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1 DES

RÉPUBLIQUES ITALIENNES

DU MOYEN ÂGE;

PAR J. C. L. SIMONDE DE SISMONDI,

Correspondant de l'Institut, de l'Académie impériale de Saint-Péters-

bourg , de l'Académie royale de Prusse, des Académies italienne, de
Wilna, de Cagliari, des Géorgofili, de Genève, de Pistoia,

etc.

TOME TREIZIÈME.

| A PARIS,

Chez TREUTTEL et WÜRTZ, Libraires, rue de Bourbon,

n° 17 ;

A STRASBOURG et à Londres, même Maison de Commerce,

M. D. CCC. XVIII.

Hne.

CHAP. Icix. Vrer l'Italie de ses tyrans, et réformer l'Église. 1498. dès lors il n'avoit pas cessé de lui reprocher, au

nom du ciel irrité, la lenteur qu'il apportoit à l'accomplissement de ce grand ouvrage, et de le menacer d'une punition exemplaire. Il avoit voulu faire reconnoître le commencement de cette punition dans la mort successive des deux dauphins, que Charles perdit en bas âge; mais un nouveau châtiment, disoit-il, menacoit encore le monarque abandonné à ses plaisirs, et le jour même où Savonarole devoit faire sur la place de Florence, la terrible épreuve de sa doctrine, en envoyant Dominique Bonvicini, son disciple, au milieu d'un bûcher ardent; le 7 avril 1498, veille du dimanche des Rameaux, Charles VIII fut frappé d'apoplexie dans son château d'Amboise ; on ne put point le transporter hors de la galerie où il se trouvoit alors, passage souillé d'immondices , et le plus déshonnête lieu de léans , dit Comines; on l’y étendit sur un lit de paille, et il y mourut au bout de neuf heures (1).

Charles VIII ne laissoit point d'enfans, et sa couronne passoit à Louis d'Orléans, le plus prochain des princes du sang. Celui-ci étoit né à

(1) Mémoires de Phil. de Comines. L. VIII, ch. XXV, p. 431. - Fr. Belcarii Comment. Rer. Gallic. L. VII, p. 213. · Fr. Guicciardini. Lib. III, p. 187. — Arn. Ferroni Burdig. L. II,

p. 32.

(HAP. XCIX.

Blois le 27 juin 1462; il étoit fils de Charles, petit-fils de Louis, l'époux de Valentine Vis- 1498. conti, et arrière-petit-fils de Charles V. Ceprince, quoique gendre de Louis XI, et plus proche héritier du trône, avoit vécu dans l'adversité ; il s'étoit mis à plusieurs reprises à la tête des partis mécontens en France; il avoit éprouvé tour à tour la prison et l'exil, et il avoit reçu de la fortune la seule éducation qui puisse faire que

les rois sentent comme des hommes. Il étoit déjà âgé de trente-six ans lorsqu'il monta sur le trône sous le nom de Louis XII ; et quoique son esprit ne fût ni vaste, ni susceptible d'une longue contention, quoiqu'il eût donné à connoître sa propre foiblesse, par le besoin constant qu'il avoit eu d'un favori, il inspiroit cependant aux états voisins bien plus de considération et de crainte que Charles VIII, dont on avoit appris à connoître l'extrême inconséquence et l'inapplication (1).

Mais c'étoit surtout aux Italiens que Louis XII pouvoit causer de l'appréhension en montant sur le trône. Il n'avoit jamais cessé d'invoquer les droits de Valentine Visconti son aïeule sur l'héritage de Milan. Pour que ces droits prétendus eussent quelque validité, il auroit fallu cependant que la souveraineté de Milan fût un

(1) Fr. Guicciardini. L. IV, p. 191.

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héritage dévolu nécessairement des pères aux enfans , et non une seigneurie italienne, où le droit du prince n'étoit fondé que sur l'acquiescement présumé du peuple. Il auroit fallu encore que cet héritage pût tomber en quenouille, ce qui étoit aussi contraire au droit français qu'au droit italien. Charles duc d'Orléans, père de Louis XII, alternativement prisonnier des Anglois, et chef de parti dans les guerres civiles de France, n'avoit point pu faire valoir ses prétentions par les armes; à sa mort son fils n'avoit que trois ans. Louis XI cependant s'étoit allié avec les Sforza ; Charles VIII avoit persisté dans la même alliance, et loin de seconder les réclamations de son cousin sur le duché de Milan, c’étoit sur l'appui de Louis-le-Maure, fils de François Sforza, qu'il avoit le plus compté, lorsqu'il avoit entrepris son expédition en Italie. Après avoir éprouvé la mauvaise foi de ce prince, il n'avoit point encore voulu lui ôter tout espoir de réconciliation; tandis qu'au contraire il avoit manifesté de la défiance et de la jalousie contre le duc d'Orléans, lorsque celui-ci, pendant son séjour à Asti, avoiť menacé le Milanez d'une invasion. Mais Louis XII, en montant sur le trône annonça aussitôt les prélentions qu'on l'avoit si long temps empêché de faire valoir. Il ajouta au' titre de roi de France ceux de duc de Milan , et roi des Deux-Siciles

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