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PARNASSE DE LA JEUNESSE

OU

NOUVEAU CHOIX

DE

POÉSIES FRANÇAISES,

destiné

A ORNER LA MÉMOIRE,

À CULTIVER LA PRONONCIATION,

ET A FORMER LE GOÛT DES JEUNES GENS.

AVEC

Des Notions utiles sur la Structure des Vers français

et sur la Manière de les lire.

PAR L'ÉDITEUR DU MANUEL ÉPISTOLAIRE

A L'USAGE DES DEMOISELLES ANGLAISES.

LONDRES:

Imprimé par Schulze et Dean, 13, Poland Street;

SE TROUVE CHEZ MM. LONGMAN ET CO; LAW ET

WHITAKER; DULAU ET co.; ET CHEZ TOUS LES AUTRES

LIBRAIRES RENOMMÉS POUR LES LIVRES D'ÉDUCATION,

MDCCCXVI.

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PLAN

ET

DIVISION DE CE RECUEIL, Et Notions préliminaires sur la Structure

et la Lecture des Vers français.

L'ENSEIGNEMENT de la langue française en Angleterre ne se borne pas aux principes de la grammaire. La plupart des Parens, lorsqu'ils font choix d'un Maître instruit, ou d'une Ecole distinguée, s'attendent que leurs enfans apprendront non-seulement à converser et à correspondre en Français, et à lire avec fruit nos ouvrages relatifs aux sciences et à l'histoire; mais même que l'on complettera leur connaissance de notre langue par celle de notre littérature. Comme la Poésie en fait partie essentielle, on ne peut donc se dispenser d'en donner quelques notions aux jeunes gens.

Mais pour espérer du succès à cet égard, il faut surtout adopter une marche progressive, et s'écarter un peu de celle de nos Recueils poétiques, qui débutent presque tous par des morceaux de poésie d'un genre relevé. Avant que les jeunes Anglais puissent les goûter, et même les lire avec. facilité, il faut que leur oreille ait été accoutumée à la structure des vers français, aux liaisons, aux suspensions et aux inversions qui y sont plus fréquentes que dans la prose. C'est dans ce dessein

que nous avons rassemblé une variété de très-petites poésies sous le titre de Parnasse des Enfans, servant d'Introduction à

celui-ci, qui est destiné à des Elèves plus avancés, et que nous avons divisé en quatre Parties.

Dans la première on trouvera d'abord des Réflexions et des Fables, espèce de poésie déjà connue par l'Introduction ; mais par laquelle nous avons cru à propos de commencer encore, parce qu'il est possible que ce Recueil soit mis entre les mains de jeunes gens qui n'aient pas

fait

usage du Parnasse des Enfans. Quant à ceux qui connaîtront les Maximes, Pensées, et petites Fables que nous y avons données, il leur sera facile de les comparer avec celles-ci. C'est particulièrement ce rapprochement que nous avons eu en vue, comme un moyen qui contribue aux progrès, en accoutumant les Élèves à distinguer ce qui tient à la poésie, de ce qui n'est que de la prose rimée.

Nous avons terminé cette première Partie par des Epîtres, des Satires et des Fragmens de poëmes didactiques qui, ainsi que les Fables, appartiennent au genre moral et familier.

Les Poésies de la seconde Partie sont aussi du genre moral, mais non point familier. C'est là que nous nous sommes proposé de faire sentir à nos Elèves, par les Cantiques de Racine et de son fils, par un choix des Odes sacrées de J. B. Rousseau, par des Fragmens du Poëme de la Religion, et quelques scènes d'Esther, que notre langue est susceptible d'un arrangement de mots et d'une noblesse d'expressions propres à louer Dieu et à célébrer les merveilles de la création. Les autres pièces que nous y avons insérées, étant du genre sérieux n'y paraîtront point déplacées.

Dans la troisième Partie, nous avons eu intention de faire connaître deux genres de Poésie, dans lesquels notre langue est assez riche. La Poésie descriptive et la Poésie dramati Pour cet effet nous avions d'abord rassemblé des morceaux épars dans les meilleurs Recueils poétiques,

et dont le mérite est généralement reconnu ; mais en réfléchissant que nous travaillions pour les jeunes gens, et qu'ils lisent avec peu d'intérêt des pièces détachées des ouvrages qu'ils ne connaissent pas, nous avons préféré de puiser les descriptions dans des poëmes, nouveaux à la vérité, mais auxquels les Français attachent du mérite, et qu'ils citent le plus souvent dans leur conversation : peutêtre ces Fragmens recevront-ils quelque intérêt de l'espèce d'ordre dans lequel nous les avons présentés.

Quant aux scènes tragiques, l'expérience nous a démontré que les plus belles, même de Corneille, de Racine, de Crébillon et de Voltaire, fixent à peine l'attention des jeunes lecteurs, lorsqu'on les leur présente séparées des pièces dont elles font partie. En conséquence nous nous sommes décidés à indiquer, à cet égard, et même à suivre la méthode

que nous avons adoptée dans nos leçons particulières; elle consiste, à donner d'abord un exposé succint du sujet de la pièce jusqu'au moment où commence l'action; ensuite à marquer avec un crayon tous les endroits que l'on peut supprimer à la lecture, sans nuire ni à la connaissance des principaux personnages, ni à la marche des événemens qui conduisent au dénouement; de sorte que le lecteur sent mieux la liaison des actes, et croit voir jouer sous ses yeux la pièce qu'il ne met pas plus de temps à lire qu'on en met en effet à la représenter. C'est après ce premier essai que nous avons souvent eu la satisfaction d'entendre nos Elèves exprimer un vif désir de lire la pièce tout au long, et surtout de la voir un jour représentée par des acteurs capables d'en faire sentir toutes les beautés.

Après avoir occupé nos Elèves de poésies sérieuses, il était naturel de leur procurer un peu de délassement. Nous croyons avoir atteint ce

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