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remplissaient de pleurs. J'ai ouï conter de lui depuis des choses fort étranges, et qui me rappelérent ce qu'on lit d'Origènes.

Voilà où les réduit le malheur de leur état. Mais pourquoi, me direz-vous, quand on est susceptible de telles impressions, se faire prêtre? Eh! monsieur, se font-ils ce qu'ils sont? Dès l'enfance, élevés par la milice papale, séduits, on les enrôle; ils prononcent ce vou abominable, impie, de n'avoir jamais femme, famille, ni maison; à peine sachant ce que c'est, novices, adolescens, excusables par là; car un væu de la sorte, celui qui le ferait avec une pleine connaissance, il le faudrait saisir, séquestrer en prison, ou reléguer au loin dans quelque ile déserte. Ce væu fait, ils sont oints, et ne s'en peuvent dédire; que si l'engagement était à terme, certes peu le renouvelleraient. Aussitôt on leur donne filles, femmes à gouverner. On approche du feu le soufre et le bitume; car ce feu a promis, dit-on , de ne point brûler. Quarante, mille jeunes gens ont le don de continence pris avec la 'soutane, et sont dès-lors comme n'ayant plus ni sexe ni corps. Le croyez-vous? De sages il en est; si sage se peut dire, qui combat la nature. Quelques-uns en triomphent. Mais combien, au prix de ceux ዓ que grace abandonne dans ces tentations? La grace est pour peu d'hommes, et manque même au plus juste. Comment auraient-ils, eux, ce don

la

de continence, jeunes, dans l'ardeur de l'âge, quand les vieux ne l'ont pas ?

Ce curé de Paris, que Vautrin, tapissier, le trouvant avec sa femme, tua et jeta par la fenêtre, il y a peu d'années (l'aventure est connue dans le quartier du Temple, on n'en fit point de bruit à cause du clergé) : ce curé avait soixante ans, et celui de Pezai en a soixante-huit, qui ne l'ont pas empêché dernièrement encore, de prendre dans les bones une fille mendiante et tombant du 'haut-mal. Il en fit sa maîtresse : autre asfaire étouffée par le crédit des oints; car le père se pláignit, voyant sa fille grosse ; mais l’église intervint. Celui qui ne peut à cet âge s'abstenir d'un objet horrible et dégoûtant, que pensez vous qu'il ait fait à vingt ou vingt-cinq ans, gouverneur d'innocentes et belles créatures? Si vous avez une fille, envoyez-la , monsieur, au soldat, au hussard qui pourra l'épouser, plutôt qu'à l'homme qui a fait voeu de chasteté , plutôt qu'à ces séminaristes. Combien d'affaires à étouffer , si tout ce qui se passe en secret avait des suites évidentes, ou s'il y avait beaucoup de maires comme celui de Saint-Quentin! Que d'horreurs laissent entrevoir ces faits qui transpirent malgré la connivence des magistrats, les mesures prises pour arrêter toute publicité, le silence imposé sur de telles matières! et, sans même parler des crimes, quelles sources d'impuretés, de dés

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ordres, de corruption, que ces deux inventions du

pape, le célibat des prêtres et la confession nommée auriculaire! que de mal elles font? que de bien elles empêchent ! Il le faut voir et admirer là où la famille du prêtre est le modèle de toutes les autres; où le pasteur n'enseigne rien qu'il ne puisse montrer en lui, et, parlant aux pères, aux époux , donne l'exemple avec le précepte. Là, les femmes n'ont point l'impudence de dire à un homme leurs péchés; le clergé n'est point hors du peuple, hors de l'état, hors de la loi; tous, abus établis chez nous dans les temps de la plus stupide barbarie, de la plus crédule ignorance, difficiles à maintenir, aujourd'hui que le monde raisonne, que chacun sait compter ses doigts.

GAZETTE

DU VILLAGE.

(1823.)

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Ce journal n'est ni littéraire, ni scientifique', mais rustique. A ce titre, il doit intéresser tous ceux que la terre fait vivre, ceux qui mangent du pain, soit avec un peu d'ail

, soit avec d'autres mets moins simples. Les rédacteurs sont gens connus demeurant la plupart entre le pont Clouet et le Chêne Fendu ,laboureurs, vignerons, bûcherons, scieurs de long et botteleurs de foin, dont les opinions, les principes, n'ont jamais varié, incapables de feindre ou d'avoir d'autres vues que leur propre intérêt, qui, comme chacun sait, est celui de l'état; tranquilles sur le reste, et croyant qu'eux repus, tout le monde a dîné. Paul-Louis, quelque peu clerc, écoute leurs récits, recueille leurs propos, sentences, dits notables, qu'il couche par écrit, et en fait ces articles, sans y mettre du sien, sans y rien sous-entendre. Il ne faut point chercher ici tant de finesse. Nous nommons par leur nom les choses et les gens. Quand nous disons un 'chou, des citrouilles, un concombre, ce n'est point de la cour ni des grands que nous parlons. Si gros Pierre bat sa femme, nous n'irons pas écrire : Le bruit courait hier que M. de G... P...,; ou dans certains salons, on se dit à l'oreille... Nous contons bonnement, comme on conte chez nous, et plaignons l'embarras de nos pauvres confrères, ayant à satisfaire à la fois les lecteurs qui demandent du vrai, le gouvernement qui prétend que nulle vérité n'est bonne à dire.

M. le maire a entendu la messe dans sa tribune. Après le service divin, M. le maire a travaillé dans son cabinet avec M. le brigadier de la gendarmerie; en suite de quoi, ces messieurs ont expédié leur messager, dit le Bossu, avec un paquet poiir M. le préfet en main propre. Nous savons cela de bonne part, et que le porteur doit revenir avec la réponse ou le reçu; même 'on l'a vu passer près de la Ville-aux-Dames , où il a bu un coup. Quant au contenu de la dépêche, rien n'a transpiré. On soupçonne qu'il s'agit de quelques mauvais sujets qui veulent danser le dimanche et travailler le jour de Saint-Gilles.

Madame, femme de M. le maire, est accouchée d'un gentilhomme, au son des cloches de la paroisse.

--Les rossignols chantent, et l'hirondelle arrive

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