Esprit de l'encycloped́ie: ou recueil des articles les plus curieux et les plus interessans de l'encycloped́ie en ce qui concerne l'histoire, la morale, la literature et la philosophie, Volume 1

Front Cover
 

What people are saying - Write a review

We haven't found any reviews in the usual places.

Selected pages

Other editions - View all

Common terms and phrases

Popular passages

Page lxxxiv - ... objets dignes d'intéresser les hommes ; et il eût pu dire, comme ce vieillard de Térence, que rien de ce qui touche l'humanité ne lui était étranger. Science de la nature, morale, politique, économique, tout semble avoir été du ressort de cet esprit lumineux et profond ; et l'on ne sait ce qu'on doit le plus admirer, ou des richesses qu'il répand sur tous les sujets qu'il traite, ou de la dignité avec laquelle il en parle. Ses écrits ne peuvent être mieux comparés qu'à ceux d'Hippocrate...
Page 288 - Ils sont si aveugles qu'ils ne sentent pas que c'est la gloire qu'ils cherchent si curieusement', et si vains, qu'ils osent la mettre dans les choses les plus frivoles. La gloire, disentils, n'est ni vertu, ni mérite ; ils raisonnent bien en cela : elle n'est que leur récompense ; mais elle nous excite donc au travail et à la vertu , et nous rend souvent estimables afin de nous faire estimer.
Page xcv - Pour connaître notre âme, ses idées et ses affections, il n'étudia point les livres, parce qu'ils l'auraient mal instruit : il se contenta de descendre profondément en lui-même; et après s'être, pour ainsi dire, contemplé longtemps, il ne fit dans son traité de l'Entendement humain que présenter aux hommes le miroir dans lequel il s'était vu. En un mot, il réduisit la métaphysique à ce qu'elle doit être en effet, la physique expérimentale de l'âme...
Page lxxxiii - Bacon, né dans le sein de la nuit la plus profonde, sentit que la philosophie n'était pas encore, quoique bien des gens, sans doute, se flattassent d'y exceller; car, plus un siècle est grossier, plus il se croit instruit de tout ce qu'il peut savoir. Il commença donc par envisager d'une vue générale les...
Page xxv - ... tous nos besoins. La nature de l'homme, dont l'étude est si nécessaire ', est un mystère impénétrable à l'homme même, quand il n'est éclairé que par la raison seule; et les plus grands génies à force de réflexions sur une matière si importante, ne parviennent que trop souvent à en savoir un peu moins que le reste des hommes.
Page lviii - ... l'imagination est une faculté créatrice, et l'esprit, avant de songer à créer, commence par raisonner sur ce qu'il voit et ce qu'il connaît. Un autre motif qui doit déterminer à placer la raison avant l'imagination, c'est que, dans cette dernière faculté de l'âme, les deux autres se trouvent réunies jusqu à un certain point, et que la raison s'y joint à la memoire.
Page cxxxiv - En revanche, nous rapporterons l'architecture, la musique, la peinture, la sculpture, la gravure, etc., à la poésie ; car il n'est pas moins vrai de dire du peintre qu'il est un poète, que du poète qu'il est un peintre, et du sculpteur ou graveur, qu'il est un peintre en relief ou en creux, que du musicien qu'il est un peintre par les sons.
Page lxxxiii - Ennemi des systèmes, il n'envisage la philosophie que comme cette partie de nos connaissances, qui doit contribuer à nous rendre meilleurs ou plus heureux : il semble la borner à la science des choses utiles, et recommande partout l'étude de la nature. Ses autres écrits sont formés sur le même plan ; tout , jusqu'à leurs titres , y annonce l'homme de gënie , l'esprit qui voit en grand.
Page 194 - Ainsi je croirais que les âmes qui seront un jour âmes humaines, comme celles des autres espèces, ont été dans les semences et dans les ancêtres jusqu'à Adam , et ont existé par conséquent depuis le commencement des choses , toujours dans une manière de corps organisé : en quoi il semble que M. Swammerdam, le RP Malebranche, M. Bayle, M. Pitcarne, M. Hartsoeker, et quantité d'autres personnes très-habiles, soient de mon sentiment.
Page lxviii - ... et abandonnés sans culture à leurs seules lumières ? Les idées qu'on acquiert par la lecture et par la société sont le germe de presque toutes les découvertes. C'est un air que l'on respire sans y penser, et auquel on doit la vie ; et les hommes dont nous parlons étaient privés d'un tel secours.

Bibliographic information