Lettre à M. [Jean Le Rond] d'Alembert sur les spectacles: Publ. avec une introd., un sommaire, des appendices et des notes historiques et grammaticales

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Hachette, 1896 - Theater - 230 pages
 

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Page 174 - Non, peuples heureux, ce ne sont pas là vos fêtes. C'est en plein air, c'est sous le ciel qu'il faut vous rassembler et vous livrer au doux sentiment de votre bonheur.
Page 175 - Mais quels seront enfin les objets de ces spectacles? qu'y montrera-t-on? Rien, si l'on veut. Avec la liberté, partout où règne l'affluence, le bien-être y règne aussi. Plantez au milieu d'une place un piquet couronné de fleurs, rassemblez-y le peuple, et vous aurez une fête. Faites mieux encore : donnez les spectateurs en spectacle ; rendez-les acteurs eux-mêmes ; faites que chacun se voie et s'aime dans les autres, afin que tous en soient mieux unis.
Page 46 - Quel est le plus criminel d'un paysan assez fou pour épouser une demoiselle, ou d'une femme qui cherche à déshonorer son époux? Que penser d'une pièce où le parterre applaudit à l'infidélité , au mensonge , à l'impudence de celle-ci , et rit de la bêtise du manant puni...
Page 48 - Qu'est-ce donc que le misanthrope de Molière? Un homme de bien qui déteste les mœurs de son siècle et la méchanceté de ses contemporains ; qui , précisément parce qu'il aime ses semblables , hait en eux les maux qu'ils se font réciproquement , et les vices dont ces maux sont l'ouvrage.
Page 38 - Vois quel est Mahomet : nous sommes seuls ; écoute : je suis ambitieux ; tout homme l'est, sans doute ; mais jamais roi, pontife, ou chef, ou citoyen, ne conçut un projet aussi grand que le mien. Chaque peuple à son tour a brillé sur la terre, par les lois, par les arts, et surtout par la guerre ; le temps de l'Arabie est à la fin venu.
Page 51 - Ce Philinte est le sage de la pièce ; un de ces honnêtes gens du grand monde, dont les maximes ressemblent beaucoup à celles des fripons ; de ces gens si doux, si modérés, qui trouvent toujours que tout va bien, parce qu'ils ont intérêt que rien n'aille mieux ; qui sont toujours contents de tout le monde, parce qu'ils ne...
Page 44 - On convient, et on le sentira chaque jour davantage , que Molière est le plus parfait auteur comique dont les ouvrages nous soient connus : mais qui peut disconvenir aussi que le théâtre de ce même Molière, des talens duquel je suis plus l'admirateur que personne , ne soit une école de vices et de mauvaises mœurs...
Page 45 - Il fait rire, il est vrai, et n'en devient que plus coupable, en forçant, par un charme invincible, les sages mêmes de se prêter à des railleries qui devraient attirer leur indignation.
Page 53 - Ce sont vingt mille francs qu'il m'en pourra coûter; Mais pour vingt mille francs j'aurai droit de pester Contre l'iniquité de la nature humaine, Et de nourrir pour elle une immortelle haine.
Page 47 - C'en est assez, ce me semble, pour rendre Molière inexcusable. On pourrait dire qu'il a joué dans Alceste, non la vertu, mais un véritable défaut, qui est la haine des hommes. A cela je réponds qu'il n'est pas vrai qu'il ait donné cette haine à son personnage : il ne faut pas que ce nom de misanthrope en impose, comme si celui qui le porte était ennemi du genre humain.

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