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DE L'IMPRIMERIE D'A. EGRON,
rue des Noyers, n° 37.

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S'il y a quelque chose d'ingénieux dans la république des lettres, on peut dire que c'est la manière dont Ésopę, a débité sa morale. Il seroit véritablement à soubaiter que d'autres mains que les miennes y eussent ajouté les ornements de la poésie, puisque le plus -sage des anciens a jugé qu'ils n'y étoient pas inutiles, J'ose, monseigneur, Vous en présenter quelques essais. C'est un entretien convenable à vos premières années. Vous êtes en un åge où l'amusement et les jeux sont permis

La Fontaine. Fables.

aux princes; mais en même temps vous devez donner quelques unes de vos pensées à des réflexions sérieuses. Tout cela se rencontre aux fables que nous devons à Ésope. L'apparence en est puérile , je le confesse ; mais ces puérilités servent d'enveloppe à des vérités importantes.

Je ne doute point, monseigneur, que vous ne regardiez favorablement des inventions si utiles et tout ensemble si agréables : car que peut-on souhaiter davantage que ces deux points ? Ce sont eux qui ont introduit les sciences parmi les hommes. Esope a trouvé un art singulier de les joindre l'un avec l'autre : la lecture de son ouvrage

répand insensiblement dans une ame' les semences de la vertu, et lui apprend à se connoître , sans qu'elle s'aperçoive de cette étude , et tandis qu'elle croit faire tout autre chose. C'est une adresse dont s'est servi très heureusement celui sur lequel sa majesté a jeté les yeux pour vous donner des instructions. Il fait en sorte que vous apprédiet sans peine , ou; pour mieux parler, avec plaisir, tout ce qu'il est nécessaire qu'un prince sache. Nous espérons beaucoup de cette conduite. Mais , à dire la vévité, il y a des choses dont nous espérons infiniment davantage: ce sont, mongeigneur, les qualités que notre invincible monarque vous a données avec la naissance; c'est l'exemple que tous les jours il vous donne. Quand

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vous le voyez former de si grands desseins ; quand vous le considérez qui regarde sans s'étonner l'agitation de l'Europe et les machines qu'elle remue pour le détourner de son entreprise; quand il pénètre dès sa première démarche jusques dans le coeur d'une province où l'on trouve à chaque pas

des barrières insurmontables, et qu'il en subjugue une autre en huit jours, pendant la saison la plus ennemie de la guerre, lorsque le reposet les plaisirs règnent dans les cours des autres princes ; quand , non content de domter les bommes, ill veut triompher aussi des éléments; et quand, au retour de cette expédition où il a vaincu comme un Alexandre, vous le voyez gonverner ses peuples comme un Auguste : avošez la vrai, monseigneur, vous soupirez pour la gloire aussi bien que lui, malgré l'impuissance de vos années; vous attendez avec impatience le temps où vous pourrez vous déclarer son rival dans l'amour de cette divine maîtresse. Vous ne l'attendez pas, monseigneur, vous le prévenez. Je n'en veux pour témoignage que ces nobles inquiétudes, cette vivacité, cette ardeur, ces marques d'esprit, de courage et de grandeur d'ame, que vous faites paroître à tous les moments. Certainement c'est unc joie bien sensible à notre monarque; mais c'est un spectacle bien agréable pour l'univers, que de voir ainsi croitre une jeune plante qui

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