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que

qui ne cédez ni en savoir ni en mérite à nul de tume à en voir faire la comparaison : quelques ceux qui vous ont précédés.

uns ne souffrent pas que Corneille, le grand L'un , aussi correct dans sa langue que s'il Corneille, lui soit préféré; quelques autres, l'avoit apprise par règles et par principes, aussi qu'il lui soit égalé : ils en appellent à l'autre élégant dans les langues étrangères que si elles siècle, ils attendent la fin de quelques vieillards lui étoient naturelles, en quelque idiome qu'il qui, touchés indifféremment de tout ce qui rapcompose, semble toujours parler celui de son pelle leurs premières années, n'aiment peut-être pays : il a entrepris, il a fini une pénible tra- dans OEdipe que le souvenir de leur jeunesse. duction que le plus bel esprit pourroit avouer, Que dirai-je de ce personnage qui a fait et que le plus pieux personnage devroit desirer parler si long-temps une envieuse critique et qui d'avoir faite.

l'a fait taire; qu’on admire malgré soi, qui L'autre fait revivre Virgile parmi nous, accable par le grand nombre et par l'éminence transmet dans notre langue les graces et les ri- de ses talents ? orateur, historien, théologien, chesses de la latine, fait des romans qui ont une philosophe, d'une rare erudition, d'une plus fin, en bannit le prolixe et l'incroyable pour y rare éloquence, soit dans ses entretiens, soit substituer le vraisemblable et le naturel. dans ses écrits, soit dans la chaire; un défenUn autre 3, plus égal que Marot et plus poëte seur de la religion, une lumière de l'Église !

Voiture, a le jeu, le tour et la naïveté de Parlons d'avance le langage de la postérité, un tous les deux ; il instruit en badinant, persuade Père de l'Église! Que n'est-il point? nommez, aux hommes la vertu par l'organe des bêtes; messieurs, une vertu qui ne soit point la sienne. élève les petits sujets jusqu'au sublime: homme Toucherai-je aussi votre dernier choix si diunique dans son genre d'écrire; toujours origi- gne de vous a ? Quelles choses vous furent dites nal, soit qu'il invente, soit qu'il traduise ; qui dans la place où je me trouve! je m'en souviens; a été au-delà de ses modèles, modèle lui-même et, après ce que vous avez entendu, comment osédifficile à imiter.

je parler? comment daignez-vous m'entendre? Celui-ci passe Juvénal, atteint Horace, sem- Avouons-le, on sent la force et l'ascendant de ble créer les pensées d'autrui, et se rendre pro- ce rare esprit, soit qu'il prêche de génie et sans pre tout ce qu'il manie; il a, dans ce qu'il em- préparation, soit qu'il prononce un discours prunte des autres, toutes les graces de la étudié et oratoire, soit qu'il explique ses pennouveauté et tout le mérite de l'invention : ses sées dans la conversation : toujours maître de vers forts et harmonieux, faits de génie, quoi l'oreille et du coeur de ceux qui l'écoulent, il ne que travaillés avec art, pleins de traits et de leur permet pas d'envier ni tant d'élévation, ni poésie, seront lus encore quand la langue aura lant de façilité, de delicatesse, de politesse : on vieilli, en seront les derniers débris : on y re-est assez heureux de l'entendre, de sentir ce marque une critique sûre, judicieuse, et inno- qu'il dit, et comme il le dit; on doit être content cente, s'il est permis du moins de dire de ce de soi si l'on emporte ses réflexions, et si l'on en qui est mauvais qu'il est mauvais.

profite. Quelle grande acquisition avez-vous faite Cet autre 5 vient après un homme loué, ap- en cet homme illustre! à qui m'associez-vous ! plaudi, admiré, dont les vers volent en tous Je voudrois , messieurs, moins pressé par le lieux et passent en proverbe; qui prime, qui temps et par les bienséances qui mettent des règne sur la scène; qui s'est emparé de tout le bornes à ce discours, pouvoir louer chacun de théâtre : il ne l'en dépossède pas, il est vrai; ceux qui composent cette Académie par des mais il s'y établit avec lui; le monde s'accou- endroits encore plus marqués et par de plus vives

expressions. Toutes les sortes de talents que * L'abbé de Choisy, qui a fait une traduction de l'IMITATION l'on voit répandus parmi les hommes se trouvent DE JÉSUS-Christ.

2 Ségrais, traducteur des GÉORGIQUES et de l'ÉNÉIDE de Vir partagées entre vous. Veut-on de diserts oragile, et auteur présumé de Zaine et de la PRINCESSE DE CLĖ- teurs, qui aient semé dans la chaire toutes les VES, qu'on a su depuis ètre de madame de La Fayette. 3 La Fonlaine.

4 Boileau. 5 Racine,

· Bossuet.

2 Fénelon,

fleurs de l'éloquence, qui, avec une saine mo- Mais avec qui daignez-vous aujourd'hui me rale, aient employé tous les tours et toutes les recevoir ? après qui vous fais-je ce public refinesses de la langue, qui plaisent par un beau merciement ? Il ne doit pas néanmoins, cet choix de paroles, qui fassent aimer les solennités, homme si louable et si modeste, appréhender les temples , qui y fassent courir? qu'on ne les que je le loue : si proche de moi, il auroit autant cherche pas ailleurs ; ils sont parmi vous. Admi- de facilité que de disposition à m'interrompre. re-t-on une vaste et profonde littérature qui Je vous demanderai plus volontiers, à qui me aille fouiller dans les archives de l'antiquité faites-vous succéder ? à un homme QUI AVOIT DE pour en retirer des choses ensevelies dans l'ou- LA VERTU. bli, échappées aux esprits les plus curieux, Quelquefois, messieurs, il arrive que ceux ignorées des autres hommes; une mémoire, une qui vous doivent les louanges des illustres morts méthode, une précision à ne pouvoir, dans ces dont ils remplissent la place , hésitent, partagés recherches, s'égarer d'une seule année, quel- entre plusieurs choses qui méritent également quefois d'un seul jour sur tant de siècles : cette qu'on les relève : vous aviez choisi en M. l'abbé doctrine admirable, vous la possédez; elle est de La Chambre un homme si pieux, si tendre, du moins en quelques uns de ceux qui forment si charitable, si louable par le coeur, qui avoit cette savante assemblée. Si l'on est curieux du des moeurs si sages et si chrétiennes, qui étoit don des langues joint au double talent de savoir si touché de religion, si attaché à ses devoirs, avec exactitude les choses anciennes, et de nar- qu'une de ses moindres qualités étoit de bien rer celles qui sont nouvelles avec autant de sim- écrire : de solides vertus, qu'on voudroit céléplicité que de vérité, des qualités si rares ne brer, font passer légèrement sur son érudition vous manquent pas et sont réunies en un même ou sur son éloquence; on estime encore plus sa sujet. Si l'on cherche des hommes habiles, vie et sa conduite que ses ouvrages. Je préfèrepleins d'esprit et d'expérience, qui, par le pri- rois en effet de prononcer le discours funèbre vilége de leurs emplois, fassent parler le prince de celui à qui je succède, plutôt que de me boravec dignité et avec justesse ; d'autres qui pla- ner à un simple éloge de son esprit. Le mérite cent heureusement et avec succès dans les négo en lui n'étoit pas une chose acquise, mais un ciations les plus délicates les talents qu'ils ont patrimoine, un bien héréditaire; si du moins il de bien parler et de bien écrire ; d'autres encore en faut juger par le choix de celui qui avoit livré qui prêtent leurs soins et leur vigilance aux af- son coeur, sa confiance, toute sa personne, à faires publiques, après les avoir employés aux cette famille, qui l'avoit rendue comme votre judiciaires , toujours avec une égale réputation: alliée, puisqu'on peut dire qu'il l'avoit adoptée tous se trouvent au milieu de vous, et je souffre et qu'il l'avoit mise avec l'Académie Françoise à ne les pas nommer.

sous sa protection. Si vous aimez le savoir joint à l'éloquence, Je parle du chancelier Séguier : on s'en souvous n'attendrez pas long-temps; réservez seu- vient comme de l'un des plus grands magistrats lement toute votre attention pour celui qui par- que la France ait nourris depuis ses commencelera après moi". Que vous manque-t-il enfin? ments; il a laissé à douler en quoi il excelloit vous avez des écrivains habiles en l'une et en l'au- davantage, ou dans les belles-lettres, ou dans tre oraison ; des poëtes en tout genre de poé- les affaires ; il est vrai du moins, et on en consies, soit morales, soit chrétiennes, soit heroi- vient, qu'il surpassoit en l'un et en l'autre tous ques, soit galantes et enjouées ; des imitateurs ceux de son temps : homme grave et familier, des anciens ; des critiques austères ; des esprits profond dans les délibérations, quoique doux fins, délicats, subtils, ingénieux, propres à et facile dans le commerce, il a eu naturellebriller dans les conversations et dans les cercles. ment ce que tant d'autres veulent avoir et ne se Encore une fois, à quels hommes, à quels donnent pas, ce qu'on n'a point par l'étude et grands sujets m'associez-vous !

par l'affectation, par les mots graves ou sen

Charpentier, alors directeur de l'Académic.

· L'abbé Bignon, reçu le même jour que La Bruyère.

reuse ;

tencieux, ce qui est plus rare que la science, et ce prince n'a pas plus de grace, lorsqu'à la tête peut-être que la probité, je veux dire de la di- de ses camps et de ses armées il foudroie une gnité ; il ne la devoit pas à l'éminence de son ville qui lui résiste , ou qu'il dissipe les troupes poste; au contraire, il l'a ennobli : il a été grand ennemies , du seul bruit de son approche. et accrédité sans ministère, et on ne voit pas S'il soutient cette longue guerre, n'en douque ceux qui ont su tout réunir en leur per- tons pas, c'est pour nous donner une paix heusonne l'aient effacé.

c'est pour l'avoir à des conditions qui Vous le perdîtes il y a quelques années, ce soient justes et qui fassent honneur à la nation, grand protecteur : vous jetàtes la vue autour de qui ôtent pour toujours à l'ennemi l'espérance vous, vous promenātes vos yeux sur tous ceux de nous troubler par de nouvelles hostilités. qui s'offroient et qui se trouvoient honorés de Que d'autres publient, exaltent ce que ce grand vous recevoir; mais le sentiment de votre perte roi a exécuté, ou par lui-même, ou par ses cafut tel, que, dans les efforts que vous files pour pilaines, durant le cours de ces mouvements la réparer, vous osâtes penser à celui qui seul dont toute l'Europe est ébranlée; ils ont un stipouvoit vous la faire oublier et la tourner à jet vaste et qui les exercera long-temps. Que votre gloire. Avec quelle bonté, avec quelle d'autres augurent, s'ils le peuvent, ce qu'il humanité ce magnanime prince vous a-t-il re- veut achever dans cette campagne. Je ne parle çus! n'en soyons pas surpris ; c'est son carac- que de son coeur, que de la pureté et de la droitère, le même, messieurs, que l'on voit éclater ture de ses intentions; elles sont connues, elles dans toutes les actions de sa belle vie, mais que lui échappent; on le félicite sur des titres d'honles surprenantes révolutions arrivées dans un neur dont il vient de gratifier quelques grands royaume voisin et allié de la France ont mis dans de son état : que dit-il? qu'il ne peut être conle plus beau jour qu'il pouvoit jamais recevoir. tent quand tous ne le sont pas, et qu'il lui est

Quelle facilité est la nôtre, pour perdre tout impossible que tous le soient comme il le voud'un coup le sentiment et la mémoire des choses droit. Il sait, messieurs, que la fortune d'un dont nous nous sommes vus le plus fortement roi est de prendre des villes, de

gagner

des baimprimés! Souvenons-nous de ces jours tristes tailles , de reculer ses frontières, d'être craint que nous avons passés dans l'agitation et dans de ses ennemis; mais que la gloire du souvele trouble; curieux, incertains quelle fortune rain consiste à être aimé de ses peuples, en auroient courue un grand roi, une grande reine, avoir le coeur, et par le coeur tout ce qu'ils posle prince leur fils, famille auguste, mais mal- sèdent. Provinces éloignées, provinces voisines, heureuse, que la piété et la religion avoient ce prince humain et bienfaisant, que les peinpoussée jusqu'aux dernières épreuves de l'ad-tres et les statuaires nous défigurent, vous versité ! Hélas! avoient-ils péri sur la mer ou tend les bras, vous regarde avec des yeux tenpar les mains de leurs ennemis ? nous ne le sa- dres et pleins de douceur; c'est là son attitude: vions pas : on s'interrogeoit, on se promettoit il veut voir vos habitants, vos bergers, danser réciproquement les premières nouvelles qui au son d'une flûte champêtre sous les saules et viendroient sur un évènement si lamentable : ce les peupliers, y mêler leurs voix rustiques , et n'étoit plus une affaire publique, mais domes- chanter les louanges de celui qui, avec la paix tique; on n'en dormoit plus, on s'éveilloit les et les fruits de la paix, leur aura rendu la joie uns les autres pour s'annoncer ce qu'on en avoit et la sérénité. appris. Et quand ces personnes royales, à qui C'est

arriver à ce comble de ses soul'on prenoit tant d'intérêt, eussent pu échapper baits , la felicité commune, qu'il se livre aux à la mer ou à leur patrie, étoit-ce assez? Ne iravaux et aux fatigues d'une guerre pénible, falloit-il pas une terre étrangère où ils pussent qu'il essuie l'inclémence du ciel et des saisons, aborder, un roi également bon et puissant qui qu'il expose sa personne , qu'il risque une vie pût et qui voulût les recevoir ? Je l'ai vue, cette heureuse : voilà son secret , et les vues qui le réception, spectacle tendre s'il en fut jamais ! font agir; on les pénètre, on les discerne par On y versoit des larmes d'admiration et de joie: I les seules qualités de ceux qui sont en place , et qui l'aident de leurs conseils. Je ménage leur pli de vertus , d'esprit et de connoissances, qui modestie : qu'ils me permettent seulement de étoil tel avant le poste de confiance qu'il ocremarquer qu'on ne devine point les projets de cupe, et qui seroit tel encore, s'il ne l'occupoit ce sage prince ; qu'on devine au contraire, plus : je ine sens touché, non de sa déférence, qu'on nomme les personnes qu'il va placer, et je sais celle que je lui dois, mais de l'amitié qu'il ne fait que confirmer la voix du peuple qu'il m'a témoignée, jusqu'à s'oublier en ma fadans le choix qu'il fait de ses ministres. Il ne se veur. Un père mène son fils à un spectacle ; la décharge pas entièrement sur eux du poids de foule y est grande, la porte est assiégée ; il est ses affaires : lui-même, si je l'ose dire, il est haut et robuste, il fend la presse ; et, comme il son principal ministre; toujours appliqué à nos est près d'entrer, il pousse son fils devant lui, besoins, il n'y a pour lui ni temps de relâche, qui, sans cette précaution, ou n'entreroit point, ni heures privilégiées : déja la nuit s'avance , les ou entreroit tard. Cette démarche d'avoir supgardes sont relevées aux avenues de son palais, plié quelques uns de vous, comme il a fait, de les astres brillent au ciel et font leur course; détourner vers moi leurs suffrages, qui poutoute la nature repose , privée du jour, enseve- voient si justement aller à lui, elle est rare, lie dans les ombres : nous reposons aussi , tan- puisque dans ces circonstances elle est unique; dis que ce roi , retiré dans son balustre , veille et elle ne diminue rien de ma reconnoissance seul sur nous et sur l'état. Tel est, messieurs, envers vous, puisque vos voix seules, toujours le protecteur que vous vous êtes procuré, celui libres et arbitraires, donnent une place dans l’Ade ses peuples.

pour

cadémie Françoise. Vous m'avez admis dans une compagnie il- Vous me l'avez accordée, messieurs, et de si lustrée

par une si baute protection : je ne le dis- bonne grace, avec un consentement si unanime, simule pas, j'ai assez estimé cette distinction que je la dois et la veux tenir de votre seule mupour desirer de l'avoir dans toute sa fleur et nificence. Il n'y a ni poste, ni crédit , ni richesdans toute son intégrité, je veux dire de la de- ses, ni titres, di autorité, ni faveur, qui aient voir à votre seul choix ; et j'ai mis votre choix à pu vous plier à faire ce choix ; je n'ai rien de tel prix que je n'ai pas osé en blesser, pas même toutes ces choses, tout me manque : un ouvrage en effleurer la liberté par une importune solli- qui a eu quelque succès par sa singularité, et citation : j'avois d'ailleurs une juste défiance de dont les fausses , je dis les fausses et malignes moi-même, je sentois de la répugnance à de- applications, pouvoient me nuire auprès des mander d'être préféré à d'autres qui pouvoient personnes moins équitables et moins éclairées être choisis. J'avois cru entrevoir, messieurs, que vous, a été toute la médiation que j'ai emune chose que je ne devois avoir aucune peine à ployée, et que vous avez reçue. Quel moyen de croire, que vos inclinations se tournoient ail-me repentir jamais d'avoir écrit? leurs , sur un sujet digne, sur un homme rem

FIN.

LES CARACTÈRES

DE THÉOPHRASTE,

TRADUITS DU GREC

PAR LA BRUYÈRE,

AVEC DES ADDITIONS ET DES NOTES NOUVELLES,

PAR J. G. SCHWEIGHÆUSER.

AVERTISSEMENT

En 1799 (an viI), M. Coray donna une édition

grecque et françoise de l'ouvrage entier, qu'il éclairDE M. SCHWEIGHÆUSER. cit par une traduction nouvelle, et par des notes

aussi intéressantes pour la critique du texte que

pour la connoissance des mæurs de l'antiquité. Ce Depuis la traduction des Caractères de Théo- savant helléniste, presque compatriote du philosophe phraste par La Bruyère, cet ouvrage a reçu des ad- qu'il interprète, a même expliqué quelquefois très ditions importantes, et d'excellents critiques en ont | heureusement, par des usages de la Grèce moderne, éclairci beaucoup de passages

difficiles.

des particularités de ceux de la Grèce ancienne. En En 1712, Needham publia les leçons de Duport dernier lieu, M. Schneider, l'un des plus savants sur treize de ces Caractères. En 1763, Fischer ré-philologues d'Allemagne, a publié une édition crisuma, dans une édition critique, presque tout ce tique de ces Caractères, en les classant dans un nouqui avoit été fait pour cet ouvrage, et y ajouta des vel ordre, el en y faisant beaucoup de corrections. recherches nouvelles. En 1786, M. Amaduzzi publia Son travail jette une lumière nouvelle sur plusieurs deux nouveaux Caractères, que Prosper Petronius passages obscurs de l'ancien texte et des additions , avoit découverts, et qui se trouvent à la suite des que cet éditeur défend contre les doutes qu’on avoit anciens, dans un manuscrit de la Bibliothèque Pa- élevés sur leur authenticité. Il prouve par plusieurs latine du Vatican. En 1790, M. Belin de Ballu tra- circonstances, auxquelles on n'avoit pas fait attenduisit ces deux Caractères en françois, et les joignittion avant lui, et par l'existence même d'une copie à une édition de La Bruyère, dans laquelle il ajouta plus complète que les autres, que nous ne posséquelques notes critiques à celles dont Coste avoit ac- dons que des extraits de cet ouvrage. Je traiterai compagné la traduction de Théophraste dans les édi- avec plus de détails de cette hypothèse très protions précédentes.

bable dans la note i du chapitre xvi. En 1798, M. Goetz publia les quinze derniers Ca- Les importantes améliorations du texte, les verractères avec des additions considérables sur les pa- sions nouvelles de beaucoup de passages, et les éclairpiers de M. Siebenkees, qui avoit tiré cette copie cissements intéressants sur les meurs, fournis par plus complète du même manuscrit où l'on avoit ces savants, rendroient la traduction de La Bruyère trouvé deux derniers chapitres, mais qui malheu- peu digne d'être remise sous les yeux du public, reusement ne contient pas les quinze premiers. si tout ce qui est sorti de la plume d'un écrivain si

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