Page images
PDF
EPUB
[ocr errors]

OEUVRES

COMPLÈTES

DE VAUVENARGUES.

NOTICE

éclairés du dix-huitième siècle que le dix-septième

a reçu le complément de sa gloire. SUR LA VIE ET LES ÉCRITS

Il est dans la nature des choses qu'une époque de

goût succède à une époque de génie , et malheureuDE VAUVENARGUES.

sement cela n'arrive pas toujours. Ce qui est plus rare encore, c'est que le même âge réunisse au perfectionnement du goût les créations du génie. Cette

réunion caractérisera le mérite du dix-huitième Luc de Clapiers, marquis de Vauvenargues, issu siècle aux yeux de la postérité , lorsqu’un misérable d'une noble et ancienne famille de Provence, na- esprit de parti, né de circonstances extraordinaires, quit à Aix le 6 août 1745, époque de la mort de et soutenu par les plus vils motifs , aura cessé de réLouis XIV.

pandre des nuages sur une vérité incontestable pour Le beau siècle qui venoit de finir avoit produit, lous les bons esprits. dans presque tous les genres de littérature, des mo- Quelques écrivains restreignent beaucoup trop le dèles qui n'ont point été égalés; mais il avoit ré- sens du mot génie , quoiqu'ils n'y aient aucune prépandu en même temps, dans les esprits, des germes tention, ou plutôt parcequ'ils n'y ont aucun droit. de goût et d'émulation qui n'ont pas été stériles. Pour moi, je pense que toute production de l'esprit

La destinée des hommes de génie qui ouvrent une qui offre des idées nouvelles sous une forme intécarrière, est d'y entrer sans guide et de laisser loin ressante; tout ce qui porte, dans la pensée comme derrière eux ceux qui tentent de suivre leurs traces : dans l'expression, un caractère de force et d'origiet telle fut la gloire de Corneille, de Molière, de nalité, est l'æuvre du génie; et, sous ce rapport, je Racine, de La Fontaine, de Bossuet, de La Bruyère; ne crains pas de regarder Vauvenargues comme un mais le siècle qui a produit Fontenelle, Voltaire, homme de génie , quoiqu'il ne puisse pas être mis Montesquieu, Buffon, Rousseau, le siècle qui a per- au premier rang des génies créateurs et des talents fectionné et assuré la marche de la langue françoise, originaux. qui a répandu la lumière sur tous les objets des con- Il est bien certain qu'il ne dut qu'à la nature le noissances humaines, n'a rien à envier aux plus talent qu'il a montré dans ses ouvrages. L'emploi belles époques de la littérature; ce siècle même se- qu'il fit de ses premières années sembloit plus propre roit digne de s'associer à la célébrité de celui qui l'a à l’éloigner des études littéraires qu'à y préparer son précédé, par le seul avantage d'avoir su mieux sen- esprit et son goût. Une constitution foible et une tir et mieux apprécier toute la supériorité des grands santé souvent altérée nuisirent au succès des preécrivains auxquels il n'a pu donner de rivaux. Ra-mières instructions qu'il reçut. Elevé dans un colcine , Molière, La Fontaine, souvent méconnus par lége, il y montra peu d'ardeur pour l'étude, et n'en leurs contemporains, ont trouvé dans la génération remporta qu’une connoissance très superficielle de suivante des appréciateurs plus sensibles et plus jus- la langue latine. Appelé de bonne heure au service les; et c'est dans l'admiration réfléchie des hommes par sa naissance et le væu de ses parents, les goûts de la jeunesse et les dissipations de l'état militaire sant des productions de leur esprit et des fruits de Jui firent bientôt oublier le peu qu'il avoit appris au leurs talents ; mais l’écrivain moraliste n'est pas de collége, et il est mort sans être en état de lire Ho- ce nombre. Il ne suffit pas au précepteur de morale race et Tacite dans leur langue.

de faire usage de sa raison et de ses lumières, il faut L'espace dans lequel se renferme la vie tout en- que nous croyións que sa conscience a approuvé les tière de Vauvenargues composeroit à peine la jeu- règles qu'il dicte à la nôtre; il faut que le sentiment nesse d'un homme ordinaire. Il mourut à trente- qu'il veut faire passer dans notre ame paroisse dédeux ans; et, dans une vie si courte , très peu couler de la sienne; et avant d'accorder à ses maxid'années semblent avoir été employées à le conduire mes l'empire qu'elles veulent exercer sur notre au genre de célébrité auquel il devoit parvenir. conduite, nous aimons à être persuadés que celui

Il entra au service en 1734; il avoit dix-huit ans, qui les enseigne s'est soumis lui-même à ce qu'elles et cette même année il fit la campagne d'Italie, peuvent avoir de rigoureux. sous-lieutenant au régiment du Roi, infanterie. Ce n'est pas seulement une morale pure, un es

Ce n'étoit pas là une école où il pût préparer les prit droit, une raison forte et éclairée , qui ont dicté matériaux de l'Introduction à la connoissance de les écrits de Vauvenargues. Le caractère particulier l'esprit humain; ce n'étoit pas dans un camp, au d'élévation qui les distingue ne peut appartenir qu'à milieu des occupations actives de la guerre, qu’un une ame d'un ordre supérieur; et la douce induljeune officier de dix-huit ans paroissoit devoir trou- gence qui s'y mêle aux plus nobles mouvements, ne ver des moyens de former son cæur et son esprit au peut être le simple produit de la réflexion et le régoût de la méditation et de l'étude; mais la nature, sultat des combinaisons de l'esprit; ce doit être enen douant Vauvenargues d'un esprit actif, lui avoit core l'épanchement du plus beau naturel, que la donné en même temps la droiture d’ame qui en di- raison a pu perfectionner, mais qu'elle n'auroit pa rige les mouvements, et le sérieux qui accompagne suppléer. l'habitude de la réflexion.

Vauvenargues, en s'élevant de bonne heure, Il joignoit à une ame élevée et sensible le senti- plutôt par la supériorité de son ame que par la ment de la gloire et le besoin de s'en rendre digne : gravité de ses pensées, au-dessus des frivoles occuce sont là les traits qui caractérisent essentiellement pations de son âge, n'avoit point contracté, dans ses écrits. Il apportoit au service les qualités qui l'habitude des idées sérieuses, celte austérité qui composent le mérite d'un homme d'honneur, plutôt accompagne d'ordinaire les vertus de la jeunesse : que celles qui servent à le faire remarquer. Sa figure, car les vertus de la jeunesse sont plus communément quoiqu'elle eût de la douceur et ne manquât pas de le fruit de l'éducation que de l'expérience; et l'élunoblesse , n'avoit rien qui le distinguât avantageu- cation apprend bien aux jeunes gens combien la vertu sement parmi ses camarades. La foiblesse de son est nécessaire, mais l'expérience seule peut leur aptempérament ne lui avoit pas permis d'acquérir, prendre combien elle est difficile. dans les exercices du corps, celte supériorité d'a- Vauvenargues, jeté dans le monde dès les predresse et de force qui donne à la jeunesse tant de mières années qui suivent l'enfance, apprit à le congrâce et d'éclat. Enfin une excessive timidité, tour- noitre avant de penser à le juger; il vit les foiblesses ment ordinaire d'une ame jeune , avide d’estime, des hommes avant d'avoir réfléchi sur leurs devoirs; et que blesse l'apparence seule d'un reproche , voi- et la vertu , en entrant dans son cæur, y trouva loit trop souvent les lumières de son esprit, pour ne toutes les dispositions à l'indulgence. laisser apercevoir que l'intéressante et douce simpli- La douceur et la sûreté de son commerce lui cité de son caractère. C'est près de lui qu’on eût pu avoient concilié l'estime et l'affection de ses camaconcevoir cette pensée qu'il a exprimée depuis avec rades , pour la plupart , sans doute , moins sages et tant de charme : Les premiers jours du printemps moins sérieux que lui; mais , dit Marmontel, qui en ont moins de grdee que la vertu naissante d'un jeune avoit connu plusieurs , « Ceux qui étoient capables homme'. Douce , tempérée, sensible , semblable en « d'apprécier un si rare mérite, avoient conçu pour tout aux premiers jours du printemps, sa vertu de- « lui une si tendre vénération, que je lui ai envoit se faire aimer d'abord; mais le temps et les oc- « tendu donner par quelques-uns le nom respeccasions pouvoient seuls en développer les heureux « table de père. » Ce nom respectable n'étoit peutfruits.

être pas donné bien sérieusement par de jeunes Il est des écrivains dont on peut aisément con- militaires à un camarade de leur âge; mais le ton sentir à ignorer la vie et le caractère , tout en jouis même du badinage, en se mêlant à la justice qu'ils supériorité de raison qu'il ne pouvoit dissimuler, mais lontiers des partis 'extrêmes dans les affaires embarque sa modeste douceur ne permettoit aux autres ni rassantes; privés des ressources habituelles que donne de craindre ni d'envier.

se plaisoient à lui rendre, prouveroit encore à quel point Vauvenargues avoit su se faire pardonner cette

1 Mar. 410.

l'assurance, ils cherchent à y suppléer par l'élan La guerre d'Italie n'avoit pas été longue; mais momentané du courage; ils aiment mieux risquer la paix qui la suivit ne fut pas non plus de longue une fois une démarche hasardée, que d'avoir tous durée. Une nouvelle guerre' vint troubler la France | les jours quelque chose à oser. en 1741. Le régiment du Roi fit partie de l'armée Vauvenargues, étranger à la cour, inconnu du qu'on envoya en Allemagne, et qui pénétra jusqu'en ministre dont il auroit pu solliciter la faveur, privé Bohème. On se rappelle tout ce que les troupes du secours du chef qui auroit pu appuyer sa defrançoises eurent à souffrir dans cette honorable et mande, prit le parti de s'adresser directement au pénible campagne, et surtout dans la fameuse re- roi, pour lui témoigner le desir de le servir dans les traite de Prague', qui s'exécula au mois de dé- négociations. Dans sa lettre, il rappeloit à sa majesté cembre 1742. Le froid fut excessif. Vauvenargues, que les hommes qui avoient eu le plus de succès naturellement foible, en souffrit plus que les autres. dans cette carrière étoient ceux-même que la forIl rentra en France au commencement de 1743, avec une en avoit le plus éloignés. Qui doit en effet, une santé détruite; sa fortune, peu considérable, ajoutoit-il, servir votre majesté avec plus de zèle avoit été épuisée par les dépenses de la guerre. Neuf qu'un gentilhomme qui , n'étant pas né à la cour, années de service ne lui avoient procuré que le grade n'a rien à espérer que de son maitre et de ses serde capitaine, et ne lui donnoient aucun espoir d'a- vices ? vancement.

Vauvenargues avoit écrit en même temps à M. AmeIl se détermina à quitter un état, honorable sans lot, ministre des affaires étrangères. Ses deux lettres, doute pour tous ceux qui s'y livrent , mais où il est comme on le conçoit aisément, restèrent sans rédifficile de se faire honorer plus que des milliers ponse. Louis XV n'étoit pas dans l'usage d'accorder d'autres, lorsque la faveur ou les circonstances ne des places sans la médiation de son ministre , et le font pas sortir un militaire de la foule pour l'élever ministre connoissoit trop bien les droits de sa place à quelque commandement.

pour favoriser une démarche où l'on croyoit pouvoir Vauvenargues avoit étudié l'histoire et le droit se passer de son autorité. public; l'habitude et le goût du travail, et aussi ce Vauvenargues , ayant donné, en 1744, la démissentiment de ses forces que la modestie la plus vraie sion de son emploi dans le régiment du Roi , écrivit n'éteint pas dans un esprit supérieur, lui firent à M. Amelot une leltre que nous croyons devoir croire qu'il pourroit se distinguer dans la carrière transcrire ici. des négociations. Il desira d'y entrer, et fit part de son desir à M. de Biron, son colonel, qui, loin de « MONSEIGNEUR, lui promettre son appui, ne lui laissa entrevoir que la difficulté de réussir dans un tel projet. Tout ce « Je suis sensiblement touché que la lettre que qui sort de la route ordinaire des usages effraie ou « j'ai eu l'honneur de vous écrire, et celle que j'ai choque ceux qui, favorisés par ces usages mêmes, « pris la liberté de vous adresser pour le roi, n'aient n'ont jamais eu besoin de les braver; et voilà pour- « pu attirer votre attention. Il n'est pas surprenant, quoi les gens de la cour observent d'ordinaire, à l'é- « peut-être, qu’un ministre si occupé ne trouve pas gard des gens en place, une beaucoup plus grande « le temps d'examiner de pareilles lettres; mais , circonspection que ceux qui, placés dans les rangs a monseigneur, me permettrez-vous de vous dire inférieurs, ont beaucoup moins à perdre, et par cela « que c'est cette impossibilité morale où se trouve même peuvent risquer davantage.

« un gentilhomme qui n'a que du zèle de parvenir Vauvenargues, malheureux par sa santé, par sa « jusqu'à son maître , qui fait le découragement que fortune, et surtout par son inaction, sentoit qu'il ne « l'on remarque dans la noblesse des provinces, et pouvoit sortir de cette situation pénible que par une « qui éteint toute émulation. J'ai passé , monseirésolution extraordinaire. Les caractères timides en « gneur, toute ma jeunesse loin des distractions du société sont souvent ceux qui prennent le plus vo- « monde, pour tâcher de me rendre capable des

« emplois où j'ai cru que mon caractère m'appeloit; · La guerre dite de la Succession, après la mort de l'empe- « et j'osois penser qu'une volonté si laborieuse me reur Charles VI, arrivée le 20 octobre 1740. B.

« mettroit du moins au niveau de ceux qui atten2 Cette célèbre retraite s'exécuta sous la conduite du maré

« dent toute leur fortune de leurs intrigues et de chai de Belle-Ile, qui sortit de Prague dans la nuit du 16 au 17 décembre 1742, et se rendit à Egra le 26. Le maréchal dc Saxe

« leurs plaisirs. Je suis pénétré, monseigneur, qu'une ayoit tenu la même conduite l'année précédente. B.

« confiance que j'avois principalement fondée sur

[ocr errors]
[ocr errors][ocr errors][ocr errors]

« l'amour de mon devoir, se trouve entièrement ractère d'originalité et de vérité qui les distingue. « déçue. Ma santé ne me permettant plus de conti- L'étude des grands modèles de l'antiquité est d'une « nuer mes services à la guerre, je viens d'écrire à ressource infinie pour les hommes qui cultivent la « M. le duc de Biron pour le prier de nommer à littérature : elle sert à étendre l'esprit, à diriger le « mon emploi. Je n'ai pu, dans une situation si goût, à féconder le talent; mais elle n'est pas aussi « malheureuse, me refuser à vous faire connoître nécessaire à celui qui se livre à l'étude de la morale « mon désespoir. Pardonnez-moi, monseigneur, s'il et de la philosophie; il a plus besoin d'étudier le « me dicte quelque expression qui ne soit pas assez monde que les livres, et de chercher la vérité dans « mesurée.

ses propres observations que dans celles des autres. « Je suis , etc.

Un esprit droit et vigoureux, réduit à ses seules

forces, est obligé de se rendre raison de tout à luiCette lettre, que personne peut-être n'eût voulu "même, parcequ'on ne lui a rendu raison de rien; il se charger de présenter au ministre, valut à Vauve- trouve en lui ce qu'il n'auroit point trouvé au denargues une réponse favorable, avec la promesse hors, et va plus loin qu'on ne l'auroit conduit. S'il d'être employé lorsque l'occasion s'en présenteroit. se soustrait par ignorance aux autorités qui auroient Mais un triste incident vint tromper ses espérances. pu éclairer son jugement, il échappe également aux Il étoit retourné au sein de sa famille pour se livrer autorités usurpées qui auroient pu l'égarer. Rien ne en paix aux études qu’exigeoit la carrière où il se le gêne dans la route de la vérité; et s'il arrive juscroyoit près d'entrer, lorsqu'il fut atteint d'une pe- qu'à elle, c'est par des sentiers qu'il s'est tracés luilite vérole de l'espèce la plus maligne, qui défigura même : il n'a marché sur les pas de personne. ses trails et le laissa dans un état d'infirmité con- Ces réflexions pourroient s'appuyer de beaucoup linuelle et sans remède. Ainsi ce jeune homme, d'exemples. Aristote et Plalon n'avoient pas eu plus plein d'énergie dans le caractère, d'activité dans de modèle qu'Homère. Virgile auroit été peut-être l'esprit, de générosité dans les sentiments, se vit plus grand poète s'il n'avoit pas eu sans cesse Hocondamné à perdre dans l'obscurité tant de dons mère devant les yeux; car il n'est véritablement précieux, en attendant qu'une mort douloureuse grand que par le charme du style, où il ne resvînt terminer, à la fleur de son âge, une vie où n'a- semble point à Homère. voit jamais brillé un instant de bonheur.

Corneille créa la tragédie françoise avant d'avoir Ce fut alors que, conservant pour toute ressource cherché dans Aristote les règles de l'art dramatique. cette même philosophie qui l'avoit dirigé toute sa Pascal avoit peu lu, ainsi

que

Mallebranche; tous vie dans la pratique des verlus, il ne trouva de con- les deux méprisoient l'érudition. Buffon, occupé de solation que dans l'étude et l'amour des lettres, qui, ses plaisirs jusqu'à l'âge de trente-cinq ans, dans tous les temps, l'avoient soutenu contre toutes dans la force naturelle de son esprit le secret de ce les contrariétés qu'il avoit éprouvées. Il s'occupa à style brillant et pittoresque dont il a embelli les tarevoir et à mettre en ordre les réflexions et les petits bleaux de la nature. L'ignorance qui tue d'inanition écrits qu'il avoit jetés sur le papier dans les loisirs les esprits foibles, devient pour les esprits supérieurs d'une vie si agitée ; il publia, en 1746, son Intro- un stimulant qui les contraint à employer toutes duction à la connoissance de l'esprit humain; ou- leurs forces. vrage qui étonna ceux qui étoient en état de l'ap- On doit croire cependant que si Vauvenargues précier, et qui doit faire regretter ce qu'on auroit avoit poussé plus loin sa carrière, il auroit senti la pu attendre de l'auteur, si une mort prématurée ne nécessité d'une instruction plus élendue pour agranl'avoit pas enlevé à la gloire que son génie sembloit dir la sphère de ses idées. Il auroit voulu porter sa lui promettre.

vue sur un plus grand horizon, il n'en eût que mieux J'ai dit que Vauvenargues avoit en une éducation jugé des objets après s'être habitué à ne voir que par fort négligée. Privé des secours qu'il auroit pu trou- lui-même. ver dans l'étude des grands écrivains de l'antiquité, Une partie de nos erreurs vient sans doute du dé toute sa littérature se bornoit à la connoissance des faut de lumières ; une plus grande partie vient des bons auteurs françois. Mais la nature lui avoit donné fausses lumières qu'on nous présente. Celui qui se un esprit pénétrant, un sens droit, une ame élevée borne aux erreurs de son propre esprit, s'épargne et sensible. Ces qualités sont bien supérieures aux au moins la moitié de celles qui pourroient l'égarer. connoissances pour former le goût; et peut-être Les sots , dit Vauvenargues, n'ont pas d'erreurs en inême le défaut d'instruction, en laissant à son ex- leur propre et privé nom. Vauvenargues, lui-même, cellent espril plus de liberté dans ses développe- n'en est pas exempt sans doute; mais ses erreurs inents, a-t-il contribué à donner à ses écrits ce ca- 1 sont bien à lui : celles qu'on peut lui reprocher tien

[ocr errors][ocr errors][ocr errors]

trouva

[ocr errors][merged small]
« PreviousContinue »