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Paris. - Imp. E. CAPIOMONT et V. RENAULT, rue des Poitevins, 6.

RABELAIS

ET

SES OE U VRES

PAR

JEAN FLEURY

LECTEUR EN LANGUE FRANÇAISE A L'UNIVERSITÉ IMPÉRIALE

DE SAINT-PÉTERSBOURG

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35, QUAI DES AUGUSTINS, 35

1877

Tous droits réservés.

KETURLIGE

SEP 27 1377
NEW_York

Imprimerie Trenké et Fusnot, Maximilianovsky pér., 15. Saint-Pétersbourg.

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SOMMAIRE. 1. La consultation en écho. 2. Les ricochets et les cloches. 3. Les sorts virgilianes.

4. Les songes.

5. La
sibylle de Panzouzt. - 6. Raminagrobis et les moines. 7. Les
Dieux en exil. - 8. L'astrologue et les modes de divination.
9. La consultation des trois. L'avis du théologien. 10. L'avis
du médecin. - 11. La fête de la Jalousie. 12. L'attrait du
fruit défendu. 13. Le salaire du médecin. 14. Le docteur
en philosophie et Montaigne. 15. L'avis du fou. 16. Rabe-
lais et Molière. - 17. Rabelais et Colin d'Harleville.

1. Le troisième livre de Pantagruel se passe presque tout entier en conversations, et en conversations dont nous ne comprendrons le but qu'au livre suivant. C'est un défaut assurément; le lecteur, qui ne sait pas où on le mène, aurait le droit de s'impatienter des dissertations qu'il rencontre à chaque pas, et de l'obstination de Panurge à résoudre un problème qui semble mal posé. Mais tout cela s'expliquera plus tard, et nous verrons que ce qui a semblé d'abord un hors d'ouvre, n'a pas été mis là sans but. Nous abrégerons toutefois les conversa

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tions de Panurge, et n'en garderons que ce qu'elles ont de plus caractéristique et de plus piquant.

Panurge, une fois débarrassé de ses dettes, se présente un jour devant Pantagruel, la puce à l'oreille, les lunettes sur le bonnet, et revêtu d'une grande robe arménienne. Disons d'abord que ce costume, qui nous semble étrange, l'était moins alors qu'il ne le serait maintenant. Les courtisans portaient généralement une bague à l'une ou l'autre oreille, à la manière des Hébreux d'autrefois. L'originalité de Panurge, c'était d'y avoir fait enchasser une puce pour faire un mauvais jeu de mots. Les lunettes au bonnet n'étaient pas non plus une chose inouie; les personnages sérieux et occupés portaient souvent des appendices de ce genre quand même ils n'en avaient aucun besoin. Quant à la toge arménienne, Panurge explique qu'étant décidé à la paix à tout prix, il renonce aux armes de guerre, c'est-à-dire à tout ce qui ressemble à des chausses ou pantalons, les pantalons étant, suivant lui, l'arme de guerre par excellence.

Il songe à se marier et demande l'avis de Pantagruel:

<- Mariez-vous, lui dit Pantagruel, si vous en avez envie.

Mais si vous croyez qu'il est mieux pour moi de rester comme je suis, j'aimerais mieux ne me marier point.

Point donc ne vous mariez.

Voire mais, vous savez qu'il est écrit : Ve soli, malheur à qui vit seul. L'homme seul n'a jamais cette gaieté, cette joie qu'on voit éclater entre les gens mariés.

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