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la brise cesse tout-à-coup de souffler, et que le ciel, pur et sans nuages au zénith, offre, près de l'horizon, à 6 ou 8 degrés de hauteur, une vapeur roussâtre. Ces pronostics sont cependant bien incertains; et, quand on se rappelle l'ensemble des variations météorologiques, aux époques où le globe a été le plus agité, on reconnoît que des secousses violentes ont également lieu par des temps humides et secs, par un vent très-frais, et par un calme plat et suffocant. D'après le grand nombre de tremblemens de terre dont j'ai été témoin au nord et au sud de l'équateur, sur le continent et dans le bassin des mers, sur les côtes et à 2500 toises de hauteur, il m'a paru que les oscillations sont généralement assez indépendantes de l'état antérieur de l'atmosphère. Cette opinion est partagée par beaucoup de personnes instruites qui habitent les colonies espagnoles, et dont l'expérience s'étend, sinon sur un plus grand espace du globe, du moins sur un plus grand nombre d'années

que

la mienne. Au contraire, dans des parties de l'Europe, où les tremblemens de terre sont rares comparativement à l'Amérique, les physiciens inclinent à admettre une liaison intime entre les ondulations du sol et quelque météore qui se présente accidentellement à la même époque. C'est ainsi qu'en Italie , on soupçonne un rapport entre le Sirocco et les tremblemens de terre, et qu'à Londres on regarda, comme les avant-coureurs des secousses qui se faisoient sentir depuis 1748 jusqu'en 1756, la fréquence des étoiles filantes , et ces aurores australes ?

qui

* Phil. Trans., T. XLVI, p. 642, 663 et 743. L'aspect de ces météores conduisit

presque en même temps deux savans distingués à des théories diametralement opposées. Hales, frappé de son expérience sur la décomposition du gaz nitreax, lorsqu'il entre en contact avec l'air atmosphérique, imagina une théorie chimique d'après laquelle le tremblement de terre étoit l'effet « d'une prompte condensation d'exhalaisons sulfureuses et nitreuses » (ibid., p. 678). Stuckeley, familiarisé avec les idées de Franklin, sur la distribution de l'électricité dans les couches de l'atmosphère, regarda le mouvement oscillatoire de la surface du globe comme l'effet d'un choc électrique qui se propage de l'air dans la terre (Ibid., p. 642 ). D'après l'une et l'autre de ces théories, on admeltoit l'existence d'un gros nuage noir qui séparoit des cou- , ches d'air inégalement chargées d'électricité ou de vapeurs nitreuses, et ce nuage avoit été vu à Londres

depuis ont été observées plusieurs fois par M. Dalton. Les jours où la terre est ébranlée

par

des secousses violentes, la régularité des variations horaires du baromètre n'est

pas

troublée sous les Tropiques. J'ai vérifié cette observation à Cumana , à Lima et à Riobamba; elle est d'autant plus digne de fixer l'attention des physiciens, qu'à Saint-Domingue, à la ville du Cap-françois, on prétend avoir vu baisser un baromètre d'eau ' de deux pouces et demi immédiatement avant le tremblement de terre de 1770. De même on rapporte que, lors de la destruction d'Oran , un pharmacien se sauva avec sa famille, parce que, observant par hasard , peu de minutes avant la catastrophe, la hauteur du mercure dans son

au moment des premières secousses. Je cite ces rêveries pour rappeler à quelles erreurs on s'expose, en physique et en géologie, si au lieu d'embrasser l'ensemble des phénomènes on s'arrête à des circonstances accidentelles.

Currejolles, dans le Journ. de Phys., T. LIV, p. 106. Cet abaissement ne répond qu'à deux lignes de mercure. Le baromètre resta assez immobile à Pignerol, en avril 1808. (Ibid., T. LXVII, p. 292.)

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baromètre , il s'aperçut que la colonne se raccourcissoit d'une manière extraordinaire. J'ignore, si l'on peut ajouter foi à cette assertion; comme il est à peu près impossible d'examiner les variations du poids de l'atmos: phère pendant les secousses mêmes, il faut se contenter d'observer le baromètre avant ou après que ces phénomènes ont eu lieu. Dans la zone tempérée, les aurores boréales ne modifient pas toujours la déclinaison de l'aimant et l'intensité des forces magnétiques '. Peut-être aussi les tremblemens de terre n'agissent-ils pas constamment de la même manière sur l'air qui nous entoure.

Il paroît difficile de révoquer en doute que, loin de la bouche des volcans encore actifs, la terre, entr'ouverte et ébranlée par des secousses, répand de temps en temps des émanations gazeuses dans l'atmosphère. A Cumana, comme nous l'avons indiqué plus

* J'ai eu occasion d'observer, conjointement avec M. Oltmanns, à Berlin , dans la nuit du 20 décembre 1806, un changement d'intensité magnétique. Le point de convergence

des
rayons

de l'aurore boréale a été déterminé astronomiquement par des azimuts. (Gilbert, Annalen, 1811, p. 274.)

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baut, des flammes et des vapeurs mêlées d'acide sulfureux, s'élèvent du sol le plus aride. Dans d'autres parties de la même province, la terre vomit de l'eau et du pétrole. A Riobamba , une masse boueuse et inflammable qu'on appelle Moya , sort de crevasses qui se referment, et s'accumule en collines élevées. A sept lieues de Lisbonne, près de Colares, on vit, pendant le terrible tremblement de terre du 1.er novembre 1755, sortir des flammes et une colonne de fumée épaisse du flanc des rochers d’Alvidras, et, selon quelques témoins, du sein de la mer'. Cette fumée dura plusieurs jours, et elle étoit d'autant plus abondante que le bruit souterrain qui accompagnoit les secousses étoit plus fort.

Des fluides élastiques versés dans l'atmosphère peuvent agir localement sur le baromètre, sinon par leur masse qui est très-petite comparativement à la masse de l'atmosphère, mais parce qu'au moment des grandes exploşions, il se forme vraisemblablement un courant ascendant, qui diminue la pression

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· Phil. Trans., T. XLIX, p. 414.

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