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pres passions ne le font que par réflexion, et Mais pour les petites finesses qu'on emploie en par un effort de raison : car l'instinct les porte vue de surprendre ou de conserver les suffraau contraire.

ges; attendre les autres, se faire valoir, réveilPar une suite naturelle du même principe, ler par des froideurs étudiées ou des amitiés la haine rabaisse ceux qui en sont l'objet, avec ménagées le goût inconstant du public, c'est la le même soin que l'amour les relève. Il est im- ressource des hommes superficiels qui craignent possible aux hommes de se persuader que ce d’être approfondis; il faut leur laisser ces miqui les blesse n'ait pas quelque grand défaut; sères dont ils ont besoin avec leur mérite c'est un jugement confus que l'esprit porte en spécieux. lui – même, comme il en use au contraire en Mais c'est trop s'arrêter aux choses ; tâchons aimant '.

d'abréger ces principes par de courtes définiEt si la réflexion contrarie cet instinct, car tions. il y a des qualités qu'on est convenu d'estimer, Le desir est une espèce de mésaise que le et d'autres de mépriser, alors cette contradic- goût du bien met en nous', et l'inquiétude un tion ne fait qu'irriter la passion ; et plutôt que desir sans objet. de céder aux traits de la vérité, elle en dé- L'ennui vient du sentiment de notre vide; la tourne les yeux. Ainsi elle dépouille son objet paresse naît d'impuissance ~; la langueur est un de ses qualités naturelles pour lui en donner témoignage de notre foiblesse, et la tristesse, de conformes à son intérêt dominant. Ensuite de notre misère. elle se livre témérairement et sans scrupule à L'espérance est le sentiment d'un bien proses préventions insensées.

chain, et la reconnoissance, celui d'un bienfait. Il n'y a presque point d'hommes dont le ju- Le regret consiste dans le sentiment de quelgement soit supérieur à ses passions. Il faut que perte; le repentir, dans celui d'une faute; donc bien prendre garde, lorsqu'on veut se faire le remords, dans celui d'un crime et la crainte estimer, à ne pas se faire haïr, mais tàcher au du châtiment ? contraire de se présenter par des endroits agréa- La timidité peut être la crainte du blåme, la bles; parceque les hommes penchent à juger honte en est la conviction. du prix des choses par le plaisir qu'elles leur font.

Le desir est une espèce de mésaise que le goût du bien

met en nous. Par le goût du bien, il faut entendre l'amour du Il y en a à la vérité qu'on peut surprendre par bien-être, S. une conduite opposée, en paroissant au-dehors L'ennui vient du sentiment de notre vide ; la paresse plus pénétré de soi-même qu'on n'est au de- nait d'impuissance. Qu'est-ce que notre vide ? La paresse sup

pose, au contraire, le pouvoir d'agir combiné avec l'inaction. M. dans ?; cetle confiance extérieure les persuade L'auteur entend ici par notre vide ce qu'il entend ailleurs et les maîtrise.

par l'insuffisance de notre étre, c'est-à-dire l'impossibilité ou

nous sommes de trouver en nous-mêmes de quoi suffire à notre Mais il est un moyen plus noble de gagner bonheur. Par impuissance, il entend, je crois, impuissance l'estime des hommes ; c'est de leur faire souhai- de l’ame , l'impossibilité où elle est de sortir de sa langueur. S. ter la nôtre par un vrai mérite, et ensuite d'être repentir, dans celui d'une faute; le remords, dans celui

3 Le regret consiste dans le sentiment de quelque perte; le modeste et de s'accommoder à eux. Quand on d'un crime et la crainte du châtiment. Ce n'est pas, à ce a véritablement les qualités qui emportent l'es- qu'il semble, la différence de la faute et du crime, qui constitime du monde, il n'y a plus qu'à les rendre par le repentir, et sentir le remords d'une faute. Si le reper

tue celle du repentir et du remords. On peut expier ses crimes populaires pour leur concilier l'amour, et lors- tir est moins cruel, c'est qu'il suppose le retour, et une résoluque l'amour les adopte, il en fait élever le prix. peut exister avec la résolution de se rendre encore coupable.

tion de ne plus retomber, qui console toujours. Le remords

Heureux, si je puis, dit Malhan dans Athalie : c'est un jugement confus que l'esprit porte en lui-même,

A force d'attentats, perdre tous mes remords. comme il en use au contraire en aimunt. Au contraire, pour d'une manière contraire: expression négligée. S.

C'est ainsi que les scélérats les perdent. Il n'y a point pour » Il y en a à la vérité qu'on peul surprendre par une con

eux de repentir. duite opposée, en puroissant au-dehors plus penétré de soiméme qu'on n'est au-dedans. Comme on dit d'un homme

Dieu fit du repentir la vertu des mortels. qu'il est plein de lui; expression elliptique. Qu'on n'est au-de- Heureusement le remords peut naitre sans la crainte du chá. dans: il faudroit qu'on ne l'est. s.

timent : mais ce n'est guère que pour les premiers crimes. S.

La raillerie nait d'un mépris content.

XLU. La surprise est un ébranlement soudain à la vue d'une nouveauté.

Des passions en général. L'étonnement est une surprise longue et accablante; l'admiration, une surprise pleine de Les passions s'opposent aux passions , et respect.

peuvent servir de contre-poids; mais la passion La plupart de ces sentiments ne sont pas trop dominante ne peut se conduire que par son procomposés, et n'affectent pas aussi durablement pre intérêt, vrai ou imaginaire, parcequ'elle nos ames que les grandes passions, l'amour, règne despotiquement sur la volonté, sans lal'ambition, l'avarice, etc. Le peu que je viens quelle rien ne se peut. de dire à cette occasion répandra une sorte

Jeregarde humainement les choses, et j'ajoute de lumière sur ceux dont je me réserve de par- dans cet esprit : Toute nourriture n'est pas ler ailleurs.

propre à tous les corps, tous objets ne sont pas XLI.

suffisants pour toucher certaines ames. Ceux

qui croient les hommes souverains arbitres de De l'amour des objets sensibles.

leurs sentiments ne connoissent pas la nature;

qu'on obtienne qu'un sourd s'amuse des sons Il seroit impertinent de dire que l'amour des enchanteurs de Murer; qu'on demande à une choses sensibles, comme l'harmonie, les sa- joueuse qui fait une grosse partie, qu'elle ait veurs, etc., n'est qu'un effet de l'amour-pro- la complaisance et la sagesse de s'y ennuyer : pre,

du desir de nous agrandir, etc., etc. Ce nul art ne le peut. pendant tout cela s'y mele quelquefois. Il y a

Les sages se trompent encore en offrant la des musiciens, des peintres, qui n'aiment cha- paix aux passions : les passions lui sont enneeun dans leur art que l'expression des gran- mies.!. Ils vantent la modération à ceux qui deurs, et qui ne cultivent leurs talents que pour sont nés pour l'action et pour une vie agitée; la gloire : ainsi d'une infinité d'autres. qu'importe à un homme malade la délicatesse Les hommes que les sens dominent ne sont

d'un festin qui le dégoûte? pas ordinairement si sujets aux passions sé

Nous ne connoissons pas les défauts de notre rieuses : l'ambition, l'amour de la gloire, etc.

ame; mais quand nous pourrions les connoître, Les objets sensibles les amusent et les amollis

nous voudrions rarement les vaincre. sent; et s'ils ont les autres passions, ils ne les

Nos passions ne sont pas distinctes de nousont pas aussi vives.

mêmes ; il y en a qui sont tout le fondement et On peut dire la même chose des hommes toute la substance de notre ame. Le plus foible enjoués; parceque ayant une manière d'exister de tous les êtres voudroit-il périr pour se voir assez heureuse, ils n'en cherchent pas une autre remplacé par le plus sage? avec ardeur. Trop de choses les distraient ou

Qu'on me donne un esprit plus juste, plus les préoccupent.

aimable, plus pénétrant, j'accepte avec joie On pourroit entrer là-dessus, et sur tous les tous ces dons ; mais si l'on m'ôte encore l'ame sujets que j'ai traités , dans des détails intéres- qui doit en jouir, ces présents ne sont plus pour sants. Mais mon dessein n'est pas de sortir des

moi. principes, quelque sécheresse qui les accom

Cela ne dispense personne de combattre ses pagne : ils sont l'objet unique de tout mon dis- habitudes, et ne doit inspirer aux hommes ni cours; et je n'ai ni la volonté, ni le pouvoir de abaitement ni tristesse. Dieu peut tout; la vertu donner plus d'application à cet ouvrage'.

sincère n'abandonne pas ses amants ; les vices

même d'un homme bien ne peuvent se tourner " Je n'ai ni la volonté ni le pouvoir de donner plus d'ap

à sa gloire. · plicalion à cet ouvrage. Donner plus d'upplication, mauvaise expression, pour dire développer davantage des principes · Les passions lui sont ennemies. C'est un-latinisme: gens par des applicatione ; ce qui précède prouve que c'est la le inimica nulli. On dit ennemi da quelqu'un ; et nor onnomi di

quelqu'un. s.

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sens, S.

.

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LIVRE TROISIÈME.

lui ravisse tout, jusqu'à la vie. Où seroit la raison qu'un particulier ose' en sacrifier tant d'au

tres à soi seul, et que la société ne pût, par sa XLIII.

ruine, racheter le repos public a? Du bien et du mal morat.

C'est un vain prétexte de dire qu'on ne se

doit pas à des lois qui favorisent l'inégalité des Ce qui n'est bien ou mal qu'à un particulier, fortunes. Peuvent-elles égaler les hommes?, et qui peut être le contraire à l'égard du reste l'industrie, l'esprit, les talents ? Peuvent-elles des hommes, ne peut être regardé en général empêcher les dépositaires de l'autorité d'en comme un mal ou comme un bien".

user selon leur foiblesse? Afin qu'une chose soit regardée comme un Dans cette impuissance absolue d'empêcher bien par toute la société, il faut qu'elle tende à l'inégalité des conditions, elles fixent les droits l'avantage de toute la société; et afin qu'on la de chacune, elles les protégent. regarde comme un mal, il faut qu'elle tende à On suppose d'ailleurs, avec quelque raison, sa ruine : voilà le grand caractère du bien et que le coeur des hommes se forme sur leur condu mal moral.

dition. Le laboureur a souvent dans le travail Les hommes étant imparfaits n'ont pa se suf- de ses mains la paix et la satiété qui fuient l'orfire à eux-mêmes : de là la nécessité de former cueil des grands 4. Ceux-ci n'ont pas moins de des sociétés. Qui dit une société, dit un corps desirs que les hommes les plus abjects 5; ils ont qui subsiste par l’union de divers membres et donc autant de besoins : voilà dans l'inégalité confond l'intérêt particulier dans l'intérêt gé une sorte d'égalité. néral; c'est là le fondement de toute la morale. Ainsi on suppose aujourd'hui toutes les con

Mais parceque le bien commun exige de ditions égales ou nécessairement inégales. Dans grands sacrifices, et qu'il ne peut se répandre l'une et l'autre supposition, l'équité consiste à également sur tous les hommes, la religion, maintenir invariablement leurs droits réciproqui répare le vice des choses humaines, assure ques, et c'est là lout l'objet des lois. des indemnités dignes d'envie à ceux qui nous Heureux qui les sait respecter comme elles semblent lésés.

méritent de l'ètre! Plus heureux qui porte en Et toutefois ces motifs respectables n'étant son coeur celles d'un heureux naturel! Il est pas assez puissants pour donner un frein à la bien facile de voir que je veux parler des vercupidité des hommes, il a fallu encore qu'ils tus 6; leur noblesse et leur excellence sont l'obconvinssent de certaines règles pour le bien

seroit la raison qu'un particulier ose en sacrifier public, fondé, à la honte du genre humain , tant d'autres à soi seul , et que la société ne pút, par sa sur la crainte odieuse des supplices; et c'est ruine, racheter le repos public? Il faudroit qu'un particulier l'origine des lois.

oscit. Par sa ruine est équivoque , et veut dire la ruine de ce

particulier. M. Nous naissons, nons croissons à l'ombre de

- On aperçoit aisément la fausseté de cette conclusion. Il n'y ces conventions solennelles; nous Jeur devons a certainement point de raison qu'un particulier sacrifie les au

tres à lui seul; il n'y en a pas davantage à ce que la société ra la sûreté de notre vie, et la tranquillité qui l'ac

chèle son repos par la ruine de l'un de ses membres. Elle n'a compagne. Les lois sont aussi le seul titre de jamais droit de punir

, mais de corriger. Toute peine qui n'a pas nos possessions : dès l'aurore de notre vie, nous

pour objet le bonheur de l'individu même contre lequel elle est

dirigée, est une injustice. F. en recueillons les doux fruits, et nous nous en

3 Égaler les hommes , il faudroit égaliser. B. gageons toujours à elles par des liens plus forts. 4 Le laboureur a souvent dans le travail de ses mains le Quiconque prétend se soustraire à celle autorité poix, etc. On pourroit dire tout cela bien mieux. V. – Satiété

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n'est pas là dans son sens ordinaire, selon lequel dont il tient tout, ne peut trouver injuste qu'elle un peu de dégoût résultant de l'abandon; au lieu qu'ici il si

gnifie la satisfaction résultant de la jouissance du nécessaire. s ce qui n'est bien ou mal qu'à un particulier, et qui peut Cette acception n'est plus d'usage. M. — Voyez le Discoters être le contraire à l'égard du reste des hommes , ne peut sur l'inégalité des richesses. B. élie regarde en général comme un mal ou comme un bien. 5 ceux-ci n'ont pas moins de desirs que les hommes les Oui; mais si toute la société avoit la fièvre ou la goutte, ou plus abjects. Il faudroit de l'état le plus abjert. M. éloit manchotte ou folle? V.- Qu'à un particulier au lieu de 6 11 est bien facile de voir que je veux parler des rerlus. pour un particulier. s.

Distinguons vertus ct qualités heurcuses: bienfaisance scule es!

signifie

jet de tout ce discours : mais j'ai cru qu'il falloit A la vérité, la vertu ne satisfait pas sans réd'abord établir une règle sûre pour les bien serve toutes nos passions ; mais si nous n'avions distinguer du vice. Je l'ai rencontrée sans ef- aucun vice, nous n'aurions pas ces passions à fort dans le bien et le mal moral; je l'aurois satisfaire ; et nous ferions par devoir ce qu'on cherchée vainement dans une moins grande ori- fait par ambition, par orgueil, par avarice, etc. gine. Dire simplement que la vertu est vertu, Il est donc ridicule de ne pas sentir que c'est le parcequ'elle est bonne en son fonds, et le vice vice qui nous empêche d'être heureux par la tout au contraire, ce n'est pas les faire con- vertu. Si elle est si insuffisante à faire le bonnoitre. La force et la beauté sont aussi de grands heur des hommes, c'est parceque les hommes biens; la vieillesse et la maladie, des maux réels; sont vicieux; et les vices, s'ils vont au bien, cependant on n'a jamais dit que ce fùt là vice ou c'est qu'ils sont mêlés de vertus, de patience, vertu. Le mot de vertu emporte l'idée de quel de tempérance, de courage, etc. Un peuple qui que chose d'estimable à l'égard de toute la terre: n'auroit en partage que des vices, courroit à sa le vice au contraire. Or, il n'y a que le bien et perte infaillible. que le mal moral qui portent ces grands carac- Quand le vice veut procurer quelque grand tères. La préférence de l'intérêt général au per avantage au monde, pour surprendre l'admirasonnel est la seule définition qui soit digne de tion, il agit comme la vertu, parcequ'elle est le la vertu, et qui doive en fixer l'idée. Au con- vrai moyen, le moyen naturel du bien : mais traire, le sacrifice mercenaire du bonheur pu- celui que le vice opère n'est ni son objet, ni son blic à l'intérêt propre est le sceau éternel du but. Ce n'est pas à un si beau terme que tenvice.

dent ses déguisements. Ainsi le caractère disCes divers caractères ainsi établis et suffi-tinctif de la vertu subsiste; ainsi rien ne peut samment discernés, nous pouvons distinguer l'effacer. encore les vertus naturelles, des acquises. J'ap- Que pretendent donc quelques hommes, qui pelle vertus naturelles, les vertus de tempéra- confondent toutes ces choses, ou qui nient leur ment; les autres sont les fruits pénibles de la réalité? Qui peut les empêcher de voir qu'il y réflexion. Nous mettons ordinairement ces der- a des qualités qui tendent naturellement au bien nières à plus haut prix , parcequ'elles nous coû- du monde, et d'autres à sa destruction ? Ces tent davantage; nous les estimons plus à nous, premiers sentiments, élevés, courageux, bienparcequ'elles sont les effets de notre fragile faisants à tout l'univers, et par conséquent esraison. Je dis : la raison elle-même n'est-elle timables à l'égard de toute la terre, voilà ce pas un don de la nature, comme l'heureux tem- que l'on nomme vertu. Et ces odieuses passions, pérament? L'heureux temperament exclut-il la tournées à la ruine des hommes et par conséraison? n'en est-il pas plutôt la base? et si l'un quent criminelles envers le genre humain, c'est peut nous égarer, l'autre est-elle plus infaillible? ce que j'appelle des vices. Qu'entendent-ils,

Je me håle, afin d'en venir à une question eux, par ces noms? Cette différence éclatante plus sérieuse. On demande si la plupart des du foible et du fort, du faux et du vrai, du vices ne concourent pas au bien public, comme juste et de l'injuste, etc., leur échappe-t-elle ? les pures verlus. Qui feroit fleurir le commerce Mais le jour n'est pas plus sensible. Pensent-ils sans la vanité, l'avarice, etc.?

que l'irréligion dont ils se piquent puisse anéanEn un sens cela est très vrai; mais il faut lir la vertu? Mais tout leur fait voir le contraire. m'accorder aussi que le bien produit par le vice Qu'imaginent-ils donc qui leur trouble l'esprit? est loujours mêlé de grands maux. Ce sont les qui leur cache qu'ils ont eux-mêmes, parmi lois qui arrêtent le progrès de ses désordres; leurs foiblesses, des sentiments de vertu? et c'est la raison, la vertu, qui le subjuguent, Est-il un homme assez insensé pour douter qui le contiennent dans certaines bornes et le que la santé soit préférable aux maladies ? rendent utile au monde.

Non, il n'y en a point dans le monde. Trouvevertu; tempérance, sagesse; bonnes qualités ? tant mieux pour toi. v.

1 Il faudroit ne soit préférable. s.

t-on quelqu'un qui confonde la sagesse avec la est nécessaire n'est d'aucun mérite? mais c'est folie? Non, personne assurément. On ne voit une nécessité en Dieu d'être tout-puissant, élerpersonne non plus qui ne préfère la vérité à nel. La puissance et l'éternité seront-elles égales l'erreur; personne qui ne sente bien que le cou- au néant? ne seront-elles plus des attributs parrage est différent de la crainte, et l'envie de la faits ? Quoi! parceque la vie et la mort sont en bonté. On ne voit pas moins clairement que nous des états de nécessité, n'est-ce plus qu'une l'humanité vaut mieux que l'inhumanité, qu'elle même chose, indifférente aux humains? Mais est plus aimable, plus utile, et par conséquent peut-être que les vertus que j'ai peintes comme plus estimable ; et cependant..... Ô foiblesse de un sacrifice de notre intérêt propre à l'intérėt l'esprit humain! il n'y a point de contradiction public, ne sont qu'un pur effet de l'amour de dont les hommes ne soient capables, dès qu'ils nous-mêmes. Peut-être ne faisons-nous le bien veulent approfondir.

que parceque notre plaisir se trouve dans ce N'est-ce pas le comble de l'extravagance, sacrifice. Étrange objection! Parceque je me qu'on puisse réduire en question si le courage plais dans l'usage de ma vertu, en est-elle moins vaut mieux que la peur? On convient qu'il nous profitable, moins précieuse à tout l'univers, ou donne sur les hommes et sur nous-mêmes un moins différente du vice, qui est la ruine du empire naturel. On ne nie pas non plus que la genre humain ? Le bien où je me plais changepuissance enferme une idée de grandeur, et t-il de nalure? cesse-t-il d’être bien? qu'elle soit utile '. On sait encore que la peur Les oracles de la piété, continuent nos adest un témoignage de foiblesse; et on convient versaires, condamnent cette complaisance. Estque la foiblesse est très nuisible, qu'elle jette les ce à ceux qui nient la vertu, à la combattre par hommes dans la dépendance, et qu'elle prouve la religion qui l'établit? Qu'ils sachent qu'un ainsi leur petitesse. Comment peut-il donc se Dieu bon et juste ne peut réprouver le plaisir trouver des esprits assez déréglés pour mettre que lui-même attache à bien faire. Nous prohide l'égalité dans des choses si inégales? beroit-il ce charme qui accompagne l'amour du

Qu'entend-on par un grand genie? un esprit bien? Lui-même nous ordonne d'aimer la vertu, qui a de grandes vues, puissant , fécond, élo- et sait mieux que nous qu'il est contradictoire quent, etc. Et par une grande fortune? un état d'aimer une chose sans s'y plaire. S'il rejette indépendant, commode, élevé, glorieux, Per- donc nos vertus, c'est quand nous nous approsonne ne dispute donc qu'il y ait' de grands prions les dons que sa main nous dispense, que génies et de grandes fortunes. Les caractères nous arrêtons nos pensées à la possession de ces de ces avantages sont trop bien marqués. Ceux graces, sans aller jusqu'à leur principe; que d'une ame vertueuse sont-ils moins sensibles ? nous méconnoissons le bras qui répaud sur nous Qui peut nous les faire confondre? Sur quel ses bienfaits, etc. fondement ose-t-on égaler le bien et le mal? Est- Une vérité s'offre à moi. Ceux qui nient la ce sur ce que l'on suppose que nos vices et nos réalité des vertus sont forcés d'admettre des vertus sont des effets nécessaires de notre tem- vices. Oseroient-ils dire que l'homme n'est pas pérament? Mais les maladies, la santé, ne sont- insensé et méchant? Toutefois, s'il n'y avoit elles pas des effets nécessaires de la même cause? que des malades , saurions-nous ce que c'est Les confond - on cependant, et a-t-on jamais dit que la santé? que c'étoient des chimères, qu'il n'y avoit ni

XLIV. santé, ni maladies 3? Pense-t-on que tout ce qui

De la grandeur d'ame. * Il faut que la puissance n'enferme une idée de grandeur, et qu'elle ne soit utile. S. » Il faut qu'il n'y ait. s.

Après ce que nous avons dit, je crois qu'il Possidonius d'apamée, qui, au milicu d'un violent accès de d'ame est quelque chose d'aussi réel que la

Non pas précisément. Mais on sait l'histoire du stoicien n'est pas nécessaire de prouver que la grandeur goutte, prétendoit que la douleur n'est point un mal. A la vérité, c'étoit en soutenant ce dogme des stoïciens : Qu'il n'y a santé, etc. Il est difficile de ne pas sentir dans rien de bon que ce qui est honnéte. Voyez le second livre des. Tusculanes de Cicéron. F.

! Je préfére:ois ne soit d'aucun mérite. s.

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