Page images
PDF
EPUB

Aprèr avoir exposé les conditions physiologiques de la fonction-langage, nous passerons en revue les notions et les sentiments qui représentent les modes supérieurs de l'activité psychique : conscience, pensée, raison, volonté et le sentiment de l'individualité.

Enfin, comme résultat général de tout ce qui aura été dit, nous présenterons un tableau des éléments qui concourent à l'activité psychique, en ayant soin de conserver à chacun de ces éléments la place qui lui convient. Nous aurons ainsi réuni toutes les conditions voulues pour donner, dans un dernier chapitre, une idée aussi exacte que possible de la constitution de l'âme.

PREMIÈRE PARTIE.

ELEMENTS FONDAMENTAUX DE L'AME OU ELEMENTS PSYCHIQUES.

[blocks in formation]

La confusion qui règne encore de nos jours dans le langage, touchant le mot sensation, nous a décidé à désigner sous le nom de perceptron tout phénomène de sensibilité, quelles que soient son origine et sa cause déterminante : le plaisir, la peine, la douleur, l'image, le son, le souvenir, l'idée présente sont des perceptions. A mesure que nous développerons nos idées, nous justifierons cette manière de voir.

Qu'est-ce qu'une perception? En quoi consiste ce phénomène?

Avant de répondre à cette question, nous demandons au lecteur qu'il nous permette d'user d'une prérogative qui appartient surtout à ceux qui ont beaucoup travaillé: cette prérogative est un acte d'humilité. La science humaine est évidemment toute-puissante quand il s'agit de déterminer les conditions dans lesquelles se produisent les phénomènes; mais ses efforts s'épuisent en vain dès qu'elle essaye d'expliquer l'essence même de ces phénomènes. A cette règle point d'exception. Le physicien pourra nous dire dans quelles conditions se produit la lumière, mais en aucune façon il ne déterminera la quantité et le mode

de mouvement qu'il faut imprimer à la matière pour produire les phénomènes lumineux. Le même physicien pourra nous dire encore quelles sont les conditions favorables au développement de l'électricité; mais il ne saura nous indiquer le mode et la quantité de mouvement qu'il faut imprimer à la matière pour produire les phénomènes électriques.

Le chimiste pourra bien nous dire de son côté dans quelles proportions un acide se combine avec une base pour former un composé nouveau ; mais il ne saurait en aucun cas formuler le mode de mouvement qui caractérise les affinités chimiques. Cette manière de voir, nous le répétons, s'applique à tous les phénomènes de la nature indistinctement.

Pourquoi cette impuissance radicale, dira-t-on ? Notre faible raison ne trouve qu'une réponse : s'il était donné à l'intelligence humaine de pénétrer le mystérieux mécanisme des phénomènes, il pourrait les inventer à son tour, et, au lieu d'être un misérable chercheur de connaissances sur cette planète infime, il serait un créateur, une cause première toute-puissante. Il est plus qu'évident qu'il n'en est pas ainsi, et que la véritable, la seule cause première n'a pas voulu décentraliser ses pouvoirs.

Ce qui est vrai pour les phénomènes de la nature en général, l'est aussi pour les phénomènes vitaux et plus particulièrement pour le phénomène de la perception.

Quel est le physiologiste qui oserait affirmer qu'il peut expliquer la transformation du sang en bile, en salive, en fibre contractile ? Aucun, nous l'espérons bien. C'est que ces transformations diverses constituent les vrais phénomènes de la vie, la vie en acte, et qu'il n'est pas donné à l'honime de savoir en quoi consiste la vie ; il en détermine les conditions, il en analyse les effets, mais il ne saurait aller plus loin. L'homme n'inventera jamais une cellule vivante.

La perception est un phénomène vital analogue aux autres phénomènes vitaux. Sans doute les caractères pro

« PreviousContinue »