Oeuvres posthumes de d'Alembert, Volume 1

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Page 328 - ... qui font de nouveaux efforts pour plaire ; ils s'éloignent de la nature encore plus que les premiers : le goût, se perd ; on est entouré de nouveautés qui sont rapidement effacées les unes par les autres ; le public ne sait plus où il en est, et il regrette en vain le siècle du bon goût, qui ne peut plus revenir : c'est un dépôt que quelques bons esprits conservent encore loin de la foule.
Page 327 - ... c'est la fantaisie plutôt que le goût qui produit tant de modes nouvelles. Le goût peut se gâter chez une nation; ce malheur arrive d'ordinaire après les siècles de perfection. Les artistes, craignant d'être imitateurs, cherchent des routes écartées; ils s'éloignent de la belle nature, que leurs prédécesseurs ont saisie :-il ya du mérite dans leurs efforts; ce mérite couvre leurs défauts.
Page 322 - ... prompt comme celui de la langue et du palais, et qui prévient comme lui la réflexion; il est comme lui sensible et voluptueux à l'égard du bon...
Page 391 - Les musiciens ont reconnu que la musique qui se chante le plus facilement est la plus difficile à composer : preuve certaine que nos plaisirs, et l'art qui nous les donne, sont entre certaines limites. A voir les vers de Corneille si pompeux, et ceux de Racine si naturels, on ne devinerait pas que Corneille travaillait facilement, et Racine avec peine. Le bas...
Page 324 - ... étudiés, et de ne pas sentir la belle nature. Le goût dépravé dans les aliments est de choisir ceux qui dégoûtent les autres hommes : c'est une espèce de maladie. Le goût dépravé dans les arts est de se plaire à des sujets qui révoltent les esprits bien faits, de préférer le burlesque au noble, le précieux et l'affecté au beau simple et naturel : c'est une maladie de l'esprit.
Page 361 - Ce qui fait ordinairement une grande pensée, c'est lorsqu'on dit une chose qui en fait voir un grand nombre d'autres, et qu'on nous fait découvrir tout d'un coup ce que nous ne pouvions espérer qu'après une grande lecture.
Page 66 - Elle s'est donné bien de la peine pour faire des traités de la. vieillesse et de l'amitié, parce que la nature fait toute seule les traités de la jeunesse et de l'amour. Les maximes des sages, leurs consolations et leurs livres, me rappellent à tout moment le mot du solitaire, qui...
Page 11 - ... dans la mélancolie. Quoique vous ne soyez pas toujours mélancolique , vous êtes sans cesse pénétrée d'un sentiment plus triste encore ; c'est le dégoût de la vie : ce dégoût vous quitte si peu , que si même dans un moment de gaieté on vous proposoit de mourir, vous y consentiriez sans peine.
Page 327 - Le public , amoureux des nouveautés , court après eux ; il s'en dégoûte, et il en paraît d'autres qui font de nouveaux efforts pour plaire; ils s'éloignent de la nature encore plus que les premiers : le goût se perd ; on...
Page 8 - ... fond : Ah ! que je voudrais, vous êtes-vous écriée un jour, connaître le faible de chacun ! Ce trait semblerait partir d'une profonde politique et d'une politique même qui avoisine la fausseté ; cependant vous n'avez nulle fausseté ; toute votre politique se réduit à désirer qu'on vous trouve aimable, et vous le désirez, non par un principe de vanité dont vous n'êtes que trop éloignée, mais par l'envie et le besoin de répandre plus d'agréments dans votre vie journalière.

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