La France, l'Espagne et l'Italie au XVIIe siècle

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G. Charpentier, 1877 - Comparative literature - 522 pages
 

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Page 355 - Imite qui voudra les merveilles d'autrui. Malherbe a très bien fait, mais il a fait pour lui : Mille petits voleurs l'écorchent tout en vie ; Quant à moi, ces larcins ne me font point d'envie ; J'approuve que chacun écrive a sa façon ; J'aime sa renommée, et non pas sa leçon.
Page 278 - L'habit qu'il eut sur lui fut son seul héritage, Un lit et deux placets composaient tout son bien ; Ou, pour en mieux parler, Saint-Amant n'avait rien. Mais quoi ! las de traîner une vie importune, II engagea ce rien pour chercher la fortune, Et, tout chargé de vers qu'il devait mettre au jour, Conduit d'un vain espoir, il parut à la cour 5.
Page 349 - Virgile n'ont point escrit en nostre temps et nous ne sçaurions escrire en leur siècle ; leurs livres, quand ils les firent, estoient nouveaux, et nous en faisons tous les jours de vieux.
Page 268 - L'espoir, qui me remet du jour au lendemain, Essaie à gagner temps sur ma peine obstinée, Et, me venant promettre une autre destinée, Me fait monter plus haut qu'un empereur romain. Mais à peine cette herbe est-elle mise en cendre, Qu'en mon premier état il me convient descendre Et passer mes ennuis à redire souvent : Non, je ne trouve point beaucoup de différence De prendre du tabac à vivre d'espérance, Car l'un n'est que fumée et l'autre n'est que vent.
Page 282 - Eloignés du monde et du bruit, Plaisent à mon inquiétude ! Mon Dieu ! que mes yeux sont contents De voir ces bois qui se trouvèrent A la nativité du temps, Et que tous les siècles révèrent, Etre encore aussi beaux et verts Qu'aux premiers jours de l'univers!
Page 355 - Avec toi dormir mes plaisirs. Le sommeil, aise de t'avoir, Empêche tes yeux de me voir Et te retient dans son empire Avec si peu de liberté Que ton esprit tout arrêté Ne murmure ni ne respire. La rose, en...
Page 356 - Sont un mois à connaître, en tâtant la parole, Lorsque l'accent est rude ou que la rime est molle, Veulent persuader que ce qu'ils font est beau, Et que leur renommée est franche du tombeau, Sans autre fondement sinon que tout leur âge S'est laissé consommer...
Page 290 - Là l'enfant éveillé, courant sous la licence Que permet à son âge une libre innocence, Va, revient, tourne, saute, et par maint cri joyeux Témoignant le plaisir que reçoivent ses yeux, D'un...
Page 254 - Qui, bâillants au soleil, se grattent sous l'aisselle; Mettre, au lieu de bonnet, la coiffe d'un chapeau ; Prendre pour se couvrir, la frise d'un manteau, Dont le dessus servit à nous doubler la panse ; Puis souffrir cent brocards d'un vieux hoste irrité, Qui peut fournir à peine à la moindre dépense ; C'est ce qu'engendre enfin la prodigalité.
Page 227 - L'Hébreu sauvé du joug de ses injustes maîtres, Met, pour le voir passer, les poissons aux fenêtres ; Peint le petit enfant qui va, saute, revient, Et joyeux à sa mère offre un caillou qu'il tient.

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