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CHAPITRE XVIII.

et demie. Le manuscrit du Vatican porte : « Et s'assied å

a chaque stade pour le compter. » De la défiance.

(2) Les anciens employoient souvent la cire et le cachet

en place des serrures et des clefs. Ils cachetoient même L'esprit de défiance nous fait croire que tout quelquefois les portes, et sur-tout celles du gynécée. (Voyez le monde est capable de nous tromper. Un entre autres les Thesmoph. d'Aristoph., v. 422.) komme défiant, par exemple, s'il envoie au

(3) « Quand il demande les intérêts de son argent, afin marché l'un de ses domestiques pour y acheter

a que ses débiteurs ne puissent pas nier la delte. » Il faut des provisions, il le fait suivre par un autre, supposer peut-être que c'est avec les mêmes témoins qui qui doit lui rapporter fidèlement combien elles étoient présents lorsque l'argent a été remis. ont coûté. Si quelquefois il porte de l'argent

(4) Legrec dit : «Mais chez celui qui a un bon répondant.» sur soi dans un voyage, il le calcule à chaque stade (1) qu'il fait pour voir s'il a son compte. (5) D'or ou d'argent. (La Bruyère.) Une autre fois, étant couché avec sa femme, il lui demande si elle a remarqué que son cof- où le sens est interrompu; mais il est suppléé par quel

(6) Ce qui se lit entre les deux ( ) n'est pas dans le grec, fre-fort fût bien fermé, si sa cassette est tou- ques interprètes. ( La Bruyère. ) C'est Casaubon qui avoit jours scellée (2), et si on a eu soin de bien fer-supplée à cette phrase défectueuse, non seulement par les mer la porte du vestibuble; et, bien qu'elle mots que La Bruyère a désignés, mais encore par les qua

tre précédents. Voilà comme le manuscrit du Vatican resassure que tout est en bon état, l'inquiétude le

titue ce passage, dans lequel on reconnoitra avec plaisir prend, il se lève du lit, va en chemise et les

un trait que Casaubon avoit deviné : « Il les refuse la plcpieds nus, avec la lampe qui brûle dans sa cham- « part du temps ; mais, s'ils sont demandés par un ami bre, visiter lui-même tous les endroits de sa « ou par un parent, il est tenté de les essayer et de les maison ; et ce n'est qu'avec beaucoup de peine il veut les essayer aux yeux de celui à qui il les confie ,

a peser, et exige presque une caution avant de les prêter. » qu'il s'endort après cette recherche. Il mène pour lui prouver que c'est de l'or ou de l'argent fin. Ce avec lui des témoins quand il va demander ses ar- sens du verbe grec, restitué dans cette phrase par M. Corérages (3), afin qu'il ne prenne pas un jour ray, est justifié par l'explication que donne Hesychius du envie à ses débiteurs de lui dénier sa dette. Ce substantif qui en dérive. n'est pas chez le foulon qui passe pour le meil- (7) La Bruyère a ajouté les mots, « Qu'il affectionne. » leur ouvrier qu'il envoie teindre sa robe , mais M. Coray a joint ce trait au précédent, en l'appliquant à chez celui qui consent de ne point la recevoir l'esclave qui porte les vases. sans donner caution (4). Si quelqu'un se ha- (8) Dans les additions du manuscrit du Vatican, à cette sarde de lui emprunter quelques vases (5), il phrase difficile et elliptique, il faut, je crois , mettre le les lui refuse souvent; ou, s'il les accorde, [il dernier verbe à l'optatif attique de l'aoriste, et traduire : ne ies laisse pas enlever qu'ils ne soient pesés :

« Il répond à ceux qui, ayant acheté quelque chose chez

« lui , lui disent de faire le compte, et de mettre l'objet il fait suivre celui qui les emporte, et envoie

« en note, parcequ'ils n'ont pas en ce moment le temps dès le lendemain prier qu'on les lui envoie.] (6) « de lui envoyer de l'argent : Oh! ne vous en mettez pas A-t-il un esclave qu'il affectionne et qui l'ac- a en peine; car, quand même vous en auriez le temps, je compagne dans la ville (7), il le fait marcher a ne vous en suivrois pas moins ; » c'est-à-dire, quand devant lui, de peur que, s'il le perdoit de vue, sur-le-champ, je préfèrerois pourtant de vous accompa

même vous me diriez que vous m'enverrez de l'argent il ne lui échappåt et ne prît la fuite. A un homme gner chez vous ou chez votre banquier pour le toucher qui, emportant de chez lui quelque chose que moi-même. ce soit, lui diroit : Estimez cela, et mettez-le

CHAPITRE XIX. sur mon compte, il répondroit qu'il faut le laisser où on l'a pris, et qu'il a d'autres affaires que

D'un vilain homme. celle de courir après son argent (8).

Ce caractère suppose toujours dans un homme NOTES.

une extrême malpropreté, et une négligence (1) Six cents pas. (La Bruyère.) Le stade olympique, pour sa personne qui passe dans l'excès et qui avoit, selon M. Barthélemy, quatre-vingt-quatorze toises blesse ceux qui s'en aperçoivent. Vous le verrez quelquefois tout couvert de lèpre, avec des on- en opiryesore, dans le sens de se serrer dans ses habits ; gles longs et malpropres, ne pas laisser de se signification que l'on peut donner à ce verbe avec d'autant

plus de vraisemblance, qu'Hesychius explique le substaninėler parmi le monde, et croire en être quitte tif qui en dérive par tunique. Cet homme malpropre n’atpour

dire que c'est une maladie de famille, et tend pas seulement que sa mauvaise huile soit sèche, mais que son père et son aïeul y étoient sujets (1). Il s'enveloppe sur-le-champ dans ses habits. L'usage ordia aux jambes des ulcères. On lui voit aux mains naire exigeoit de laisser sécher l'huile au soleil : ce que les

Romains appeloient insolatio. des poireaux et d'autres saletés qu'il néglige de faire guérir; ou, s'il pense à y remédier, (6) Le manuscrit du Vatican dit, « tout usèe , » et parle c'est lorsque le mal, aigri par le temps, est aussi d'une tunique grossière. devenu incurable. Il est hérissé de poil sous les aisselles et par tout le corps, comme une bête

(7) Les anciens avoient un grand égard pour les paroles fauve : il a les dents noires , rongées, et telles noient consulter les devins et les augures, prier ou sacri

qui étoient proférées , mème par hasard , par ceux qui veque son abord ne se peut souffrir. Ce n'est pas fier dans les temples. ( La Bruyère.) tout (2): il crache ou il se mouche en mangeant, il parle la bouche pleine (3), fait en buvant des

(8) Cérémonies où l'on répandoit du vin ou du lait dans

les sacrifices. (La Bruyère.) choses contre la bienséance (4), ne se sert jamais au bain que d'une huile qui sent mau- (9) Le grec dit : all crache par-dessus la table sur celui vais (5), et ne paroît guère dans une assemblée « qui lui donne à boire. » Les anciens n'occupoient qu'un publique qu'avec une vieille robe (6) et toute côté de la table, ou des tables, qu'on plaçoit devant eux, tachée. S'il est obligé d'accompagner sa mère et les esclaves qui les servoient se tenoient de l'autre coté.

Au reste, les quatre derniers traits de ce caractère apchez les devins, il n'ouvre la bouche que pour partiennent peut-être au chapitre suivant. La transposidire des choses de mauvais augure (7). Une au- tion manifeste de plusieurs traits du caractère xxx au catre fois, dans le temple et en faisant des liba-ractère xı doit inspirer naturellement l'idée d'attribuer à tions (8), il lui échappera des mains une coupe

une cause semblable toutes les incohérences de cet ouou quelque autre vase; et il rira ensuite de ceite

vrage, plutôt que de les mettre sur le compte de l'auteur. aventure, comme s'il avoit fait quelque chose de merveilleux. Un homme si extraordinaire ne

CHAPITRE XX. sait point écouter un concert ou d'excellents

D'un homme incommode. joueurs de flûte; il bat des mains avec violence comme pour leur applaudir, ou bien il suit d'une Ce qu'on appelle un fåcheux est celui qui, voix désagréable le même air qu'ils jouent : il sans faire à quelqu'un un fort grand tort, ne s'ennuie de la symphonie, et demande si elle laisse pas de l'embarrasser beaucoup (1); qui, ne doit pas bientôt finir. Enfin si , étant assis à entrant dans la chambre de son ami qui comtable, il veut cracher, c'est justement sur celui mence à s'endormir, le réveille pour l'entretenir qui est derrière lui pour lui donner à boire (9). de vains discours (2); qui, se trouvant sur le

bord de la mer, sur le point qu'un homme est NOTES.

près de partir et de monter dans son vaisseau, (1) Le manuscrit du Vatican ajoute : « Et qu'elle pré- l'arrète sans nul besoin et l'engage insensiblea serve sa race d'un mélange étranger. »

ment à se promener avec lui sur le rivage (3);

qui, arrachant un petit enfant du sein de sa (2) Le grec porte ici la formule dont j'ai parlé au cha- nourrice pendant qu'il tette, lui fait avaler quelnote 9, et au chapitre xvi, note 1.

que chose qu'il a mâché (4), bat des mains de(3) Le grec ajoute : « Et laisse tomber ce qu'il mange.» vant lui, le caresse, et lui parle d'une voix (4) Le manuscrit du Vatican ajoute : « Il est couché à contrefaite; qui choisit le temps du repas, et a table sous la même couverture que sa femme, et prend que le potage est sur la table, pour dire qu'ayant « avec elle des libertés déplacées. »

pris médecine depuis deux jours, il est allé par (5) Le manuscrit du Vatican fait ici un léger change- étoit mêlée dans ses déjections (5); qui, devani

haut et par bas, et qu'une bile noire et recuite ment, et ajoute un mot qui, tel qu'il est , ne présente aucun sens convenable ; M. Visconti propose de le corriger toute une assemblée, s'avise de demander à sä

pitre si,

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mère quel jour elle a accouché de lui (6); qui, , chapitre xui ou au chapitre x1 : « Quand il donne un re-
ne sachant

que
dire (7), apprend que

l'eau de « pas, il fait connoître son parasite à ses convives; et, les sa citerne est fraîche, qu'il croit dans son jar

a provoquant à boire, il dit que celle qui doit amuser, la

« compagnie est toute prête, et que, dès qu'on voudra, din de bons légumes , ou que sa maison est ou- « il la fera chercher chez l'entrepreneur, pour faire de la verte à tout le monde comme une hôtellerie; « musique et pour égayer tout le monde. » (Voyez chap. ix, qui s'empresse de faire connoître à ses hôtes note 4, et chap. xi, note 5.) Ces nombreuses transposiun parasite (8) qu'il a chez lui ; qui l'invite , à tions favorisent l'opinion de ceux qui croient que l'ouvrage

de Théophraste, d'où ces caractères sont extrajts, avoit lable, à se mettre en bonne humeur et à réjouir une forme toute différente de celle de ces fragments. la compagnie.

(8) Mot grec qui signifie celui qui ne mange que chez auNOTES.

trui. (La Bruyère.)

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(1) Littéralement : « La malice innocente est une con

CHAPITRE XXI.
« duite qui incommode sans nuire. »

De la sotte vanité (1).
(2) Le grec dit : « Ce mauvais plaisant est capable de
« réveiller un homme qui vient de s'endormir, en entrant

La sotte vanité semble être une passion in« chez lui pour causer. )

quiète de se faire valoir par les plus petites (3) Ou , d'après M. Coray : « Prêt à s'embarquer pour choses, ou de chercher dans les sujets les plus « quelque voyage, il se promène sur le rivage, et empê- frivoles du nom et de la distinction. Ainsi un « che qu'on ne mette à la voile, en priant ceux qui doi-homme vain , s'il se trouve à un repas, affecte « vent partir avec lui d'attendre qu'il ait fini sa pro- toujours de s'asseoir proche de celui qui l'a con« menade. )

vié ; il consacre à Apollon la chevelure d'un fils (6) Casaubon a pronvé que c'étoit là la manière ordi- qui lui vient de naître; et, dès qu'il est parvenu naire de donner à manger aux enfants ; mais par cette à l'âge de puberté, il le conduit lui-même à raison même, et d'après le sens littéral du grec, je crois

Delphes, lui qu'il faut traduire : « Il måche quelque chose comme

les cheveux, et les dépose

coupe « pour le lui donner, et l'avale lui-même. » Le manuscrit dans le temple comme un monument d'un væu du Vatican ajoute, a et l'appelle plus malin que son grand- solennel qu'il a accompli (2). Il aime à se faire « père. »

suivre par un More (5). S'il fait un paiement,

il affecte que ce soit dans une monnoie toute (5) Théophraste lui fait dire « que la bile qu'il a rendue « étoit plus noire que la sauce qui est sur la table. » Ce neuve, et qui ne vienne que d'être frappée (4). trait et le suivant me paroissent appartenir au caractère Après qu'il a immolé un bouf devant quelque précédent, à la place de ceux que je crois avoir été dis- autel , il se fait réserver la peau du front de cet traits de celui-ci. (Voyez la note 9 du chapitre précédent.) animal, il l'orne de rubans et de fleurs, et l'at

tache à l'endroit de sa maison le plus exposé à (6) Le manuscrit du Vatican ajoute ici une phrase très obscure, et vraisemblablement altérée par les copistes. Il la vue de ceux qui passent (5), afin que perme paroit que Théophraste fait dire à ce mauvais plaisant, sonne du peuple n'ignore qu'il a sacrifié un au sujet des douleurs de sa mère : « Un moment bien doux boeuf. Une autre fois, au retour d'une cavale a dů précéder celui-là ; et sans ces deux choses il est cade (6) qu'il aura faite avec d'autres citoyens, e impossible de produire un homme. »

il renvoie chez soi par un valet tout son équi(7) Cette transition est de La Bruyère : les traits qui page, et ne garde qu’une riche robe dont il est suivent me paroissent appartenir au caractère suivant ou habillé, et qu'il traîne le reste du jour dans la au chap. ix.u. D'après les additions du manuscrit du Va- place publique. S'il lui meurt un petit chien,

il tican, il faut les traduire : « Il se vante d'avoir chez lui l'enterre, lui dresse une épitaphe avec ces mots : « d'excellente eau de citerne, et de posséder un jardin qui lui « donne les légumes les plus tendres en grande abondance. Il éloit de race de Malle (7). Il consacre un an« Il dit aussi qu'il a un cuisinier d'un rare talent, et que sa neau à Esculape, qu'il use à force d'y pendre « maison est comme une hotellerie, parcequ'elle est tou- des couronnes de fleurs. Il se parfume tous les

jours pleine d'étrangers, et que ses amis ressemblent au « tonneau percé de la fable, puisqu'il ne peut les satisfaire jours (8). Il remplit avec un grand faste tout le e en les comblant de bienfaits. » Les traits suivants sont

temps de sa magistrature (9); et, sortant de encore d'un genre différent, et conviendroient micur au charge, il rend compte au peuple avec ostenta

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, tels que

tion des sacrifices qu'il a faits , comme du nom des citoyens les plus riches et les plus puissants. C'est pour bre et de la qualité des victimes qu'il a immo- faire voir à tout le monde qu'il sert dans cette élite , que

ce vanjteux se promène dans la place publique en gardant lées. Alors, revêtu d'une robe blanche et cou

son babit de cérémonie, que, selon le véritable sens du ronné de fleurs, il paroît dans l'assemblée du texte, il retrousse élégamment. Le manuscrit du Vatican peuple : « Nous pouvons, dit-il, vous assurer, ajoute, « Et ses éperons. » On voit encore aujourd’bui une < Ô Athéniens! que pendant le temps de notre pompe ou procession de ce genre, sculptée par Phidias,

ou sur ses dessins, dans la grande frise du temple de Mi« gouvernement nous avons sacrifié à Cybèle,

nerve à Athènes : elle est représentée dans Stuart, au com« et que nous lui avons rendu des honneurs mencement du volume II.

les mérite de nous la mère des dieux: « espérez donc toutes choses heureuses de cette (7) Cette île portoit de petits chiens fort estimés. (La déesse. » Après avoir parlé ainsi, il se retire Bruyère.) Le grec dit : « Il lui dresse un monument et un

a cippe sur lequel il fait graver, etc.) dans sa maison, où il fait un long récit à sa femme de la manière dont tout lui a réussi au- (8) La Bruyère et tous ceux qui ont séparé ce trait du delà même de ses souhaits.

précédent n'ont pas fait attention que le grec ne parle pas

de parfums extraordinaires, et que se frotter d'huile tous NOTES.

les jours n'étoit pas un effet de la vanité à Athènes, mais

un usage ordinaire. (Voyez chap. v, note 4.) Par cette rai(1) Le mot employé par Théophraste signifie littérale- son, et d'après le manuscrit du Vatican, il faut traduire : ment l'ambition des petites choses.

« Il suspend un anneau dans le temple d'Esculape , et l'use

« à force d'y suspendre des fleurs et d'y verser de l'huile. (2) Le peuple d'Athènes, ou les personnes plus modes. D'après M. Schneider, cet anneau éloit apparemment de tes, se contentoient d'assembler leurs parents, de couper la classe de ceux auxquels on attribuoit des vertus médien leur présence les cheveux de leur fils parvenu à l'âge de cales , et c'est par reconnoissance de quelque guérison que puberté, et de les consacrer ensuite à Hercule, ou à quel le vaniteux le suspend. Les couronnes de fleurs renouveque autre divinité qui avoit un temple dans la ville. (La lées souvent rappellent ce vers de Virgile, Æneid., 1, 416: Bruyere.) Le grec dit seulement : « Il conduit son fils à « Delphes pour lui faire couper les cheveux, » C'étoit,

Thure calent aræ , sertisque recentibus halant. selon Plutarque dans la vie de Thésée , l'antique usage d'Athènes lorsqu'un enfant étoit parvenu à l'âge de pu- (9) La Bruyère a beaucoup altéré ce trait. Le grec porte: berté. Il me paroit que cette coupe de cheveux étoit diffé- « Il intrigue auprès des prytanes pour que ce soit lui que rente de celle qui avoit lieu lors de l'inscription dans la a l'on charge d'annoncer au peuple le résultat des saericurie, et dont il a été parlé au chapitre x, note 4. On peut « fices; alors , revêtu d'un habit magnifique, et portant consulter, sur les différentes formalités par lesquelles les « une couronne sur la tête, il dit avec emphase : 0 cienfants passoient successivement pour arriver enfin au « toyens d'Athènes! nous, les prytanes, avons sacrifié à la rang de citoyen, le Voyage du jeune Anacharsis , cha- « mère des dieux ; le sacrifice a été bien reçu, et il est d'un pitre xxvi.

« heureux présage; recevez-en les fruits, etc. » (Voyez

sur les prytanes la table ni, ajoutée au Voyage d’Ana(3) Anciennement ces nègres étoient fort chers ( voyez charsis , et le chap. xiv du corps de l'ouvrage.) Les sacriTérence, Eunuch., acte Jer, scène 11, v. 85); au lieu que fices que les présidents des prytanes faisoient trois ou quasous les empereurs romains ils éloient moins estimés que tre fois par mois s'adressoient à différentes divinités ; il se d'autres esclaves. (Voyez Visconti, in Mus. Pio Cle- peut que l'abréviateur ou les copistes aient omis quelques ment., III, planche 35. Voyez aussi le caractère du Glo- noms ; peut-être aussi s'agit-il d'un sacrifice à Vesta, dont rieux, tiré des Rhétoriques ad Herennium.)

le culte étoit confié particulièrement à ces magistrats , et

qui a été confondue plusieurs fois par les anciens avec (4) Le manuscrit du Vatican insère ici : « Il achète une Cybèle. Voyez la Dissertation de Spanheim dans le cin« petite échelle pour le geai qu'il nourrit chez lui, et lait quième volume du Trésor de Grævius. « faire un petit bouclier de cuivre que l'oiseau doii porter « lorsqu'il sautille sur cette échelle. »

CHAPITRE XXII. (5) Le grec ne parle pas de la peau du front seulement, mais de toute la partie antérieure de la téte; et cet usage

De l'avarice. paroit avoir donné lieu à l'ornement des frises des entablements anciens , composé d'une suite de cråncs de taureaux Ce vice est dans l'homme un oubli de l'honliés par des festons de laine.

neur et de la gloire, quand il s'agit d'éviter (6) Le grec parle d'une parade du corps de la cavalerie la moindre dépense (1). Si un tel homme a remd'Athènes ; ce corps, de douze cents hommes, étoit composé porté le prix de la tragédie (2), il consacre à

nom.)

Bacchus des guirlandes ou des bandelettes fai- | à la place où on la trouve à présent dans les manuscrits , tes d'écorce de bois (3), et il fait graver son nom

et où elle ne forme qu'un barbarisme. sur un présent si magnifique. Quelquefois, dans

(2) Qu'il a faite ou récitée. (La Bruyere.) Ou plutôt les temps difficiles, le peuple est obligé de s'as- qu'il a fait jouer par des comédiens nourris et instruits à sembler pour régler une contribution capable des frais. Voyez le caractère de la Magnificence, selon de subvenir aux besoins de la république; alors Aristote , que j'ai placé à la suite des Caractères de Théoil se lève et garde le silence (4), ou le plus sou- phraste , et qu'il sera intéressant de comparer avec ce cha

pitre. vent il fend la presse et se retire. Lorsqu'il marie sa fille, et qu'il sacrifie, selon la coutume, (3) Le texte dit simplement : « Il consacre à Bacchus il n'abandonne de la victime que les parties « une couronne de bois, sur laquelle il fait graver son seules qui doivent être brûlées sur l'autel (5); il réserve les autres pour les vendre; et comme (4) Ceux qui vouloient donner se levoient et offroient il manque de domestiques pour servir à table et une somme : ceux qui ne vouloient rien donner se levoient être chargé du soin des noces (6), il loue des et se taisoient. ( La Bruyère.) Voyez le chap. Lvi du jeune gens pour tout le temps de la fête, qui se nourris Anacharsis. sent à leurs dépens, et à qui il donne une certai- (5) C'étoient les cuisses et les intestins. (La Bruyère.) ne somme. S'il est capitaine de galère, voulant On partageoit la vietime entre les dieux , les prêtres et ceux ménager son lit, il se contente de coucherindiffé- qui l'avoient présentée. La portion des dieux éloit brûlée, remment avec les autres sur de la natte qu'il em- celle des prêtres faisoit partie de leur revenu, et la troi

sième servoit à un festin ou à des présents donnés par prunte de son pilote (7). Vous verrez une autre celui qui avoit sacrifié. ( Voyage du jeune Anacharsis, fois cet homme sordide acheter en plein marché chap. xxi.) des viandes cuites, toutes sortes d'herbes, et

(6) Cette raison est ajoutée par le traducteur. Le grec les porter hardiment dans son sein et sous sa dit seulement : « Il oblige les gens qu'il loue, pour servir robe : s'il l'a un jour envoyée chez le teinturier « pendant les noces , à se nourrir chez eux. » Les noces pour la détacher, comme il n'en a pas une se- des Athéniens étoient des fêtes très magnifiques ; et on ne conde pour sortir, il est obligé de garder la pouvoit pas reprocher à un homme de n'avoir pas assez de chambre. Il sait éviter dans la place la rencontre domestiques pour servir dans cette occasion; mais c'étoit

ane lésinerie que de ne pas nourrir ceux qu'on louoit. d'un ami pauvre qui pourroit lui demander, comme aux autres, quelque secours (8); il se dé

(7) Le grec dit : «S'il commande une galère qu'il a tourne de lui, et reprend le chemin de sa maison.

« fournie à l'état, il fait étendre les couvertures du pilote Il ne donne point de servantes à sa femme (9), tovens d'Athènes étoient obligés d'équiper un nombre de

a sous le pont, et met les siennes en réserve. » Les cicontent de lui en louer quelques unes pour l'ac- galères proportionné à l'état de leur fortune. ( Voyez le compagner à la ville toutes les fois qu'elle sort. Voyage du jeune Anacharsis, chap. Lvi.) Les triérarques, Enfin ne pensez pas que ce soit un autre que avoient un cabinet particulier nommé la tente ; mais cet lui qui balaie le matin sa chambre, qui fasse

avare aime mieux coucher avec l'équipage, sous ce mor

ceau de tillac qui se trouvoit entre les deux tours. V. Polson lit et le nettoie. Il faut ajouter qu'il porte un lux, 1, 90. Dans les galères modernes, les chevaliers de manteau usé, sale et tout couvert de taches; Malte avoient, comme les triérarques d'Athènes, un tenqu'en ayant honte lui-même , il le relourne delet ; et le capitaine couchoit, comme ici le pilote, sous quand il est obligé d'aller tenir sa place dans

un bout de pont ou de tillac qui s'appeloit la teuque.

Le manuscrit du Vatican ajoute : « Il est capable de ne quelque assemblée (10).

« pas envoyer ses enfants à l'école vers le temps où il est

« d'usage de faire des présents au maître; mais de dire NOTES.

« qu'ils sont malades , afin de s'épargner cette dépense, »

(8) Par forme de contribution. (Voyez les chapitres de (1) La définition de cette nouvelle nuance d'avarice est la Dissimulation et de l’Esprit chagrin. La Bruyère. ) certainement altérée dans le grec; je crois qu'il faut cor- (Voyez chap. 1, note 3, et chap. XVII, note 6.) Le manusriger drousise qu. l. dyouons: le sens alors est celui que crit du Vatican ajoute au commencement de cette phrase : La Bruyère a exprimé, et nul autre ne peut convenir à ce « S'il est prévenu que cet ami fait une collecte ; » et à la caractère. La préposition dcò peut avoir été exprimée par fin, « Et rentre chez lui par un grand détour. » une ligature qu’un copiste a prise pour cepi: un correcteur a mis la véritable à la marge; et on l'a insérée par erreur (9) Le manuscrit du Vatican ajoute : « Qui lui a porté

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