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Ferdinand BRUNOT

Ancien élève de l'Ecole normale supérieure
Chargé d'un cours complémentaire à la Faculté des Lettres de Lyon

Lauréat de l'Académie française

On dira que nous avons été d'excellents
arrangeurs de syllabes et que nous avons
eu une grande puissance sur les paroles
pour les placer si à propos chacune à leur
rang. (Malherbe, cité par Racan, Mallı.
(Eur., éd. La). I, LXXVI).

Avec 5 Planches hors texte

PARIS
G. MASSON, ÉDITEUR
LIBRAIRE DE L'ACADÉMIE DE MÉDECINE

120, BOULEVARD SAINT-GERMAIN

1891

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Droits de traduction et de reproduction réservés

PRÉFACE

« Rien ne donne, disait Sainte-Beuve, une idée plus nette des changements introduits par Malherbe dans la langue et la versification que la lecture des notes sur Desportes. » (1) Saint-Mare, frappé de la même pensée, avait, dès le siècle dernier, fait un extrait de ces notes, divisé en quarante-deux chapitres. Depuis lors, elles ont élé éditées ; mais elles méritent plus encore, et nous avons cru que classées méthodiquement, commentées par des rapprochements historiques, elles pourraient, mieux que toutes les biographies, mieux que l'analyse même des ouvrages de Malherbe, faire connaitre dans le détail la réforme de cet homme, sur lequel on a porté et on peut porter encore des jugements bien différents, mais qui, en tous cas, a eu dans notre histoire littéraire une importance immense et sur notre langue une influence que l'on ne saurait méconnaitre.

Quand il s'agit d'un chef d'école quelconque, il est en effet toujours intéressant, encore qu'il ait surtout agi par l'exemple, de recueillir, ne serait-ce qu'une partie de sa doctrine, pour s'expliquer sa manière. Ici nous avons mieux que des fragments, ou plutôt nous avons des fragments qui, mis bout à bout et coordonnés, forment une théorie presque complète de la versification, du style, de la grammaire tels que Malherbe les voulait.

Or, on sait que le maître, soit dédain, soit paresse, soit défiance, n'a jamais voulu écrire de traité dogmatique. Il renvoyait à son Tite-Live, quand on lui demandait une grammaire. Mais ce Tite

(1) Xvr siècle en France p. 152. Comp, Chasles, Revue de Paris, décembre 1840, p. 144: « C'est pour les hommes qui veulent approfondir l'histoire de notre idiome un précieux volume que celui-ci. >>

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