Souvenirs militaires, publ. par la comtesse de Mirabeau, et précédés d'une étude par le baron Ambert

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Popular passages

Page vi - La véritable grandeur est libre, douce, familière, populaire; elle se laisse toucher et manier, elle ne perd rien à être vue de près; plus on la connaît plus on l'admire; elle se courbe par bonté vers ses inférieurs, et revient sans effort dans son naturel; elle s'abandonne quelquefois, se néglige, se relâche de ses avantages, toujours en pouvoir de les reprendre et...
Page xii - Si monsieur votre fils n'étoit pas là , vous regarderiez cette action comme cent autres dont vous avez ouï parler, sans être émue , et vous trouveriez seulement de la hardiesse au passage du Rhin , où vous trouvez aujourd'hui de la témérité. Croyez-moi , ma chère cousine , la plupart des choses ne sont grandes ou petites qu'autant que notre esprit les fait ainsi. Le passage du Rhin à la nage est une i belle action , mais elle n'est pas si téméraire que vous pensez.
Page 106 - Guadarrama par une tour« mente affreuse; la neige, chassée par iles tourbillons de vent, « tombait avec une violence furieuse, nous enveloppait et nous « couvrait d'une couche épaisse, qui pénétrait à travers nos « manteaux. Plusieurs hommes périrent pendant ce passage, « qui dura toute une journée, et on eut des peines incroyables « à faire passer l'artillerie. « Pendant que nous montions si péniblement le Guadarrama, « nous nous trouvâmes sur le flanc de la division d'infanterie...
Page 106 - Guadarrama, nous nous trouvâmes sur le flanc de la division d'infanterie commandée par le général Lapisse, et à quelques pas en arrière de l'Empereur, qui marchait à pied comme nous, aucune précaution n'ayant été prise pour le ferrage et les chevaux tombant à chaque instant. Les soldats de la division Lapisse manifestaient tout haut les plus sinistres dispositions contre la personne de l'Empereur, s'excitant mutuellement à lui tirer un coup de fusil et s'accusant de lâcheté de ne pas...
Page 242 - ... excellent déjeuner à deux mille toises au-dessus de la mer. Le général Rey et son escorte nous avaient quittés la veille de notre arrivée à Jaca, et nous étions alors en parfaite sécurité, un pied déjà sur le sol français. En partant de Valence, Pompei avait reçu, pour solde arriérée et indemnités accordées aux officiers supérieurs, une somme de cinq mille francs en écus qu'il n'avait eu ni le temps ni le moyen de changer en or ou en billets. Il l'avait mise dans un sac à...
Page xli - Le mot impossible et la manière dont il avait été prononcé mirent l'empereur dans une telle colère qu'il lança à M. de Piré un coup de cravache que celui-ci n'évita que par un brusque mouvement de retraite. » Ainsi parle le colonel de Gonneville , témoin de la scène. Rien de semblable n'avait été dit jusqu'à ce jour par les historiens de l'Empire. Ceux...
Page lxiii - ... au plus pour quelques membres de l'Institut. Cependant Napoléon Ier avait dit aux élèves de l'École militaire : « Travaillez sans cesse; chaque heure perdue est une chance de malheur pour l'avenir! » L'avancement était plus lent sous le premier empire que sous le second, et l'ambition ne se développa, fougueuse, aveugle, insensée, que depuis la révolution de 1830. L'ambition militaire ne fut, ù tout prendre, que le résultat des aspirations de la société.
Page 180 - Gonneville en voyage, et même quand il faisait de longues promenades à cheval, avait conservé l'habitude d'être armé. seurs de la grange se réfugièrent avec leurs munitions pour ne pas être écrasés par la chute du reste de la toiture. L'ennemi, les croyant tous brûlés, s'imagina n'avoir plus qu'à entrer dans la grange pour s'emparer des débris, mais il paya cher cette croyance...
Page 344 - et nous jetaient des fleurs. Le peuple, pressé sur nos pas, poussait aussi des clameurs ; mais au milieu de celles qui étaient en notre honneur, on distinguait de nombreux cris de mort contre celui-ci ou celui-là, car, en Espagne, il n'ya pas de belle fête si le sang n'y est répandu : aussi nous aperçûmes quelques groupes à figures sinistres, bras nus et ensanglantés, qui, profitant du tumulte occasionné par notre présence, avaient probablement donné satisfaction à leurs haines personnelles....
Page xxv - Le jour vient où l'une des deux armées a supporté de teJs échecs, subi de telles pertes, que la sagesse commande un temps d'arrêt. La paix se signe. Saint Augustin a dit que le soldat est porteur d'un caractère royal. Saint Grégoire de Nazianze va plus loin lorsqu'il écrit : Si l'ordre sacerdotal est le plus saint de tous les ordres, l'ordre militaire est le plus excellent de tous. Sans doute, nos grenadiers et nos cuirassiers connaissent peu leurs ancêtres, soldats de l'écriture et qui...

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