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son peuple de ses ennemis, on peut croire char- Tout l'éclat des grandeurs n'a point de lustre nellement que ce sera des Égyptiens; et alors je pour les gens qui sont dans les recherches de ne saurois montrer que la prophétie soit accom- l'esprit. La grandeur des gens d'esprit est inviplie. Mais on peut bien croire aussi que ce sera sible aux riches, aux rois, aux conquérants, et des iniquités : car, dans la vérité, les Égyptiens à tous ces grands de chair. La grandeur de la sane sont pas des ennemis; mais les iniquités le gesse qui vient de Dieu est invisible aux charsont. Ce mot d'ennemis est donc équivoque. nels et aux gens d'esprit. Ce sont trois ordres

Mais s'il dit à l'homme, comme il fait, qu'il de différents genres. délivrera son peuple de ses péchés, aussi-bien Les grands génies ont leur empire, leur éclat, qu'Isaïe et les autres, l'équivoque est ôtée, et le leur grandeur, leurs victoires, et n'ont nul besens double des ennemis réduit au sens simple soin des grandeurs charnelles, qui n'ont nul d'iniquités : car s'il avoit dans l'esprit les péchés, rapport avec celles qu'ils cherchent. Ils sont vus il pouvoit bien les dénoter par ennemis; mais des esprits, non des yeux; mais c'est assez. Les s'il pensoit aux ennemis, il ne pouvoit pas les saints ont leur empire, leur éclat, leurs grandesigner par iniquités.

deurs, leurs victoires, et n'ont nul besoin des Or Moise, David et Isaïe usoient des mêmes grandeurs charnelles ou spirituelles, qui ne sont termes. Qui dira donc qu'ils n'avoient pas le pas de leur ordre, et qui n'ajoutent ni n'ôtent à même sens, et que le sens de David, qui est la grandeur qu'ils desirent. Ils sont vus de Dieu manifestement d'iniquités lorsqu'il parloit d'en- et des anges, et non des corps ni des esprits cunemis, ne fût pas le même que celui de Moïse rieux : Dieu leur suffit. en parlant d'ennemis ?

Archimède, sans aucun éclat de naissance, Daniel, chap. 9, prie pour la délivrance du seroit en même vénération. Il n'a pas donné des peuple de la captivité de leurs ennemis ; mais il batailles ; mais il a laissé à tout l'univers des inpensoit aux péchés : et pour le montrer, il dit ventions admirables. O qu'il est grand et éclaque Gabriel vint lui dire qu'il étoit exaucé, et tant aux yeux de l'esprit! Jésus-Christ, sans bien qu'il n'avoit que septante semaines à attendre; et sans aucune production de science au dehors, après quoi le peuple seroit délivré d'iniquité, le est dans son ordre de sainteté. Il n'a point donné péché prendroit fin ; et le libérateur, le saint des d'inventions, il n'a point régné; mais il est humsaints, amèneroit la justice éternelle, non la lé- ble, patient, saint devant Dieu , terrible aux dégale, mais l'éternelle.

mons, sans aucun péché. O qu'il est venu en Dès qu'une fois on a ouvert ce secret, il est grande pompe et en une prodigieuse magnifiimpossible de ne pas le voir. Qu'on lise l'ancien cence aux yeux du coeur, et qui voient la saTestament en cette vue, et qu'on voie si les sa-gesse! crifices étoient vrais, si la parenté d'Abraham lleût été inutile à Archimède de faire le prince étoit la vraie cause de l'amitié de Dieu, si la dans ses livres de géométrie, quoiqu'il le fût. Il terre promise étoit le véritable lieu de repos. eût été inutile à notre Seigneur Jésus-Christ, Non. Donc c'étoient des figures. Qu'on voie de pour éclater dans son règne de sainteté, de venir même toutes les cérémonies ordonnées et tous en roi : mais qu'il est bien venu avec l'éclat de les commandements qui ne sont pas de la cha- son ordre! rité, on verra que c'en sont les figures.

Il est ridicule de se scandaliser de la bassesse

de Jésus-Christ, comme si cette bassesse étoit du ARTICLE X.

même ordre que la grandeur qu'il venoit faire

paroître. Qu'on considère cette grandeur-là dans De Jésus-Christ.

sa vie, dans sa passion, dans son obscurité, dans

sa mort, dans l'élection des siens, dans leur I.

fuite, dans sa secrète résurrection, et dans le La distance infinie des corps aux esprits figure reste; on la verra si grande, qu'on n'aura pas la distance infiniment plus infinie des esprits à sujet de se scandaliser d'une bassesse qui n'y est la charité, car elle est surnaturelle.

pas. Mais il y en a qui ne peuvent admirer que les grandeurs charnelles, comme s'il n'y en avoit qu'il en pensoit. Cette clarté , jointe à cette naïpas de spirituelles ; et d'autres qui n'admirent veté, est admirable. que les spirituelles, comme s'il n'y en avoit pas Qui a appris aux évangélistes les qualités d'une d'infiniment plus hautes dans la sagesse. ame véritablement héroïque, pour la peindre

Tous les corps, le firmament, les étoiles, la si parfaitement en Jésus-Christ? Pourquoi le terre et les royaumes, ne valent pas le moindre font-ils foible dans son agonie? Ne savent-ils pas des esprits, car il connoit tout cela, et soi-même; peindre une mort constante? Oui, sans doute; et le corps, rien. Et tous les corps, et tous les car le même saint Luc peint celle de saint Etienne esprits ensemble, et loutes leurs productions, ne plus forte que celle de Jésus-Christ. Ils le font valent pas le moindre mouvement de charité, car donc capable de crainte avant que la nécessité elle est d'un ordre infiniment plus élevé. de mourir soit arrivée, et ensuite lout fort. Mais

De tous les corps ensemble on ne sauroit tirer quand ils le font trouble, c'est quand il se troula moindre pensée : cela est impossible, et d'un ble lui-même; et quand les hommes le troublent, autre ordre. Tous les corps et les esprits ensemble il est tout fort. ne sauroient produire un mouvement de vraie L'Église s'est vue obligée de montrer que Jecharité : cela est impossible, et d'un autre sus-Christ étoit homme, contre ceux qui le ordre tout surnaturel.

nioient, aussi-bien que de montrer qu'il étoit

Dieu ; et les apparences étoient aussi grandes II.

contre l'un et contre l'autre.

Jésus-Christ est un Dieu dont on s'approche Jésus-Christ a été dans une obscurité (selon sans orgueil, et sous lequel on s'abaisse sans ce que le monde appelle obscurité) telle, que les désespoir. historiens, qui n'écrivent que les choses impor

V. tantes, l'ont à peine aperçu.

La conversion des païens étoit réservée à la IU.

grace du Messie. Les Juifs, ou n'y ont point traQuel homme eut jamais plus d'éclat que Jésus- vaillé, ou l'ont fait sans succès : tout ce qu'en Christ? Le peuple juif tout entier le prédit avant

ont dit Salomon et les prophètes a été inutile. sa venue. Le peuple gentil l'adore après qu'il est

Les sages, comme Platon et Socrate, n'ont pu venu. Les deux peuples gentilet juif le regardent

leur persuader de n'adorer que le vrai Dieu.

L'Évangile ne parle de la virginité de la Vierge comme leur centre. Et cependant quel homme jouit jamais moins de tout cet éclat? De trente- que jusqu'à la naissance de Jésus-Christ; tout trois ans, il en vit trente sans paroitre. Dans les par rapport à Jésus-Christ. trois autres, il passe pour un imposteur; les

Les deux Testaments regardent Jésus-Christ,

l'ancien comme son attente, le nouveau comme prêtres et les principaux de sa nation le rejettent ; ses amis et ses proches le méprisent. Enfin son modèle ; tous deux comme leur centre. il meurt d'une mort honteuse, trahi par un des

Les prophètes ont prédit, et n'ont pas été siens, renié par l'autre, et abandonné de tous. prédits. Les saints ensuite sont prédits, mais Quelle part a-t-il donc à cet éclat? Jamais non prédisants. Jésus-Christ est prédit et pré

disant. homme n'a eu tant d'éclat; jamais homme n'a eu plus d'ignominie. Tout cet éclat n’a servi qu'à

Jésus-Christ pour tous, Moïse pour un peuple.

Les Juifs bénis en Abraham : Je bénirai ceux nous, pour nous le rendre reconnoissable; et il n'en a rien eu pour lui.

qui le béniront. Genèse, 12, 3.) Mais toutes na

lions bénies en sa semence. (Genèse, 18, 18.) IV.

Lumen a revelationem gentium. (Luc, 2, 32.

Non fecit taliter omni nationi (Ps. 147, 20), Jésus-Christ parle des plus grandes choses si disoit David en parlant de la loi. Mais en parlant simplement, qu'il semble qu'il n'y a pas pensé; de Jésus-Christ, il faut dire : Fecit taliter omni et si nettement néanmoins, qu'on voit bien ce | nationi.

Aussi c'est à Jésus-Christ d'être universel. par l'état du peuple païen, par l'état du temple, L'Eglise même n'offre le sacrifice que pour les par le nombre des années. fidèles : Jésus-Christ a offert celui de la croix Les prophètes ayant donné diverses marques pour tous.

qui devoient toutes arriver à l'avènement du Mes

sie, il falloit que toutes ces marques arrivassent ARTICLE XI. en même temps; et ainsi il falloit

que la

qua

trième monarchie fût venue lorsque les septante Preuves de Jésus-Christ par les prophéties. semaines de Daniel seroient accomplies; que le

sceptre fût ôté de Juda, et qu'alors le Messie arI.

rivát. Et Jésus-Christ est arrivé alors, qui s'est La plus grande des preuves de Jésus-Christ, ce dit le Messie. sont les prophéties. C'est aussi à quoi Dieu a le Il est prédit que dans la quatrième monarchie, plus pourvu; car l'évènement qui les a remplies avant la destruction du second temple, avant que est un miracle subsistant depuis la naissance de la domination des Juifs fût ôtée, et en la septanl'Église jusqu'à la fin. Ainsi Dieu a suscité des tième semaine de Daniel, les païens seroient inprophètes durant seize cents ans; et pendant struits et amenés à la connoissance du Dieu adoré quatre cents ans après, il a dispersé toutes ces par les Juifs; que ceux qui l'aiment seroient déprophéties avec tous les Juifs qui les portoient livrés de leurs ennemis, et remplis de sa crainte dans tous les lieux du monde. Voilà quelle a été et de son amour. la préparation à la naissance de Jésus-Christ, Et il est arrivé qu'en la quatrième monarchie, dont l'Évangile devant être cru par tout le monde, avant la destruction du second temple, etc., les il a fallu non seulement qu'il y ait eu des prophé- païens en foule adorent Dieu, et mènent une vie lies pour le faire croire, mais encore que ces pro- angélique ; les filles consacrent à Dieu leur virgiphéties fussent répandues par tout le monde, nité et leur vie; les hommes renoncent à tout pour le faire embrasser par tout le monde. plaisir. Ce que Platon n'a pu persuader à quel

Quand un seul homme auroit fait un livre des que peu d'hommes choisis et si instruits, une prédictions de Jésus-Christ pour le temps et pour force secrète le persuade à cent milliers d'homla manière, et que Jésus-Christ seroit venu con- mes ignorants, par la vertu de peu de paroles. formément à ces prophéties, ce seroit une force Qu'est-ce que tout cela ? C'est ce qui a été préinfinie. Mais il y a bien plus ici. C'est une suite dit si long-temps auparavant : Effundam spirid'hommes durant quatre mille ans qui, constam- tum meum super omnem carnem. (JOEL, 2, 28.) ment et sans variation, viennent l'un ensuite de Tous les peuples étoient dans l'infidélité et dans l'autre prédire ce même avènement. C'est un peu la concupiscence : toute la terre devient ardente ple tout entier qui l'annonce, et qui subsiste pen- de charité ; les princes renoncent à leurs grandant quatre mille années pour rendre encore deurs; les riches quittent leurs biens ; les filles témoignage des assurances qu'ils en ont, et dont souffrent le martyre; les enfants abandonnent ils ne peuvent être détournés par quelques me- la maison de leurs pères pour aller vivre dans naces et quelque persécution qu'on leur fasse : les déserts. D'où vient cette force ? C'est que le ceci est tout autrement considérable.

Messie est arrivé. Voilà l'effet et les marques de II.

Depuis deux mille ans, le Dieu des Juifs étoit Le temps est prédit par l'état du peuple juif, demeuré inconnu parmi l'infinie multitude des

nations païennes : et dans le temps prédit, les Les quatre mille ans dont l'auteur vient de parler dans la phrase precedente forment bien l'espace compris depuis la créa. païens adorent en foule cet unique Dieu ; les tion jusqu'à l'avènement de Jésus-Christ; mais dans celle-ci il temples sont détruits; les rois mêmes se soumetn'est question que du peuple juif, dont Abrahain est la souche. Abrs ce ne seroit qu'environ deux mille ans depuis ce patriar- tent à la croix. Qu'est-ce que tout cela ? C'est l'esche jusqu'à Jésus-Christ

. Si, comme la suite semble l'indiquer, prit de Dieu qui est répandu sur la terre. l'auteur a entendu compter depuis Abraham jusqu'à nos jours , il faudroit lire, et qui subsiste depuis quutre mille ans.

Il est prédit que le Messie viendroit établir une (Note de l'édit. de 1822.)

nouvelle alliance, qui feroit oublier la sortie d'É

sa venue.

gypte (JÉRÉM., 23, 7); qu'il mettroit sa loi, non allez être maudits; et aux païens : Vous allez endans l'extérieur, mais dans les cours (Is.,51,7); trer dans la connoissance de Dieu.

qu'il mettroit sa crainte, qui n'avoit été qu'au A cela s'opposent tous les hommes, par l'op• dehors, dans le milieu du coeur. (Jérém., 31, position naturelle de leur concupiscence. Ce roi 33, et 32, 40.)

des Juifs et des Gentils est opprimé par les uns Que les Juifs réprouveroient Jésus-Christ, et et par les autres qui conspirent sa mort. Tout qu'ils seroient réprouvés de Dieu, parceque la vi- ce qu'il y a de grand dans le monde s'unit congne élue ne donneroit que du verjus. (Is., 5, 2, tre cette religion naissante; les savants, les sa3,4, etc.) Que le peuple choisi seroit infidèle, in- ges, les rois. Les uns écrivent, les autres congrat et incrédule : Populum non credentem et con- damnent, les autres tuent. Et malgré toutes ces tradicentem. (Is., 65, 2.) Que Dieu les frapperoit oppositions, voilà Jésus-Christ, en peu de temps, d'aveuglement, et qu'ils låtonneroient en plein régnant sur les uns et les autres, et détruisant, midi comme des aveugles. (Deut., 28, 28, 29.) et le culte judaïque dans Jérusalem, qui en étoit

Que l'Église seroit petite en son commence- le centre, et dont il fait sa première Église, et ment, et croîtroit ensuite. (ÉzÉCH., 47, 1 et suiv.) le culte des idoles dans Rome, qui en étoit le

Il est prédit qu'alors l'idolâtrie seroit renver- centre, et dont il fait sa principale Église. sée ; que ce Messie abattroit toutes les idoles , Des gens simples et sans force, comme les apôet feroit entrer les hommes dans le culte du tres et les premiers chrétiens, résistent à toutes vrai Dieu. (ÉzÉCH., 30, 13.)

les puissances de la terre, se soumettent les rois, Que les temples des idoles seroient abattus, les savants et les sages, et détruisent l'idolâtrie et que, parmi toutes les nations et en tous les si établie. Et tout cela se fait par la seule force lieux du monde, on lui offriroit une hostie pure, de cette parole qui l'avoit prédit. et non pas des animaux (Malach., 1, 11.) Les Juifs, en tuant Jésus-Christ pour ne pas

Qu'il enseigneroit aux hommes la voie par- le recevoir pour Messie, lui ont donné la derfaite. (Is., 2, 3. Mich., 4, 2, etc.)

nière marque de Messie. En continuant à le méQu'il seroit roi des Juifs et des Gentils. (Ps., connoître, ils se sont rendus témoins irrépro2, 6 et 8, 71, 8 et 11, etc.)

chables ; et en le tuant et continuant à le renier, Et jamais il n'est venu , ni devant , ni après, ils ont accompli les prophéties. aucun homme qui ait rien enseigné approchant Qui ne reconnoîtroit Jésus-Christ à tant de de cela.

circonstances particulières qui en ont été préAprès tant de gens qui ont prédit cet évène- dites? Car il est dit : ment, Jésus-Christ est enfin venu dire: Me voici , Qu'il aura un précurseur (MALACH., 3, 1); et voici le temps. Il est venu dire aux hommes Qu'il naîtra enfant (Is., 9, 6); qu'ils n'ont point d'autres ennemis qu'eux- Qu'il naîtra dans la ville de Bethléem (Mich., mêmes ; que ce sont leurs passions qui les sépa- 5, 2); qu'il sortira de la famille de Juda (Gen., rent de Dieu ; qu'il vient pour les en délivrer, et 49, 8 et suiv.), et de la postérité de David (2, pour leur donner sa grace, afin de former de Rois, 7, 12 et suiv. Is., 7, 13 et suiv.); qu'il patous les hommes une Église sainte ; qu'il vient roîtra principalement dans Jérusalem (Mal., 3, ramener dans cette Église les païens et les Juifs, 1. AGG., 2, 10); qu'il vient détruire les idoles des uns et la su- Qu'il doit aveugler les sages et les savants (Is., perstition des autres.

6, 10), et annoncer l'Évangile aux pauvres et Ce que les prophètes, leur a-t-il dit, ont prédit aux petits (Is., 61, 1); ouvrir les yeux des aveudevoir arriver, je vous dis que mes apôtres vont gles, et rendre la santé aux infirmes (Is., 35, 5 le faire. Les Juifs vont être rebutés; Jérusalem et 6), et mener à la lumière ceux qui languissera bientôt détruite; les païens vont entrer dans sent dans les ténèbres (Is. , 42, 16); la connoissance de Dieu; et mes apôtres vont les Qu'il doit enseigner la voie parfaite (Is., 30, y faire entrer après que vous aurez tué l'héri- 21), et être le précepteur des Gentils (Is., 55, 4); tier de la vigne.

Qu'il doit être la victime pour les péchés du Ensuite les apôtres ont dit aux Juifs : Vous monde (Is., 53, 5);

Qu'il doit être la pierre fondamentale et pré-donner des lois à ce peuple, graver ces lois dans cieuse ( Is., 28, 16);

leur ceur, s'offrir à Dieu pour eux, se sacrifier Qu'il doit être la pierre d'achoppement et de pour eux, être une hostie sans tache, et luiscandale (Is., 8, 14);

même sacrificateur : il devoit s'offrir lui-même, Que Jérusalem doit heurter contre cette pierre et offrir son corps et son sang, et néanmoins (Is., 8, 15);

offrir pain et vin à Dieu. Jésus-Christ a fait Que les édifiants doivent rejeter cette pierre tout cela. (Ps., 117, 22);

Il est prédit qu'il devoit venir un libérateur, Que Dieu doit faire de cette pierre le chef du qui écraseroit la tête au démon, qui devoit délicoin (Ibid.);

vrer son peuple de ses péchés, ex omnibus Et que cette pierre doit croître en une mon- | iniquitatibus (Ps., 129, 8); qu'il devoit y avoir lagne immense, et remplir toute la terre (Dan., un nouveau Testament qui seroit éternel; qu'il 2,5);

devoit y avoir une autre prêtrise selon l'orQu'ainsi il doit être rejeté (Ps., 117, 22), mé- dre de Melchisedech; que celle-là seroit éterconnu (Is., 53, 2 et 3), trahi (Ps., 40, 10), vendu nelle; que le Christ devoit être glorieux, puisZach., 11, 12), souffleté (Is. , 50, 6), moqué sant, fort, et néanmoins si misérable, qu'il ne (Is., 34, 16), affligé en une infinité de manières seroit pas reconnu; qu'on ne le prendroit pas (Ps., 68, 27), abreuvé de fiel (Ps., 68, 22); pour ce qu'il est; qu'on le rejetteroit, qu'on le qu'il auroit les pieds et les mains percés (Ps., tueroit ; que son peuple, qui l'auroit renié, ne 21, 17); qu'on lui cracheroit au visage (Is., seroit plus son peuple ; que les idolâtres le re50, 6); qu'il seroit tué (DAN., 9, 26), et ses cevroient, et auroient recours à lui; qu'il quithabits jetés au sort (Ps., 21 , 19);

teroit Sion pour régner au centre de l'idolâtrie; Qu'il ressusciteroit le troisième jour (Ps., 15, que néanmoins les Juifs subsisteroient toujours, 10; OSÉE, 6, 3);

qu'il devoit sortir de Juda , et quand il n'y auQu'il monteroit au ciel (Ps., 46, 6 et 67, 19), roit plus de rois. pour s'asseoir à la droite de Dieu (Ps., 109, 1);

IV.
Que les rois s'armeroient contre lui(Ps.,2,2);
Qu'étant à la droite du Père, il sera victorieux

Qu'on considère que depuis le commencement de ses ennemis (Ps., 109, 5);

du monde, l'attente ou l'adoration du Messie Que les rois de la terre et tous les peuples l'a- subsiste sans interruption ; qu'il a été promis au doreroient (Ps. , 71, 11);

premier homme aussitôt après sa chute ; qu'il Que les Juifs subsisteront en nation (JÉRÉM., s'est trouvé depuis des hommes qui ont dit que 31, 36);

Dieu leur avoit révélé qu'il devoit naître un RéQu'ils seront errants (Amos, 9, 9), sans rois, dempteur qui sauveroit son peuple " ; qu'Abrasans sacrifices, sans autel, etc. (Osée, 3, 4), sans ham est venu ensuite dire qu'il avoit eu révélaprophètes (Ps., 73, 9), attendant le salut, et ne

tion qu'il naîtroit de lui, par un fils qu'il auroit ; le trouvant point. (Is., 59, 9. JÉRÉM., 8, 15.)

que Jacob a déclaré que de ses douze enfants, ce seroit de Juda qu'il naitroit ; que Moïse et les

prophètes sont venus ensuite déclarer le temps Le Messie devoit lui seul produire un grand et la manière de sa venue, qu'ils ont dit que la peuple, élu, saint et choisi; le conduire, le loi qu'ils avoient n'étoit qu'en attendant celle nourrir, l'introduire dans le lieu de repos et de du Messie; que jusque-là elle subsisteroit, mais sainteté; le rendre saint à Dieu, en faire le que l'autre dureroit éternellement ; qu'ainsi leur temple de Dieu, le réconcilier à Dieu , le sauver loi ou celle du Messie , dont elle étoit la prode la colère de Dieu, le délivrer de la servitude messe , seroit toujours sur la terre; qu'en effet du péché, qui règne visiblement dans l'homme;

C'est-à-dire, des hommes qui ont transmis, de race en race, Edificantes , ceux qui travaillent à l'édifice du temple spi- depuis Adam jusqu'à Noé, et depuis Noé jusqu'à Abraham, la rituel ou Dieu veut habiter.

promesse qui en avoit été faite au premier homme. Voyez par» C'est-a-lire, de l'angle qui doit réunir les deux peuples , le tie 2, art. 4, S3, ou l'auteur entre dans quelques développeJuif et le Gentil, dans l'adoration viu méme Dien.

ments à ce sujet.

Ul.

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