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A QABRAIPNI.

à peu

Il existe dans la Méditerranée, placé sur la route de presque tous les

de distance du continent de l'I. vaisseauxquidulevant vont dans l'Ouest talie, une île qui fait partie des états et dans le nord de la Méditerranée. Grâce du roi de Piémont. Cette île est la à lui , si le commerce de l'Inde repreSardaigne (1). Rien de plus vulgaire nait un jour la route de Suez et de que le nom. Rien de moins approfon- la mer Rouge, la Sardaigne pourdi que

la chose. La Sardaigne est si rait devenir la plus belle et la plus peu connue (j'en demande pardon au commode échelle de cette mer. Rien dix-neuvième siècle), qu'un écrivain, n'est d'ailleurs comparable à cette -ile, dont je ne me rappelle plus le nom, elle fut autrefois, et est toujours, remaren ayant assez récemment donné une quable par sa rare fertilité et la beauté description sommaire, un plaisant s'é- pittoresque ile ses sites (!). f cria que l'auteur avait découvert une D'après le témoignage de quelques lle dans la Méditerranée !

historiens, ce furent d'anciens Grecs Assurément ce n'est point une des qui, les premiers, abordèrent en Sarmoindres singularités de notre temps, daigne. Frappés de la configuration que l'ignorance à peu près absolue à de cette île, analogue à celle du pied laquelle on est réduit sur une île qui, humain, ils nommèrent la terre poudepuis un siècle, donne son nom à un velle Ichnusa, ou plante de pied. C'est royaume dont les souverains tiennent ainsi qu'ils comparèrent les Abruzzes à les clefs de l'Italie, et ont figuré avec une feuille de chêne , le Peloponèse distinction dans les guerres qui agitè- à une feuille de platane, la Mésopotarent notre occident, ainsi que dans mieà une galère. Bientôt des Libyens les traités qui les ont terminées. sous la conduite de Sardan, s'empaQu'il nous soit donc permis de consi- rèrent d'Ichnusa, qui prit alors le gper ici les détails les plus nouvel- nom du nouveau conquérant. Le nom lement recueillis sur la Sardaigne. d'un poisson fort estimé ( la sardine ),

Embarqués à la Spezia, nous nous qu'on pêche abondamment sur les dirigeons d'abord vers la Corse. Pas-côtes de cette ile, remonte aussi à la sant entre elle et l'île d'Elbe, nous

même origine. longeons toute la côte orientale de Méduse, que les poëtes des temps l'antique Sardinia, qui se trouve cou- fabuleux ont représentée comme une chée dans la Méditerranée comme magicienne entourée de serpens , un immense banc de sable; puis, incli- qui n'était que la plus belle des prinnant un peu vers le sud-ouest, nous cesses de son temps, naquit , dit-on, en abordons au golfe de Cagliari , où se Sardaigne, où elle régna quelques an. trouve un des douze ports de l'ile que nées. On montre encore, entre les nous venons de visiter. Ce golfe est villages de Laconi et de Sorgano, une

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(1) On passe en une heure de Corse en Sar. daigne. Ces deux îles paraissent avoir été unies autrefois,

(1) Malgré ces avantages, l'intempérie de la Sardaigne est si grande, que les Romains en faisaient un lieu d'exil pour leurs criminels,

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sont dignes de l'attention et de l'inté- On raconte aussi qu'un homme en Sar- rêt des étrangers. La position géogra- daigne se tint pendant sept ans pluphique de la Sardaigne. ouvre ses sieurs heures du jour sur un arbre pour ports et ses rades au commerce , et ap- tirer vengeance de son ennemi , et qu'en pelle l'industrie nationale et exotique. effet il le tua au bout de ce terme. Le défaut de communications inté

Ce qui nuit encore aux intérêts agririeures, des institutions vicieuses et coles de la Sardaigne, ce sont quantité trop favorables à l'indolence

que

semble de fiefs qui absorbent le numéraire entretenir la chaleur du climat, l'es- sans encourager la culture du terriprit de division, long-temps fomenté toire. La féodalité existe en effet dans par les dominateurs de l'île , une ad- la Sardaigne. On y compte trois cent ministration trop souvent étrangère à soixante-seize fiefs; mais l'autorité ses intérêts, enfin le goût du brigan- royale a beaucoup modifié leur indage (1), ont paralysé jusqu'à ces der- fluence. Les soins bienfaisants de niers temps, les facultés des Sardes, et l'administration piémontaise prometcondamné l'agriculture et l'industrie tent aux Sardes des améliorations dont nationales à une inertie , à une rou- les effets se font déjà sentir. Les étatine falales à tous progrès. Les hainęs blissemens d'instruction publique ont et les vengeances héréditaires et indi

été l'objet d'une vigilance attentive viduelles n'ont pas été un fléau aux progrès de l'enseignement. Un moins funeste pour ce pays que pour corps d'ingénieurs pour les ponts et la Corse. On frémiten apprenant chaussées a été établi en Sardaigne. que, sur une population de quatre Le gouvernement a fait créer des comcent soixante-dix mille habitans envi- munications entre les diverses parties ron on comptait par an plus de mille de l'ile , et une grande route frayée meurtres causés par ces animosités entre les deux villes principales , Cabarbares, et qu'il périssait ainsi chaque gliari et Sassari, situées aux deux exannée un habitant sur quatre cent soi- trémités du pays, a déjà mis un terme, xante-dix.

parle moyen de relations faciles et haIl arriva même dit-on, que des bituelles, aux animosités qui sépafemmes sardes montrèrent chaque raient encore plus que les distances jour à leur fils, jeune encore, la che- les habitans de ces deux cités. mise ensanglantée de leur père assas- Cinq chaînes de montagnes s'élèsiné, pour les exciter à la vengeance. .

vent sur la surface de la Sardaigne. La

première, la plus haute et la plus (1) Les bandits sont très-communs en Sardaigne longue, commence aux Bouches de Boet en Corse. Quelquefois le gouvernement fait une

niface, et va se terminer dans la mer, sorte de trève avec une partie d'entre eux pour

au cap Carbonara. On y remarque les obtenir la remise des plus scélérats. Les mæurs de ces brigands sont d'ailleurs tout-à-fait caractéristi- deux monts les plus élevés de l'ile, la ques. Qu'on en juge par le trait suivant. Pierre Ma

Gennargentu et la Lymbarra. La Genmia était ennemi juré de Pompita. Le premier tombe dans les mains des troupes royales. Pompita

nargentu est la seule montagne de Sarl'apprend; il court, arrive, et délivre son enne- daigne qui conserve la neige une partie mi. Il lui remet des arines, et lui dit : « Tucs mon delété; elle en fournit à la capitale, à Oriennemi , Mamia, mais tu ne périras pas sur l'écha

stano, et souvent à Sassari. La seconfaud. Je le donne trois jours pour rassembler tes

de chaîne part du cap de la Frasca , amis. Ensuite nous nous baltrons à mort. Tienstoi pour averti, et prends garde à toi. »

près du golfe d'Oristano, et va se per

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Vogel del

Recarga

254.

Cagliari

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