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de la pureté des mours dans tous les états catholiques.

7° De la PORNOCRATIE en France, depuis Brennus jusqu'à nos jours , avec une dissertation sur le principe PORNOCRATIQUE dans les gouvernemens de l'Europe.

8° RECEPI NUMMOs à gogo , ou Diachylon pour les plaies de la révolution, aux dépens de qui n'en peut mais......

9° Hommage des employés de Montmartre, offrant, par l'organe du préfet, la moitié de leur picotin pour l'acquisition de C........

10° Pétition des mémes, demandant double ratelier

pour
les services

par eux rendus dans les dernières élections, en votant à billet ouvert.

11° EPISTOLA CRITICA DOCTISSIMO VIRO Champollion Figeac , dans laquelle on lui prouve, par les hiéroglyphes, qu'il ne sait ce qu'il dit sur les dynasties égyptiennes, attendu que jamais il n'y eut en Égypte que deux races de souverains, dites les DEMOBORUS et les ALIBORUS, depuis ALIBORON I"jusqu'à DÉMOBORON le grand.

I 2° Autopsie du cadavre de la défunte Charte, avec cette épigraphe de Virgile :

CUNCTANTES

INTER CECIDIT MORIBUNDA SINISTROS..

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1

J'ai reçu la vôtre, mon frère ou mon cousin puisque nous sommes issus de germains. Vous voilà bientôt, grâce au ciel, hors des mains de vos rebelles sujets, dont je me réjouis avec vous comme parent, voisin , ami , entièrement de votre avis d'ailleurs sur notre autorité légitime et sacrée. Nous régnons de par Dien qui nous donne les peuples, et nous ne devons compte de nos actes qu'à Dieu ou aux prêtres, cela s'entend. J’ý ajoute, comme conséquence égalenient indubitable , qu'il ne nous faut jamais recevoir la loi des sujets; jamais composer avec eux, ou du moins nous croire engagés par de telles compositions, vaines et nulles de droit divin. C'est aux personnes de notre rang le dernier degré d'abais. sement que promettre aux sujets et leur tenir parole, comme a très bien dit Louis XIV, notre aïeul, de glorieuse mémoire , qui savait son métier de roi. Sous lui, on ne vit point les Français murmurer, quelque faix qu'il leur imposât, en quelque misère qu'il les pût réduire; pas un d'eux ne souffla mot, lui vivant. Pour ses guerres, ses maîtresses, pour bâtir ses palais , il prit leur dernier sou; c'est régner que cela. Charles II d'Angleterre fit de même à peu près; comme nous, rétabli après vingt ans d'exil et la mort de son père, il déclara bautement qu'il aimait mieux se soumettre à un roi étranger, ennemi de sa nation, que de compter avec elle, ou de la consulter sur les affaires de l'état; sentimens élevés et dignes de son sang, de son nom, de son rang. Moi, qui vous écris ceci, mon cousin, je serais le plus grand roi de l'Europe, si j'eusse voulu seulement m'entendre avec mon peuple. Rien n'était si facile. Me préserve le ciel d'une telle bassesse! J'obéis au congrès, aux princes, aux cabinets, et en reçois des ordres souvent embarrassans , tou: jours fort insolens; j'obéis néanmoins. Mais, ce que veut mon peuple, et que je lui promis, je n'en fais rien du tout, tant j'ai de fierté dans l'ame et l'orgueil de ma race. Gardons-la , mon cousin, cette noble fierté à l'égard des sujets, conservons chèrement nos vieilles prérogatives; gouvernons à l'exemple de nos prédécesseurs, sans écouter jamais que nos valets, nos maîtresses, nos favoris, nos prêtres, c'est l'honneur de la couronne; quoi qu'il puisse arriver, périssent les nations plutôt que le droit divin.

i On la dit envoyée de Cadix à M. CANNING , par un de ses agens secrets, qui l'aurait eue d'un valet de chambre, qui l'aurait trouvée dans les poches de sa MAJESTÉ CATHOLIQUE.

Là-dessus, mon cousin, j'entre, comme vous voyez, dans tous vos sentimens, et prie Dieu qu'il vous y maintienne; mais je ne puis approuver de même votre répugnance pour ce genre de gouvernement qu'on a nommé représentatif, et que j'appelle, moi, récréatif, n'y ayant rien que je sache au monde si divertissant pour un roi, sans parler de l'utilité non petite qui nous en revient. J'aime l'absolu; mais ceci....., pour le produit, ceci vaut mieux. Je n'en fais nulle comparaison , et le préfère de beaucoup. Le représentatif me convient à merveille, pouryu toutefois que ce soit moi qui nomme les députés du peuple, comme nous l'avons établi en ce pays fort heureusement. Le représentatif de la sorte est une cocagne, mon cousin. L'argent nous arrive à foison. Demandez à mon neveu d'Angoulême, nous comptons ici par milliards, ou, pour dire la vérité, par ma foi nous ne comptons plus, depuis que nous avons des députés à nous, une majorité, comme on l'appelle, compacte, dépense à faire, mais petite. Il ne m'en coûte pas.... Non, cent voix ne me coûtent pas, je suis sûr, chaque année, un mois de madame du Cayla; moyennant quoi , tout va de soi-même; argent sans compte ni mesure, et le droit divin n'y perd rien; nous n'en faisons pas moins tout ce que nous voulons, c'est-à-dire ce que veulent nos courtisans.

comne

Vos Cortès vous ont dégoûté des assemblées délibérantes ; mais une épreuve ne conclut pas ; feu mon frère s'en trouva mal, et cela ne m'a pas empêché d'y recourir encore, dont bien me prend. Voulez-vous être un pauvre diable lui, qui, faute de cinquante malheureux millions..... Quelle misère! cinquante mille millions, mon cousin, ne m'embarrassent non plus qu'une prise de tabac. Je pensais comme vous vraiment avant mon voyage d'Angleterre; je n'aimais point du tout ce représentatif; mais là j'ai vu ce que c'est : si le Turc s'en doutait, il ne voudrait pas autre chose, et ferait de son Divan deux Chambres. Essayez-en, mon cher cousin, et vous m'en direz des nouvelles. Vous verrez bientôt que vos Indes, vos galions, votre Pérou étaient de pauvres tirelires, au prix de cette invention-là, au prix d'un budget discuté, voté par de bons députés. Il ne faut pas que tous ces mots de liberté, publicité, représentation, vous effarouchent. Ce

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