Page images
PDF
EPUB
[ocr errors]

PARÍS. IMPRIMERIE LE NORMANT FILS, RUE DE SEINE, No 8,

FAUBOURG SAINT-GERMAIN,

FRANÇAISE

OU

DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE,

CRITIQUE, HISTORIQUE, ANECDOTIQUE, LITTÉRAIRE,

CONTENANT

Un choix d'Archaïsmes, de Néologismes, d'Euphemismes, d'expressions

figurées ou poétiques, de tours hardis, d'heureuses alliances de mots,
de solutions grammaticales, etc.

POUR SERVIR A L'HISTOIRE DE LA LANGUE FRANÇAISE.

PAR M. FR. NOËL,
Aaden membre du Conseil d'Instruction publique, inspecteur-général honoraire, chevalier
de la Légion d'Honneur, de plusieurs Sociétés savantes, auteur du Cours de Litterature
comparée, elc.

ET M. L. J. CARPENTIER,
Membre de l'Université, auteur du Gradus français , etc.

[merged small][graphic][merged small]

LE NORMANT PÈRE, LIBRAIRE, RUE DE SEINE, No 8.

MDCCCXXXI.

[merged small][ocr errors][merged small]

PHILOLOGIE FRANÇAISE.

I

VOLTAIRE.

[ocr errors]

ICELUI, ICELLE , pron. formé du lettres : on a dit ci pour ici, en ce latin hicce ille , hæcce illa (celui-ci, | lieu : celui-là).

« En ce temps les taverniers faiCe vieux mot était encore usité au soient crier devant leur huis, cy a Palais, il y a quarante ans, Racine bon vin. » cL. FAUCIET , de l'Origine s'en était servi dans ses Plaideurs de la langue et poésie françoises. il fait un assez bon effet :

Les biens sont loin de nous et les maux sont ici; Tiana trois procureurs dont icelui Citron C'est de l'esprit français la devise éternelle. A dechire la robe. Act. 111, sc. 3.

Ou plutôt celle du genre humain. Exposer à vos yeu l'idée universelle

Ici-bas, sur la terre, dans le De ana cause et des faits renfermés en icelle. monde.

Le même.

Les Levantins en leur légende Nos jeunes praticiens ont répudié Disent qu'un certain rat , las des soins d'ici-bas, l'héritage de tous ces anciens termes ,

Dans un fromage de Hollande

Se retira loin du tracas. et cru avec raison que la langue, telle

LA FONTAINE, liv. vii, falle 3. que tout le monde la parle , suffisait à l'éloquence du barreau. Cependant

L'invisible espérance, nous devons regretter ce pronom qui

Qui daigne à nos côtés ici-bas

voyager

Veille encor près de nous au moment du trépas. jetait de la clarté dans le langage. Il DE FONTANES,

trad. de l'Essai sur l'homme. ne nous reste plus à sa place que le

ICONOGRAPIIE, s. m. du grec pronom son, sa , qui répond au suus, sua des Latins, et nous n'avons plus

cixcy (eikón ) image, et ypápery tien qui répond à l'ejus. Cette disette (graphein) écrire; celui qui est versé

dans la connaissance des images, des cause beaucoup d'embarras dans la construction de nos phrases, où le

tableaux. pronom son, sa , est souvent amphi- Ce mot n'est porté dans aucun de bologique, en sorte qu'il faut quel

nos dictionnaires, sans en excepter quefois beaucoup d'attention pour ne

celui de l'Académic, quoiqu'on y pas se méprendre sur le sens.

trouve le substantif iconographie, et ICI, n. m. C'est un nom abstrait

l'adjectif iconographique. qui désigne le lieu où l'on est , le lieu

« Les iconographes modernes , lit

on dans le Dict. de la Fable, Paris, le plus près. Il vient, sclon J. Sylviis, du latin ibi (y, que nos pères nifié sous la forme d'une jeune

1810, au mot Age d'or, l'ont personécrivaient i), et de hic (ci). Chi pour 6, ici, se trouve dans l'Ordene de femme, etc. » chevalerie, par Hue de Tabaric ; ce IDÉAL, ALE, adj. dérivé d'idée ; n'était donc qu'une transposition de l qui n'existe que dans notre idée.

de s'en moquer.

Le beau idéal , nom que nos litté- On appelait autrefois docteurs rateurs et nos artistes ont donné à idémistes, ceux qui , dans les assemce beau , qui n'existe que dans notre blées, se contentaient d'opiner du imagination et qui surpasse la nature; bonnet, et de dire : idem, cum, elc., nos héros de romans et de tragédies sans motiver leur adhésion. rentrent dans le beau idéal ; ceux des

IDENTITÉ, s. f. «Dieu sait si Grecs se rapprochaient plus de la nature.

notre ambassadeur soutiendra bien L'Académie et l'abbé Féraud pré- l'identité du plus grand roi du monde! tendent que cet adjectif n'a pas de

comme dit M. de Nevers. » Mme de pluriel masculin. Buffon a dit des Sévigné, en employant cette phrase , étres idéaux; et nous croyons, avec

cite son autorité, et a un peu l'air M. Laveaux, que ce pluriel peut et doit être admis,

IDÉOLOGIE, s. f. du grec lsiz IDÉALISER, v. « On est précipité à (idea ) idée, déços (logos) discours ; chaque instant du haut des siècles traité, partie de la métaphysique qui sur la nouvelle du jour , et l'on ar- traite des idées. C'est un terme nourive trop subitement d'une planète, yeau dont les logiciens ont enrichi la où l'on idéalise tout ce qui est bien, langue. M. de Tracy a donné le nom sur une autre où l'on réalise tout ce d'ideologic à un excellent traité qu'il qui est mal. » VILLETERQUE.

a fait sur les facultés intellectuelles

de l'homme. IDÉALISTE, s. m. L'Académie, qui porte le substantif idéalisme, ne dit

IDÉOLOGUE, s. m. celui qui s'ocrien du mot idéaliste , quoique Dide- cupe d'idéologie. Ce terme est nourot se soit servi de ce terme et en ait veau comme le précédent. donné la définition : « On appelle idéalistes, ces philosophes qui ,

IDES, s. f. pl. division des mois n'ayant conscience de leur exis

chez les Romains, c'est-à-dire, le que tence et des sensations qui se suc

quinzième jour du mois de mars, cèdent au-dedans d'eux-mêmes, n'ad

de mai, de juillet et d'octobre; et le

treizième des autres mois. Ce mot mettent pas autre chose. » Lettre sur les Aveugles, à l'usage de ceux qui

vient du latin idus ; et idus, selon voient, pag. 96.

Varron, vient de ce qu'en langue

toscane iduare signifiait diviser, d'anidée, s. f. du latin idea , venu du

tant que les ides divisaient le mois grec idéa (idea ) dont la racine est

en deux parties presque égales. idéey (ide'in ) voir. « J'appelle idee, dit Locke, liv. Il, ch. 8, tout ce que

IDIOT, OTE, s. et adj. du grec l'esprit aperçoit en lui-même. » lorcéens (idiótes), racine:idos (idios)

« Un gouvernement parfait ne se propre, particulier. Les hommes qui trouve que dans le pays des idées. » vivent en particulier, privés du

commerce de la société, n'acquièrent Helvétius avançait des paradoxes, que fort peu de connaissances, de là pour avoir le plaisir d'entendre les le inot idiota , idiot en français pour combattre; il appelait cela u aller à inexpérimenté, inhabile, sot. Cicela chasse des idées. »

ron a dit dans son Oraison contre IDÉER, V. Les Italiens disent

Verrès, touchant les statnes ( de idearsi (s'imaginer). Le mot ideare signis), $ 2 : « In quo signa pulformé par eux du mot latin et ita

cherriina quatuor, summo artificio,

summá nobilitate ; quæ non modò lien idea (idée ) aurait pu nous don

istum hominem ingeniosum, atque ner le mot ideer. L'intéressant Mussicu, élève de l'abbé Sicard, a usé de intelligentem; verùm etiam quemvis ce terme.

nostrúm, quos iste idiotas appellat,

delectare possent. » (On y voit quatre IDÉMISTE, s. m. du latin idem statues d'un travail exquis, et d'une (le même).

beauté à ravir, je ne dis pas Verrès

BAYLE.

« PreviousContinue »