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le liquide et qui constituent par conséquent l'or dans son plus grand état de division, donnent dans la plupart des cas le rayon rouge par transmission.

La lumière réfléchie garde toujours l'éclat métallique; elle ne parait pas subir des modifications importantes, si ce n'est qu'elle varie d'intensité suivant la grandeur des surfaces réfléchissantes, et qu'elle oscille entre le jaune et le rouge.

MÉMOIRE

SUR

LES ÉQUIVALENTS DES CORPS SIMPLES

PAR M. J. DUMAS. (Comptes rendus de l'Acad. des Sciences, séance du 9 novembre 1857.)

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Nous regreltons de ne pouvoir reproduire en entier l'extrait donné

par M. Dumas de cet important mémoire. Nous nous bornerons à en donner l'introduction, qui fera bien comprendre le but qu'il s'est proposé dans ses recherches, et l'intérêt qui s'y attache, puis nous résumerons les résultats auxquels il est parvenu.

« Les équivalents des corps simples, c'est-à-dire, les poids respectifs des particules matérielles dont la combinaison donne naissance à tous les corps de la nature, ont été déterminés pour la plupart par Berzelius avec une telle allention, qu'ils suffisent à tous les besoins de la chimie pratique, même dans des circonstances délicates et compliquées. A leur aide, la vraie formule des corps composés se manifeste, et ils ne laissent aucune hésitation dans l'esprit de celui qui les emploie pour remonter des résultats bruts d'une analyse à leur expression symboliqne.

« Le carbone seul constituait à cet égard une exception considérable. Son équivalent, évalué trop haut, rendait incertaines ou fausses les formules de tous les corps de la chimie organique, riches en carbone, dont les analyses avaient été exactement conduites. Sa rectification a élé suivie d'un remaniement de ces formules, et rien n'indique aujourd'hui dans les recherches nombreuses dont les matières organiques sont l'objet, que les éléments des calculs adoptés pour leur interprétation laissent à souhaiter du côté de la précision.

« Il semblerait, par conséquent, peu nécessaire de revenir désormais sur un sujet épuisé, si ce n'est pour

faire connaitre les équivalents de quelques corps nouvellement découverts, ou pour rectifier certains équivalents en petit nombre dont la détermination avait été opérée d'abord au moyen de substances d'une pureté douteuse.

Cependant j'ai cru qu'il pouvait être profitable aux intérêts de la science d'entreprendre une révision générale des équivalents des corps simples. Elle m'occupe depuis longtemps et elle ne sera certainement pas terminée avant la fin de l'année prochaine. Il faut de longues heures de travail et de grands efforts d'attention, en effet, pour se procurer les matières variées qu’une telle recherche exige, pour les analyser afin de s'assurer qu'elles sont parvenues à l'état de pureté indispensable en pareil cas, et pour les soumettre enfin aux épreuves d'où l'on tire la détermination précise de l'équivalent qu'elles sont destinées à faire connaitre.

« Si j'ai cru celle révision nécessaire, c'est que les chiffres exacts qui représentent les équivalents des corps simples ne pas seulement utiles au manufacturier qui y trouve la règle

у et la critique des opérations de sa fabrique, au chimiste qui les emploie pour traduire ses analyses en formules, au physicien qui en a fait la véritable unité de poids sous laquelle les propriétés des corps sont devenues comparables, c'est que de plus ces chiffres semblent encore ouvrir à la philosophie naturelle, par les rapports singuliers qui s'y révèlent, de nouveaux et profonds horizons.

sont

« Berzelius, qui a fait de cette question l'objet des expériences et des méditations de toute sa vie , était resté convaincu que les chiffres représentant les équivalents des corps simples n'avaient entre eux que des rapports fortuits, lesquels même s'évanonissaient le plus souvent à mesure que l'expérience, mieux interrogée, permeltait à l'observateur de serrer de plus près les valeurs véritables de chaque équivalent.

« Au contraire, un chimiste anglais, le D' Prout, signalait, il y a longtemps, une relation singulière qui se manifeste entre ces chiffres si disparates au premier abord, el montrait que,

l'équivalent de l'hydrogène étant pris pour unité, ceux des autres corps simples s'expriment généralement par des nombres enliers, et même le plus souvent par des nombres peu

élevés. « En outre, on reconnut que certains équivalents, ceux des corps les plus analogues par leurs propriétés, sont quelquefois égaux, ou du moins liés entre eux par des rapports très-simples, tels que celui de 1 : 2.

« On reconnut de plus que, si l'on considère trois corps très-rapprochés les uns des autres par leurs allures chimiques, l'équivalent du corps intermédiaire est assez souvent repré

la

moyenne exacte du poids des équivalents des deux éléments extrêmes.

« Enfin, ayant été amené, en 1851, dans une séance de l'Association britannique pour l'avancement des sciences, à તે esprimer mon sentiment sur la cause de ces relations, que j'avais souvent signalées à l'intérêt des chimistes, je fis voir que,

, d'après la comparaison des chiffres obtenus pour représenter les équivalents des éléments simples proprement dits, il était permis de penser que ces chiffres étaient engendrés suivant des lois semblables à celles qu’une étude attentive fait découvrir dans la génération des équivalents des éléments composés ou radicaux de la chimie organique.

a Ainsi, deux opinions sont en présence : « L'une, qui semble avoir été suivie par Berzelius, conduit

Archives. T. I. Janvier 1858.

senté par

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à envisager les éléments simples de la chimie minérale comme des êtres distincts, indépendants les uns des autres, dont les molécules n'ont rien de commun, sinon leur fixilé, leur immutabilité, leur éternité. Il y aurait autant de matières distinctes qu'il y a d'éléments chimiques.

« L'autre permet de supposer, au contraire, que les molécules des divers éléments chimiques actuels pourraient bien être constituées

par

la condensation d'une matière unique, telle que l'hydrogène, par exemple, en acceptant comme vraie la relation remarquable observée par le Dr Prout et comme fondé le choix de son unité.

« Elle conduirait à admettre que des quantités semblables de cette matière unique pourraient, par des arrangements différents, constituer des éléments de même poids, mais doués de propriétés distinctes.

« Elle ne répugnerait pas à envisager la molécule d'un élément intermédiaire entre deux autres éléments de la même famille comme étant produite par l'union de deux demi-molécules des éléments extrêmes.

« Enfin elle assimilerait par leur constitution présumée les radicaux supposés simples de la chimie minérale aux radicaux composés de la chimie organique, dont la constitution est connue, les premiers différant toutefois des seconds par une stabilité infiniment plus grande et telle, que les forces dont la chimie dispose seraient insuffisantes pour en opérer le dédoublement.

« Ces problèmes, qui peuvent assurément être rangés parmi les plus élevés que la chimie ait à se proposer et à résoudre, sont-ils abordables à l'aide des nombres réunis avec tant de persévérance et de talent par Berzelius ? Je ne le pense pas. J'ai souvent essayé, comme M. Josiah Cooke l'a fait de son côté, de les comparer, de les combiner et de les disculer avec l'espoir d'en tirer avec certilude une conclusion quelconque, et je n'ai pu en faire sortir autre chose que le doute. Si quelques-uns des équivalents pouvaient se classer, sans corrections, dans un petit nombre de séries comme des termes liés entre eux par d'incontestables relations numériques, il en est d'autres, et ce sont précisément les mieux connus, pour lesquels toute tentative de ce genre restait sans résultat.

« Je n'osais donc ni regarder comme vains et fortuits des rapports remarquables par leur précision, leur simplicité et leur fréquence, ni considérer comme générale une loi sujetle aux plus graves et aux plus importantes exceptions. Restait dès lors à prendre le seul parti d'accord avec la philosophie des sciences expérimentales, c'est-à-dire, comme je l'avais proposé à Ipswich, décomposer le problème général en questions spéciales assez circonscrites pour en devenir susceptibles d'être traduites en expériences et d'être soumises à l'épreuve décisive de l'observation directe, au jugement impartial de la balance. »

Voici maintenant les questions spéciales qu'aborde M. Dumas dans son mémoire.

PREMIÈRE QUESTION. Les équivalents de lous les corps simples sont-ils des multiples de celui de l'hydrogène par des nombres entiers ?

Parmi les équivalents des corps simples bien connus, deux surtout font exception à la règle de Prout: le chlore et le cuivre, M. Dumas confirme ces exceptions par ses propres espériences.

L'équivalent de l'argent est fixé à 108 (le poids de l'hydrogène étant pris pour unité), par les analyses concordantes des sels organiques d'argent et de l'azotale d'argent. En convertissant ce métal en chlorure par l'action directe du chlore sur l'argent chaussé dans un tube de verre, M. Dumas trouve que 108 d'argent exigent 35,5 de chlore. Ce chiffre est d'accord avec les résultats obtenus par Wengel et par Berzelius, et, plus récemment, par YM. Pelouze, Maumené et Marignac.

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