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Je ne justifierai point l'emploi que je fais dans ce Classique, d'Érasme , de Jouvenci et de Giraud. Le premier, nourri de la lecture des meilleurs écrivains du siècle d'Auguste ; leur plus heureux imitateur, et ayant eu la principale part à la renaissance des Lettres latines , a presque le droit d'être regardé comme un ancien. Le second, également formé à l'école de ces grands modèles , est comme naturalisé dans les colleges par son Appendix , par ses Interprétations continues du texte de divers Auteurs Latins , et par ses savantes Notes sur plusieurs d'entr'eux. Le troisième n'emploie aucune expression , aucun tour de phrase, sans s'appuyer de l'exemple de ces modèles. On peut dire

que

l'excellente latinité de ses Fables est comparable à celle des Fables de Commire, le poëte latin moderne, dont la diction respire le plus le goût antique.

IN USUM SEXTANORUM,

Præcipuæ res Historiæ Romanæ , ex

EU TROPII Breviario desumptæ.

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OMULUS, condita civitate , quam ex no

, mine suo Romam vocavit , hæc ferè egit, Multitudinem finitimorum in civitatem recepit : centum ex senioribus elegit , quorum consilio omnia ageret , quos Senatores nominavit propter senectutem. Tunc cùm uxores ipse et populus non haberent, invitavit ad spectaculum ludorum vicinas Urbis nationes, atque earum virgines rapuit. Commotis bellis propter raptarum injuriam , Cæninenses vicit , Antemnates, Crustuminos, Sabinos , Fidenates, Veientes, (hæc omnia oppida Urbem cingunt :) et cum orta subitò tempestate non comparuisset , anno regni trigesimo-septimo, ad deos transisse creditus, consecratus est. Deinde Romæ per quinos dies

POUR LES SIXIÈMES:

Principaux évènemens de l'Histoire

Romaine tirés de l’Abrégé d’EUTROPE.

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Trad. de l'Abbé LEZE A V.

Rome sous les Rois.

APRÈS

que Romulus eut fait bâtir cette ville qu'il appela Rome, de son nom , voici à peu près ce qu'il fit. Il y attira une grande foule d'habitans des lieux circonvoisins : parmi les hommes les plus âgés , il en choisit cent, pour former son conseil, et leur donna le nom de sénateurs à cause de leur grand âge. Par la suite comme lui et son peuple manquoient de femmes, il invita ses voisins à la représentan tion de certains jeux qu'il fit célébrer , et il enleva leurs filles. Dans les guerres que ce rapt suscita , il vainquit les Céniniens, les Antemnates , les Crustuminiens , les Sabins , les Fidenates et les Véïens , dont les villes étoient aux environs de Rome. Enfin la trente-septième année de son règne, ayant disparu dans un orage qui survint tout-à-coup, comme on crut que

les dieux l'avoient enlevé, on le déifia. Après sa mort les sénateurs gouvernèrent chacun penSenatores imperaverunt; et his regnantibus annus unus completus est.

Postea Numa Pompilius rex creatus est : qui bellum nullum quidem gessit, sed qui non minus civitati quàm Romulus profuit. Nam et leges Romanis , moresque constituit, qui consuetudine præliorum jam latrones ac semi-barbari putabantur. Annum descripsit in decem menses, priùs sine aliqua computatione confusum : et infinita Romæ sacra ac templa constituit. Morbo decessit quadragesimo-tertio imperii anno.

Huic successit Tullus Hostilius. Hic bella reparavit, Albanos vicit qui ab urbe Roma duodecimo milliario, sunt : Veientes et Fidenates quorum

alii sexto milliario absunt ab urbe Ro. mana alii octavo-decimo , bello superavit. Urbem ampliavit adjecto Cælio monte. Cum triginta-duobus annis regnasset, fulmine ictus cum domo sua arsit.

Post hunc Ancus Marcius, Numæ ex filia nepos , suscepit imperium. Contra Latinos dimicavit : Aventinum Montem civitati adjecit, et Janiculum : Ostiam civitatem suprà mare sexto-decimo milliario ab Urbe condidit , vigesimo-quarto anno imperii morbo periit.

Deindè regnum Priscus Tarquinius suscepit. Hic numerum Senatorum duplicavit ; Circum Romæ ædificavit; Ludos Romanos instituit, qui ad nostram memoriam permanent. Vicit idem etiam Sabinos , et non parum agrorum sublatum iisdem , urbis Romæ territorio adjunxit; pri. musque triumphans Urbem intravit : muros fe

qui

dant cinq jours, et il se passa une année entière sous leur gouvernement.

Après cette année d'interrégne, on choisit pour roi Numa Pompilius, qui sans jamais faire la guerre, contribua autant que Romulus à la prospérité de Rome. Il y établit des lois, et adoucit l'humeur farouche des Romains , par l'habitude qu'ils s'étoient faite de combattre , étoient déjà regardés comme des voleurs et des demi-barbares. Il partagea en dix mois l'année qui n'avoit auparavant ni ordre ni régle. Il institua dans Rome grand nombre de cérémonies et de sacrifices, et y fit élever plusieurs temples. Il mourut de maladie la quarante-troisième année de son règne.

Tullus Hostilius succéda à Numa; il reprit les armes, et vainquit les Albains qui sont à douze milles de Rome , les Véiens et les Fidenates, dont les uns en sont éloignés de six milles, et les autres de dix-huit; il accrut la ville en y renfermant le mont Cælius : après avoir régné trente-deux ans, il fut frappé de la foudre qui le brûla avec tout son palais.

Ancus Marcius, petit-fils de Numa par sa fille Pompilie , lui succéda. Il fit la guerre aux Latins, et ajouta à la ville le mont Aventin et le Janicule; il fit bâtir à seiz emilles de Rome la ville d'Ostie sur l'embouchure du Tibre , et mourut de maladie la vingt-quatrième année de son règne.

Ensuite régna Tarquin l'Ancien. Il doubla le nombre des sénateurs, fit bâtir le grand cirque, et institua les jeux Romains dits les grands Jeux, qu'on celebre encore aujourd'hui. Il vainquit aussi les Sabins , et ajouta au territoire de Rome une bonne partie de leurs terres dont il s'étoit emparé. Il fut le premier qui entra dans Rome

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