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quise Du Châtelet, & quelques autres Phi. losophes font du Feu une espèce de substance spirituelle. Oferai-je le dire ? Il a été un tems, où l'impiété conduisoit les Hommes au matérialisme. L'envie de briller , & le desir d'écrire des choses nouvelles & fingulières, les pousse aujourd'hui au Spiritualisme. Le Père Mallebranche a dit qu'il n'y avoit aucune preuve Métaphisique qu'il y eut des corps. Incesfemment on assurera qu'il n'y en a point. On a déjà avancé que les premières parties qui les compofoient ne font pas matière. N'est-ce pas avoir fait un chemin considérable ? Je crois que c'est être arrivé au but.

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ANS tous les Feux, on trouve des sels,

des foufres, de l'air , & de la matière étherée mélée ensemble. Dès qu'une de ces substances manque, le Feu ne peut avoir lieu. Dès qu'elles sont réunies, il paroit & se manifeste aux yeux par le moyen du mouvement

On ne peut donc s'empêcher de conclure que sa nạ.

ture

ture doit resulter du mélange de ces différentes substances. Si une vient à manquer, il n'y a point de Feu. L'air , la mą. tière étherée, & les soufres mêlés ensemble n'en produisent point. Les fels, les foufres, & la matière étherée n'en donnent pas davantage. Le Feu s'éteint dans la Machine du vuide, dès qu'on a pompé l'air. Il est vrai qu'il y a quelques Feux qui s'y soutiennent. C'est parce qu'ils sont composés de sels volatils, & de soufres extrêmement exaltés. Le peu d'air qui reste dans le récipient suffit pour composer, 'avec la matière étherée & les deux autres substances, un Feu qui peut subsister.

PLUSIEURS Chimistes soutiennent que les soufres sont inflammables fans étre mêlés avec des sels. Pour le prou. ver, il faudroit qu'il y eut des soufres exemts de sel qui pussent s'enflammer; mais il n'y en eụt jamais. C'est ce que le Père l'Ozeran de Fieze a très bien objecté aux Chimistes. „Selon eux, dit-il,

l'huile , ou le soufre, se tire toujoursim, pure des mixtes, étant toujours mêlée ,, avec des esprits, comme les huiles de

Romarin & de Lavande qui surnagent sur l'eau. Or ces esprits ne font que

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des sels volatils extrêmement exaltés. "

Ou elle est remplie de fels qu'elle en

traine dans la distillation, comme les », huiles de Buis,deGayac &deGerofle,qui )

se précipitent dans l'eau. Pour le soufre commun & minéral, on fait qu'avec l'huîle il contient du fel: on en tire

un esprit qui n'est qu'un sel vitrioli: „ que. Tout cela étant avoué par les

Chimistes mémes, qui veulent que les soufres ou les huiles foient inflammables, sur quoi peuvent-ils appuyer leur sentiment ? "

L A matière immédiate du Feu consiste donc dans un mêlange de sels, de foufre, d'air, de matière éthérée ; & les petites parties de ces quatre substances doivent être desunies, entièrement mê. lées, & assez dégagées de toutes subftances étrangères, pour n'en être point embarassées; sans cela , elles feroient liées par des parties hétérogènes qui les tiendroient séparées, & les serrant les contraindroient à demeurer en repos. Or fans le mouvement, il ne peut jamais y avoir de Feu. Les substances qui le composent ne font sans lui qu'un Corps sans

Le mouvement qui leur donne la forme du Feu est un mouvement de tour

ame.

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billon , qui fait tourner toutes leurs par. ties chacune autour de son propre cen. tre, & plusieurs autour d'un centre commun. La fumée , dit le Phisicien que je

viens de citer , qui se change en flamme, », est composée de la même matière que

le Feu; mais elle n'a pas encore aflez de mouvement pour être Feu: elle ne

devient flamme, que lorsque le mouve»; ment des parties a acquis la vitesse j, nécessaire. Or il est certain que le mou; vement des parties de cette fumée

est un mouvement de tourbillon. On j, le voit à l'ail. On voit la vitesse de ce » mouvement augmenter à mesure que », la fumée qui fort du bois est prête à ,, s'enflammer. Cette vitesse est si rapi», de, l'instant qui précède l'inflammation, se qu'on a peine à l'apercevoir. Donc le ), mouvement de ces mêmes parties, , l'instant suivant, c'est-à-dire lorsque

cette fumée est enflammée, est enco» re un mouvement de tourbillon, le

mouvement qu'elles avoient n'ayant fait qu'augmenter à chaque instant,

& n'y ayant aucune cause qu'on puisse >> soupçonner légitimement d'un mouve

ment différent. On doit d'autant moins a soupçonner ce changement, que le

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» grand

», grand éclat de cette fumée, l'instant », qui précède son inflammation, vient „ apparemment de ce qu'il y a plusieurs

párties qui ont assez de vitesse pour être feu, & donner de la lumière; lu.

mière fans doute qui vient de leur „, mouvement de tourbillon, puisqu'il est , certain qu'elles ont alors ce mouve

ment.

Le mouvement de tourbillon qu'on voit dans les parties de la flamme , lorsqu'elle s'est changée en fumée, nous » prouve encore assez bien que le mou

vement étoit un mouvement de tourbillon avant que la flamme fut changée en fumée. L'expérience nous

montre que l'éclat de la flamme s'affoi„ blit peu à peu, jusqu'à ce que changée en fumée, elle ne donne plus de lumiè.

Cette diminution qui se fait par degrés de la lumière de la fiamme, ne peut venir que de l'affoiblissement ou de la diminution du mouvement des

parties de la flamme, & non du „ changement de leur mouvement en un „ mouvement d'une autre espèce.

re.

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