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TEMPÉRATURE DE L'Océan ATLANTIQUE EN DIFFÉRE. TES SAISONS.

Une grande masse d'eau ne suit qu'avec une lenteur extrême les changemens de température observés dans l'atmosphère , et le maximum des températures moyennes de chaque mois ne correspond pas à la ineme époque dans l'Océan et dans l'air. L'accroissement de la chaleur des mers éprouve nécessairement un retard ; et comme la température de l'air commence à diminuer avant que celle de l'eau ait atteint son maximum , il en résulte que l'étendue des variations thermométriques est plus petite à la surface de la mer que dans l'atmosphère. Nous sommes encore bien éloignés de connoître les lois de ces phénomènes , qui ont une grande influence dans l'économie de la nature.

M. Kirwan admet qu'entre les 18° de latitude nord et les 18 de latitude sud, les températures moyennes des mois ne different que de 5 degrés centésimaux, et cette évaluation est un peu trop foible ; car nous savons, par des observations calculées avec soin , qu’à Pondichéry, à Manille et dans plusieurs autres lieux situés entre les tropiques, les chaleurs moyennes des mois de janvier et d'août different entre elles de 8 à

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10 degrés. Or, les variations de l'air sont au moins d'un tiers, plus petites dans le bassin des mers que sur le continent, et l'Océan n'éprouve qu'une partie des changemens de température de l'atmosphère qui l'entoure. Il en résulte que si l'Océan équatorial ne communiquoit pas avec les mers des zones tempérées, l'influence locale des saisons y seroit presque nulle.

M. Péron', qui a répété avec beaucoup de succès les expériences faites par Ellis, Forsler et Irvine sur le froid qui règne au fond de l'Océan, affirme « que partout au large la mer est plus froide à midi , et plus chaude de nuit que l'air ambiant. » Cette assertion a besoin de beaucoup de restriction; j'ignore si elle est exacte pour les 44 et 49 degrés de latitude australe, où ce zélé naturaliste semble avoir fait le plus grand nombre de ses observations thermométriques; mais entre les tropiques, où l’air, en pleine mer, est à peine de 20 ou 30 plus froid à minuit que deux heures après la culmination

Annaks du Muséum, Tom. V, p. 123 - 148. Journ. de Phys., Tom. LIX, p. 361. Gilbert, Annalen der Physik, Tom. XIX, p. 427.

du soleil, je n'ai jamais trouvé le moindre changement dans la température de l'Océan, de jour et de nuit. Cette différence ne devient sensible que dans un calme plat, pendant lequel la surface de l'eau absorbe une plus, grande masse de rayons; mais nous avons déjà dit que les expériences thermométriques faites dans cet état de l'Océan n'ont rapport qu'à un phénomène local, et qu'elles doivent être exclues entièrement lorsqu'il s'agit d'un problème de la physique générale.

Les observations qui sont renfermées dans les tableaux précédens ont toutes été recueillies. sous les mêmes parallèles, mais par des longitudes et dans des saisons très - différentes. Lors des expéditions aux terres magellaniques et à Batavia, le maximum de la température a été trouvé beaucoup plus au nord que dans tous les autres voyages, ce qui a influé sensiblement sur la chaleur de la mer au nord du tropique du Cancer. Le maximum a été, d'après les journaux de Churruca et de Rodman, en octobre, par les 6° nord; d'après M. de Quevedo, en mars, par les 2° 1' sud; et d'après le docteur Perrins, en avril, par les 0° 15' nord. Je l'ai observé en mars, à l'est des

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îles Galapagos, par les 2° 27' de latitude boréale. Il est probable que des changemens de courans causent ces anomalies extraordivaires, et que le grand cercle qui passe par les points où l'eau de mer est la plus chaude, coupe l’équateur sous un angle qui est variable, selon que la déclinaison du soleil est boréale ou australe. Ces phénomènes, lies peut-être à ceux de la limite des vents alisés et du maximum de la salure de la mer, méritent d'être examinés avec soin ; mais on ne sauroit être surpris d'un manque d'observations précises sur la température des 'mers équatoriales , si l'on se rappelle que nous ignorons encore les variations thermométriques dans les mers voisines de l'Europe '.

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On

? C'est en vain que, depuis mon retour en 1804, j'ai engagé les physiciens qui habitent les côtes de l'Océan , en Espagne, en France et en Angleterre, à déterminer, pour chaque mois de l'année, la température moyenne de la mer à sa surface, comparée à la température moyenne de l'air sur les côtes voisines. Ce qui a été publié à ce sujet se fonde ou sur des considérations théoriques ou sur un petit nombre d'expériences qui n'ont pas été faites au large, mais dans des ports et dans des rades abritées. Quel est le

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