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of French literature; and especially is it a pleasure to acknowledge our debt to Professor Christian Gauss of Princeton University, and to Professor Colbert Searles of the University of Minnesota.

E. H. S.

F. B. B. MINNEAPOLIS,

February 22, 1923.

HARPER'S FRENCH ANTHOLOGY

THE PLÉIADE

The Pléiade was a group of seven poets, most of whom had been formed under the inspiring tutelage of Jean Daurat, professor of ancient languages and eloquence at the Collège Coqueret in Paris. The name, adopted in imitation of the late school of Greek poets at Alexandria, was a symbol of their determination to restore the ancient cult of beauty as displayed in arts and letters. In 1549, they published this determination in a manifesto entitled: La Défense et Illustration de la langue française. In the conception of this work, they all seem to have participated, although the labor and credit for its composition belong to Joachim du Bellay.

The first part, La Défense, undertakes the defense of French as a suitable medium of literary expression as against Latin. Du Bellay explains the poverty of French and shows how it can be remedied by following the example of the Romans who had used the Greeks as guides. He urged the enrichment of the language by the coinage of new words, by widening the usage of words already existing, by the adoption into the literary language of technical and dialect words and by the rehabilitation of words which had become obsolete. In the second part, Illustration, ignoring all French poetry before his time except the Roman de la Rose, du Bellay shows how French may be given "lustre," by imitation, by invention and by “doctrine.” He urges a more elevated ideal as the aim of the poet, the abandoning of the old types of poetic expression, such as "rondeaux, ballades, virelais, chants royaux, chansons et autres telles épiceries," and he invites the new poet to imitate the classic genres such as the epigram, elegy, ode, the modern sonnet and comedy and tragedy.

Du Bellay, less ambitious as poet than as a propagandist, devoted himself chiefly to the composition of sonnets. His first collection, Olive, appeared in 1550. His best known sonnets are found in the two collections: Les Antiquités de Rome (1558) and Les Regrets (1559).

Ronsard, recognized from the first as the chief of the group, composed continually in all the types of lyric poetry which had been advocated in La Défense until his death in 1585. The best known collections of his poems are: Les Odes (1550) and Les Amours addressed to Cassandre (1552), to Marie (1557) and to Hélène (1574).

DU BELLAY

(1525-1560)
QUE LE NATUREL N'EST SUFFISANT À CELUI
QUI EN POÉSIE VEUT FAIRE CUVRE DIGNE

DE L'IMMORTALITÉ. Toutefois d'autant que l'amplification de notre langue (qui est ce que je traite) ne se peut faire sans doctrine et sans érudition, je veux bien avertir ceux qui aspirent à cette gloire, d'imiter les bons auteurs Grecs et Romains, voire bien Italiens, Espagnols et autres : ou du tout n'écrire point, sinon à soi

5 (comme on dit) et à ses Muses. Qu'on ne m'allègue point ici quelques uns des nôtres, qui sans doctrine, à tout le moins non autre que médiocre, ont acquis grand bruit en notre vulgaire.

Qu'on ne m'allègue point aussi que les poètes naissent; car cela s'entend de cette ardeur, et allégresse d'esprit, qui 10 naturellement excite les poètes, et sans laquelle toute doctrine leur serait manque et inutile. Certainement ce serait trop facile, et pourtant contemptible, se faire éternel par renommée, si la félicité de nature donnée même aux plus indoctes était suffisante pour faire chose digne de l'immortalité. Qui veut 15 voler par les mains et bouches des hommes doit longuement demeurer en sa chambre; et qui désire vivre en la mémoire de la posterité, doit, comme mort en soi-même, suer et trembler maintefois, et, autant que nos poètes courtisans boivent, mangent et dorment à leur aise, endurer de faim, de soif et de 20 longues vigiles. Ce sont les ailes dont les écrits des hommes volent au ciel.

-La Défense et Illustration de la Langue

française, Book II, chap. III, 1549.

CONCLUSION DE TOUT L'EUVRE Là donc Français, marchez courageusement vers cette superbe cité romaine : et des serves dépouilles d'elle (comme vous avez fait plus d'une fois) ornez vos temples et autels. .

25 Donnez en cette Grèce menteresse et y semez encore un coup

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