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dence; et, unissant notre volonté à celle de Dieu | victime de Dieu victime du diable; mais appemême, nous voudrons avec lui , en lui, et pour | lons bien ce qui rend la victime du diable en lui, la chose qu'il a voulue en nous et pour nous Adam victime de Dieu; et, sur cette règle, exade toute éternité.

minons la nature de la mort. II.

Pour cela il faut recourir à la personne de

Jésus-Christ; car, comme Dieu ne considère les Il n'y a de consolation qu'en la vérité seule. hommes que par le médiateur Jésus-Christ, les Il est sans doute que Socrale et Sénèque n'ont hommes aussi ne devroient regarder ni les aurien qui puisse nous persuader et consoler dans tres, ni eux - mêmes, que médiatement par ces occasions. Ils ont été sous l'erreur qui a Jésus-Christ. aveuglé tous les hommes dans le premier : ils Si nous ne passons par ce milieu, nous ne ont tous pris la mort comme naturelle à l'hom- trouverons en nous que de véritables malheurs, me; et tous les discours qu'ils ont fondés sur ou des plaisirs abominables : mais si nous conce faux principe sont si vains et si peu solides, sidérons toutes ces choses en Jésus-Christ , nous qu'ils ne servent qu'à montrer par leur inutilité trouverons toute consolation, toute satisfaction, combien l'homme en général est foible, puisque toute édification. les plus hautes productions des plus grands Considérons donc la mort en Jésus-Christ, et d'entre les hommes sont si basses et si pué- non pas sans Jésus-Christ. Sans Jésus-Christ elle riles.

est horrible , elle est détestable, et l'horreur Il n'en est pas de même de Jésus-Christ , il de la nature. En Jésus-Christ, elle est tout aun'en est pas ainsi des livres canoniques : la vé- tre, elle est aimable, sainte , et la joie du fidèle. rité y est découverte; et la consolation y est Tout est doux en Jésus-Christ jusqu'à la mort ; jointe aussi infailliblement qu'elle est infaillible et c'est pourquoi il a souffert et est mort pour ment séparée de l'erreur. Considérons donc la sanctifier la mort et les souffrances : et comme mort dans la vérité que le Saint-Esprit nous a Dietī et comme homme, il a été tout ce qu'il apprise. Nous avons cet admirable avantage de y a de grand et tout ce qu'il y a d'abject, afin connoitre que véritablement et effectivement la de sanctifier en soi toutes choses, excepté le mort est une peine du péché, imposée à l'homme péché, et pour être le modèle de toutes les pour expier son crime, nécessaire à l'homme conditions. pour le purger du péché; que c'est la seule qui Pour considérer ce que c'est que la mort, peut délivrer l'ame de la concupiscence des et la mort en Jésus-Christ, il faut voir quel membres, sans laquelle les saints ne vivent rang elle tient dans son sacrifice continuel et sans point en ce monde. Nous savons que la vie, et interruption, et pour cela remarquer que, la vie des Chrétiens , est un sacrifice continuel dans les sacrifices, la principale partie est la qui ne peut être achevé que par la mort : nous mort del'hostie. L'oblation et la sanctification qui savons que Jésus-Christ, entrant au monde, précèdent sont des dispositions; mais l'accoms'est considéré et s'est offert à Dieu comme un plissement est la mort, dans laquelle, par l'aholocauste et une véritable victime; que sa nais-néantissement de la vie, la créature rend à Dieu sance, sa vie, sa mort, sa résurrection, son tout l'hommage dont elle est capable, en s'aasceusion, sa séance éternelle à la droite de son néantissant devant les yeux de sa majesté, et père, et sa présence dans l'Eucharistie, ne en adorant sa souveraine existence, qui existe sont qu'un seul et unique sacrifice : nous savons seule essentiellement. Il est vrai qu'il y a encore que ce qui est arrivé en Jésus-Christ doit arri- une autre partie après la mort de l'hostie, sans ver en tous ses membres.

laquelle sa mort est inutile; c'est l'acceptation Considérons donc la vie comme un sacrifice; que Dieu fait du sacrifice. C'est ce qui est dit et que les accidents de la vie ne fassent d'impres dans l'Écriture : Et odoratus est Dominus oilosion dans l'esprit des Chrétiens qu'à proportion rem suavitatis (Genes., 8, 21): Et Dieu a reçu qu'ils interrompent ou qu'ils accomplissent ce l'odeur du sacrifice. C'est véritablement celle-là sacrifice. N'appelons mal que ce qui rend la qui couronne l'oblation; mais elle est plutôt une action de Dieu vers la créature, que de la créa- monté, et par sa propre force, et par la force ture vers Dieu; et elle n'empêche pas que la de son Saint-Esprit, qui l'environnoit de toutes dernière action de la créature ne soit la parts. Il a été enlevé comme la fumée des victimort.

mes, qui est la figure de Jésus-Christ, étoit porToutes ces choses ont été accomplies en Jésus- tée en haut par l'air qui la soutenoit , qui est la Christ. En entrant au monde, il s'est offert : figure du Saint-Esprit : et les Actes des apôtres Obtulit semetipsum per Spiritum sanctum. (Hebr., nous marquent expressément qu'il fut reçu au 9, 14. ) Ingrediens mundum dixit : Hostiam et ciel, pour nous assurer que ce saint sacrifice oblationem noluisti : corpus autem aptasti mihi. accompli en terre a été accepté et reçu dans le (Hebr., 10, 5, 7.) Tunc dixi : Ecce venio. In sein de Dieu. capite Libri scriptum est de me, ut facerem vo- Voilà l'état des choses en notre souverain Seiluntatem tuam : Deus meus, volui, et legem gneur. Considérons-les en nous maintenant. tuam in medio cordis mei (Psalm., 39) : Il s'est Lorsque nous entrons dans l'Église, qui est le offert lui-même par le Saint-Esprit. Entrant monde des fidèles , et particulièrement des élus, dans le monde, il a dit : Seigneur, les sacrifices où Jésus-Christ entra dans le moment de son ne vous sont point agréables; mais vous m'avez incarnation , par un privilege particulier au Fils formé un corps. Alors j'ai dit : Me voici, je viens unique de Dieu, nous sommes offerts et sanctiselon qu'il est écrit de moi dans le Livre, pour fiés. Ce sacrifice se continue par la vie, et s'acfaire, mon Dieu , votre volonté : c'est aussi, mon complit à la mort, dans laquelle l'ame, quittant Dieu, ce que j'ai voulu , et votre loi est dans le véritablement tous les vices et l'amour de la milieu de mon coeur. Voilà son oblation. Sa terre, dont la contagion l'infecte toujours dusanctification a suivi immédiatement son obla- rant cette vie, elle achève son immolation, et est tion. Ce sacrifice a duré toute sa vie, et a été ac- reçue dans le sein de Dieu. compli par sa mort. Il a fallu qu'il ait passé par Ne nous affligeons donc pas de la mort des les souffrances pour entrer en sa gloire. (Luc, 24, fidèles, comme les païens qui n'ont point d'es26.) Aux jours de sa chair, ayant offert avec un pérance. Nous ne les avons pas perdus au mogrand cri et avec larmes ses prières et ses suppli- ment de leur mort. Nous les avions perdus, cations à celui qui pouvoit le tirer de la mort, il pour ainsi dire, dès qu'ils étoient entrés dans a été exaucé selon son humble respect par son l'Église par le baptême. Dès lors ils étoient à Père; et quoiqu'il fût le Fils de Dieu, il a appris Dieu. Leur vie étoit vouée à Dieu; leurs actions l'obéissance par tout ce qu'il a souffert. (Hebr., ne regardoient le monde que pour Dieu. Dans 5, 7, 8.) Et Dieu l'a ressuscité, et lui a envoyé leur mort, ils se sont entièrement détachés des sa gloire, figurée autrefois par le feu du ciel péchés; et c'est en ce moment qu'ils ont été qui tomboit sur les victimes, pour brûler et reçus de Dieu , et que leur sacrifice a reçu son consumer son corps, et le faire vivre de la vie accomplissement et son couronnement. de la gloire. C'est ce que Jésus-Christ a Ils ont fait ce qu'ils avoient voué : ils ont obtenu, et qui a été accompli par sa résurrec- achevé l'oeuvre que Dieu leur avoit donné à faire: tion.

ils ont accompli la seule chose pour laquelle ils Ainsi ce sacrifice étant parfait par la mort de avoient été créés. La volonté de Dieu s'est acJésus-Christ, et consommé même en son corps complie en eux , et leur volonté est absorbée en par sa résurrection, où l'image de la chair du Dieu. Que notre volonté ne sépare donc pas ce péché a été absorbée par la gloire, Jésus-Christ que Dieu a uni; et étouffons ou modérons par avoit tout achevé de sa part; et il ne restoit plus l'intelligence de la vérité les sentiments de la nasinon que le sacrifice fût accepté de Dieu, et ture corrompue et déçue, qui n'a que de fausses que, comme la fumée s'élevoit, et portoit l'o- images, et qui trouble, par ses illusions, la deur au trône de Dieu , aussi Jésus-Christ fût, sainteté des sentiments que la vérité de l'Évanen cet état d'immolation parfaite, offert, porté, gile doit nons donner. et reçu au trône de Dieu même : et c'est ce qui Ne considérons donc plus la mort comme des a été accompli en l'Ascension , en laquelle il est païens, mais comme des Chrétiens, c'est-à-dire

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avec l'espérance , comme saint Paul l'ordonne, pre s'est étendu et débordé dans le vide que puisque c'est le privilége spécial des Chrétiens. l'amour de Dieu a laissé; et ainsi il s'est aimé Ne considérons plus un corps comme une cha- seul, et toutes choses pour soi, c'est-à-dire rogne infecte, car la nature trompeuse nous le infiniment. représente de la sorte, mais comme le temple Voilà l'origine de l'amour-propre. Il étoit nainviolable et éternel du Saint-Esprit, comme la turel à Adam, et juste en son innocence; mais foi l'apprend.

il est devenu et criminel et immodéré, ensuite Car nous savons que les corps des saints sont de son péché. Voilà la source de cet amour, et habités par le Saint-Esprit jusques à la résur-la cause de sa défectuosité et de son excès. rection, qui se fera par la vertu de cet Esprit Il en est de même du desir de dominer, de qui réside en eux pour cet effet. C'est le senti- la paresse, et des autres vices. L'application en ment des Pères. C'est pour cette raison que nous est aisée à faire au sujet de l'horreur que nous honorons les reliques des morts, et c'est sur ce avons de la mort. Cette horreur étoit naturelle vrai principe que l'on donnoit autrefois l’Eucha- et juste dans Adam innocent, parceque sa vie ristie dans la bouche des morts ; parceque, étant très agréable à Dieu, elle devoit être comme on savoit qu'ils étoient le temple du agréable à l'homme : et la mort eût été horriSaint-Esprit, on croyoit qu'ils méritoient d'être ble, parcequ'elle eût fini une vie conforme à la aussi unis à ce saint sacrement. Mais l'Église a volonté de Dieu. Depuis, l'homme ayant péchangé cette coutume; non pas qu'elle croie ché, sa vie est devenue corrompue, son corps que ces corps ne soient pas saints, mais par cette et son ame ennemis l'un de l'autre, et tous deux raison, que l'Eucharistie étant le pain de vie et de Dieu. des vivants, il ne doit pas être donné aux morts. Ce changement ayant infecté une si sainte

Ne considérons plus les fidèles qui sont morts vie, l'amour de la vie est néanmoins demeuré; en la grace de Dieu comme ayant cessé de vivre, et l'horreur de la mort étant restée la même, quoique la nature le suggère ; mais comme com- ce qui étoit juste en Adam est injuste en nous. mençant à vivre, comme la vérité l'assure. Ne Voilà l'origine de l'horreur de la mort, et la considerons plus leurs ames comme péries et cause de sa défectuosité. Éclairons donc l'erreur réduiles au néant; mais comme vivifiées et unies de la nature par la lumière de la foi. au souverain vivant : et corrigeons ainsi, par

L'horreur de la mort est naturelle ; mais c'est l'attention à ces vérités, les sentiments d'erreur dans l'état d'innocence , parcequ'elle n'eût pa qui sont si empreints en nous-mêmes, et ces entrer dans le paradis qu'en finissant une vie mouvements d'horreur qui sont si naturels à toute pure. Il étoit juste de la haïr, quand elle l'homme,

n'eût pu arriver qu'en séparant une ame sainte NII.

d'un corps saint : mais il est juste de l'aimer,

quand elle sépare une ame sainte d'un corps imDieu a créé l'homme avec deux amours , l'un pur. Il étoit juste de la fuir, quand elle eût rompu pour Dieu, l'autre pour soi-même; mais avec la paix entre l'ame et le corps; mais non pas cette loi, que l'amour pour Dieu seroit infini, quand elle en calme la dissension irréconciliable. c'est-à-dire sans aucune autre fin que Dieu Enfin, quand elle eût affligé un corps innocent, même, et que l'amour pour soi-même seroit quand elle eût ôté au corps la liberté d'honorer fini et' rapportant à Dieu.

Dieu , quand elle eût séparé de l'ame un corps L'homme en cet état, non seulement s'aimoit soumis et coopérateur à ses volontés, quand sans péché, mais il ne pouvoit pas ne point s’ai- elle eût fini tous les biens dont l'homme est camer sans péché.

pable, il étoit juste de l'abhorrer : mais quand Depuis, le péché étant arrivé, l'homme a elle finit une vie impure, quand elle ête au corps perdu le premier de ces amours; et l'amour la liberté de pécher, quand elle délivre l'ame pour soi-même étant resté seul dans cette grande d'un rebelle très puissant, et contredisant tous ame capable d'un amour infini, cet amour-pro- les motifs de son salut, il est très injuste d'en • faut sous-entendre se. (Note de l'édit. de 1822.)

conserver les mêmes sentiments.

i

Ne quittons donc pas cet amour que la na- nous apprend, sur ce sujet, que Dieu en a disture nous a donné pour la vie, puisque nous l'a- posé de la sorte, de peur que, si le corps de vons reçu de Dieu; mais que ce soit pour la l'homme fût mort et ressuscité pour jamais dans même vie pour laquelle Dieu nous l'a donné, le baptême, on ne fût entré dans l'obéissance et non pas pour un objet contraire. Et en con- de l'Évangile que par l'amour de la vie; au lieu sentant à l'amour qu'Adam avoit pour sa vie que la grandeur de la foi éclate bien davantage innocente, et que Jésus-Christ même a eu pour lorsque l'on tend à l'immortalité par les ombres la sienne, portons-nous à haïr une vie contraire de la mort. à celle que Jésus-Christ a aimée, et à n'appré

IY. hender que la mort que Jésus-Christ a appréhendée, qui arrive à un corps agréable à Dieu; Il n'est pas juste que nous soyons sans résmais non pas à craindre une mort qui, punis- sentiment et sans douleur dans les afflictions et sant un corps coupable, et purgeant un corps les accidents fâcheux qui nous arrivent, comme vicieux, doit nous donner des sentiments tout des anges qui n'ont aucun sentiment de la nacontraires, si nous avons un peu de fui, d'es- ture : il n'est pas juste aussi que nous soyons pérance et de charité.

sans consolation, comme des paiens qui n'ont C'est un des grands principes du christia- aucun sentiment de la grace : mais il est juste nisme, que tout ce qui est arrivé à Jésus-Christ que nous soyons affligés et consolés comme Chrédoit se passer et dans l'ame et dans le corps de tiens, et que la consolation de la grace l'emporte chaque Chrétien; que comme Jésus-Christ a par-dessus les sentiments de la nature, afin

que souffert durant sa viemortelle, est mort à cette la grace soit non seulement en nous, mais vicvie mortelle, et ressuscité d'une nouvelle vie, torieuse en rous; qu'ainsi en sanctifiant le nom et est monté au ciel, où il est assis à la droite de notre père, sa volonté devienne la nôtre; de Dieu son père, ainsi le corps et l'ame doivent que sa grace règne et domine sur la nature, et souffrir, mourir, ressusciter, et monter au que nos afflictions soient comme la matière d'un ciel.

sacrifice que sa grace consomme et anéantisse Toutes ces choses s'accomplissent dans l'ame pour la gloire de Dieu, et que ces sacrifices durant cette vie, mais non dans le

corps. particuliers honorent et préviennent le sacrifice L'ame souffre et meurt au péché dans la pé- universel où la nature entière doit être consomnitence et dans le baptême; l'ame ressuscite à mée par la puissance de Jésus-Christ. une nouvelle vie dans ces sacrements; et enfin Ainsi nous tirerons avantage de nos propres l'ame quitte la terre et monte au ciel en menant imperfections, puisqu'elles serviront de matière une vie céleste; ce qui fait dire à saint Paul : à cet holocauste : car c'est le but des vrais ChréNostra conversatio in coelis est. (Philipp., 3, 20.) tiens de profiter de leurs propres imperfections,

Aucune de ces choses n'arrive dans le corps parceque tout coopère en bien pour les élus. durant cette vie, mais les mêmes choses s'y Et si nous y prenons garde de près, nous passent ensuite. Car à la mort, le corps meurt trouverons de grands avantages pour notre édià sa vie mortelle : au jugement, il ressuscitera fication , en considérant la chose dans la vérité; à une nouvelle vie : après le jugement, il mon- car puisqu'il est véritable que la mort du corps tera au ciel, et y demeurera éternellement. Ainsi n'est que l'image de celle de l'ame, et que nous les mêmes choses arrivent au corps et à l'ame, bâtissons sur ce principe, que nous avons sujet mais en différents temps; et les changements d'espérer du salut de ceux dont nous pleurons du corps n'arrivent

que

quand ceux de l'ame la mort , il est certain que, si nous ne pouvons sont accomplis, c'est-à-dire après la mort : de arrêter le cours de notre tristesse et de notre sorte que la mort est le couronnement de la déplaisir', nous devons en tirer ce profit, que, beatitude de l'ame, et le commencement de la puisque la mort du corps est si terrible, qu'elle beatitude du corps.

nous cause de tels mouvements, celle de l'ame Voilà les admirables conduites de la sagesse devroit nous en causer de plus inconsolables. de Dieu sur le salut des ames; et saint Augustin Dieu a envoyé la première à ceux que nous re

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grettons ; mais nous espérons qu'il a détourné soit vainqueur, et qu'il règne éternellement la seconde. Considérons donc la grandeur de en nous. nos biens dans la grandeur de nos maux, et que l'excès de notre douleur soit la mesure de

ARTICLE XIX. celle de notre joie.

Il n'y a rien qui puisse la modérer, sinon la Prière pour demander à Dieu le bon usage crainte que leurs ames ne languissent pour quel

des maladies. que temps dans les peines qui sont destinées à

1. purger le reste des péchés de cette vie : et c'est pour fléchir la colère de Dieu sur eux, que

Seigneur, dont l'esprit est si bon et si doux nous devons soigneusement nous employer. La prière et les sacrifices sont un souverain ricordieux, que non seulement les prospérités,

en toutes choses, et qui êtes tellement miséremède à leurs peines. Mais une des plus soli- mais les disgraces mêmes qui arrivent à vos des et des plus utiles charités envers les morts, élus sont des effets de votre miséricorde; faiest de faire les choses qu'ils nous ordonne

tes-moi la roient, s'ils étoient encore au monde, et de l'état où votre justice m'a réduit; que, comme

grace de ne pas agir en païen dans nous mettre pour eux en l'état auquel ils nous

un vrai Chrétien , je vous reconnoisse pour mon souhaitent à présent. Par cette pratique, nous les faisons revivre père et pour mon Dieu, en quelque étai que je

me trouve, puisque le changement de ma conen nous en quelque sorte , puisque ce sont leurs dition n'en apporte pas à la vôtre; que vous conseils qui sont encore vivants et agissants en

êtes toujours le même, quoique je sois sujet au nous ; et comme les hérésiarques sont punis en changement; et que vous n'êtes pas moins Dieu l'autre vie des péchés auxquels ils ont engagé quand vous affligez et quand vous punissez, leurs sectateurs, dans lesquels leur venin vit

que quand vous consolez et que vous usez d'inencore ; ainsi les morts sont récompensés ; dulgence. outre leur propre mérite, pour ceux auxquels

II. ils ont donné suite par leurs conseils et leur exemple.

Vous m'aviez donné la santé pour vous serV.

vir, et j'en ai fait un usage tout profane. Vous

m'envoyez maintenant la maladie pour me corL'homme est assurément trop infirme pour riger; ne permettez pas que j'en use pour vous pouvoir juger sainement de la suite des choses irriter par mon impatience. J'ai mal usé de ma futures. Espérons donc en Dieu, et ne nous santé, et vous m'en avez justement puni. Ne fatiguons pas par des prévoyances indiscrètes souffrez pas que j'use mal de votre punition. et téméraires. Remettons-nous à Dieu pour la Et puisque la corruption de ma nalure est telle, conduite de nos vies, et que le déplaisir ne soit qu'elle me rend vos faveurs pernicieuses, faites, pas dominant en nous.

Ô mon Dieu! que votre grace toute-puissante Saint Augustin nous apprend qu'il y a dans me rende vos châtiments salutaires. Si j'ai eu chaque homme un serpent, une veet in Adam. le coeur plein de l'affection du monde pendant Le serpent , sont les sens et notre nature ; l'Ève qu'il a eu quelque vigueur, anéantissez cette est l'appétit concupiscible, et l'Adam est la vigueur pour mon salut; et rendez-moi incaraison.

pable de jouir du monde, soit par foiblesse de La nature nous tente continuellement; l'ap- corps, soit par zèle de charité, pour ne jouir petit concupiscible desire souvent ; mais le pé- que de vous seul. ché n'est pas achevé, si la raison ne consent.

III. Laissons donc agir ce serpent et cette Eve, si nous ne pouvons l'empêcher : mais prions O Dieu, devant qui je dois rendre un compte Dieu que sa grace fortifie tellement notre Adam, exact de toutes mes actions à la fin de ma qu'il demeure victorieux; que Jésus-Christ en vie et à la fin du monde ! 0 Dieu, qui ne lais

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