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RÉFLEXIONS, SENTENCES ET MAXIMES DE LA ROCHEFOUCAULD,

SUIVIES D'UNE RÉPUTATION PAR M. L. AIMÉ - MARTIN;

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A PARIS,
CHEZ LEFÈVRE, LIBRAIRE-ÉDITEUR,

RUE DE L'ÉPERON, N° 6.

M DCCC XXXIV.

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PENSÉES DE PASCAL.

VIE DE B. PASCAL,

Sa principale maxime dans cette éducation étoit

de tenir toujours cet enfant au-dessus de son ouÉCRITE

vrage, et ce fut par cette raison qu'il ne voulut point

commencer à lui apprendre le latin qu'il n'eût douze 1 PAR Mme PÉRIER, SA SOEUR.

ans, afin qu'il le fit avec plus de facilité.

Pendant cet intervalle, il ne le laissoit pas inu-.

tile, car il l'entretenoit de toutes les choses dont il Mon frère naquit à Clermont, le 19 juin de l'année le voyoit capable. Il lui faisoit voir en général ce que 1623. Mon père s'appeloit Etienne Pascal , président c'étoit que les langues ; il lui montroit comme on les en la Cour des Aides, et ma mère Antoinette Begon. avoit réduites en grammaires sous de certaines rèDès que mon frère fut en åge qu'on lui pût parler, gles; que ces règles avoient encore des exceptions il donna des marques d'un esprit extraordinaire par qu'on avoit eu soin de remarquer; et qu’ainsi l'on les petites reparties qu'il faisoit fort à propos , mais avoit trouvé le moyen par là de rendre toutes les encore plus par les questions qu'il faisoit sur la na- langues communicables d'un pays en un autre. ture des choses, qui surprenoient tout le monde. Ce Cette idée générale lui débrouilloit l'esprit et lui commencement, qui donnoit de belles espérances, ne faisoit voir la raison des règles de la grammaire, de se démentit jamais ; car à mesure qu'il croissoit il sorte que, quand il vint à l'apprendre, il savoit pouraugmentoit toujours en force de raisonnement, en quoi il le faisoit , et il s'appliquoit précisément aux sorte qu'il étoit toujours beaucoup au-dessus de son choses à quoi il falloit le plus d'application, åge.

Après ces connoissances, mon père lui en donna Cependant ma mère étant morte dès l'année 1626, d'autres; il lui parloit souvent des effets extraordique mon frère n'avoit que trois ans , mon père se naires de la nature, comme de la poudre à canon , et voyant seul s'appliqua plus fortement au soin de sa d'autres choses qui surprennent quand on les consifamille, et comme il n'avoit point d'autres fils que dère. Mon frère prenoit grand plaisir à cet entretien, celui-là, cette qualité de fils unique et les grandes mais il vouloit savoir la raison de toutes choses; et marques d'esprit qu'il reconnut dans cet enfant lui comme elles ne sont pas toutes connues, lorsque donnèrent une si grande affection pour lui , qu'il ne mon père ne les disoit pas , ou qu'il disoit celles qu'on put se résoudre à commettre son éducation à un allègue d'ordinaire , qui ne sont proprement que des autre, et se résolut dès-lors à l'instruire lui-même, défaites, cela ne le contentoit pas : car il a toujours comme il a fait; mon frère n'ayant jamais entré dans eu une netteté d'esprit admirable pour discerner le aucun collége et n'ayant jamais eu d'autre maître faux; et on peut dire que toujours et en toutes choque mon père.

ses la vérité a été le seul objet de son esprit , puisque En l'année 1631, mon père se retira à Paris, nous jamais rien ne l'a pu satisfaire que sa connoissance. y mena tous, et y établit sa demeure. Mon frère, qui Ainsi dès son enfance il ne pouvoit se rendre qu'à ce n'avoit que huit ans, reçut un grand avantage de qui lui paroissoit vrai évidemment; de sorte que, cette retraite, dans le dessein que mon père avoit de quand on ne lui disoit pas de bonnes raisons, il en l'élever; car il est sans doute qu'il n'auroit pas pu en cherchoit lui-même, et quand il s'étoit attaché à prendre le même soin dans la province , où l'exercice quelque chose, il ne la quittoit point qu'il n'en eût de sa charge et les compagnies continuelles qui trouvé quelqu'une qui le pût satisfaire. Une fois abordoient chez lui l'auroient beaucoup détourné : entre autres quelqu'un ayant frappé à table un plat mais il étoit à Paris dans une entière liberté; il s'y de faïence avec un couteau, il prit garde que cela appliqua tout entier, et il eut tout le succès que pu- rendoit un grand son, mais qu'aussitôt qu'on eut rent avoir les soins d'un père aussi intelligent et aussi mis la main dessus, cela l'arrêta. Il voulut en même affectionné qu'on le puisse être.

temps en savoir la cause, et cette expérience le porta

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