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nourrice : elle en est morte, la pauvre femme; 1 d'importants services : car ou l'Arconte échouera je m'entends, il suffit. En un mot, il étoit né avec ses alliés, ce qui est plus difficile qu'impossujet, il ne l'est plus; au contraire, il est le sible à concevoir; ou, s'il réussit et que rien ne maitre, et ceux qu'il a domptes a et mis sous le lui résiste, le voilà tout porté, avec ses alliés joug vont à la charrue et labourent de bon cou- jaloux de la religion et de la puissance de Cérage : ils semblent même apprehender , les bon-sar, pour fondre sur lui, pour lui enlever l'aigle, nes gens, de pouvoir se délier un jour et deve- et le réduire, lui ou son héritier, à la fasce darnir libres, car ils ont étendu la courroie et allongé gent' et aux pays héréditaires. Enfin c'en est le fouet de celui qui les fait marcher; ils n'ou- fait, ils se sont tous livrés à lui volontairement, blient rien pour accroître leur servitude : ils lui à celui peut-être de qui ils devoient se défier font passer l'eau pour se faire d'autres vassaux davantage. Esope ne leur diroit - il pas : « La et s'acquérir de nouveaux domaines : il s'agit, « gent volatile d'une certaine contrée prend l'ail est vrai , de prendre son père et sa mère par

<larme et s'effraie du voisinage du lion, dont les épaules, et de les jeter hors de leur maison; « le seul rugissement lui fait peur; elle se réet ils l'aident dans une si honnête entreprise. «fugie auprès de la bête, qui lui fait parler Les gens de delà l'eau et ceux d'en deçà se

« d'accommodement et la prend sous sa proteccotisent et mettent chacun du leur pour se le « tion, qui se termine enfin à les croquer tous rendre à eux tous de jour en jour plus redou

« l'un après l'autre? table : les Pictes et les Saxons imposent silence aux Bataves, et ceux-ci aux Pictes et aux Saxons;

CHAPITRE XIII. tous se peuvent vanter d'être ses humbles esclaves, et autant qu'ils le souhaitent. Mais qu'en

De la mode. tends-je de certains personnages 3 qui ont des couronnes, je ne dis pas des comtes ou des mar Une chose folle et qui découvre bien notre pequis, dont la terre fourmille, mais des princes et titesse, c'est l'assujettissement aux modes quand des souverains ? ils viennent trouver cet homme on l'étend à ce qui concerne le goût, le vivre, dès qu'il a sifflé, ils se découvrent dès son an- la santé et la conscience. La viande noire est tichambre, et ils ne parlent que quand on les hors de mode, et par cette raison insipide; ce interroge. Sont-ce là ces mêmes princes si seroit pécher contre la mode que de guérir de pointilleux, si formalistes sur leurs rangs et sur la fièvre par la saignée : de même l'on ne mouleurs préséances, et qui consument, pour les roit plus depuis long-temps par Théotime; ses régler, les mois entiers dans une diète? Que tendres exhortations ne sauvoient plus que le fera ce nouvel Arconte pour payer une si aveu- peuple, et Théotime a vu son successeur. gle soumission, et pour répondre à une si haute La curiosité n'est pas un goût pour ce qui est idée qu’on a de lui? S'il se livre une bataille, il bon ou ce qui est beau, mais pour ce qui est doit la gagner, et en personne : si l'ennemi fait rare, unique, pour ce qu'on a, et ce que les un siége, il doit le lui faire lever, et avec honte, autres n'ont point. Ce n'est pas un attachement à moins que tout l'Océan ne soit entre lui et à ce qui est parfait, mais à ce qui est couru, l'ennemi : il ne sauroit moins faire en faveur de ce qui est à la mode. Ce n'est pas un amusement, ses courtisans. César 4 lui-même ne doit-il pas mais une passion, et souvent si violente, qu'elle venir en grossir le nombre? il en attend du moins ne cède à l'amour et à l'ambition que par la pe

litesse de son objet. Ce n'est pas une passion · Le prince d'Orange, devenu plas puissant par la couronne qu'on a généralement pour les choses rares et d'Angleterre, s'étoit rendu maitre absolu en Hollande, et y fai- qui ont cours, mais qu'on a seulement pour une soit ce qu'il lui plaisoit.

certaine chose qui est rare et pourtant à la mode. 2 Les Anglois.

3 Le prince d'Orange, à son premier retour de l'Angleterre, Le fleuriste a un jardin dans un faubourg; il en 1690, vint à La Haye, où les princes ligués se rendirent, et y court au lever du soleil, et il en revient à son où le duc de Bavière fut long-temps à attendre dans l'antichambre. 4 L'empereur.

1 Armes de la maison d'Autriche.

à

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coucher. Vous le voyez planté, et qui a pris ra- | moins que jamais : pensez-vous qu'il cherche à cine au milieu de ses tulipes et devant la soli- s'instruire par les médailles, et qu'il les regarde taire : il ouvre de grands yeux , il frotte ses comme des preuves parlantes de certains faits, mains, il se baisse , il la voit de plus près, il ne et des monuments fixes et indubitables de l'anl'a jamais vue si belle, il a le coeur épanoui de cienne histoire? rien moins : vous croyez peutjoie : il la quitte pour l'orientale; de là il va à la être que toute la peine qu'il se donne pour reveuve ; il passe au drap-d'or, de celle-ci à l'agate; couvrer une tête vient du plaisir qu'il se fait de d'où il revient enfin à la solitaire , où il se fixe, ne voir pas une suite d'empereurs interrompue? où il se lasse, où il s'assied , où il oublie de di- c'est encore moins : Diognète sait d'une méner : aussi est-elle nuancée, bordée, huilée, à daille le fruste , le flou", et la fleur de coin; il a pièces emportées; elle a un beau vase ou un une tablette dont toutes les places sont garnies, beau calice : il la contemple, il l'admire. Dieu à l'exception d'une seule : ce vide lui blesse la et la nature sont en tout cela ce qu'il n'admire vue, et c'est précisément, et à la lettre, pour point; il ne va pas plus loin que l'ognon de sa le remplir, qu'il emploie son bien et sa vie. Lulipe, qu'il ne livreroit pas pour mille écus, et Vous voulez , ajoute Démocède, voir mes esqu'il donnera pour rien quand les lulipes seront tampes? et bientôt il les étale et vous les montre. négligées, et que les villets auront prévalu. Cet Vous en rencontrez une qui n'est ni noire , ni homme raisonnable, qui une ame, qui a un nette, ni dessinée, et d'ailleurs moins propre culte et une religion , revient chez soi, fatigué, à être gardée dans un cabinet qu'à tapisser, un affamé, mais fort content de sa journée : il a vu jour de fête, le Petit-Pont ou la rue Neuve : il des tulipes.

convient qu'elle est mal gravée, plus mal dessiParlez à cet autre de la richesse des mois- née; mais il assure qu'elle est d'un Italien qui a sons, d'une ample récolte, d'une bonne ven- travaillé peu, qu'elle n'a presque pas été tirée, dange; il est curieux de fruits, vous n'articulez que c'est la seule qui soit en France de ce dessin, pas, vous ne vous faites pas entendre : parlez- qu'il l'a achetée très cher, et qu'il ne la chanlui de figues et de melons, dites que les poiriers geroit pas pour ce qu'il a de meilleur. J'ai , conrompent de fruit cette année, que les pêchers Linue-t-il, une sensible affliction, et qui m'obliont donné avec abondance; c'est pour lui un gera à renoncer aux estampes pour le reste de idiome inconnu , il s'attache aux seuls pruniers, mes jours : j'ai tout Calot, hormis une seule qui il ne vous répond pas. Ne l'entretenez pas même n'est pas , à la vérité, de ses bons ouvrages, au de vos pruniers, il n'a de l'amour que pour une contraire c'est un des moindres, mais qui m'acertaine espèce; toute autre que vous lui nom- chèveroit Calot; je travaille depuis vingt ans à mez le fait sourire et se moquer. Il vous mène recouvrer cette estampe, et je désespère enfin à l'arbre, cueille artistement cette prune ex- d'y réussir : cela est bien rude! quise, il l'ouvre, vous en donne une moitié, et Tel autre fait la satire de ces gens qui s'engaprend l'autre : quelle chair! dit-il; goûtez-vous gent par inquiétude ou par curiosité dans de cela? cela est-il divin? voilà ce que vous ne trou- longs voyages ; qui ne font ni mémoires , ni reverez pas ailleurs ; et là-dessus ses narines s'en-lations; qui ne portent point de tablettes ; qui flent, il cache avec peine sa joie et sa vanité vont pour voir, et qui ne voient pas, ou qui oupar quelques dehors de modestie. O l'homme blient ce qu'ils ont vu; qui desirent seulement divin en effet ! homme qu'on ne peut jamais as- de connoitre de nouvelles tours ou de nouveaux sez louer et admirer ! homme dont il sera parlé clochers, et de passer des rivières qu'on n'apdans plusieurs siècles ! que je voie sa taille et pelle ni la Seine, ni la Loire ; qui sortent de leur son visage pendant qu'il vit; que j'observe les patrie pour y retourner, qui aiment à être abtraits et la contenance d'un homme qui seul sents, qui veulent un jour être revenus de loin : entre les mortels possède une telle prune! et ce satirique parle juste, et se fait écouter. Un troisième que vous allez voir vous parle

Mais quand il ajoute que les livres en apprendes curieux ses confrères, et sur-tout de Dio

On lit, dans les éditions publiées du vivant de La Bruyère, gnète. Je l'admire, dit-il, et je le comprends le frust, le felour.

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y

nent plus que les voyages, et qu'il m'a fait com Un bourgeois aime les bâtiments ; il se fait prendre par ses discours qu'il a une bibliothè- bâtir un hôtel si beau , si riche , et si orné, qu'il que, je souhaite de la voir ; je vais trouver cet est inhabitable : le maître, honteux de s’y loger, homme, qui me reçoit dans une maison où dès ne pouvant peut-être se résoudre à le louer à l'escalier je tombe en foiblesse d'une odeur de un prince ou à un homme d'affaires, se retire maroquin noir dont ses livres sont tout couverts. au galetas , où il achève sa vie, pendant que Il a beau me crier aux oreilles , pour me rani- l'enfilade et les planchers de rapport sont en mer, qu'ils sont dorés sur tranche, ornés de fi- proie aux Anglois et aux Allemands qui voyalets d'or, et de la bonne édition, me nommer gent, et qui viennent là du Palais-Royal, du pales meilleurs l'un après l'autre, dire que sa ga- lais L... G...', et du Luxembourg. On heurte lerie est remplie , à quelques endroits près qui sans fin à cette belle porte : tous demandent à sont peints de manière qu'on les prend pour de voir la maison , et personne à voir monsieur. vrais livres arrangés sur des tablettes, et que On en sait d'autres qui ont des filles devant l'ail s'y trompe; ajouter qu'il ne lit jamais, leurs yeux, à qui ils ne peuvent pas donner une qu'il ne met pas le pied dans cette galerie, qu'il dot; que dis-je ? elles ne sont pas vêtues, à peine

viendra pour me faire plaisir; je le remer- nourries ; qui se refusent un tour de lit et du cie de sa complaisance, et ne veux non plus linge blanc, qui sont pauvres : et la source de que lui visiter sa tannerie, qu'il appelle biblio- leur misère n'est pas fort loin, c'est un gardethèque.

meuble chargé et embarrassé de bustes rares, Quelques uns , par une intempérance de sa- déja poudreux et couverts d'ordures, dont la voir, et par ne pouvoir se résoudre à renoncer vente les mettroit au large, mais qu'ils ne peuà aucune sorte de connoissance, les embrassent vent se résoudre à mettre en vente. toutes et n'en possèdent aucune. Ils aiment Diphile commence par un oiseau et finit par mieux savoir beaucoup que de savoir bien, et mille : sa maison n'est pas égayée, mais empesêtre foibles et superficiels dans diverses sciences tée : la cour, la salle, l'escalier, le vestibule, que d'être sûrs et profonds dans une seule : ils les chambres, le cabinet , tout est volière : ce trouvent en toutes rencontres celui qui est leur n'est plus un ramage, c'est un vacarme; les maître et qui les redresse ; ils sont les dupes de vents d'automne et les eaux dans leurs plus granleur vaine curiosité, et ne peuvent au plus, par des crues ne font pas un bruit si perçant et si de longs et pénibles efforts, que se tirer d'une aigu; on ne s'entend non plus parler les uns les ignorance crasse.

autres que dans ces chambres où il faut attenD'autres ont la clef des sciences, où ils n'en-dre, pour faire le compliment d'entrée, que les trent jamais ; ils passent leur vie à déchiffrer les petits chiens aient aboyé. Ce n'est plus pour langues orientales et les langues du Nord, celles Diphile un agréable amusement; c'est une afdes deux pôles, et celle qui se parle dans la lune. faire laborieuse et à laquelle à peine il peut sufLes idiomes les plus inutiles avec les caractères fire. Il passe les jours, ces jours qui échappent les plus bizarres et les plus magiques sont pré-et qui ne reviennent plus, à verser du grain et cisément ce qui réveille leur passion et qui excite à nettoyer des ordures; il donne pension à un leur travail. Ils plaignent ceux qui se bornent homme qui n'a point d'autre ministère que de ingénument à savoir leur langue, ou tout au siffler des serins au flageolet , et de faire couver plus la grecque et la latine. Ces gens lisent tou- des canaries. Il est vrai que ce qu'il dépense tes les histoires, et ignorent l'histoire ; ils par- d'un côté, il l'épargne de l'autre, car ses encourent tous les livres, et ne profitent d'aucun: fants sont sans maîtres et sans éducation. Il se c'est en eux une stérilité de faits et de principes renferme le soir, fatigué de son propre plaisir, qui ne peut être plus grande, mais à la vérité sans pouvoir jouir du moindre repos que ses oila meilleure récolte et la richesse la plus abon- seaux ne reposent, et que ce petit peuple, qu'il dante de mots et de paroles qui puisse s'imagi- n'aime que parcequ'il chante , ne cesse de channer; ils plient sous le faix; leur mémoire en est accabléc, pendant que leur esprit demeure vide. · Lesdiguières.

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ter. Il retrouve ses oiseaux dans son sommeil ; | passent : s'il est par hasard homme de mérite, lui-même il est oiseau, il est huppé, il gazouille, il n'est pas anéanti, et il subsiste encore par il perche, il rêve la nuit qu'il mue ou qu'il quelque endroit; également estimable, il est couve.

seulement moins estimé. Qui pourroit épuiser tous les différents gen La vertu a cela d'heureux qu'elle se suffit à res de curieux ? Devineriez-vous à entendre par- elle-même, et qu'elle sait se passer d'admiraler celui-ci de son léopard , de sa plume, de sa teurs, de partisans et de protecteurs : le manmusique ", les vanter comme ce qu'il y a sur la que d'appui et d'approbation non seulement ne terre de plus singulier et de plus merveilleux, lui nuit pas, mais il la conserve, l'épure, et la qu'il veut vendre ses coquilles ? Pourquoi non, rend parfaite : qu'elle soit à la mode, qu'elle s'il les achète au poids de l'or?

n'y soit plus, elle demeure vertu. Cet autre aime les insectes; il en fait tous les Si vous dites aux hommes, et sur-tout aux jours de nouvelles emplettes : c'est sur-tout le grands, qu'un tel a de la vertu, ils vous disent : premier homme de l'Europe pour les papillons; Qu'il la garde ; qu'il a bien de l'esprit, de celui il en a de toutes les tailles et de toutes les cou-sur-tout qui plaît et qui amuse, ils vous réponleurs. Quel temps prenez-vous pour lui rendre dent : Tant mieux pour lui; qu'il a l'esprit fort visite? il est plongé dans une amère douleur; il cultivé, qu'il sait beaucoup, ils vous demandent a l'humeur noire, chagrine, et dont toute sa quelle heure il est, ou quel temps il fait : mais famille souffre, aussi a-t-il fait une perte irré- si vous leur apprenez qu'il y a un Tigillin qui parable : approchez, regardez ce qu'il vous souffle ou qui jette en sable un verre d'eau-demontre sur son doigt, qui n'a plus de vie, et vie", et, chose merveilleuse ! qui y revient à qui vient d'expirer; c'est une chenille, et quelle plusieurs fois en un repas, alors ils disent : Où chenille!

est-il ? amenez-le-moi demain, ce soir; me l'aLe duel est le triomphe de la mode, et l'en- mènerez-vous ? On le leur amène; et cet homme droit où elle a exercé sa tyrannie avec plus d'é- propre à parer les avenues d'une foire, et à être clat. Cet usage n'a pas laissé au poltron la liberté montré en chambre pour de l'argent, ils l'adde vivre ; il l'a mené se faire tuer par un plus mettent dans leur familiarité. brave que soi, et l'a confondu avec un homme Il n'y a rien qui mette plus subitement un de caur; il a attaché de l'honneur et de la gloire homme à la mode, et qui le soulève davantage, à une action folle et extravagante; il a été ap- que le grand jeu : cela va de pair avec la craprouvé par la présence des rois; il y a eu quel- pule. Je voudrois bien voir un homme poli, quefois une espèce de religion à le pratiquer : enjoué, spirituel, fût-il un CATULLE ou son il a décidé de l'innocence des hommes, des ac- disciple, faire quelque comparaison avec celui cusations fausses ou véritables sur des crimes qui vient de perdre huit cents pistoles en une capitaux ; il s'étoit enfin si profondément enra- séance. ciné dans l'opinion des peuples, et s'étoit si fort

Une personne à la mode ressemble à une fleur saisi de leur coeur et de leur esprit, qu'un des bleue" qui croît de soi-même dans les sillons , plus beaux endroits de la vie d'un très grand où elle étouffe les épis, diminue la moisson, et roi a été de les guérir de cette folie.

tient la place de quelque chose de meilleur; Tel a été à la mode, ou pour le commande qui n'a de prix et de beauté que ce qu'elle emment des armées et la négociation, ou pour prunte d'un caprice léger qui nait et qui tombe l'éloquence de la chaire, ou pour les vers , qui presque dans le même instant : aujourd'hui elle n'y est plus. Y a-t-il des hommes qui dégénè- est courue, les femmes s'en parent; demain rent de ce qu'ils furent autrefois ? Est-ce leur elle est négligée, et rendue au peuple. mérite qui est usé, ou le goût que l'on avoit

Une personne de mérite, au contraire, est pour eux ?

Souffler ou jeter en sable un verre de vin, d'eau-de-vie, Un homme à la mode dure peu, car les modes anciennes expressions proverbiales qui signifioient l'avaler d'un

Ces barbeaux qui croissent parmi les seigles furent. un été, · Noms de coquillages. (La Bruyère.)

à la mode dans Paris. Les dames en meltoient pour bouquel.

trait.

une fleur qu'on ne désigne pas par sa couleur, L'on blâme une mode qui, divisant la taille mais que l'on nomme par son nom, que l'on des hommes en deux parties égales, en prend cultive par sa beauté ou par son odeur; l'une une tout entière pour le buste, et laisse l'autre des graces de la nature, l'une de ces choses pour le reste du corps : l'on condamne celle qui qui embellissent le monde, qui est de tous les fait de la tête des femmes la base d'un édifice temps, et d'une vogue ancienne et populaire; à plusieurs étages, dont l'ordre et la structure que nos pères ont estimée, et que nous esti- changent selon leurs caprices; qui éloigne les mons après nos pères ; à qui le dégoût ou l'an- cheveux du visage, bien qu'ils ne croissent que tipathie de quelques uns ne sauroit nuire : un pour l'accompagner; qui les relève et les héJis , une rose.

risse à la manière des Bacchantes, et semble L'on voit Eustrate assis dans sa nacelle, où il avoir pourvu à ce que les femmes changent leur jouit d'un air pur et d'un ciel serein : il avance physionomie douce et modeste en une autre d'un bon vent et qui a toutes les apparences de qui soit fière et audacieuse. On se récrie enfin devoir durer; mais il tombe tout d'un coup, le contre une telle ou une telle mode, qui cepenciel se couvre, l'orage se déclare, un tourbillon dant, toute bizarre qu'elle est , pare et embellit enveloppe la nacelle, elle est submergée : on pendant qu'elle dure, et dont l'on tire tout voit Eustrate revenir sur l'eau et faire quelques l'avantage qu'on en peut espérer, qui est de efforts, on espère qu'il pourra du moins se sau- plaire. Il me paroît qu'on devroit seulement ver et venir à bord ; mais une vague l'enfonce, admirer l'inconstance et la légèreté des homon le tient perdu : il paroît une seconde fois, et mes, qui attachent successivement les agréles espérances se réveillent, lorsqu'un flot sur-ments et la bienséance à des choses tout oppovient et l’abyme, on ne le revoit plus, il est sées, qui emploient pour le comique et pour la noyé.

mascarade ce qui leur a servi de parure grave VOITURE et SARRAZIN étoient nés pour leur et d'ornements les plus sérieux, et que si peu siècle, et ils ont paru dans un temps où il sem- de temps en fasse la différence. ble qu'ils étoient attendus. S'ils s'étoient moins N... est riche; elle mange bien , elle dort pressés de venir, ils arrivoient trop tard; et bien : mais les coiffures changent; et lorsqu'elle j'ose douter qu'ils fussent tels aujourd'hui qu'ils y pense le moins, et qu'elle se croit heureuse, ont été alors : les conversations légères , les la sienne est hors de mode. cercles, la fine plaisanterie, les lettres enjouées Iphis voit à l'église un soulier d'une nouvelle et familières, les petites parties où l'on étoit mode; il regarde le sien, et en rougit; il ne se admis seulement avec de l'esprit, tout a dis- croit plus habillé : il étoit venu à la messe pour paru. Et qu'on ne dise point qu'ils les feroient s'y montrer, et il se cache : le voilà retenu par revivre : ce que je puis faire en faveur de leur le pied dans sa chambre tout le reste du jour. Il esprit est de convenir que peut-être ils excelle- a la main douce, et il l'entretient avec une pâte roient dans un autre genre; mais les femmes de senteur. Il a soin de rire pour montrer ses sont, de nos jours, ou devotes, ou coquettes, dents : il fait la petite bouche, et il n'y a guère ou joueuses, ou ambitieuses, quelques unes de moments où il ne veuille sourire : il regarde même tout cela à-la-fois; le goût de la faveur, ses jambes, il se voit au miroir ; l'on ne peut le jeu, les galants, les directeurs, ont pris la être plus content de personne qu'il l'est de luiplace, et la défendent contre les gens d'es-même: il s'est acquis une voix claire et délicate, prit.

et heureusement il parle gras : il a un mouveUn homme fat et ridicule porte un long cha- ment de tête et je ne sais quel adoucissement peau, un pourpoint à ailerons, des chausses à dans les yeux, dont il n'oublie pas de s'embelaiguillettes et des bottines : il rêve la veille par lir : il a une démarche molle et le plus joli où et comment il pourra se faire remarquer le maintien qu'il est capable de se procurer : il met jour qui suit. Un philosophe se laisse habiller du rouge,

mais rarement; il n'en fait

pas

habipar son tailleur. Il y a autant de foiblesse à fuir tude : il est vrai aussi qu'il porte des chausses la mode qu'à l'affecter.

et un chapeau , et qu'il n'a ni boucles d'oreilles,

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