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à personne; · remet sa robe, et disparoît. (9) Les plus pauvres se lavoient ainsi pour payer moins.

( La Bruyère.) NOTES.

CHAPITRE X.
(1) Le mot grec ne signifie proprement que l'impu-
dence, et Aristote ne lui donne pas d'autre sens; mais

De l'épargne sordide.
Platon le définit comme Théophraste. (Voyez les notes de
Casaubon.)

Cette espèce d'avarice est dans les hommes (2) On pourroit traduire plus exactement « à celui au- une passion de vouloir ménager les plus petites « quel il en a déja fait perdre, » ou, d'après la traduction choses sans aucune fin honnête (1). C'est dans de M. Levesque, a à celui qu'il a déja trompé. »

cet esprit que quelques uns, recevant tous les

mois le loyer de leur maison, ne négligent pas (3) C'étoit la coutume des Grecs. Voyez le chapitre du Contre-temps. (La Bruyère.) On verra dans le chapitre xai, d'aller eux-mêmes demander la moitié d'une note 4, que non seulement « on mangeoit chez soi une obole qui manquoit au dernier paiement qu'on a partie des viandes consacrées , » mots que La Bruyère leur a fait (2); que d'autres, faisant l'effort de a insérés dans le texte, mais qu'il étoit mème d'usage d'in- donner à manger chez eux (3), ne sont occupés, viter ce jour-là ses amis, ou de leur envoyer une portion pendant le repas, qu'à compter le nombre de de la victime.

fois que chacun des conviés demande à boire. Ce (4) Dans le temps du luxe excessif de Rome, la conduite sont eux encore dont la portion des prémices (4) que Théophraste traite ici d'impudence auroit été très des viandes que l'on envoie sur l'autel de Diane modeste ; car alors , dans les grands diners, on faisoit em- est loujours la plus petite. Ils apprécient les porter beaucoup de choses par son esclave, soit sur les instances du maitre , soit aussi sans en être prié. Mais les choses au-dessous de ce qu'elles valent; et, de savants qui ont cru voir cette coutume dans notre auteur quelque bon marché qu'un autre, en leur renme paroissent avoir confondu les temps et les lieux. Du dant compte, veuille se prévaloir, ils lui soutientemps d'Aristophane, c'est-à-dire environ un siècle avant nent toujours qu'il a acheté trop cher. ImplaThéophraste, c'étoient même les convives qui apportoient la plus grande partie des mets avec eux ; et celui qui don cables à l'égard d'un valet qui aura laissé tomber noit le repas ne fournissoit que le local, les ornements et un pot de terre, ou cassé par malheur quelque les hors-d'æuvres , et faisoit venir des courtisanes. (Voyez vase d'argile, ils lui déduisent cette perte sur Aristoph., Acharn., v. 1085 et suiv., et le Scol.)

sa nourriture; mais si leurs femmes ont perdu

seulement un denier (5), il faut alors renverser Comme le menu peuple , qui achetoit son souper chez le charcutier. (La Bruyère.) Le grec ne dit pas des toute une maison, déranger les lits , transporter viandes cuites, et la satire ne porte que sur la conduite des coffres, et chercher dans les recoins les ridicule que tient cet homme envers son boucher. plus cachés. Lorsqu'ils vendent, ils n'ont que

cette unique chose en vue, qu'il n'y ait qu'à (6) Le grec dit, d'y conduire.

perdre pour celui qui achète. Il n'est permis (7) Leur pédagogue. C'étoit, comme dit M. Barthé- à personne de cueillir une figue dans leur lemy, chapitre xxvi, un esclave de confiance charge de jardin, de passer au travers de leur champ, de suivre l'enfant en tous lieux, et sur-tout chez ses différents ramasser une petite branche de palmier (6), maitres. On peut voir aussi à ce sujet le bas-relief représentant la mort de Niobé et de ses enfants au Musée Pio bre. Ils vont tous les jours se promener sur leurs

ou quelques olives qui seront tombées de l'arClementino, tome iv, planche 17, et l'explication que M. Visconti en a donnée.

terres, en remarquent les bornes, voient si l'on Les spectacles n'avoient lieu à Athènes qu'aux trois fêtes n'y a rien changé, et si elles sont toujours les de Bacchus, et sur-tout aux grandes Dionysiaques, où des mêmes. Ils tirent intérêt de l'intérêt même, et curieux de toute la Grèce aftluoient à Athènes; et l'on sait qu'anciennement les étrangers logeoient ordinairement ce n'est qu'à cette condition qu'ils donnent du chez des particuliers avec lesquels ils avoient quelque liai- temps à leurs créanciers. S'ils ont invité à diner son d'affaires ou d'amitié.

quelques uns de leurs amis, et qui ne sont que

des personnes du peuple (7), ils ne feignent (8) Plus littéralement : « Il va dans une maison étran« gère pour emprunter de l'orge ou de la paille, et force point de leur faire servir un simple hachis; et « encore ceux qui lui prétent ces objets à les porter chez. on les a vus souvent aller eux-mêmes au marché « lui. »

pour ce repas, y trouver tout trop cher, et en revenir sans rien acheter. Ne prenez pas l'habi- lemy me paroit avoir fait une application trop générale de tude , disent-ils à leurs femmes, de prêter votre

ce passage dans son chap. xiv du Voyage du jeune Ana

charsis. sel, votre orge, votre farine, ni même du cumin (8), de la marjolaine (9), des gâteaux (5) Je crois qu'il faut préférer la leçon suivie par Polipour l'autel (10), du coton (11), de la laine (12); lien, qui traduit , « Un peigne. » Voyez Suidas, cité par

Needham. car ces petits détails ne laissent

pas

de monter, à la fin d'une année, à une grosse somme. Ces (6) « Une datte. » avares, en un mot, ont des trousseaux de clefs

(7) La Bruyère a rendu ce passage fort inexactement. rouillées dont ils ne se servent point, des cas

Il faut traduire : « S'il traite les citoyens de sa bourgade, settes où leur argent est en dépôt, qu'ils n'ou

« il coupera par petits morceaux les viandes qu'il leur vrent jamais, et qu'ils laissent moisir dans un « sert. » Les bourgades étoient une autre division de l'Atcoin de leur cabinet ; ils portent des habits qui tique que celle en tribus ; il y en avoit cent soixante-qualeur sont trop courts et trop étroits ; les plus étoient d'obligation, et les collectes pour en faire les frais

torze. Les repas communs de ces différentes associations petites fioles contiennent plus d'huile qu'il n'en étoient ordonnées par les lois. Il paroit, par ce passage et faut pour les oindre (13) : ils ont la tête rasée par le chapitre suivant, note 14, que, dans ces festins, jusqu'au cuir (14), se déchaussent vers le milieu celui chez lequel ou au nom duquel ils se donnoient étoit du jour (15) pour épargner leurs souliers ; vont chargé de l'achat et de la distribution des aliments , mais

qu'il étoit surveillé de près par les convives. trouver les foulons pour obtenir d'eux de ne pas épargner la craie dans la laine qu'ils leur ont (8) Une sorte d'herbe. (La Bruyère.) donnée à préparer, atin, disent-ils, que leur

(9) Elle empèche les viandes de se corrompre, ainsi que étoffe se tache moins (16).

le thym et le laurier. (La Bruyère.) NOTES.

(10) Faits de farine et de miel, et qui servoient aux sa

crifices. (La Bruyére.) (1) Le texte grec porte simplement, « La lésine est une « épargne outrée, ou déplacée, de la dépense. »

(11) Des bandelettes pour la victime, faites de fils de laine non tissus, et réunis seulement par des næuds de

distance en distance. (2) Littéralement, « Un avare est capable d'aller chez « quelqu'un au bout d'un mois pour réclamer une demi

(12) Au lieu de laine, Théophraste nomme ici encore « obole. » Théophraste n'ajoute pas quelle étoit la cause et la nature de cette créance, dont le peu d'importance crifices ; et plus haut il parle de mèches, mot que La CHAPITRE XI.

une espèce de gâteaux ou de farine qui servoient aux safait précisément le sel de ce trait ; elle n'est que de six Bruyère a omis, ou qu'il a voulu exprimer ici. liards.

(13) Voyez sur l'usage de se frotter d'huile, le Caractère v, (3) Dans le texte il n'est point question d'un repas que note 4. donne l'avare, mais d'un festin auquel il assiste; et le mot grec s'applique particulièrement à ces repas de confrérie (14) « Ils se font raser jusqu'à la peau. » Voyez Caracque les membres d'une même curie, c'est-à-dire de la tère iv, note 7. troisième partie de l'une des dix tribus, faisoient régulièrement ensemble, soit chez un des membres de cette as- (15) Parceque dans cette partie du jour le froid en toute sociation, soit dans des maisons publiques destinées à cet saison étoit supportable. (La Bruyère.) Il me semble que, usage. ( Voyez la note de M. Coray sur le chap. 1 cet lorsqu'il s'agit d'Athènes, il faut penser plutôt aux inconouvrage; Pollux, liv. VI, segm. 7 et 8, et Anacharsis, vénients de la chaleur qu'à ceux du froid : c'est afin que la chap. xxvi et lvi.)

sueur n'use pas ses souliers.

(4) Les Grecs commençoient par ces offrandes leurs (16) C'étoit aussi parceque cet apprêt avec de la craie, repas publics. (La Bruyère.) Les anciens regardoient en comme le pire de tous, et qui rendoit les étoffes dures et général comme une impiété de manger ou de boire sans grossières, étoit celui qui coûtoit le moins. (La Bruyère.) avoir offert des prémices ou des libations à Cérès ou à Il n'est question dans le grec ni de craie ni de laine , mais Bacchus. Mais il doit y avoir quelque raison particulière de terre à foulon, et d'un habit à faire blanchir. (Voyez pour laquelle ici les prémices sont adressées à Diane ; et les notes de M. Coray.) M. Barthélemy observe, dans son c'étoit peut-être l'usage des repas de curies , puisqu'on sa- chap. xx, que le bas peuple d'Athènes étoit vêtu d'un drap crisoit aussi à cette déesse en inscrivant les enfants dans qui n'avoit reçu aucune teinture, et qu'on pouvoit rece corps, et cela au moment où on leur coupoit les che- blanchir, tandis que les riches préféroient des draps de veux. ( Voyez Hesychins, in roce Kureotis.) M. Barthé. I couleur.

ordinaire; et, comme il arrive souvent que l'on

fait dans les villes des présents aux ambassaDe l'impudent , ou de celui qui ne rougit de rien. deurs, il demande sa part pour la vendre. Vous

m'achetez toujours, dit-il au jeune esclave qui L'impudence (1) est facile à définir : il suffit le sert dans le bain, une mauvaise huile, et qu'on de dire que c'est une profession ouverte d'une ne peut supporter : il se sert ensuite de l'huile plaisanterie outrée, comme de ce qu'il y a de d'un autre, et épargne la sienne. Il envie à ses plus contraire à la bienséance. Celui-là, par propres valets , qui le suivent, la plus petite exemple , est impudent , qui , voyant venir vers pièce de monnoie qu'ils auront ramassée dans lui une femme de condition, feint dans ce mo- les rues, et il ne manque point d'en retenir sa ment quelque besoin pour avoir occasion de se part avec ce mot, Mercure est commun (9). Il montrer à elle d'une manière déshonnête (2); fait pis : il distribue à ses domestiques leurs qui se plait à battre des mains au théâtre lorsque provisions dans une certaine mesure (10) dont le tout le monde se tait, ou à siffler les acteurs que fond, creux par-dessous, s'enfonce en dedans les autres voient et écoutent avec plaisir ; qui, et s'élève comme en pyramide; et, quand elle couché sur le dos (3), pendant que toute l'as- est pleine, il la rase lui-même avec le rouleau le semblée garde un profond silence , fait entendre plus près qu'il peut (11).... De même, s'il paie de sales hoquets qui obligent les spectateurs de à quelqu’un trente mines (12) qu'il lui doit, il tourner la tête et d'interrompre leur attention. fait si bien qu'il y manque quatre drachmes (13) Un homme de ce caractère achète en plein mar- dont il profite. Mais, dans ces grands repas où ché des noix, des pommes, toute sorte de il faut traiter toute une tribu (14), il fait refruits, les mange, cause debout avec la frui-cueillir, par ceux de ses domestiques qui ont tière, appelle par leurs noms ceux qui passent, soin de la table, le reste des viandes qui ont été saos presque les connoître, en arrête d'autres servies, pour lui en rendre compte : il seroit faqui courent par la place, et qui ont leurs affai-ché de leur laisser une rave à demi mangée. res (4) : et s'il voit venir quelque plaideur, il l'aborde, le raille, et le félicite sur une cause

NOTES. importante qu'il vient de perdre. Il va lui-même choisir de la viande, et louer pour un souper de l’Impertinence. La définition de Théophraste dit mot à

(1) Il me semble que ce Caractère seroit mieux intitulé des femmes qui jouent de la flûte (5); et, mon- mot : «C'est une dérision ouverte et insultante. » trant à ceux qu'il rencontre ce qu'il vient d'acheter, il les convie en riant d'en venir manger. (2) Le grec dit simplement : « Voyant venir vers lui On le voit s'arrêter devant la boutique d'un

« des femmes honnêtes, il est capable de se retrousser et

a de montrer sa nudité. » L'impertinent ne prend point de barbier ou d'un parfumeur 6), et là, annoncer

prétexte. qu'il va faire un grand repas et s'enivrer.

(7) Si quelquefois il vend du vin , il le fait mê- (3) Le verbe grec employé ici signifie « levant la tête.» ler pour ses amis comme pour les autres sans

La Bruyère paroît avoir été induit en erreur, ainsi que l'a distinction. Il ne permet pas à ses enfants d'al- déja observé M. Coray , par la traduction de Casaubon ,

qui rend ce mot par resupinato corpore. On trouvera ler à l'amphithéâtre avant que les jeux soient d'autres détails sur la conduite des Athéniens au spectacle, commencés, et lorsque l'on paie pour être placé, dans le Voyage du jeune Anacharsis, chap. LXX. mais seulement sur la fin du spectacle, et quand l'architecte (8) néglige les places et les donne

(4) « Les vingt mille citoyens d'Athènes , dit Démos

a thène, ne cessent de fréquenter la place, occupés de pour rien. Étant envoyé avec quelques autres

« leurs affaires ou de celles de l'état. >> citoyens en ambassade, il laisse chez soi la somme que le public lui a donnée pour faire les (5) Il paroit que ces femmes servoient aux plaisirs des frais de son voyage, et emprunte de l'argent de convives par des complaisances obscènes. (Voyez Aristoph.,

Vesp., v. 1337.) ses collègues : sa coutume alors est de charger son valet de fardeaux au-delà de ce qu'il en peut (6) Il y avoit des gens fainéants et désoccupés qui s'asporter, et de lui retrancher cependant de son sembloient dans leurs boutiques. (La Bruyère.)

(7) Les traits suivants , jusqu'à la fin du chapitre, ne , importun est celui qui choisit le moment que son conviennent nullement à ce caractère, et ne sont que des ami est accablé de ses propres affaires, pour lui fragments du Caractère 50, du Gain sordide, transportés ici mal à propos, dans les copies défectueuses et altérées parler des siennes ; qui va souper (1) chez sa maipar lesquelles les quinze premiers chapitres de cet ouvrage tressele soir même qu'elle a la fièvre; qui, voyant nous ont été transmis. (Voyez la note 1 du chap. xvi.) que quelqu'un vient d'être condamné en justice On trouvera une traduction plus exacte de ces traits au de payer pour un autre pour qui il s'est obligé, le chap. III, où ils se trouvent à leur place naturelle , et prie néanmoins de répondre pour lui ; qui comconsidérablement augmentés.

paroit pour servir de témoin dans un procès que (8) L'architecte qui avoit bâti l'amphithéâtre, et à qui l'on vient de juger; qui prend le temps des noces la république donnoit le louage des places en paiement où il est invité, pour se déchaîner contre les (La Bruyére.); ou bien l'entrepreneur du spectacle. Au reste, le grec dit seulement : « Lorsque les entrepreneurs femmes; qui entraîne (2) à la promenade des « laissent entrer gratis. » La paraphrase de La Bruyère gens à peine arrivés d'un long voyage, et qui est une conjecture de Casaubon, que M. Barthélemy pa- n’aspirent qu'à se reposer : fort capable d'aroit n'ayoir pas adoptée; car il dit, en citant ce passage,

mener des marchands pour offrir d'une chose que les entrepreneurs donnoient quelquefois le spectacle gratis.

plus qu'elle ne vaut (3), après qu'elle est ven

due; de se lever au milieu d'une assemblée, (9) Proverbe grec, qui revient à notre « Je retiens part. » (La Bruyère.) Les mots suivants, que La Bruyère a tra- pour reprendre un fait dès ses commencements, duits par « Il fait pis, » étoient corrompus dans l'ancien et en instruire à fond ceux qui en ont les oreilles texte : dans le manuscrit du Vatican ce n'est qu'une for- rebaltues, et qui le savent mieux que lui; soumule qui veut dire, « et autres traits de ce genre. » (Voyez vent empressé pour engager dans une affaire chap. xvi, note 1.)

des personnes qui, ne l'affectionnant point, (10) Le grec dit, « Avec une mesure de Phidon, etc. ) n'osent pourtant refuser d'y entrer (4). S'il arPhidon étoit un roi d'Argos qui a vécu du temps d'Homère, rive que quelqu'un dans la ville doive faire un et qui est censé avoir inventé les monnoies, les poids et festin après avoir sacrifié (5), il va lui demander mesures. Voyez les notes de Duport.

une portion des viandes qu'il a préparées. Une (11) Quelque chose manque ici dans le texte. (La autre fois, s'il voit qu'un maître châtie devant Bruyère.) Le manuscrit du Vatican, qui contient ce trait au chap. 1xx, complète la phrase que La Bruyère n'a point lui son esclave: « J'ai perdu, dit-il, un des miens traduite. Il en résulte le sens suivant : « Il abuse de la com- « dans une pareille occasion; je le fis fouetter, il « plaisance de ses amis pour se faire céder à bon marché

« se désespéra, et s'alla pendre. » Enfin il n'est « des objets qu'il revend ensuite avec profit. »

propre qu'à commettre de nouveau deux per(12) Mine se doit prendre ici pour une pièce de mon- sonnes qui veulent s'accommoder, s'ils l'ont fait noie. (La Bruyère. ) La mine n'étoit qu'une monnoie arbitre de leur différend (6). C'est encore une fictive : M. Barthélemy l'évalue à 90 livres tournois.

action qui lui convient fort que d'aller prendre, (13) Drachmes, petites pièces de monnoie, dont il fal- au milieu du

repas, pour danser (7), un homme loit cent à Athènes pour faire une mine. (La Bruyère.) qui est de sang-froid, et qui n'a bu que D'après le calcul de M. Barthélemy, la drachme valoit

rément. 18 sous de France.

NOTES. (14) Athènes étoit partagée en plusieurs tribus. Voyez le chapitre de la Médisance. (La Bruyère.) Le texte dit, (1) Le mot grec signifie proprement porter une sérénade a Sa curie. » Voyez les notes 3 et 7 du caractère pré- bruyante. Voyez les notes de Duport et de Coray. cédent.

La Bruyère a omis les mots : « Il demande sur le ser- (2) Théophraste suppose moins de complaisance à ces a vice commun une portion pour ses enfants. »

voyageurs, et ne les fait qu'inviter à la promenade.

(5) Le grec dit, « plus qu'on n'en a donné. ) CHAPITRE XII.

(4) On rendroit mieux le sens de cette phrase Du contre-temps.

duisant : « Il s'empresse de prendre des soins dont on ne

« se soucie point, mais qu'on est honteux de refuser. » Cette ignorance du temps et de l'occasion est une manière d'aborder les gens, ou d'agir avec

(5) Les Grecs, le jour même qu'ils avoient sacrifié , on

soupoient avec leurs amis , ou leur envoyoient à chacnn eux, toujours incommode et embarrassante. Un une portion de la victime. C'étoit done un contre-temps

mode

en trap

de demander sa part prématurément et lorsque le festin ranger son armée en bataille, quel jour il fauétoit résolu, auquel même on pouvoit être invité. (La dra combattre, et s'il n'a point d'ordres à lui Bruyère.) Le texte grec porte : « Il vient chez ceux qui donner pour le lendemain (6) ; une autre fois « sacrifient, et qui consument la victime, pour leur de« mander un morceau ; » et le contre-temps consiste à s'approcher de son père : Ma mère, lui dit-il demander ce présent à des gens qui, au lieu d'envoyer mystérieusement, vient de se coucher, et ne des morceaux , donnent un repas. Le mot employé par commence qu'à s'endormir; s'il entre enfin dans Théophraste pour designer cette portion de la victime pa- la chambre d'un malade à qui son médecin a roit être consacré particulièrement à cet usage, et avoir même passé dans le latin , divina tomacula porcæ, dit défendu le vin, dire qu'on peut essayer s'il ne Juvénal, sat. x, v. 555.

lui fera point de mal, et le soutenir doucement

pour lui en faire prendre (7). S'il apprend (6) Littéralement : « S'il assiste à un arbitrage, il brouille qu’une femme soit morte dans la ville, il s'in« des parties qui veulent s'arranger. »

gère de faire son épitaphe; il y fait graver son (7) Cela ne se faisoit chez les Grecs qu'après le repas ,

nom, celui de son mari, de son père, de sa et lorsque les tables étoient enlevées. (La Bruyère.) Le mère, son pays, son origine, avec cet éloge : grec dit seulement : « Il est capable de provoquer à la « Ils avoient tous de la vertu (8). » S'il est quela danse un ami qui n'a encore bu que modérément ; » et quefois obligé de jurer devant des juges qui exic'est dans cette circonstance que se trouve l'inconvenance. Cicéron dit ( pro Muræna , cap. vi): Nemo ferè saltat so- gent son serment : « Ce n'est pas, dit-il en perbrius, nisi fortè insanit ; neque in solitudine , neque in <çant la foule pour paroître à l'audience, la convivio moderato atque honesto : tempestivi convivii , « première fois que cela m'est arrivé. » amæni loci, multarum deliciarum comes est extrema saltatio. Mais en Grèce l'usage de la danse étoit plus général;

NOTES. et le poéte Alexis , cité par Athénée, liv. IV, chap. iv, dit que les Albéniens dansoient au milieu de leurs repas , dès (1) « De l’Empressement outré et affecté. » qu'ils commençoient à sentir le vin. Nous verrons, au chap. xv, qu'il étoit peu convenable de se refuser à ce di- (2) Littéralement : « Il se lève pour promettre une chose Tertissement.

« qu'il ne pourra pas tenir. »

CHAPITRE XIII.

(3) Il me semble qu'on rendroit mieux le sens de cette

phrase difficile en traduisant : « Dans une affaire dont tout De l'air empressé (1).

« le monde convient qu'elle est juste , il insiste encore sur

« un point insoutenable et sur lequel il est réfuté. » Il semble que le trop grand empressement

(4) Le texte porte, « de forcer son valet à mêler avec est une recherche importune, ou une vaine af- « de l'eau plus de vin qu'on n'en pourra boire. » Les fectation de marquer aux autres de la bienveil- Grecs ne buvoient, jusque vers la fin du repas , que du vin lance par ses paroles et par toute sa conduite. mėlė d'eau ; les vases qui servoient à ce mélange étoient Les manières d'un homme empressé sont de toit pas bu de suite se trouvoit sans doute gâté par cette

une principale décoration de leurs festins. Le vin qui n'éprendre sur soi l'évènement d'une affaire qui préparation. est au-dessus de ses forces, et dont il ne sauroit sortir avec honneur (2); et, dans une chose que

(5) D'après une autre leçon, « de séparer des gens qui toute une assemblée juge raisonnable, et où il

« se querellent. » ne se trouve pas la moindre difficulté, d'insister

(6) Il y a dans le grec, « pour le surlendemain. » long-temps sur une légère circonstance, pour ètre ensuite de l'avis des autres (3); de faire (7) La Bruyère a suivi la version de Casaubon; mais beaucoup plus apporter de vin dans un repas M. Coray a prouvé, par d'excellentes autorités, qu'il faut qu'on n'en peut boire (4); d'entrer dans une

traduire simplement : « Dire qu'on lui en donne, pour

« essayer de le guérir par ce moyen. » querelle où il se trouve présent, d'une manière à l'échauffer davantage (5). Rien n'est aussi plus (8) Formule d'épitaphe. (La Bruyère.) Par cela même ordinaire que de le voir s'offrir à servir de guide elle n'étoit d'usage que pour les morts, et devoit déplaire dans un chemin détourné qu'il ne connoît pas, même en général comme un mauvais augure d'être nommé

aux vivants auxquels elle étoit appliquée. On regardoit et dont il ne peut ensuite trouver l'issue ; venir dans les épitaphes ; de là l'usage de la lettre V, initiale de vers son général, et lui demander quand il doit | vivens , qu'on voit souvent sur les inscriptions sépulcrales

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