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bord de la frégate Santa Rufina, qui seront consignées dans cet ouvrage, embrassent les deux hémisphères, depuis les 60° de latitude sud jusqu'aux 36° de latitude nord : elles sont d'autant plus précieuses que ce navigateur très-instruit connoissoit parfaitement sa longitude au moyen d'un chronomètre de Brockbanks, et de distances de la lune au soleil. Ses instrumens météorologiques, construits par Nairne, avoient été comparés, avant son départ, à ceux dont je me suis servi sur les Cordillères.

Depuis l'équateur jusqu'aux 25 et 28 degrés nord, la température est d'une constance bien singulière, malgré la différence des méridiens: elle est plus variable dans les latitudes élevées où la fonte des glacés polaires, les courans causés par cette fonte et l'extrême obliquité des rayons solaires en hiver, diminuent la chaleur de l'Océan. Le tableau suivant, qui renferme des expériences prises au hasard dans plusieurs journaux de route, confirme ces assertions. Les fractions de degrés, par lesquelles les résultats s'y trouvent exprimés, naissent de la réduction des échelles du thermomètre de Réaumur ou de Fahrenheit, à la division centigrade.

6*

TEMPÉRATURE DE L'OCÉAN ATLANTIQUE PAR DIFFÉREN'S DEGRÉS DE LONGITUDE.

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. 27°,2
27°,7
27°,7

27° (Cook). .

28°,0

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LATITUDE.

LONGITUDE.

58 A.

57' A.
0' 33' A.
Oi B.

0° 13' B.
25° 15' B.
25° 29' B.
25" 49' B.
27° 40' B.
28" 47' B.
42° 34' B.
43° 17' B.
43° 58' B.
44° 58' B.
45° 13' B.
48° 11' B,

27° 34' 0.
30° 11' 0.
21° 20' O.
84° 15' 0.
51° 42' E.
21° 36' 0.
39° 54 0.
26° 20' O.
17° 4' 0.
18° 17' 0.
15° 45' 0.
31° 27' 0.
13° 7' 0.
33° 47' 0.
-4° 40' 0.
14" 18' 0.

209,7

Nov. 1788

Churruca.
Avril 1803 Quevedo....
Mars
1800

Perrins.
Févr. 1803 Humboldt.
Mai 1800

Perrins.
Juin
1799

Humboldt..
Avril 1803 Quevedo.
Mars 18oo Perris..
Janv. 1768 Chappe...
Oct.

Churruca.
Févr. 1800 Perrins.
Mai
1803

Quevedo...
Juin
1799

Humboldt.
Déc. 1789

Williams
Nov. 1776 Francklin.
Juin 1790

Williams.

21° (La Perouse et Dalrymple).

21°,6
230,5
il',1
15°,5
15°,
12°,7
15°,5
14,3

1788

9

12°,7 ( Cook et d'Entrecasteaux).

"

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Il est extrêmement remarquable que, malgré l'immensité de l'Océan et la rapidité des courans, il y ait partout une grande uniformité dans le maximum de chaleur qu'offrent les mers équinoxiales. M. Churruca à trouvé ce maximum, en 1988, dans l'Océan Atlantique, de 280,7; M, Perrins, en 1804, de 289,2; M. Rodman', dans son voyage de Philadelphie à Batavia, de 280,8; et M. Quevedo, de 280,6. Dans la mer du Sud, je l'ai observé la même année de 299,3. Les différences excèdent par conséquent à peine 1o du thermomètre centigrade, ou de la chaleur totale. Il faut se rappeler que, sous la zone tempérée, au nord du parallèle de 45°, les lempératures moyenues des différentes années varient de plus de 2o ou d'un cinquième de la quantité de calorique que reçoit une partie déterminée du globe'.

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Le maximum de la température des mers, qui est de 28 à 29 degrés, prouve plus que toute autre considération que l'Océan est en général un peu plus chaud que l'atmosphère avec laquelle il est immédiatement en contact, et dont la température moyenne, près de l'équateur, est de 26 à 27 degrés. L'équilibre

1°,10; et go,79 du thermomètre centigrade. A mesure que l'on approche du tropique, les variations de la température annuelle diminuent. Rome (lat. 41°,53'), de 1789 à 1792; 130,6; 12°,5; 130,4, et 12°,9 R. ( Buch, dans Gilbert, Annalen der Physik, T. XXIV, p. 238.) Philadelphie (lat. 39° 56'), de 1797 à 1803, 12°,7; 11°,6; 11°,8; 11°,7; 129,7 et 12°,8 du therm. centigrade. Il résulte de ces observations très précises que les extrêmes ont été, à Genève, de 2°,5; à Paris, de 2',2; à Rome, de 1",3; et à Philadelphie, de 1,1 de la division centésimale. Les variations que l'on observe dans la température de la mer à sa surface paroissent s'étendre, sous la zone tempérée, entre les 35 et 45 degrés de latitude à trois degrés autour de la moyenne, et j'ai eu tort de dire, d'une manière générale, dans l'introduction de la Chimie de Thomson (traduction françoise, Tom. I, p. 100), que la chaleur de l'Océan indique partout directement les températures moyennes de l'air correspondantes aux différentes latitudes.

entre les deux élémens ne peut s'établir tant à cause des vents qui portent l'air voisin des pôles vers l'équateur, qu’à cause de l'absorption du calorique, qui est l'effet de l'évaporation. On est d'autant plus surpris de voir la température moyenne s'élever, dans une partie de l'Océan équatorial, jusqu'au delà de

29° ( 25",2 R.), que même sur les continens , au milieu des sables les plus arides , on connoît à peine un lieu dont la chaleur moyenne de l'année atteigne 31o.

Il reste à examiner si, par de basses latitudes, sur les mêmes paralleles, on tronve, en différentes saisons, à peu près les mêmes lempératures. Le tableau suivant facilitera ce genre de recherches.

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