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B1873

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A LA MÉMOIRE

DE

VICTOR COUSIN

L’ÉLOQUENT RÉNOVATEUR DE LA PHILOSOPHIE CARTÉSIENNE

C'est à son instigation el sur ses conseils que nous avons entrepris ce travail. Il est juste qu'il en reçoive l'hommage et qu'il lui prête l'appui de son nom.

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AVANT-PROPOS

Les progrès de l'esprit humain sont dus à la forte impulsion de quelques génies heureux qui ont su penser.

De ce nombre est Descartes.

La révolution qu'il a faite dans les sciences mathématiques a ouvert les voies à Newton.

Sa méthode nous a affranchis du joug de la scolastique.

Il a ramené la philosophie à sa source, la pensée; ; il l'a replacée sur sa véritable base, l'évidence.

Sous ce rapport, le suffrage des maîtres les plus autorisés a consacré sa gloire.

Il a été proclamé, malgré quelques contradicteurs, le père de la philosophie moderne, et la postérité, nous n'en doutons pas, confimera ce titre.

Nous voudrions montrer aujourd'hui, autant que nos forces nous le permettent, la part qui lui revient dans les progrès de la physiologie et de la médecine.

Il y a apporté peu de vérités nouvelles; à ces vérités, il a mêlé beaucoup d'erreurs; et néanmoins, nous persistons à croire que les physiologistes modernes lui sont, en grande partie, redevablés des résultats positifs qu'ils ont obtenus.

Cela paraît contradictoire, et pourtant rien n'est plus simple.

C'est que ces résultats ne sont pas dus aux notions qu'il nous a fournies, aux découvertes qu'il a faites, mais bien à la direction qu'il a imprimée à nos recherches, à l'ordre d'idées et de vues dans lequel il a retenu les esprits par ses hypothèses mêmes.

Les erreurs de Descartes en physiologie viennent de ce qu'il n'a pas été fidèle à sa méthode.

Au lieu de remonter patiemment de l'effet à la cause, et d'attendre, avant de se prononcer, que la vérité lui fut démontrée par l'observation et par

l'expérience, il a expliqué les effets par les causes qu'il

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