Ciel; mais il se dirige successivement vers tous les points d'un cerele parallèle au plan de l'orbite terrestre, et par une suite de ce mouvement, les équinoxes et les solstices répondent, dans la même période, à toutes les parties du zodiaque. Le phénomène connu sous le nom de précession des équinoxes, a été observé par les Anciens. Hipparque en avait supposé la période de 25200 ans, et les Modernes, par des observations plus exactes, l'ont fixée à environ 720 ans de plus. Ce mouvement en longitude n'est pas le seul qu'épronve l'axe de la Terre ; il en a un autre en latitude bien plus petit, qui n'est qu'une espèce de balancement , et dont la période est de dix-huit ans seulement. Cette mutation n'a été découverte que dans ce siècle par Bradlei, et jusqu'à lui on la confondait avec les mouvemens irréguliers, propres aux étoiles fixes. Newton attribuait avec raison la précession des équinoxes à l'effet, de l'attraction de la Lune et du Soleil sur la Terre. Il savait que notre planète est un sphéroïde aplati vers les pôles, et que les deux astres, mus dans des plans où ils n'agissent pas d'une manière semblable sur les parties disposées autour de l'axe de la Terre , doivent altérer son mouvement de rotation. Mais ce n'était pas assez, Newton avait appris le premier aux Philosophes à n'admettre pour vraies que des explications calculées, qui rendent raison et du phénomène en lui-même, et de sa quantité et de ses lois. Aussi, essaya-t-il de déterminer l'effet de l'attraction de la Lune et du Soleil sur le mouvement de l'axe de la Terre : mais les méthodes d'analyse et les principes mêmes de mécanique, nécessaires pour une dissolution directe, manquaient à son génie, et it fut obligé d'admettre des hypothèses , qui ne le conduisirent à un résultat conformie à l'observation que par la compensation des erreurs produites par chacune d'elles, Vingt-trois ans après sa mort, cette limite qu'il semblait avoir posée, n'avait pas été franchie. M. d'Alembert en eut la gloire; il expliqua également le phénomène de la inutation nouvellement découvert, et répara

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