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Bernardet, Et par là qu'on se maintient! Nous jurons donc d'employer tout notre crédit ....

Dutillet.
Toute notre influence....

Montlucar.
Tous nos amis....

Bernardet. Pour faire proclamer notre camarade Oscar Rigaut député.

Tous.
Nous les jurons!

Bernardet,
A charge de revanche!

Oscar,
Je le jure!

Bernardet.
Et sur ce, je bois à sa nomination,

Oscar.
A la vôtre, aux camarades, à l'amitié !

Tous.
Amitié éternelle!

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La scène se passe à Paris, ohea Monsieur Mercadot.

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SCÈNE I.

Justin; Virginie, Thérèse.

Justin. Oui, mes enfants, il a beau nager, il se noiera, ce pauvre Monsieur Mercadet.

Virginie.
Vous croyez?

Justin. Il est brûlé!.... et quoiqu'il y ait bien des profits à faire chez les maîtres embarrassés, comme il nous doit une année de gages, il est temps de nous faire mettre

à la porte.

Thérèse. Ce n'est pas toujours facile.... il y a des maîtres si entêtés. J'ai déjà dit deux ou trois insolences à madame, elle n'a pas eu l'air de les entendre.

Virginie. Ah! j'ai servi dans bien des maisons bourgeoises ; mais je n'en ai pas encore vu de pareilles à celles-ci. Tantôt il faut prendre un air étonnné comme si on tombait de la lune, quand un créancier se présente: „Comment, Monsieur, vous ne savez pas ?

Non. Monsieur Mercadet est parti pour Lyon.

Ah! il est allé ? Oui, pour une affaire superbe, il a découvert des mines de charbon de terre. Ah! tant mieux!.... Quand revient-il? – Mais nous l'ignorons.“ Tantôt

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je compose mon air comme si j'avais perdu ce que j'avais de plus cher au monde.

Justin, à part.

Son argent.

Virginie. Monsieur et sa fille sont dans un bien grand chagrin. Madame Mercadet ....

pauvre dame! il parait que nous allons la perdre.... Ils l'ont conduite aux eaux! Ah!

Thérèse. Et puis, il y a des créanciers qui sont si grossiers ! Ils nous parlent.... comme si nous étions les maîtres !

Virginie. C'est fini, je vais demander mon compte et faire régler mon livre de dépense .... mais c'est que les fournisseurs ne veulent plus rien donner sans argent et je ne prête pas le mien.

Justin.
Demandons nos gages.

Thérèse.
Demandons nos gages.

Virginie. Est-ce que c'est là des bourgeots ? Les bourgeois, c'est des gens qui dépensent beaucoup pour leur cuisine.

Justin.
Qui s'attachent à leurs domestiques.

Virginie. Et qui leur laissent des rentes viagères. Voilà ce que doivent être les bourgeois relativement aux domestiques.

Thérèse. Très bien ! Très bien. Malgré ça, je plains mademoiselle Julie. Son mariage est bien aventuré.

Justin. Bah! Vous ne connaissez pas monsieur Mercadet ! Moi qui suis entré chez lui il y a six ans, et qui le vois depuis sa dégringolade, aux prises avec ses créanciers, je le crois capable de tout, même de devenir riche. Tantôt je me disais: „Le voilà perdu.“ Bah! il rebondissait, il triomphait! Et quelles inventions! C'était du nouveau tous les jours !.... du bois en pavé, des duchés, des étangs, des moulins! par exemple, je ne sais pas par où sa caisse est trouée.... il a beau l’emplir, ça se vide comme un verre! Et toujours des créanciers. Quelquefois, quand ils arrivent, ils vont tout emporter, le faire mettre en prison! Il leur parle, et ils finissent par

vivre ensemble. Ils sortent les meilleurs amis du monde et en lui donnant des poignées de main! Il y en a qui domptent les lions et les chacals, lui dompte les créanciers.... C'est sa partie !

Thérèse.
Un qui n'est pas facile, c'est ce monsieur Pierquin.

Justin. Un tigre qui se nourrit de billets de mille francs .... Et ce pauvre père Violette!

Virginie. Un créancier inendiant.... J'ai toujours envie de lui donner de la soupe.

Thérèse.
J'entends madame.

Justin. Soyons gentils, nous apprendrons encore quelque chose.

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