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Quand les schismatiques : feroient des mira- | ou faits par le diable : étant nécessités d'être cles, ils n'induiroient point à erreur. Et ainsi convaincus, s'ils reconnoissoient qu'ils fussent il n'est pas certain qu'ils ne puissent en faire de Dieu. Le schisme est visible; le miracle est visible. Nous ne sommes pas aujourd'hui dans la peine Mais le schisme est plus marqué d'erreur que de faire ce discernement; il est pourtant bien le miracle n'est marqué de vérité. Donc le mi- facile à faire. Ceux qui ne nient ni Dieu, ni racle d'un schismatique ne peut induire à l'er- Jésus-Christ , ne font point de miracles qui ne reur. Mais hors le schisme, l'erreur n'est pas soient sûrs. Mais nous n'avons point à faire ce si visible que le miracle est visible. Donc le mi- discernement. Voici une relique sacrée. Voici racle induiroit à l'erreur. Ainsi un miracle par- une épine de la couronne du Sauveur du monde, mi les schismatiques n'est pas tant à craindre; en qui le prince de ce monde n'a point de puiscar le schisme, qui est plus visible que le mira- sance, qui fait des miracles par la propre puiscle, marque

visiblement leur erreur. Mais quand sance de ce sang répandu pour nous. Dieu choiil n'y a point de schisme, et que l'erreur est en sit lui-même cette maison pour y faire éclater dispute, le miracle discerne.

sa puissance. Il en est de même des hérétiques. Les mira- Ce ne sont point des hommes qui font ces micles leur seroient inutiles; car l'Église, autori- racles par une vertu inconnue et douteuse, qui risée par les miracles qui ont préoccupé la nous oblige à un difficile discernement. C'est croyance, nous dit qu'ils n'ont pas la vraie foi. Dieu même ; c'est l'instrument de la passion de Il n'y a pas de doute qu'ils ne l'ont pas, puisque son fils unique qui, étant en plusieurs lieux, a les premiers miracles de l'Église excluent la foi choisi celui-ci, et fait venir de tous côtés les des leurs, quand ils en auroient. Il y auroit hommes pour y recevoir ces soulagements miainsi miracles contre miracles, mais premiers et raculeux dans leurs langueurs. plus grands du côté de l'Église; ainsi il faudroit La dureté des jésuites surpasse donc celle des toujours la croire contre les miracles.

Juifs, puisqu'ils ne refusoient de croire JésusVoyons par-là ce qu'on doit conclure des mi- Christ innocent que parcequ'ils doutoient si ses racles de Port-Royal.

miracles étoient de Dieu. Au lieu que les jésuites Les Pharisiens disoient : Non est hic homo à ne pouvant douter que les miracles de Port-Royal Deo, qui sabbatum non custodit. (JOAN., 9, 16.) ne soient de Dieu , ils ne laissent pas de douter Les autres disoient : Quomodò potest homo pec- encore de l'innocence de cette maison. calor hæc signa facere? Lequel est le plus clair? Mais, disent-ils, les miracles ne sont plus né

Dans la contestation présente, les uns disent : cessaires , à cause qu'on en a deja ; et ainsi ils ne Cette maison n'est pas de Dieu ; car on n'y croit sont plus des preuves de la vérité de la doctrine. pas que les cinq propositions sont dans Janse- Oui. Mais quand on n'écoule plus la tradition ; nius. Les autres : Cette maison est de Dieu ; car qu'on a surpris le peuple; et qu'ainsi , ayant il s'y fait de grands miracles. Lequel est le plus exclu la vraie source de la vérité, qui est la traclair?

dition, et ayant prévenu le pape, qui en est le Ainsi la même raison qui rend coupables les dépositaire, la vérité n'a plus de liberté de paJuifs de n'avoir pas cru en Jésus-Christ, rend roitre : alors les hommes ne parlant plus de la les jésuites coupables d'avoir continué de persé- vérité, la vérité doit parler elle-même aux homcuter la maison de Port-Royal.

d'Arius. Il avoit été dit aux Juifs, aussi bien qu'aux Ceux qui suivent Jésus-Christ à cause de ses chrétiens, qu'ils ne crussent pas toujours les miracles honorent sa puissance dans tous les miprophètes. Mais néanmoins les Pharisiens et les racles qu'elle produit; mais ceux qui, en faisant scribes font grand état des miracles de Jésus- profession de le suivre pour ses miracles, ne le Christ, et essaient de montrer qu'ils sont faux, suivent en effet que parcequ'il les console et les

mes. C'est ce qui arriva au temps

rassasie des biens du monde : ils déshonorent • Pascal veut parler d'un schisme ouvert et reconnu de part ses miracles, quand ils sont contraires à leurs et d'autre, tel, par exemple, que celui des donatistes , des calvinistes, etc. Il ne faut point prendre le change.

commodités.

que endroit.

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C'est ce que font les jésuites. Ils relèvent les excuse ceux qui l'offrent telle, et que cela lesóte miracles : ils combattent ceux qui les convain- du blâme de la produire sans raison, cela n'exquent. Juges injustes, ne faites pas des lois sur cuse pas ceux qui, sur l'exposition qu'ils en font, l'heure; jugez par celles qui sont établies par refusent de la croire. vous-mêmes : Vos qui conditis leges iniquas. La manière dont l'Église a subsisté, est que

II. la vérité a été sans contestation; ou si elle a été contestée, il y a eu le pape, et sinon il y a eu infini sans parties? Oui. Je veux donc vous faire

Croyez-vous qu'il soit impossible que Dieu soit l'Église.

Le miracle est un effet qui excède la force voir une chose infinie et indivisible : c'est un naturelle des moyens qu'on y emploie, et le point se mouvant par-tout d'une vitesse infinie;

car il est en tous lieux, et tout entier dans chanon-miracle est un effet qui n'excède pas la force qu'on y emploie. Ainsi ceux qui guéris

Que cet effet de nature qui vous sembloit imsent par l'invocation du diable ne font pas un miracle ; car cela n'excède pas la force natu- possible auparavant, vous fasse connoitre qu'il relle du diable.

peut y en avoir d'autres que vous ne connoissez Les miracles prouvent le pouvoir que Dieu a pas encore. Ne tirez pas cette conséquence de sur les cours par celui qu'il exerce sur les corps savoir; mais qu'il vous reste infiniment à savoir.

votre apprentissage, qu'il ne vous reste rien à Il importe aux rois, aux princes, d'être en estime de piété ; et pour cela, il faut qu'ils se

IV. confessent à vous. (Des jésuites.)

Les jansenistes ressemblent aux hérétiques La conduite de Dieu, qui dispose toutes chopar la réformation des mæurs; mais vous leur ses avec douceur, est de mettre la religion dans ressemblez en mal.

l'esprit par les raisons, et dans le coeur par sa

grace. Mais de vouloir la mettre dans le coeur ARTICLE XVII.

et dans l'esprit par la force et par les menaces,

ce n'est pas y mettre la religion, mais la terPensées diverses sur la religion. reur. Commencez par plaindre les incrédules ;

ils sont assez malheureux. Il ne faudroit les inI.

jurier qu'au cas que cela servit; mais cela leur

nuit. Lepyrrhonisme a servi à la religion; car, après

Toute la foi consiste en Jésus-Christ et en voient où ils en étoient, ni s'ils étoient grands ou Adam; et toute la morale, en la concupiscence

et en la grace. petits. Et ceux qui ont dit l'un ou l'autre n'en

V. savoient rien, et devinoient sans raison et par hasard : et même ils croyoient toujours, en Le coeur a ses raisons, que la raison ne conexcluant l'un ou l'autre.

noît pas : on le sent en mille manières. Il aime

l'être universel naturellement, et soi-même naII.

turellement, selon qu'il s'y adonne; et il se durcit Qui blâmera les Chrétiens de ne pouvoir ren

contre l'un et l'autre, à son choix. Vous avez redre raison de leur croyance, eux qui professent jeté l'un et conservé l'autre : est-ce par raison? une religion dont ils ne peuvent rendre raison ?

VI. Ils déclarent au contraire, en l'exposant aux Gentils, que c'est une sottise, stultitiam, etc.; et puis Le monde subsiste pour exercer miséricorde vous vous plaignez de ce qu'ils ne la prouvent et jugement : non pas comme si les hommes y pas? S'ils la prouvoient, ils ne tiendroient pas étoient sortant des mains de Dieu, mais comme parole : c'est en manquant de preuves qu'ils ne des ennemis de Dieu, auxquels il donne, par sa manquent pas de sens. Oui. Mais encore que cela grace, assez de lumière pour revenir, s'ils veu

pour les

VII.

lent le chercher et le suivre : mais

pu- Je vois la religion chrétienne fondée sur une nir, s'ils refusent de le chercher et de le suivre. religion précédente, et voilà ce que je trouve

d'effectif.

Je ne parle pas ici des miracles de Moïse, de On a beau dire, il faut avouer que la religion roissent pas d'abord convaincants, et que je ne

Jésus-Christ et des apôtres, parcequ'ils ne pachrétienne a quelque chose d'étonnant ! C'est

veux mettre ici en évidence que tous les fondeparceque vous y êtes né, dira-t-on; tant s'en faut : je me roidis contre par cette raison-là dubitables, et qui ne peuvent être mis en doute

ments de cette religion chrétienne qui sont inmême, de peur que cette prévention ne me suborne. Mais quoique j'y sois né, je ne laisse pas par quelque personne que ce soit. de le trouver ainsi.

X.
VIII.

La religion est une chose si grande, qu'il est Il y a deux manières de persuader les vérités juste que ceux qui ne voudroient pas prendre la de notre religion : l'une par la force de la rai- peine de la chercher, si elle est obscure, en soient son, l'autre par l'autorité de celui qui parle. On privés. De quoi donc se plaint-on, si elle est telle ne se sert pas de la dernière, mais de la pre- qu'on puisse la trouver en la cherchant? mière. On ne dit pas : Il faut croire cela; car L'orgueil contrepèse et emporte toutes les mil'Écriture, qui le dit, est divine; mais on dit : sères. Voilà unétrange monstre, et un égarement Qu'il faut le croire par telle et telle raison, qui bien visible de l'homme. Le voilà tombé de sa sont de foibles arguments, la raison étant flexi- place, et il la cherche avec inquiétude. ble à tout.

Après la corruption, il est juste que tous ceux Ceux qui semblent les plus opposés à la gloire qui sont dans cet état le connoissent; et ceux qui de la religion n'y seront pas inutiles pour les au- s'y plaisent, et ceux qui s'y déplaisent. Mais il tres. Nous en ferons le premier argument, qu'il n'est pas juste que tous voient la rédemption. ya quelque chose de surnaturel: car un aveugle- Quand on dit que Jésus-Christ n'est pas mort ment de cette sorte n'est pas une chose naturelle; pour tous, vous abusez d'un vice des hommes et si leur folie les rend si contraires à leur propre qui s'appliquent incontinent cette exception: ce bien, elle servira à en garantir les autres par qui favorise le désespoir, au lieu de les en dél'horreur d'un exemple si déplorable et d'une tourner pour favoriser l'espérance. folie si digne de compassion.

XI.
IX.

Les impies, qui s'abandonnent aveuglément Sans Jésus-Christ, le monde ne subsisteroit à leurs passions sans connoître Dieu et sans se pas; car il faudroit, ou qu'il fût détruit, ou qu'il mettre en peine de le chercher, vérifient par fût comme un enfer.

eux-mêmes ce fondement de la foi qu'ils comLe seul qui connoît la nature ne la connoîtra- battent , qui est que la nature des hommes est t-il que pour être miserable? le seul qui la con- dans la corruption. Et les Juifs, qui combattent noit sera-t-il le seul malheureux ?

si opiniâtrément la religion chrétienne, vérifient Il ne faut pas que l'homme ne voie rien du encore cet autre fondement de cette même foi tout; il ne faut pas aussi qu'il en voie assez pour qu'ils attaquent : qui est que Jésus-Christ est le croire qu'il possède la vérité, mais qu'il en voie véritable Messie , et qu'il est venu racheter les assez pour connoître qu'il l'a perdue: car, pour hommes, et les retirer de la corruption et de la connoitre ce qu'on a perdu, il faut voir et ne pas misère où ils étoient, tant par l'état où on les voir; et c'est précisément l'état où est la nature. voit aujourd'hui , et qui se trouve prédit dans

Il falloit que la véritable religion enseignât la les prophéties, que par ces mêmes prophéties grandeur et la misère, portât à l'estime et au qu'ils portent, et qu'ils conservent inviolablemépris de soi, et à l'amour, et à la haine. ment comme les marques auxquelles on doit reconnoître le Messie. Ainsi les preuves de la cor

L'hérésie d'aujourd'hui, ne concevant pas que ruption des hommes et de la rédemption de Jé- ce Sacrement contient tout ensemble, et la présus-Christ, qui sont les deux principales vérités sence de Jésus-Christ, et sa figure, et qu'il soit qu'établit le christianisme, se tirent des impies sacrifice, et commémoration de sacrifice, croit qui vivent dans l'indifférence de la religion, et qu'on ne peut admettre l'une de ces vérités sans des Juifs qui en sont les ennemis irréconciliables. exclure l'autre.

Par cette raison ils s'attachent à ce point, XII.

que ce sacrement est figuratif; et en cela ils ne La dignité de l'homme consistoit, dans son cluons cette vérité; et de la vient qu'ils nous

sont pas hérétiques. Ils pensent que nous exinnocence, à dominer sur les créatures, et à en font tant d'objections sur les passages des Pères user; mais aujourd'hui elle consiste à s'en sépa

qui le disent. Enfin ils nient la présence réelle; rer, et à s'y assujettir.

et en cela ils sont hérétiques. XIII.

C'est pourquoi le plus court moyen pour em

pêcher les hérésies, est d'instruire de toutes les Il y en a plusieurs qui errent d'autant plus vérités ; et le plus sûr moyen de les réfuler, est dangereusement, qu'ils prennent une vérité pour de les déclarer toutes. le principe de leur erreur. Leur faule n'est pas La grace sera toujours dans le monde, et aussi de suivre une fausseté, mais de suivre une vérité la nature. Il y aura toujours des pelagiens, et à l'exclusion d'une autre.

toujours des catholiques, parceque la première Il y a un grand nombre de vérités, et de foi, naissance fait les uns , et la seconde naissance et de morale, qui semblent répugnantes et con- fait les autres. traires, et qui subsistent toutes dans un ordre C'est l'Église qui mérite avec Jésus-Christ, admirable.

qui en est inseparable, la conversion de tous La source de toutes les hérésies est l'exclu- ceux qui ne sont pas dans la véritable religion; sion de quelques unes de ces vérités ; et la source et ce sont ensuite ces personnes converties qui de toutes les objections que nous font les héré- secourent la nière qui les a délivrées. tiques, est l'ignorance de quelques unes de nos Le corps n'est non plus vivant sans le chef, vérités.

que le chef sans le corps. Quiconque se separe Et d'ordinaire il arrive que, ne pouvant con- de l'un ou de l'autre n'est plus du corps, et cevoir le rapport de deux vérités opposées, et n'appartient plus à Jésus-Christ. Toutes les vercroyant que l'aveu de l’une renferme l'exclusion tus, le martyre, les austérités et toutes les bonde l'autre, ils s'attachent à l'une et ils excluent nes æuvres sont inutiles hors de l'Église, et de l'autre.

la communion du chef de l'Église, qui est le Les nestoriens vouloient qu'il y eût deux per- pape. sonnes en Jésus-Christ , parcequ'il y a deux na- Ce sera une des confusions des damnés de tures ; et les eutychiens, au contraire, qu'il n'y voir qu'ils seront condamnés par leur propre eût qu'une nature, parce qu'il n'y a qu'une per- raison par laquelle ils ont prétendu condamper sonne. Les catholiques sont orthodoxes, parce la religion chrétienne. qu'ils joignent ensemble les deux vérités de deux

XIV. natures et d'une seule personne.

Nous croyons que la substance du pain étant Il y a cela de commun entre la vie ordinaire changée en celle du corps de notre Seigneur Jé- des hommes et celle des saints, qu'ils aspirent sus-Christ; il est présent réellement au Saint- tous à la felicité; et ils ne diffèrent qu'en Sacrement. Voilà une des vérités. Une autre est, l'objet où ils la placent. Les uns et les autres que ce Sacrement est aussi une figure de la croix appellent leurs ennemis ceux qui les empêchent et de la gloire, et une cominémoration des deux. d'y arriver. Voilà la foi catholique, qui comprend ces deux Il faut juger de ce qui est bon ou mauvais par vérités qui semblent opposées.

la volonté de Dieu, qui ne peut être ni injuste, ni aveugle, et non pas par la nôtre propre, Les anges la voient encore mieux, et de plus qui est toujours pleine de malice et d'erreur. loin ; car ils la voient en Dieu même.

Ceux à qui Dieu a donné la religion par senXV.

timent de cæur sont bienheureux et bien perJésus-Christ a donné dans l'Évangile cette suadés. Mais pour ceux qui ne l'ont pas, nous marque pour reconnoître ceux qui ont la foi, ne pouvons la leur procurer que par raisonnequi est qu'ils parleront un langage nouveau ; et ment, en altendant que Dieu la leur imprime en effet le renouvellement des pensées et des lui-même dans le cæur; sans quoi la foi est desirs cause celui des discours. Car ces nou- inutile pour

le salut. veautés, qui ne peuvent déplaire à Dieu, Dieu , pour se réserver à lui seul le droit de comme le vieil homme ne peut lui plaire, sont nous instruire, et pour nous rendre la difficulté différentes des nouveautés de la terre, en ce de notre-être inintelligible, nous en a caché le que les choses du monde, quelque nouvelles noeud si haut, ou, pour mieux dire, si bas, que qu'elles soient, vieillissent en durant : au lieu nous étions incapables d'y arriver: de sorte que cet esprit nouveau se renouvelle d'autant que ce n'est pas par les agitations de notre plus, qu'il dure davantage. L'homme extérieur raison, mais par la simple soumission de la se détruit, dit saint Paul (2 Cor., 4, 16), et raison , que nous pouvons véritablement nous l'homme intérieur se renouvelle de jour en connoître. jour; et il ne sera parfaitement nouveau que

XVIII. dans l'éternité, où l'on chantera sans cesse ce cantique nouveau dont parle David dans ses raison doivent être étrangement forts en raison.

Les impies qui font profession de suivre la psaumes (Ps., 32, 3), c'est-à-dire ce chant qui Que disent-ils donc ? Ne voyons-nous pas, part de l'esprit nouveau de la charité.

disent-ils, mourir et vivre les bêtes comme les XVI.

hommes, et les Turcs comme les Chrétiens ? Quand saint Pierre et les apôtres ( Act. 18) docteurs, leurs saints, leurs religieux, comme

Ils ont leurs cérémonies, leurs prophètes, leurs delibèrent d'abolir la circoncision, où il s'agis- nous, etc. Cela est-il contraire à l'Écriture? ne soit d'agir contre la loi de Dieu, ils ne consultent dit-elle pas tout cela ? Si vous ne vous souciez point les prophètes, mais simplement la re- guère de savoir la vérité, en voilà assez pour ception du Saint-Esprit en la personne des demeurer en repos. Mais si vous desirez de tout .

votre coeur de la connoître, ce n'est pas assez; approuve ceux qu'il remplit de son Esprit, regardez au détail. C'en seroit peut-être assez que non pas qu'il faille observer la loi; ils savoient que la fin de la loi n'étoit que le Saint- ici où il y va de tout... Et cependant après une

pour une vaine question de philosophie; mais Esprit; et qu'ainsi , puisqu'on l'avoit bien sans réflexion légère de cette sorte, on s'amusera, etc. circoncision, elle n'étoit pas nécessaire,

C'est une chose horrible, de sentir continuelXVII.

lement s'écouler tout ce qu'on possède; et Deux lois suffisent pour régler toute la répu- qu'on puisse s'y attacher, sans avoir envie de blique chrétienne, mieux que toutes les lois chercher s'il n'y a point quelque chose de politiques : l'amour de Dieu, et celui du permanent.

Il faut vivre autrement dans le monde selon prochain. La religion est proportionnée à toutes sortes

ces diverses suppositions : si on pouvoit y être d'esprits. Le commun des hommes s'arrête toujours ; s'il est sûr qu'on n'y sera pas longl'état et à l'établissement où elle est ; et cette temps ; et incertain si on y sera une heure. religion est telle, que son seul établissement Cette dernière supposition est la nôtre. est suffisant pour en prouver la vérité. Les

XIX. autres vont jusques aux apôtres. Les plus instruits vont jusques au commencement du monde. Par les partis, vous devez vous mettre en

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