Page images
PDF
EPUB

signe de tension, en nous servant d'excellens électromètres de Bennet et de Saussure. M. Bonpland a souvent pris la peine de porter ces instrumens, armés de longues tiges métalliques et munis d'une mèche d'amadou enflammé, sur les mâts et sur les

vergues

les. plus éloignés du corps du bâtiment. Ces tentatives ont été répétées dans la mer du Sud, sur une frégate du roi d'Espagne dont la mâture étoit très-élevée : jamais les feuillets d'or battu, les pailles les plus sèches, ou les petites boules de moelle de sureau qui sont des substances électroscopiques, n'ont indiqué la moindre divergence '. Est-ce la surface de l'Océan qui dépouille de son électricité les. basses couches de l'atmosphère; ou le corps du vaisseau , les voiles et les mâts agissent-ils

. comme de puissans conducteurs ? Si cette action a lieu, pourquoi nos électromètres. n'ont-ils pas indiqué d'électricité dans des canots ouverts ; tandis que, sur les côtes du Pérou, nous avons vu des signes d'une forte tension, lorsqu'un vent humide souffloit du

large ?

Gilbert, Annalen, B. XV, p. 98.

Il est du devoir du physicien de rapporter avec candeur les circonstancas dans lesquelles certaines expériences ne lui ont pas réussi. Comme deux tiers de notre atmosphère reposent sur le bassin des mers, la météorologie gagneroit considérablement, si l'on connoissoit l'état électrique de cette partie de l'Océan aérien. On pourroit tenter de répéter les expériences que je viens de décrire, avec les micro-électromètres de MM. Weiss, Gersdorf et Maréchaux 1. Ces instrumens manifestent de l'électricité près d'un mur,

, à l'ombre d'un arbre , presque partout où les électromètres de Bennet et de Saussure n'en indiqueut point. Ils sont préférables aux pointes électriques attachées à des cerfsvolans ou à de petits aérostats, parce que l'électricité que marquent ces dernières est le plus souvent le simple résultat du mouvement ascensionnel, comme le prouvent les belles expériences de M. Erman?. Je n'ai

pas
mieux réussi

que la plupart des voyageurs à déterminer le degré de salure de

1

Gilbert, Annalen, B. XV, p. 389 et 503. · lbid. , p. 389 et 503.

Dollond, peu

la mer', qui varie avec les latitudes. Il résulte du petit nombre d'observations précises que j'ai obtenues au moyen d'un aréomètre de

différent de celui de Nicholson, que

la

pesanteur spécifique de l'eau de la mer augmente assez régulièrement depuis les côtes de Galice jusqu'à Ténériffe, tandis qu'elle diminue de nouveau des 22° 52' de latitude aux 18° 45'. Dans ces parages, par les 24 et 30 degrés de longitude, une large bande de l'Océan est moins salée que le reste, de trois ou quatre millièmes. Le muriate de soude s'élève jusqu'à 0,03 depuis le parallèle de 18° 8' jusqu'à celui du 12° 34', entre les 30 et 54 degrés de longitude ; mais

· M. Proust, frappé des traces de mercure qu'il avoit rencontrées dans tous les muriates de soude d'Espagne (Nicholson's Journ, of Nat. Phil., in-4.", Vol. III, p. 376), m'avoit engagé, à mon départ de Madrid, de suspendre, pendant la traversée, une lame mince d'or ou d'argent, à la poupe du vaisseau, pour voir si elle offriroit des traces d'amalgame. J'ai suivi le conseil de ce célèbre chimiste , quoique j'eusse peu de confiance dans la réussite de cet essai; mais le fil auquel la lame étoit attachée s'est rompu peu de jours après que j'ayois mis l'appareil en expérience.

les attérages de l'ile de Tabago et de la TerreFerme s'annoncent par des eaux plus légères. Il m'a paru que,

dans la partie de l'Atlantique comprise entre les côtes du Portugal et de la Terre-Ferme, l'eau est un peu plus salée au sud du tropique du Cancer que sous la zone tempérée; et je serois tenté de généraliser ce fait, si les expériences recueillies pendant le troisième voyage de Cook ne prouvoient directement que cette différence n'a pas lieu sur tous les méridiens. Des courans horizontaux qui traversent l'Océan à sa surface, et des courans obliques qui mêlent les couches d'eau placées à différentes profondeurs, modifient la salure des mers; et, en supposant

la quantité absolue des muriates dissous dans l'Océan n'ait point augmenté par l'action des volcans sous-marins, mais qu'elle soit restée la même depuis des milliers d'années, il n'en est pas moins probable que la distribution de ce sel sur différens points du globe subisse de temps en temps des changemens considérables.

même que

« PreviousContinue »