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s'observe sur le globe, soit qu'on se porte de l’équateur vers les pôles, soit qu'on s'élève de la surface de la terre dans les hautes régions de l'air, soit enfin qu'on s'approche du fond de l'Océan. Il est d'autant plus intéressant de comparer la rapidité de ce triple décroissement, que ce phénomène a une grande influence sur la distribution climatique des productions végétales et animales. Les températures moyennes des couches inférieures de l'air qui correspondent aux 65.me, 48.me et 20. me degrés de latitude boréale, sont, d'après les observations les plus récentes , 0°,5; 100,7 et 25o, d'où il résulte qu’un degré centigrade correspond à peu près à un changement de parallèle de 1o457. Or, le décroissement du calorique est d'un degré par go toises , lorsqu'on s'élève perpendiculairement dans l'atmosphère2. Il s'ensuit que, sous les tropiques

* En Angleterre et en Écosse on compte qu'un degré du thermomètre de Fahrenheit correspond à 1° de latitude. Phil. Trans., 1775, Vol. LXXY, p. 459. Thomson, Hist. of the Royal Soc. 1812, p. 508. .

M. d'Aubuisson ne trouve, pour l'Europe , en été, à huit heures du matin , par conséquent à l'époque qu'il croit la plus favorable, que 83 toises

où l'abaissement de la température est trèsrégulier sur des montagnes d'une hauteur considérable, 500 toises d'élévation verticale correspondent à un changement de latitude de 9°45'. Ce résultat, assez conforme à ceux auxquels d'autres physiciens se sont arrêtés avant moi', est très-important pour la géographie des plantes ; car, quoique dans les pays septentrionaux la distribution des végétaux sur les montagnes et dans les plaines dépende , comme la hauteur des neiges éternelles, plus de la température moyenne des mois d'été' que de celle de toute l'année, cette dernière n'en détermine pas moins, dans

par degré. Journal de Phys., Tom. LXXI, p. 38. Pour la zone torride, voyez Observ. astron., Tom. I, p. 129.

Chaque centaine de mètres de hauteur abaisse la température environ d'un demi-degré de la division commune de nos thermomètres; et si l'on prend pour terme du refroidissement celui qui exclut la présence de la végétation, les glaces éternelles dont les sommets sont chargés représenteront les glaces éternelles dont le pôle est couvert, et chaque centaine de mètres d'élévation verticale correspondra à un degré de la distance de la montagne au pôle. » Ramond, de la végétation sur les montagnes. (Annales du Muséum, Tom. IV, p. 396.)

De Oan lolle, Flore françoise, Tom. I, P. 1, p. ix. Léopold de Buch, Reise nach Lapland, Tom. II, p. 276. Wahlenberg, Flora Laponica, 1810, p. xxviij. Dans la zone tempérée, il arrive souvent que la chaleur moyenne d'un lieu a est plus petite que celle d'un lieu b, tandis que la chaleur moyenne des mois d'été est beaucoup plus grande en a qu'en b. C'est pour cela

que l'on distingue avec raison entre un climat continental et un climat insulaire : dans le premier, des étés très-chauds succedent à des hivers extrêmement rigoureux; dans le second, le contraste des sai sons est moins grand; les étés sont moins chauds et les hivers moins froids, à cause de la température peu variable de l'Océan voisin qui rafraîchit l'air en été, et le réchausse en hiver. Les neiges perpétuelles descendent plus en Islande que sur le même parallèle dans l'intérieur de la Norwege, et nous voyons souvent, dans les iles et sur les côtes de l'Europe occidentale, végéter le laurier et l'arbousier, là où la vigne et le pêcher ne donnent pas de fruits murs. Dans la région équinoxiale , au contraire, où la différence des saisons est pour ainsi dire nulle, la distribution géographique des plantes se règle presque uniquement d'après la température moyenne de toute l'année, qui, elle-même, dépend de l'élévation du sol au-dessus du niveau de l'Océan. A mesure que l'on avance vers le nord , la température des mois varie de plus en plus, et la force

les contrées méridionales, les limites que les espèces n'ont pu franchir dans leurs migrations lointaines. L'observation faite par Tour. nefort sur le sommet de l’Ararat, a été répétée

et la richesse de la végétation ne donnent plus la mesure de la température moyenne de l'année entière, En Laponie , par exemple, il existe de belles forêts sur le continent, à Enontekies, tandis qu'à l'ile de Mageroe, on trouve à peine quelques arbustes épars sur les rochers, et cependant la température moyenne annuelle d’Enontekies est de 3 plus froide que celle de Mageroe. La première est de-_2°,86, et la seconde de + 0°,07. (Wahlenberg, dans les Annales de Gilbert, 1812, p. 27.1.) La végétation plus vigoureuse d'Enontekies est l'effet d'un été plus chaud , la température moyenne du mois de juillet y étant de 15°,3, tandis qu'à l'ile de Mageroe elle n'est, d'après M. de Buch, que de 8°,2. Les deux endroits offrent des exemples frappans de la différence qui existe entre un climat continental et un climat insulaire; ou, comme dit Wahlenberg , entre un climat de Sibérie et un climat d'Islande. En général, le problème de la disa tribution climatique des plantes est beaucoup plus compliqué dans les pays septentrionaux que sous lestropiques. Dans les premiers, cette distribution dépend à la fois de la température moyenne des mois d'été, et de la température du sol qui diffère de la chaleur, moyenne de l'année.

par un grand nombre de voyageurs. Lorsqu'on descend d'une haute chaîne de montagnes, et qu'on avance vers les pôles, on trouve d'abord sur des plateaux peu élevés, et enfin dans les régions voisines des côtes, ces mêmes plantes arborescentes » qui, par de basses latitudes, ne couvroient que les cimes voisines des neiges éternelles. .

En évaluant la rapidité avec laquelle la température moyenne de l'atmosphère dimipue à mesure que l'on se porte de l'équateur

Dans l'étude des rapports géographiques des. plantes, il faut distinguer, entre les végélaux dont l'organisation résiste à de grands changemens de température et de pression barométrique, et les végétaus qui ne paroissent appartenir qu'à de certaines zones et à de certaines hauteurs. Cette différence est encore plus sensible dans la zone tempérée que sous les troa piques, où les plantes herbacées sont moins fréquentes, et où les arbres ne se dépouillent de leurs feuilles que par l'effet de la sécheresse de l'air. Nous voyons quelques végétaux pousser leur migration des côtes septentrionales de l'Afrique par les Pyrénées jusqu'aux landes de Bordeaux et au bassin de la Loire ; par exemple, le Merendera, la Jacinthe tardive et le Narcisse bulbocode. (Annales du Mus., Tom. IV, p. 401.)

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