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Il n'y a que du beau : le laid n'existe pas. Mais il y a des degrés dans le beau : au sommet, c'est le sublime, au-dessous est le beau proprement dit, au milieu est le joli, au bas il n'y a plus que des choses indifférentes. Toutefois, un cil perçant y retrouve un peu de tout ce qui précède, comme dans cette série de dégradations où Lavater nous fait passer de la plus belle tête, celle d'Apollon, å celle du crapaud. Le même type se retrouve partout. Alors le laid n'est plus que la présence très faible du beau. C'est en ce sens qu'on peut prendre le mot de Shakespeare : Foul is fair, le laid est le beau.

Le botaniste ne rencontre pas de fleur laide ; l'animalier trouve à tous les animaux leur beauté. L'artiste ne rencontre pas dans la nature de lignes, de couleurs, de contrastes qu'il flétrisse du nom de laideur. Il n'y a pas d'homme normal qui n'ait, au physique ou au moral, des éléments de beauté. Agrandissez l'esprit et vous agrandissez le domaine du beau aux dépens de l'indifférent. Le laid ne peut donc être que très faiblement beau. Le laid est au beau ce que le froid est à la chaleur, c'est-à-dire un échelon inférieur de l'échelle du calorique. Dans l'échelle de l'évolution animale, la laideur est une beauté arrêtée dans son développement. On peut très bien dire qu'une chose est plus belle qu'une autre, que l'Océan, par exemple, est plus beau qu'un lac; mais, le plus souvent, pour être juste, il faut dire qu'une chose belle est différemment belle d'une

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