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recueillent dans l'intérieur du corps ou à sa surface toutes les causes impressionnantes ; 2° l'autre est transmise aux couches optiques par les fibres qui unissent les couches optiques aux cellules de la périphérie corticale du cerveau. Ces dernières représentent, comme nous l'avons démontré, les conditions matérielles de notions acquises et du souvenir; à ce titre, elles peuvent réveiller directement le centre de perception, et par suite l'activité motrice.

La nécessité de l'excitant fonctionnel étant bien établie,

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1 Région postérieure de la moelle.
2 Couches optiques.
3 Région périphérique du cerveau.
4 Corps striés.
5 Région antérieure de la moelle.
A-B Cellules de la région périphérique du cerveau.
A' – B’ Cellules de la couche optique.

Figure No 5.

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voici la succession des phénomènes qui se produisent dans l'exécution de tout mouvement.

Examinons d'abord le cas le plus simple. Une impres

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sion quelconque, une odeur, excite un mouvement particulier dans une des fibres sensitives placées dans la région n° 1, et ce mouvement, transmis de proche en proche jusqu'aux couches optiques, provoque dans ces dernières la perception de l'odeur. Si cette perception présente le caractère désagréable, l'activité sensible provoque aussitôt dans les cellules des corps striés un mouvement corrélatif à la nature de l'impression reçue, et ce mouvement, transmis à travers les fibres motrices de la moelle jusqu'aux organes du mouvement, excite dans ceux-ci un mouvement de répulsion dont les éléments complexes sont anatomiquement coordonnés d'avance.

A cet ordre de mouvements appartiennent les mouvements émotionnels, les premiers mouvements, la plupart des mouvements involontaires. Ces mouvements sont les seuls qu'on pourrait appeler, avec une apparence de raison, mouvements réflexes, parce qu'en effet ils succèdent immédiatement à une impression sans que le courant nerveux, qui commence à l'impression et finit au mouvement, soit interrompu. Malheureusement pour les physiologistes qui s'inspirent plutôt de la mode que de la raison, le mot réflexion ne peut pas être effacé du vocabulaire. On désignera toujours, malgré eux, les mouvements qui succèdent à certains actes intimes de la pensée sous le nom d'actes réfléchis, et précisément ce qui caractérise les actes dont nous venons de parler, c'est de ne pas être du tout réfléchis. De sorte que, même dans le cas le plus favorable, le mot réflere ne saurait être appliqué judicieusement à aucun des actes de l'activité motrice de l'âme dans ses rapports avec la substance cérébrale.

La mécanique des mouvements n'est pas toujours aussi simple. En général, elle est un peu plus complexe.

Une impression quelconque excite un mouvementparticulier dans une des fibres sensitives, et ce mouvement, transmis de proche en proche jusqu'aux couches optiques, provoque dans ces dernières une.perception. Cette perception est agréable ou désagréable, peu im

porte. Au lieu d'agir immédiatement sur les corps striés, l'activité sensible réveille l'activité des cellules de la périphérie corticale du cerveau qui ont quelque liaison avec la perception actuelle ; elle les fait apparaître à l'état de souvenir pour les comparer avec l'impression qui l'affecte, et ce n'est qu'après cette comparaison qu'elle agit sur les corps striés pour déterminer un mouvement corrélatif non plus à l'impression reçue, mais au résultat de ses comparaisons. Tel est le second mécanisme qui se distingue essentiellement du premier par les actes réfléchis et non réflexes, – car la comparaison ne saurait jamais être un acte réflexe, – qui précèdent l'exécution du mouvement.

Le mécanisme des mouvements est le même chez l'animal et chez l'homme, sauf que chez l'animal les mouvemeuts du langage n'existent pas. Mais, si le mécanisme est le même, on ne saurait en dire autant des éléments fondamentaux qui représentent les pièces maîtresses de ce mécanisme.

La nature de ces éléments psychiques, méconnue par les physiologistes qui ne voient dans le cerveau que des actes réflexes, est d'une importance majeure en phy

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siologie, car c'est par elle seulement qu'on peut établir une distinction essentielle entre les fonctions de la moelle, où l'on trouve les véritables actions réflexes, et

les fonctions du cerveau. Un exemple montrera cette distinction d'une manière frappante.

Lorsque nous excitons une racine sensitive de la moelle A, l'excitation se propage jusqu'aux cellules de cette dernière, et de là aux racines motrices C qui provoquent la contraction musculaire, c'est-à-dire un mouvement déterminé dans la main D. Or de A en D le courant excitateur est continu, rien ne l'arrête, et toutes les fois qu'on excitera la racine A on produira les mêmes effets.

Dans le cerveau, les choses se passent de la même façon, mais avec des différences essentielles.

Lorsque le nerf sensitif de la vue est impressionné, l'excitation se propage jusqu'aux couches optiques pour y développer un nouveau phénomène qui ne se montre jamais dans la moelle. Ce phénomène est la perception de l'impression : premier élément psychique.

Le courant excitateur, un moment retenu dans la sphère de la perception simple, continue sa route vers la périphérie corticale du cerveau, et là provoque l'activité spéciale des cellules; cette activité réveille dans les couches optiques, par une sorte d'action en retour, le souvenir des perceptions que les cellules représentent : deuxième élément psychique.

Ce réveil du souvenir en présence de la perception actuelle est suivi de comparaison, de jugement : troisième éliment psychique.

L'activité sensible, à la suite de tous ces actes, fixe le mouvement excitateur qui lui est parvenu à travers le nerf sensitif de la vue, sur les corps striés en vue de provoquer un mouvement : quatrième élément psychique.

Enfin le mouvement excitateur peut s'épuiser en ce point, ou bien se propager à travers les nerfs moteurs et déterminer un mouvement quelconque : cinquième élément psichique.

La simple énumération de ces éléments psychiques est le meilleur argument contre les physiologistes qui prétendent me voir dans le cerveau que des actes réflexes.

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D'un autre côté, cette même énumération prouve à ceux qui pensent que l'âme est séparée du corps qu'il est tout

à fait impossible d'expliquer les divers modes de l'activité ang paling psychique sans faire intervenir les éléments matériels du nielque

cerveau. Les uns et les autres ne professent pas la vérité: les premiers, en croyant que l'on peut faire la physio

logie cérébrale sans s'aider de la méthode psychologique, conte le qui seule peut nous fournir les moyens de déterminer les

éléments psychiques ; les seconds, en s'imaginant qu'avec la méthode psychologique seule, on peut comprendre et déterminer les conditions qui président aux manifeslations de ces mêmes éléments.

La vérité, nous ne saurions trop le répéter, ne peut se dévoiler à nous que par les efforts de ces deux méthodes judicieusement combinées. La physiologie doit être essentiellement philosophique. Les expériences qui servent de fondement à son évolution et à ses progrès ne sont valables qu'à cette condition.

Dans tous les cas, il est de la dernière évidence que la physiologie cérébrale ne peut être qu'avec le concours de la méthode psychologique. Il est vraiment regrettable que des hommes méritants à d'autres titres aient cru devoir, sous prétexte de défendre la méthode expérimentale qui cependant n'est pas en cause, - jeter le discrédit sur tout ce qui est raisonnement dans une science qui en exige plus que toute autre. On sait ce à quoi cela nous a conduit : la physiologie cérébrale avait été délaissée, et aujourd'hui que l'impulsion a été donnée par nous de ce côté, on tolère à peine qu'on aborde son étude par le côté expérimental. Nos travaux sont une protestation contre cet exclusivisme, et les expérimentateurs ne tarderont pas à s'apercevoir qu'ils ne peuvent se passer de l'idée expéria mentale utile que nous leur offrons, après l'avoir soumise Nous-même au criterium de l'expérimentation.

Mais revenons aux éléments psychiques qui constituent les parties essentielles du mécanisme physiologique selon lequel se produisent tous les mouvements.

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