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car

lent le chercher et le suivre : mais pour les pu Je vois la religion chrétienne fondée sur une nir, s'ils refusent de le chercher et de le suivre. religion précédente, et voilà ce que je trouve

d'effectif. VI.

Je ne parle pas ici des miracles de Moise, de On a beau dire, il faut avouer que la religion roissent pas d'abord convaincants

, et que je ne

Jésus-Christ et des apôtres, parcequ'ils ne pachrétienne a quelque chose d'étonnant ! C'est parceque vous y êtes né, dira-t-on; tant s'en ments de cette religion chrétienne qui sont in

veux mettre ici en évidence que tous les fondefaut : je me roidis contre par cette raison-là dubitables, et qui ne peuvent être mis en doute même, de peur que cette prévention ne me su

par quelque personne que ce soit.
borne. Mais quoique j'y sois né, je ne laisse pas
de le trouver ainsi.

X.
VIII.

La religion est une chose si grande, qu'il est Il y a deux manières de persuader les vérités juste que ceux qui ne voudroient pas prendre la de notre religion : l'une par la force de la rai- peine de la chercher, si elle est obscure, en soient son, l'autre par l'autorité de celui qui parle. On privés. De quoi donc se plaint-on, si elle est telle ne se sert pas de la dernière, mais de la pre- qu'on puisse la trouver en la cherchant? mière. On ne dit pas : Il faut croire cela ; L'orgueil contrepèse et emporte toutes les mil'Écriture, qui le dit, est divine ; mais on dit : sères. Voilà un étrange monstre, et un égarement Qu'il faut le croire par telle et telle raison, qui bien visible de l'homme. Le voilà tombé de sa sont de foibles arguments, la raison étant flexi- | place, et il la cherche avec inquiétude. ble à tout.

Après la corruption, il est juste que tous ceux Ceux qui semblent les plus opposés à la gloire qui sont dans cet état le connoissent; et ceux qui de la religion n'y seront pas inutiles pour les au- s'y plaisent, et ceux qui s'y déplaisent. Mais il tres. Nous en ferons le premier argument, qu'il n'est pas juste que tous voient la rédemption. y a quelque chose de surnaturel: car un aveugle Quand on dit que Jésus-Christ n'est pas mort ment de cette sorte n'est pas une chose naturelle; pour tous, vous abusez d'un vice des hommes et si leur folie les rend si contraires à leur propre qui s'appliquent incontinent cette exception: ce bien, elle servira à en garantir les autres par qui favorise le désespoir, au lieu de les en dél'horreur d'un exemple si déplorable et d'une tourner pour favoriser l'espérance. folie si digne de compassion.

XI.
IX.

Les impies, qui s'abandonnent aveuglément Sans Jésus-Christ, le monde ne subsisteroit à leurs passions sans connoître Dieu et sans se pas; car il faudroit, ou qu'il fût détruit, ou qu'il mettre en peine de le chercher, vérifient par fût comme un enfer.

eux-mêmes ce fondement de la foi qu'ils comLe seul qui connoît la nature ne la connoîtra- battent , qui est que la nature des hommes est t-il que pour être misérable? le seul qui la con- dans la corruption. Et les Juifs, qui combattent noit sera-t-il le seul malheureux ?

si opiniâtrément la religion chrétienne, vérifient Il ne faut pas que l'homme ne voie rien du encore cet autre fondement de cette même foi tout; il ne faut pas aussi qu'il en voie assez pour qu'ils attaquent: qui est que Jésus-Christ est le croire qu'il possède la vérité, mais qu'il en voie véritable Messie, et qu'il est venu racheter les assez pour connoitre qu'il l'a perdue: car, pour hommes, et les retirer de la corruption et de la connoître ce qu'on a perdu, il faut voir et ne pas misère où ils étoient, tant par l'état où on les voir; et c'est précisément l'état où est la nature. voit aujourd'hui , et qui se trouve prédit dans

Il falloit que la véritable religion enseignât la les prophéties, que par ces mêmes prophéties grandeur et la misère, portât à l'estime et au qu'ils portent, et qu'ils conservent inviolablemépris de soi, et à l'amour, et à la haine. ment comme les marques auxquelles on doit re

connoître le Messie. Ainsi les preuves de la cor L'hérésie d'aujourd'hui, ne concevant pas que ruption des hommes et de la rédemption de Jé- ce Sacrement contient tout ensemble, et la présus-Christ, qui sont les deux principales vérités sence de Jésus-Christ, et sa figure, et qu'il soit qu’établit le christianisme, se tirent des impies sacrifice, et commémoration de sacrifice, croit qui vivent dans l'indifférence de la religion, et qu'on ne peut admettre l'une de ces vérités sans des Juifsqui en sont les ennemis irréconciliables. exclure l'autre.

Par cette raison ils s'attachent à ce point, XII.

que ce sacrement est figuratif; et en cela ils ne La dignité de l'homme consistoit, dans son cluons cette vérité; et de là vient qu'ils nous

sont pas hérétiques. Ils pensent que nous exinnocence , à dominer sur les créatures, et à en font tant d'objections sur les passages des Pères user; mais aujourd'hui elle consiste à s'en sépa- qui le disent. Enfin ils nient la présence réelle; rer, et à s'y assujettir.

et en cela ils sont hérétiques. XIII.

C'est pourquoi le plus court moyen pour em

pêcher les hérésies, est d'instruire de toutes les Il y en a plusieurs qui errent d'autant plus vérités ; et le plus sûr moyen de les réfuler, est dangereusement, qu'ils prennent une vérité pour de les déclarer toutes. le principe de leur erreur. Leur faule n'est pas La grace sera toujours dans le monde, et aussi de suivre une fausseté, mais de suivre une vérité la nature. Il y aura toujours des pelagiens, et à l'exclusion d'une autre.

toujours des catholiques, parceque la première Il y a un grand nombre de vérités, et de foi, naissance fait les uns, et la seconde naissance et de morale, qui semblent répugnantes et con- fait les autres. traires, et qui subsistent toutes dans un ordre C'est l'Église qui mérite avec Jésus-Christ, admirable.

qui en est inséparable, la conversion de tous La source de toutes les hérésies est l'exclu- ceux qui ne sont pas dans la véritable religion; sion de quelques unes de ces vérités ; et la source et ce sont ensuite ces personnes converties qui de toutes les objections que nous font les héré- secourent la nière qui les a délivrées. tiques, est l'ignorance de quelques unes de nos Le

corps n'est non plus vivant sans le chef, vérités.

que

le chef sans le corps. Quiconque se sépare Et d'ordinaire il arrive que, ne pouvant con- de l'un ou de l'autre n'est plus du corps, et cevoir le rapport de deux vérités opposées, et n'appartient plus à Jésus-Christ. Toutes les vercroyant que l'aveu de l'une renferme l'exclusion tus, le martyre, les austérités et toutes les bonde l'autre, ils s'attachent à l'une et ils excluent nes cuvres sont inutiles hors de l'Église, et de l'autre.

la communion du chef de l'Église, qui est le Les nestoriens vouloient qu'il y eût deux per- pape. sonnes en Jésus-Christ , parcequ'il y a deux na Ce sera une des confusions des damnés de tures ; et les eutychiens, au contraire, qu'il n'y voir qu'ils seront condamnés par leur propre eût qu'une nature, parce qu'il n'y a qu'une per- raison par laquelle ils ont prétendu condamner sonne. Les catholiques sont orthodoxes, parce la religion chrétienne. qu'ils joignent ensemble les deux vérités de deux

XIV. natures et d'une seule personne.

Nous croyons que la substance du pain étant Il y a cela de commun entre la vie ordinaire changée en celle du corps de notre Seigneur Jé- des hommes et celle des saints, qu'ils aspirent sus-Christ; il est présent réellement au Saint-lous à la félicité ; et ils ne diffèrent qu'en Sacrement. Voilà une des vérités. Une autre est, l'objet où ils la placent. Les uns et les autres que ce Sacrement est aussi une figure de la croix appellent leurs ennemis ceux qui les empêchent et de la gloire, et une commémoration des deux. d'y arriver. Voilà la foi catholique, qui comprend ces deux Il faut juger de ce qui est bon ou mauvais par vérités qui semblent opposées.

la volonté de Dieu, qui ne peut être ni injuste,

ni aveugle, et non pas par la nôtre propre, Les anges la voient encore mieux, et de plus qui est toujours pleine de malice et d'erreur. loin ; car ils la voient en Dieu même.

Ceux à qui Dieu a donné la religion par senXV.

timent de coeur sont bienheureux et bien perJésus-Christ a donné dans l'Évangile cette suadés. Mais pour ceux qui ne l’ont pas, nous marque pour reconnoître ceux qui ont la foi, ne pouvons la leur procurer que par raisonnequi est qu'ils parleront un langage nouveau ; et ment, en attendant que Dieu la leur imprime en effet le renouvellement des pensées et des lui-même dans le coeur; sans quoi la foi est desirs cause celui des discours. Car ces nou inutile

pour

le salut. veautés, qui ne peuvent déplaire à Dieu, Dieu , pour se réserver à lui seul le droit de comme le vieil homme ne peut lui plaire, sont nous instruire, et pour nous rendre la difficulté différentes des nouveautés de la terre, en ce de notre-être inintelligible, nous en a caché le que les choses du monde, quelque nouvelles noeud si haut, ou, pour mieux dire, si bas, que qu'elles soient, vieillissent en durant : au lieu nous étions incapables d'y arriver: de sorte que cet esprit nouveau se renouvelle d'autant que ce n'est pas par les agitations de notre plus, qu'il dure davantage. L'homme extérieur raison, mais par la simple soumission de la se détruit, dit saint Paul ( 2 Cor., 4, 16), et raison, que nous pouvons véritablement nous l'homme intérieur se renouvelle de jour en connoître.

XVIII. jour; et il ne sera parfaitement nouveau que dans l'éternité, où l'on chantera sans cesse ce cantique nouveaú dont parle David dans ses raison doivent être étrangement forts en raison.

Les impies qui font profession de suivre la psaumes (Ps., 32, 3), c'est-à-dire ce chant qui Que disent-ils donc ? Ne voyons-nous pas, part de l'esprit nouveau de la charité.

disent-ils, mourir et vivre les bêtes comme les XVI.

hommes, et les Turcs comme les Chrétiens ?

Ils ont leurs cérémonies, leurs prophètes, leurs Quand saint Pierre et les apôtres ( Act. 15) docteurs, leurs saints, leurs religieux, comme délibèrent d'abolir la circoncision, où il s'agis

nous,

etc. Cela est-il contraire à l'Écriture? ne soit d'agir contre la loi de Dieu, ils ne consultent dit-elle pas tout cela ? Si vous ne vous souciez, point les prophètes, mais simplement la ré-1.

guère de savoir la vérité, en voilà assez pour ception du Saint-Esprit en la personne

des

demeurer en repos. Mais si vous desirez de tout incirconcis. Ils jugent plus sûr que Dieu

votre cæur de la connoître, ce n'est pas assez ; approuve ceux qu'il remplit de son Esprit,

regardez au détail. C'en seroit peut-être assez que non pas qu'il faille observer la loi; ils savoient que la fin de la loi n'étoit que le Saint- ici où il y va de tout... Et cependant après une

pour une vaine question de philosophie; mais Esprit; et qu'ainsi, puisqu'on l'avoit bien sans réflexion légère de cette sorte, on s'amusera, etc. circoncision, elle n'étoit

pas
nécessaire,

C'est une chose horrible, de sentir continuel-
XVII.

lement s'écouler tout ce qu'on possède; et Deux lois suffisent pour régler toute la répu- qu'on puisse s'y attacher, sans avoir envie de blique chrétienne, mieux que toutes les lois

chercher s'il n'y a point quelque chose de politiques : l'amour de Dieu, et celui du permanent.

Il faut vivre autrement dans le monde selon prochain. La religion est proportionnée à toutes sortes

ces diverses suppositions : si on pouvoit y être d'esprits. Le commun des hommes s'arrête à toujours ; s'il est sûr qu'on n'y sera pas longl'état et à l'établissement où elle est; et cette temps; et incertain si on y sera une heure. religion est telle, que son seul établissement

Cette dernière supposition est la nôtre. est suffisant pour en prouver la vérité. Les

XIX. autres vont jusques aux apôtres. Les plus instruits vont jusques au commencement du monde. Par les partis, vous devez vous mettre en

rasse,

peine de chercher la vérité. Car si vous mourez ceux qui ont assez d'esprit pour voir la vérité, sans adorer le vrai principe, vous êtes perdu. quelque opposition qu'ils y aient. Mais, dites-vous, s'il avoit voulu que je l'ado Les sages parmi les païens, qui ont dit qu'il

il m'auroit laissé des signes de sa volonté. n'y a qu'un Dieu, ont été persécutés, les Juifs Aussi a-t-il fait; mais vous les négligez. Cher- haïs, les Chrétiens encore plus. chez-les du moins; cela le vaut bien.

XXII. Les athées doivent dire des choses parfaitement claires. Or, il faudroit avoir perdu le bon

Je ne vois pas qu'il y ait plus de difficulté de sens pour dire qu'il est parfaitement clair que croirela résurrection des corps et l'enfanl'ame est mortelle. Je trouve bon qu'on n'ap- tement de la Vierge, que la création. Est-il plus profondisse pas l'opinion de Copernic: mais il difficile de reproduire un homme que de le importe à toute la vie de savoir si l'ame est produire ? Et si on n'avoit pas su ce que c'est mortelle ou immortelle.

que génération, trouveroit-on plus étrange

qu'un enfant vînt d'une fille seule que d'un XX.

homme et d'une femme? Les prophéties, les miracles mêmes et les au

XXIII. tres preuves de notre religion, ne sont pas de telle sorte, qu'on puisse dire qu'elles sont géo

Il y a grande différence entre repos et métriquement convaincantes. Mais il me suffit sûreté de conscience. Rien ne doit donner le présentement que vous m'accordiez que ce n'est

repos, que la recherche sincère de la vérité; et pas pécher contre la raison que de les croire. rien ne peut donner l'assurance que la vérité. Elles ont de la clarté et de l'obscurité, pour

Il y a deux vérités de foi également conséclairer les uns et obscurcir les autres. Mais la tantes : l'une, que l'homme, dans l'état de la clarté est telle, qu'elle surpasse, ou égale pour création, ou dans celui de la grace, est élevé le moins, ce qu'il y a de plus clair au contraire: au-dessus de toute la nature, rendu semblable de sorte que ce n'est pas la raison qui puisse à Dieu, et participant de la Divinité ; l'autre, déterminer à ne pas la suivre; et ce n'est peut- qu'en l'état de corruption et du péché, il est être que la concupiscence et la malice du coeur. déchu de cet état, et rendu semblable aux Ainsi il y à assez de clarté pour condamner bêtes. Ces deux propositions sont également ceux qui refusent de croire, et non assez pour fermes et certaines. L'Écriture nous les déclare les gagner; afin qu'il paroisse qu'en ceux qui manifestement, lorsqu'elle dit en quelques la suivent c'est la grace, et non la raison, qui lieux : Delicice mece, esse cum filiis hominum. la fait suivre; et qu'en ceux qui la fuient, c'est

(Prov., 8, 31.). Effundam spiritum meum super la concupiscence, et non la raison, qui la fait

omnem carnem. (JOEL, 2, 28.) Dii estis, elc. fuir.

(Psal., 81, 6.) Et qu'elle dit en d'autres : Qui peut ne pas admirer et embrasser une

Omnis caro foenum. (Is., 40, 6.) Homo compareligion qui connoît à fond ce qu'on reconnoît ratus est jumentis insipientibus, et similis factus d'autant plus qu'on a plus de lumière ?

est illis. (Ps., 48, 13.) Dixi in corde meo de Un homme qui découvre des preuves de la filiis hominum , ut probaret eos Deus, et ostenreligion chrétienne est comme un héritier qui 'deret similes esse bestiis, etc. (Eccles., 3, 18.) trouve les titres de sa maison. Dira-t-il qu'ils sont faux, et négligera-t-il de les examiner?

XXIV.
XXI.

Les exemples des morts généreuses des La

cédémoniens et autres ne nous touchent guère; Deux sortes de personnes connoissent un car qu'est-ce que tout cela nous apporte ? Mais Dieu, ceux qui ont le coeur humilié, et qui l'exemple de la mort des martyrs nous touche; aiment le mépris et l'abaissement, quelque car ce sont nos membres. Nous avons un lien degré d'esprit qu'ils aient , bas ou relevé, ou commun avec eux : leur résolution peut former

la nôtre. Il n'est rien de cela aux exemples des les péchés sont péchés, est seulement parcepaïens : nous n'avons point de liaison à eux; qu'ils sont contraires à la volonté de Dieu : et comme la richesse d'un étranger ne fait pas la ainsi l'essence du péché consistant à avoir une nôtre, mais bien celle d'un père ou d'un mari. volonté opposée à celle que nous connoissons

en Dieu, il est visible, ce me semble, que, XXV.

quand il nous découvre sa volonté par les On ne se détache jamais sans douleur. On ne évènements, ce seroit un péché de ne pas s'y

accommoder sent pas son lien, quand on suit volontairement celui qui entraine, comme dit saint Augustin ;

XXVII. mais quand on commence à résister et à marcher en s'éloignant, on souffre bien ; le lien Lorsque la vérité est abandonnée et persécus'étend, et endure toute la violence ; et ce lien tée, il semble que ce soit un temps où le est notre propre corps, qui ne se rompt qu'à service que l'on rend à Dieu en la defendant, la mort. Notre Seigneur a dit que, depuis la lui est bien agréable. Il veut que nous jugions venue de Jean-Baptiste, c'est-à-dire depuis son de la grace par la nature, et ainsi il permet de avènement dans chaque fidèle, le royaume de considérer que, comme un prince chassé de Dieu souffre violence, et que les violents le son pays par ses sujets a des tendresses ravissent. (Matth., 11, 12.) Avant que l'on extrêmes pour ceux qui lui demeurent fidèles soit touché, on n'a que le poids de sa concu- dans la révolte publique, de même il semble piscence, qui porte à la terre. Quand Dieu que Dieu considère avec une bonté particulière attire en haut, ces deux efforts contraires font ceux qui défendent la pureté de la religion, cette violence que Dieu seul peut faire sur- quand elle est combattue. Mais il y a cette monter. Mais nous pouvons tout, dit saint différence entre les rois de la terre et le roi des Léon, avec celui sans lequel nous ne pouvons rois, que les princes ne rendent pas leurs rien. Il faut donc se résoudre à souffrir cette sujets fidèles, mais qu'ils les trouvent tels : au guerre toute sa vie ; car il n'y a point ici de paix. lieu que Dieu ne trouve jamais les hommes Jésus-Christ est venu apporter le couteau, et qu'infidèles sans sa grâce, et qu'il les rend non pas la paix. (Matth., 10, 34.) Mais néan- fidèles quand ils le sont. De sorte qu'au lieu moins il faut avouer que, comme l'Écriture dit que les rois témoignent d'ordinaire avoir de que la sagesse des hommes n'est que folie l'obligation à ceux qui demeurent dans le devant Dieu (1 Cor., 3, 19), aussi on peut devoir et dans leur obéissance, il arrive, au dire que cette guerre, qui paroît dure aux contraire, que ceux qui subsistent dans le hommes, est une paix devant Dieu ; car c'est service de Dieu lui en sont eux-mêmes inficette paix que Jésus-Christ a aussi apportée. niment redevables. Elle ne sera néanmoins parfaite que quand le

XXVIII. corps sera détruit; et c'est ce qui fait souhaiter la mort, en souffrant néanmoins de bon coeur la vie pour l'amour de celui qui a souffert pour agitations de l'esprit, mais les bons mou

Ce ne sont ni les austérités du corps, ni les nous et la vie et la mort, et qui peut nous

vements du coeur, qui méritent, et qui soudonner plus de biens que nous ne pouvons

ni en demander, ni imaginer , comme dit saint Car enfin il faut ces deux choses pour sancen demander, ni imaginer, comme dit saint tiennent les peines et du corps et de l'esprit. Paul. ( Eph., 3, 20.)

tifier : peines et plaisirs. Saint Paul a dit que XXVI.

ceux qui entreront dans la bonne voie trou

veront des troubles et des inquiétudes en Il faut tâcher de ne s'affliger de rien, et de grand nombre. (Act., 14, 21.) Cela doit prendre tout ce qui arrive pour le meilleur. Je consoler ceux qui en sentent, puisque, étant crois que c'est un devoir, et qu'on pèche en ne avertis que le chemin du ciel qu'ils cherchent le faisant pas. Car enfin, la raison pour laquelle en est rempli, ils doivent se réjouir de rencon

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