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« par ceur. Dans les mystères de Sabasius , il cherche « à être distingué particulièrement par le prétre. Il aime

CHAPITRE XXVIII. « des courtisanes, enfonce leurs portes, et plaide pour « avoir été battu par un rival. » On peut consulter sur les

De la médisance. courses de flambeaux le chapitre xxiv du jeune Anacharsis ; et l'on peut voir au vol. II, pl. 3, des vases de Hamilton, un sacrifice fait par de jeunes athlètes qui cher- Je définis ainsi la médisance, une pente sechent à terrasser un taureau. Cette explication du dessin crète de l'ame à penser mal de tous les hommes, que représente cette planche est du moins bien plus naturelle que celle qu'en dorme le texte de Hamilton ; et laquelle se manifeste par les paroles. Et pour Pausanias parle quelque part d'un rit de ce genre. Les ce qui concerne le médisant, voici ses moeurs. distinctions que brigue ce vieillard dans les mystères Sion l'interroge sur quelque autre, et qu'on lui de Sabasius , c'est-à-dire de Bacchus, sont d'autant plus demande quel est cet homme, il fait d'abord sa ridicules , que les femmes concouroient à ces mystères. (Voyez Aristophane , in Lysistrata , v. 588; voyez aussi sie (1), que l'on a connu dans le service, et par

généalogie : son père, dit-il, s'appeloit SoDémosth., pro Cor., page 314.)

J'ai suivi, dans la dernière phrase de cette addition, mi les troupes, sous le nom de Sosistrale; il a les corrections du critique anonyme de la Gazette littéraire été affranchi depuis ce temps, et reçu dans d'Iéna.

l'une des tribus de la ville (2) : pour sa mère, (4) Le gree porte : « S'il va à la campagne avec un che c'étoit une noble Thracienne ; car les femmes * val, etc. )

de Thrace, ajoute-t-il, se piquent la plupart

d'une ancienne noblesse (5): celui-ci, né de si (5) Le manuscrit du Vatican ajoute ici une phrase vrai- honnêtes gens, est un scélérat qui ne mérite semblablement altérée par les copistes. D'après Schneider, que le gibet. Et retournant à la mère de cet il faudroit traduire : «Il fait des pique-niques de onze « litres, » c'est-à-dire de onze oboles. « Reste à savoir, homme qu'il peint avec de si belles couleurs (4): « dit cet éditeur, pourquoi cela est ridicule. » Peut-être Elle est, poursuit-il, de ces femmes qui épient faut-il rapporter le fragment de l'auteur comique Sophron, sur les grands chemins (5) les jeunes gens au « Le décalitre en est le prix, » aux Femmes mimes, litre passage, et qui, pour ainsi dire, les enlèvent de la pièce d'où ce fragment nous est conservé par Pollux, 1. IV, segm. 175, et supposer que le décalitre fût le prix et les ravissent. Dans une compagnie où il se ordinaire des jeux indécents ou des complaisances de ces

trouve quelqu'un qui parle mal d'une personne femmes , et une espèce de surnom qu'on leur donnoit. absente, il relève la conversation : Je suis, lui On pourroit alors corriger ce passage èv dezodiapxes et dit-il, de votre sentiment; cet homme m'est traduire : « Il fait des pique-niques chez des danseuses. »

odieux, et je ne le puis souffrir : qu'il est inMais peut-être aussi faut-il traduire tout simplement : « Il rassemble, à force de prières, des convives pour supportable par sa physionomie! y a-t-il un plus a manger avec lui à frais communs. »

grand fripon et des manières plus extravagan

tes? Savez-vous combien il donne à sa femme (6) (6) Une grande statue de bois qui étoit dans le lieu des pour la dépense de chaque repas? trois oboexercices , pour apprendre à darder. (La Bruyère. ) Cette ies (7), et rien davantage; et croiriez-vous que explication est une conjecture ingénieuse de Casaubon ; elle est confirmée en grelque sorte par une lampe antique dans les rigueurs de l'hiver, et au mois de désur laquelle M. Visconi a vu le palus contre lequel s'exer- cembre (8), il l'oblige de se laver avec de l'eau çoient les gladiateurs, revêtus d’habillements militaires. froide? Si alors quelqu'un de ceux qui l'écoutent La traduction littérale de ce passage, tel que le donne le

se lève et se retire, il parle de lui presque dans manuscrit du Vatican , seroit : «ll joue à la grande statue « avec son esclave; » ce qui, par une suite de la même les mêmes termes (9). Nul de ses plus familiers esplication, pourroit être rendu par l'expression mo- amis n'est épargné : les morts même dans le derne : « Il tire au mur avec son esclave. » Ce manuscrit tombeau ne trouvent pas un asile contre sa maucontinue:

: « Il tire de l'arc ou lance le javelot avec le pé- | vaise langue (10). « dagogue de ses enfants. »

NOTES. (0) Littéralement : « Il s'exerce à la lutte, et agite beau« coup les hanches. » Le manuscrit du Vatican ajoute : (1) C'étoit chez les Grecs un nom de valet ou d'esclave. € Afin de paroitre instruit ; » et continue : « Quand il se ( La Bruyère.) Le grec porte : « Son père s'appeloit d'ae trouve avec des femmes , il se met à danser en chantant « bord Sosie; dans les troupes il devint Sosistrate; en« entre les dents pour marquer la cadence. »

« suite il fut inserit dans une bourgade. » Le service militaire , quand la république y appeloit des esclaves ou

page 314.

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leur permettoit d'y entrer, étoit un moyen de s'affranchir, (10) Il étoit défendu chez les Athéniens de parler mal dit l'auteur du Voyage du jeune Anacharsis, chap. vi, des morts, par une loi de Solon, leur législateur. (La sur des autorités anciennes.

Bruyére.) Il paroît en général par ces caractères, et par

d'autres autorités, que les lois de Solon n'étoient plus (2) Le peuple d'Athènes étoit partagé en diverses tribus.

guère observées du temps de Théopbraste. Le manuscrit (La Bruyère. ) Le texte parle de bourgades , sur lesquels du Vatican ajoute : « Et ce vice, il l'appelle frauchise, les on peut voir le chap. A, note 7. C'étoit là que se faisoit

« esprit démocratique, liberté, et en fait la plus douce la première inscription. Voyez Démosthène, pro Cor.,

a occupation de sa vie. » Le même manuscrit place en

core ici une phrase fort singulière, que je crois, avec (3) Cela est dit par dérision des Thraciennes, qui ve

M. Schneider, avoir été ajoutée par un lecteur cbrélien noient dans la Grèce pour être servantes, et quelque chose qui n'avoit pas bien saisi l'esprit dans lequel ces caractères de pis. (La Bruyère.) M. Barthélemy, qui a imité ce ca

ont été écrits. Je corrige le verbe inintelligible de cette ractère dans le chap. Ixvil du Voyage du jeune Ana- phrase en estepiguévos et je traduis : « C'est ainsi que celui charsis , fait dire au médisant : « Sa mère est de Thrace, « qui est privé de la véritable doctrine rend les hommes « et sans doute d'une illustre origine; car les femmes qui

« maniaques, et leur donne des meurs dépravées. » Dans « viennent de ce pays éloigné ont autant de prétentions a les manuscrits numérotés 1679, 2830 et 1389 de la Bi« la naissance que de facilité dans les mœurs. » Le ma- bliothèque du roi, et dans un manuscrit de la Bibliothèque nuscrit du Vatican ajoute : « Et cette chère maitresse s'ap- Palatine, on ajoute de même, à la suite des Caractères « pelle Krinocorax, » nom dont la composition bizarre de Théophraste qui existent dans ces manuscrits , quelpouvoit faire rire aux dépens de cette femme : il signifie ques phrases d'un grec barbare, qui ne peuvent pas être corbeau de fleur de lis.

attribuées à l'auteur, et qui contiennent des réflexions sur

les obstacles qu'éprouve la vertu. On trouvera ce mor(4) C'est le traducteur qui a ajouté cette transition; et ceau dans l'édition de Fischer, page 240. le manuscrit du Vatican indique clairement qu'il faut commencer ici un nouveau trait, et traduire : «Il dit me

CHAPITRE XXIX. « chamment à quelqu'un : Ah! je connois bien les femmes « dont tu me parles, et sur lesquelles tu te trompes fort; « ce sont de celles qui épient sur les grands chemins, etc. »

Du goût qu'on a pour les vicieux (1). Le même manuscrit fait ensuite une autre addition fort obscure, et qui exige plusieurs corrections : on peut la

Le goût que l'on a pour les méchants est le traduire : « Celle-ci est sur-tout très habile au métier; desir du mal. L'homme infecté de ce vice est « et ce que je vous dis des autres n'est pas un conte en capable de fréquenter les gens qui ont été con« l'air: elles se prostituent dans les rues, sont toujours damnés pour leurs crimes par tout le peuple (2, « à la poursuite des hommes, et ouvrent elles-mènes la dans la vue de se rendre plus expérimenté et « porte de leur maison. » Ce dernier trait a déja été cité comme une rusticité de la part d'un homme ; mais c'étoit plus formidable par leur commerce. Si on lui sans doute un signe de prostitution dans une femme, qui cite quelques hommes distingués par leurs verdevoit rester dans l'intérieur de son gynécée, et n'en sortir tus , il dira : « Ils sont vertueux comme tant que bien accompagnée.

« d'autres. Personne n'est homme de bien, tout (5) La Bruyère, en supposant qu'il est question de la

« le monde se ressemble, et ces honnêtes gens Thracienne, fait ici la note suivante : « Elles tenoient hô- « ne sont que des hypocrites. » « Le méchant « tellerie sur les chemins publics , où elles se méloient « seul', dit-il une autre fois, est vraiment libre. « d'infames commerces. »

Si quelqu'un le consulte au sujet d'un méchant (6) Le manuscrit du Vatican ajoute : « Qui lui a ap- homme (3), il convient que ce que l'on en dit « porté plusieurs talents en dot, et qui lui a donné un est vrai : « Mais, ajoute-t-il, ce que ( enfant. »

« pas, c'est que c'est un homme d'esprit, fort (7) Il y avoit au-dessous de cette monnoie d'autres en

allaché à ses amis, et qui donne de grandes core de moindre valeur. ( La Bruyère.) Aussi le grec

« espérances. » Et il soutiendra qu'il n'a jamais parle-t-il de trois petites pièces de cuivre dont huit font vu un homme plus habile. Il est toujours dispo une obole. L'obole est évaluée par M. Barthélemy à trois sé en faveur de l'accusé traduit devant l'assemsous de notre monnoie.

blée du peuple, ou devant quelque tribunal par(8) Le grec dit : « Le jour de Neptune, » fête qui étoit ticulier ; il est capable de s'asseoir à côté delui, au milieu de l'hiver, et où peut-être on se baignoit en et de dire qu'il ne faut point juger l'homme, l'honneur du dieu auquel elle étoit consacr

mais le fait. « Je suis, dit-il, le chien du peu(9) Le manuscrit du Vatican insère ici : « Une fois qu'il

ple, car je garde ceux qui essuient des injus« a commencé. »

« tices (4). Nous finirions par ne plus trouver

l'on ne sait

DU GAIN SORDIDE.

467 (personne qui voulůt s'intéresser aux affaires

CHAPITRE XXX. publiques, si nous abandonnions ces homi mes (5). » Il aime à se déclarer patron des gens

Du gain sordide. les plus méprisables (6), et à se rendre aux tribunaux pour

y soutenir de mauvaises affai- L'homme qui aime le gain sordide emploie res (7). S'il juge un procès, il prend dans un les moyens les plus vils pour gagner ou pour mauvais sens tout ce que disent les parties. En épargner de l'argent (1). Il est capable d'épargénéral (8) l'affection pour les scélérats est seur gner le pain dans ses repas; d'emprunter de de la sceleratesse même, et rien n'est plus vrai l'argent à un étranger descendu chez lui (2); de que le proverbe : « On recherche toujours son dire, en servant à table, qu'il est juste que celui semblable. »

qui distribue reçoive une portion double, et de

se la donner sur-le-champ. S'il vend du vin, il NOTES.

y mêlera de l'eau, même pour son ami. Il ne va (1) Ce chapitre et le suivant n'ont été découverts que au spectacle avec ses enfants que lorsqu'il y a dans le siècle dernier. On en connoissoit cependant les une représentation gratuite. S'il est membre titres du temps de Casaubon et de La Bruyère ; et j'ai d'une ambassade , il laisse chez lui la somme que corservé la traduction que ce dernier en a donnée dans la ville lui a assignée pour les frais du voyage, et son Discours sur Théophraste.

emprunte de l'argent à ses collègues : en chemin (2) Je pense qu'il fant sous-entendre, « Et qui ont eu il charge son esclave d'un fardeau au-dessus de a l'adresse de se soustraire à l'effet des lois. » ( Voyez le ses forces, et le nourrit moins bien

que

les auchapitre xhi du Voyage du jeune Anacharsis.)

tres : arrivé au lieu de sa destination, il se fait (3) J'ai cherché à remplir par ces mots une lacune qui donner sa part des présents d'hospitalité pour se trouve dans le manuscrit ; il me paroit qu'il est ques la vendre. Pour se froller d'huile au bain, il dira tion d'un homme auquel on veut confier quelques fonc- | à son esclave : Celle que tu m'as achetée est tions politiques.

rance; et il se servira de celle d'un autre, Si (4) J'ai traduit comme si le participe grec étoit au passif; quelqu'un de sa maison trouve une petite monsans cette correction, le sens seroit : « Car je surveille noie de cuivre dans la rue, il en demandera sa a ceux qui veulent lui faire du tort. » Le changement part, en disant : Mercure est commun. Quand il que je propose est nécessaire pour faire une transition à

donne son habit à blanchir, il en emprunte un la pbrase suivante. **

autre d'un ami , et le porte jusqu'à ce qu'on le (5) M. Coray a observé que ces traits ont un rapport lui redemande, etc. Il distribuie lui - même les particulier avec l'orateur Aristogiton et son protecteur provisions aux gens de sa maison avec une mePhilocrate. (Voyez le plaidoyer de Démosthène contre le

sure trop petite (3), et dont le fond est bombé premier. ) Mais je n'ai point pu adopter toutes les con

en dedans; encore a-t-il soin d'égaliser le dessus. séquences que cet éditeur en tire pour le sens de notre

Il se fait céder par ses amis, et comme si c'étoit auteur.

pour lui , des choses qu'il revend ensuite avec (6) Les simples domiciliés d'Athènes , non citoyens , profit. S'il a une dette de trente mines à payer, avoient besoin d'un patron, parmi les citoyens , qui ré- il manquera toujours quelques drachmes à la pondit de leur conduite. ( Voyez le Voyage du jeune Ana

somme. Si ses enfants ont été indisposés et ont charsis, chap- VI. )

passé quelques jours du mois sans aller à l'école, (7) Tous les citoyens d'Athènes pouvoient être appelés il diminue le salaire du maître à proportion ; et à la fonction de juges par le sort; et ils devoient étre pendant le mois d'anthestérion il ne les y envoie souvent dans ce cas, puisque le nombre des juges des

pas du tout, pour ne pas être obligé de payer différents tribunaux s'élevoit à six mille. ( Voyez Ana

un mois dont une grande partie se passe en speccharsis, chap. xv.)

tacles (4). S'il retire une contribution d'un es(8) Cette dernière phrase me paroit avoir été ajoutée clave (5), il en exige un dédommagement pour par un glossateur.

la perte qu'éprouve la monnoie de cuivre. Quand son chargé d'affaires lui rend ses comptes (6)... Quand il donne un repas à sa curie, il demande,

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note7.)

sur le service commun, une portion pour ses

tres de cet ouvrage, à la suite du chapitre x1, où on les

trouvera traduits par La Bruyère, et éclaircis par des notes enfants, et note les moitiés des raves qui sont restées sur la table, afin que les esclaves qui les qu'il seroit inutile de répéter ici. desservent ne puissent pas les prendre. S'il voya- (2) Par droit d'hospitalité. (Voyez chap. IX, ge avec des personnes de sa connoissance, il se sert de leurs esclaves, et loue pendant ce temps

(5) J'ai traduit ici d'après la leçon du manuscrit du Va

tican; mais, d'après les règles de la critique, il faut préle sien , sans mettre en commun le prix qu'il en

férer celle des autres manuscrits dans le chapitre xr: car reçoit. Bien plus, si l'on arrange un pique-nique ce sont les mots ou les tournures les plus vulgaires qui s'in dans sa maison, il soustrait une partie du bois, troduisent dans le texte par l'erreur des copistes. des lentilles, du vinaigre, du sel, et de l'huile pour la lampe, qu’on a déposés chez lui (7). Si étoient des fêtes consacrées à Bacchus.

(4) Les anthestéries, qui avoient donné le nom à ce mois, quelqu'un de ses amis se marie ou marie sa fille, il quitte la ville pour quelque temps, afin de pou- Auquel il a permis de travailler pour son propre voir se dispenser d'envoyer un présent de noces. compte, ou qu'il a loné, ainsi qu'il étoit d'usage à Athènes, Il aime beaucoup aussi à emprunter aux person

comme on le voit entre autres par la suite même de ce

chapitre. nes de sa connoissance des objets qu'on ne redemande point, ou qu'on ne recevroit même pas

(6) Cette phrase est défectueuse dans l'original; MM. Bes'ils étoient rendus (8).

lin de Ballu et Coray l'ont jointe à la précédente par lei mots : «

11 en fait autant, etc. » NOTES.

(7) C'est ainsi que ce passage difficile a été entendu par (1) J'ai été obligé de paraphraser cette définition, qui, M. Coray : d'après M. Schneider, il faudroit traduire : ell dans l'original, répète les mots dont le nom que Théo- « met en compte le bois , les raves, etc., qu'il a fournis. » phraste a donné à ce Caractère est composé, et qui est cer- (Voyez la note 7 du chap. x.) tainement altéré par les copistes.

Plusieurs traits de ce caractère ont été placés , par l'a- (8) J'ai traduit cette dernière phrase d'après les corTECbréviateur qui nous a transmis les quinze premiers chapi- tions des deux savants éditeurs Coray et Schneider.

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