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Cette pellicule peut être soulevée sur une plaque de verre, lavée à l'eau distillée et ses propriétés optiques étudiées , soit en la laissant appliquée sur le verre, soit en la laissant flotter sur l'eau. On peut obtenir le même résultat en exposant aux vapeurs de phosphore qne dégage une dissolution de ce corps dans le sulfure de carbone une plaque de verre sur laquelle on a étendu une dissolution d'or. Bien que ces feuilles aient une certaine cohésion, M. Faraday ne les considère pas comme continues; il a pu

fa re passer au travers des gaz et des vapeurs. Quoi qu'il en soit, elles présentent, lorsqu'elles ont une épaisseur suffisante, l'éclat métallique de l'or. La lumière transmise est d'un gris violet ; la superposition des feuilles ne fait que foncer la teinte; dans le voisinage du morceau de phosphore qui a servi à décomposer le chlorure d'or, la teinte devient verte, et d'après ce que nous savons des effets de la pression, on peut supposer que les molécules d'or s'accumulant sur ce point contre une surface déjà formée, ont été plus ou moins comprimées. En chauffant la feuille d'or jusqu'au rouge sombre, l'éclat métallique augmente plutôt, ainsi que la quantité de lumière transmise; celle-ci passe du gris violet au violet, el du gris vert au rouge ou à l'améthyste. La pression exerce l'influence déjà constatée, la chaleur la fail disparaitre et rend plus granulé l'état de la surface. Le microscope permet de voir que

la teinte grise transmise par la pellicule non chauffée provient souvent d'une succession de stries alternativement vertes et rouges.

La réduction par le phosphore a été appliquée aux solutions de divers métaux. Le chlorure de palladium a donné une pellicule offrant l'éclat métallique et présentant par transmission les teintes de l'encre de Chine. Pour le rhodium, la lumière transmise varie du brun au bleu ; la formation de la pellicule est accompagnée du phénomène des anneaux colorés, qui a lieu aussi pour l'or. Quant à l'argent, M. Faraday s'est servi de sa dissolution dans l'acide nitrique, et a obtenu une pellicule

donnant par transmission une teinte sépia, que la pression a fait passer

du brun au bleu. L'action réductrice de l'hydrogène n'a pas donné de résultat qui doive être rapporté ici. Un excellent procédé pour

obtenir une fine pellicule de cuivre consiste à dissoudre de l'oxyde de cuivre dans l'huile d'olive. On introduit dans le vase des lames de verre, on chauffe jusqu'au point où l'huile se décompose, et les lames de verres retirées et séchées se trouvent recouvertes d'une couche de cuivre métallique qui laisse passer les rayons verts.

Métaux à l'état de désagrégation. Pour obtenir les métaux sous cet état, M. Faraday a employé un procédé physique, la volatilisation par une décharge électrique, et divers procédés chimiques.

En faisant passer la décharge d'une bouteille de Leyde à travers un fil d'or placé à proximité de surfaces transparentes telles que du verre, du quartz, etc., celles-ci se recouvrent de

, particules d'or. Une étude attentive du dépôt montre que ces particules sont de plus en plus lénues, à mesure que l'on s'éloigne de la ligne centrale de la décharge en même temps que leur couleur est de moins en moins foncée. Cependant, partout elles présentent l'éclat métallique de l'or; seulement sur les côtés il est si faible qu'il faut, pour le constater, enlever la poussière d'or sur une étroite ligne, el, en amenant au moyen d'une lentille la lumière solaire à cet endroit, l'éclat des parties recouvertes d'or contraste avec la ligne le long de laquelle on l'a enlevé. La lumière transmise est dans la ligne centrale d'une belle couleur rouge, plus loin des deux côtés la teinte passe au violet et se trouve mélangée de vert et de rouge,

enfin elle redevient rouge.

En chauffant au rouge sombre le dépôt, il garde l'éclat métallique, et la lumière transmise devient partout rouge.

La pression ramène toujours la couleur verte par transmission, et

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le phénomène est particulièrement sensible pour les parties les plus éloignées de la ligne centrale.

La décharge voltaïque a donné les mêmes résultats, moins bien caractérisés.

Divers mélaux ont été aussi volatilisés dans une atmosphère d'hydrogène, et ont fourni des dépôts donnant chacun par transmission des teintes bien caractérisées.

En versant dans une solution d'or peu concentrée quelques gouttes d'une dissolution de phosphore dans du sulfure de carbone, et en agitant le mélange, on obtient au bout de quelques heures une liqueur d'un beau rouge, qui n'est autre chose qu’un liquide incolore lenant en suspension des molécules d'or. On peut aussi, pour le préparer, fiser contre la paroi du vase contenant le chlorure d'or, au-dessous de la surface du liquide, un morceau de phosphore; des courants descendants et ascendants du liquide ronge se développent tout autour; en certains endroits on voit se former des pellicules offrant un reflet doré : ce qui ne doit pas laisser de doute sur l'état métallique de l'or tenu en suspension dans le liquide. L'éther peut remplacer comme dissolvant du phosphore le sulfure de carbone. Le prolochlorure d'étain sert de réactif pour

s'assurer qu'il ne reste pas d'or dissous.

La couleur du liquide vu directement varie suivant le degré de concentration de la solution d'or qu'on a employée, en ce sens que, par réflexion, il parait violet et même brun et trouble , si la proportion d'or est considérable, quoique par transmission il paraisse toujours dans les premiers moments d'un rouge translucide. La concentration diminue, en outre, la slabilité du mélange, mais quelque faible que soit la quantité d'or en suspension, on voit toujours au bout d'un temps plus ou moins long, quelquefois des semaines, un dépôt se former; si on filtre la liqueur, l'or en suspension passe aisément; au bout d'un autre laps de temps un autre précipité se dépose et ainsi de suite. Ces dépôts successifs sont évidemment formés de molécules métalliques qui descendent par ordre de densité ; elles sont en général d'un brun plus ou moins påle tirant tantôt sur le jaune, tantôt sur le rouge. Lors même qu'une liqrenr originellement rouge est devenue ainsi tout à fait incolore dans la partie supérieure, le cône lumineux produit par une lentille projeté dans le liquide, permet de constater partout le reflet métallique de l'or. Bien que la couleur foncée accompagne ordinairement la concentration, on peut obtenir au moyen de la dissolution du phosphore dans l'éther des liquides de couleur améthyste et pourpres, offrant aulant de stabilité qu'une liqueur rouge peu concentrée.

Pour observer la couleur par réflexion du liquide, il faut placer derrière le flacon un écran noir ; il parait alors d'un brun plus ou moins rouge. Pour isoler la lumière transmise, M. Faraday s'est servi d'un tube de verre fermé par un bout et enveloppé d'un papier noir; on introduit dans le tube le liquide à observer, et on fait passer au travers un rayon lumineux blanc ou coloré. De celle façon aucun rayon réfléchi n'arrive à l'ail qui regardle par l'extrémité du tube, ce dont on peut s'assurer en ajoutant au liquide une colonne d'eau de cinq ou six pouces, et en constatant que la teinte n'est pas modifiée. Les dépôts siiccessifs dont nous avons parlé ont été séparément obtenus, délayés dans l'eau, puis introduits dans le tube. Les premiers, composés probablement des molécules les plus denses, ont donné par transmission une belle couleur bleue, les suivants une teinte améthyste, et les derniers la couleur ronge que l'on trouve aussi dans loutes les parties d'une liqueur, lorsqu'il n'y a pas longtemps qu'elle a été préparée.

L'action de la chaleur sur un liquide rouge lui donne une teinte plus violette, et, s'il était violet, le rend bleu. Elle augmente le pouvoir réfléchissant des particules, et le dépôt qui se fait plus rapidement se compose, dans ce cas, de petites masses lenticulaires.

L'action de certains corps, en de très-faibles proportions, a sur le liquide qui nous occupe des effets remarquables. Si on plonge dans le flacon qui contient le liquide l’extrémité d'une baguette de verre trempée dans une dissolution de sel marin, la couleur devient bleue et le métal se précipite rapidement; celle action est purement physique, car le cône lumineux d'une lentille produit toujours un reflet doré, et le protochlorure d'étain ne donne pas de précipité. Si le sel marin est en proportion plus considérable, le métal s'agrége en masses plus denses et assez séparées les unes des autres pour que le liquide ne présente plus de teinte générale, ni par réflexion ni par transmission. Si le sel marin est introduit dans la solution d'or avant l'agent réducteur, la teinte, qui est d'abord ronge, passe ensuite au violet et finit par devenir bleue. Un grand nombre d'autres réactifs produisent le même effet que le chlorure de sodium ; ce sont les chlorures de calcium, de strontium, de manganèse, les sulfates de magnésie, de chaux, les nitrates de polasse de chaux, etc. L'ammoniaque change la couleur rouge en violet, l'acide chloro-nitrique produit une coloration bleu violet, avant de dissoudre le métal.

De nombreux essais ont été tentés par M. Faraday pour produire l'action inverse, et faire passer la liqueur du bleu au rouge. Le seul procédé au moyen duquel il ait obtenu un résullal précis, consiste à chauffer avec de la potasse un filtre sur lequel un dépôt rouge a été formé; celui-ci passe alors au gris bleu; chauffé ensuite dans un mélange d'acides nitrique et sulfurique, il reprend sa couleur ronge primitive.

En comparant la teinte par transmission de la liqueur rouge avec celle d'un verre rouge coloré par l'or, on peut trouver l'épaisseur sous laquelle une liqueur donnée présente la même intensité que le verre, et établir un rapport entre celle épaisseur et la quantité d'or métallique tenu en suspension. En moyenne, dans ces liquides, l'or se trouve en suspension dans 750,600 fois son volume d'eau. Un fait singulier est que

l'on

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