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Que c'est là un grand mal, et que, pour y remédier, il serait bon d'élever les princes au collége, loin desdits courtisans', comme on voit à Paris le jeune duc de Chartres, enfant qui promet d’être quelque jour un homme de bien, et dont on espère beaucoup;

Que par ce moyen lesdits princes, instruits à l'égal de leurs sujets, élevés au milieu d'eux, parlant la même langue, s'entendraient avec eux contre lesdits

gens cour, et peut-être parviendraient à délivrer le monde de cette engeance perverse, détestable, maudite;

Qu’ainsi, on ne verrait plus ni Saint-Barthélemy, ni frondes, ni dragonnades, ni révolutions, contre-révolutions', qui, après force coups et grand massacre de gens, tournent toutes au profit de la susdite valetaille;

Qu'un tel amendement aux choses de ce monde, bien loin d'être impossible”, comme quelquesuns le croient, se fait quasi de soi, sans qu'on y prenné garde; que le temps d'à présent vaut mieux que le passé; que princes et sujets sont meilleurs qu'autrefois“; qu'il y a parmi nous moins de vices, plus de vertus; ce qui tend à insinuer calomnieusement, contre toute vérité, que même les cour

Voyez page 184.
Voyez page 182.

2

3 Méme page.

4 Voyez page 185.

tisans, exerçant près des rois l'art de la flagornerie, sont maintenant moins vils, moins lâches, moins dévoués, moins fidèles au trésor que ne furent leurs devanciers.

Et, pour conclusion, que les princes, nés princes, sont les seuls bons, aimables, avec qui l'on puisse vivre. Que les autres connus sous les noms de héros ou princes d'aventure, ne valent rien du tout. Que nous en avons vu' montrer une insolence à nulle autre pareille, et que ceux qui les flattaient valaient encore moins , apôtres aujourd'hui de la légitimité , prêts à verser pour elle leur

sang, etc.

Lesquelles propositions scandaleuses , impies et révolutionnaires, auraient été par lui recueillies, mises en lumière dans un pamphlet intitulé: Simple Discours, espèce de factum pour les princes contre les courtisans, saisi par la police comme contraire aux pensions, gratifications et dilapidations de la fortune publique; poursuivi par M. le procureur du roi, comme propre à éclairer lesdits princes et rois sur leurs vrais intérêts.

Tels sont les principaux griefs articulés contre Paul-Louis par les syndics du corps de la flagornerie, Siméon, Jacquinot de Pampelune et autres, poursuivant en leur nom, et comme fondés de pouvoir de la corporation.

Voyez page 193.

cour,

Et ajoutent lesdits syndics, aux charges cidessus énoncées, qu'en outre Paul-Louis, voulant porter atteinte à la bonne renommée dont jouissent dans le monde lesdites

gens

de aurait mal-à-propos, sans en être prié, conté à tout venant les histoires oubliées de leurs pères et grandspères , rappelé les aventures de leurs chastes grand mères, en donnant à entendre que tous .chiens chassent de race, et autres discours pleins de malice et d'imposture.

Et que, par maints propos plus coupables encore, subversifs de tout ordre et de toute morale, comme de toute religion , il aurait essayé de troubler aucunement lesdites gens de cour dans l'antique, légitime et juste possession où ils sont, de tous temps, de partager entre eux les revenus publics, le produit des impôts, dont l'objet principal, ainsi que chacun le sait, est d'entretenir la paresse et d'encourager la bassesse de tous les fainéans du royaume.

A raison de quoi ils ont cité et personnellement ajourné ledit Paul-Louis à comparoir devant les assises de Paris, comme ayant offensé la morale publique , en racontant tout haut ce qui se passe chez eux, et la

et la personne du Roi' dans celle des courtisans : le tout conformément à l'article connu du titre... de la loi..... du code des

de

gens

. Voyez le réquisitoire signé Jacquinot Pampelune.

cour, commençant par ces mots : Qui n'aime

pas Cottin , n'estime point son Roi , etc.

Et doit en conséquence ledit Paul, ci-devant canonnier à cheval, aujourd'hui vigneron, laboureur, bûcheron, etc., etc., comparoir en personne aux assises de Paris, le 27 du présent mois, pour s'ouïr condamner à faire aux courtisans, fainéans , intrigans, réparation publique et amende honorable, déclarant qu'il les tient pour valets aussi bons, aussi bas, aussi vils, aussi rampans que furent oncques leurs pères et prédécesseurs; qu'à tort et méchamment il a dit le contraire; et en même temps confesser, la hart au cou, la torche au poing, que le passé seul est bon, que le présent ne vaut rien, n'a jamais rien valu, ne vaudra jamais rien ; qu'autrefois il y eut-d’honnètes gens et des moeurs; mais qu'aujourd'hui les femmes sont toutes débauchées, les enfans tous fils de coquettes, gạrnemens tous nos jeunes gens, et nous marauds à pendre tous, si Bellart faisait son devoir.

Après quoi ledit Paul sera détenu et conduit ès-prisons de Paris, pour y apprendre à vivre et faire pénitence, sous la garde d'un geôlier gentilhomme de nom et d'armes, qui répondra de sa personne aussi long-temps qu'il conviendra pour

l'entière satisfaction desdits courtisans, gens de cour, flatteurs, flagorneurs, flagornant par tout le royaume, etc., etc.

Voilà, mes chers amis, en quelle extrémité se trouve réduit le bonhomme Paul, que nous avons vu faire tant et de si bons fagots dans son bois de Larçai, tant de beau sainfoin dans son champ de la Chavonnière; sage s'il n'eût fait autre chose ! On l'avait maintes fois averti que sa langue lui attirerait quelque méchante affaire; mais il n'en a tenu compte, Dieu sans doute le voulant châtier, afin d'instruire ses pareils, qui ne se peuvent empêcher de crier quand on les écorche. Le voilà mis en jugement et condamné, ou autant vaut. Car vous savez tous comme il est chanceux en procès. Chaque fois qu'on le volait ici, c'était lui qui payait l'amende. Et de fait, se peut-il autrement? Il ne va pas même voir les juges! Prions Dieu pour lui, mes amis, et que son exemple nous apprenne à ne jamais dire ce que nous pensons des gens qui vivent à nos dépens.

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