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l'ame du Monde, n'est point nouveau, C'est celui des Stoïciens, des Pitagori: ciens, & de tous les Philosophes anciens qui faisoient Dieu l'ame du Monde. Car ils entendoient, par la Divinité qu'ils admettoient, un Feu fubtil qui vivifioit l'Univers. Le Père Morgues, qui a si bien dévelopé les diverses opinions des anciens Philosophes dans son Plan Théo. logique du Pitagoricisme, en convient.

Ils croyoient avoir beaucoup fait , dit), il, d'avoir choisi le corps le plus sub

til (le feu) pour en composer l'intellis gence ou l'esprit du Monde, comme

peut voir dans Plutarque. Il faut », entendre leur langage; car dans le nô.

tre, ce qui est esprit, n'est pas corps: ?'

& dans le leur au contraire, on prou,

voit qu'une chose étoit corps, parce », qu'elle étoit esprit. Je suis obligé de

faire cette obferyation, fäns laquelle i, ceux qui liroient avec des yeux mo

dernes cette définition du Dieu des

Stoïciens dans Plutarque: Dieu est », un esprit intellectuel igné, qui m'a

, yant point de forme peut se changer en » telle chose qu'il veut, & reljembler

tous les Etreś, croiroient que ces termes d'esprit intellectuel détermi.

Q?

on le

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nent

nent la signification du terme suivant

à un Feu purement métaphorique Il n'y a donc dans le Sisthème de l'ame du Monde d'autre différence entre les Anciens & Madame la Marquise Du Châtelet , qu'en ce que ces premiers prétendoient qu'elle étoit matérielle , & Dieu même, & que Madame Du Châtelet la suppose incorporelle & crée par Dieu.

. Si les Anciens avoient pensé que l'ame du Monde étoit émanée de la puissance de Dieu par la voye de création, leur opinion m'auroit paru beaucoup plus foutenable

que celle de l'ingénieuse Marquise. Car je crois qu'on peut démontrer que le Feu a des parties étenduës, qu'il est impénétrable , enfin qu'il est matière. C'est ce que nous allons examiner.

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Que le Feu est matière, & qu'il est im

pénétrable. E feu doit être un corps, puifqu’on

le voit, qu'on le touche, qu'il refoût & réduit en poudre les corps les plus mallifs. Or il n'y a qu'un corps qui puis

se

L

si les parties

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se toucher un corps & agir sur lui; & il faut que les parties du Feu soient très folides, puisqu'elles divisent les corps les plus solides. Comment est-ce que l'aiguille d'une Boussole tourneroit au foyer d'un Verre ardent matérielles dont les rayons sont compofés ne la frappoient, & ne déterminoient son mouvement? La solidité emporte nécessairement l'impénétrabilité; & il est absurde de prétendre qu'une chose solide soit pénétrable, c'est-à-dire, qu'une partie de matière en admette une autre en elle-même.

Dès qu'il est prouvé que les parties du Feu sont solides, il est aussi proĮivé qu'elles sont matérielles; & dès qu'elles font matérielles, elles sont nécessairement impénétrables. Si la matière n'étoit

pas

im. pénétrable , bien-tôt les Altres, les Cieux, la Terre s'aprocheroient , se pénétreroient, & se retréciroient infiniment par cette pénétration , & l'Univers feroit detruit. Deux particules unies ensemble, quelques petites, quelques déliées qu'elles soient, forment une étenduë. Car si deux parties ne tiennent point d'étenduë, pourquoi quatre, pourquoi dix en occuperont-elles ? Il faut donc convenir

que chaque partie de la matière est étenduë, folide, & impénétrable. Les parties de Feu font matérielles elles frapent les corps, elles agissent sur nous, causent des sensations de douleur & de plaisir , elles sont folides, elles desallocient l'assemblage des corpuscules les plus durs, elles fondent les Métaux. Elles sont donc impénétrables , puisque tout ce qui est étendu & solide est néces. sairement impénétrable.

POUR éviter la force de ces raisons convaincantes, l'ingénieuse Marquise Du Châtelet soutient que le Feu n'est ni matière, ni esprit; mais un Etre d'une nature mitoyenne. Cette supposition ne peut avoir lieu, & elle est insoutenable: Car enfin, tout ce qui est étendu, & qui agit sur les corps,est matière, comme nous l'avons prouvé d'une manière invincible. Le Feu, non seulement agit fur nous, mais il paroit à nos yeux, nous le voyons, nous en distinguons les diffé. rens effets, nous en considérons avec plaifir les différens mouvemens. S'il n'est pas matière, comment donc pouvons - nous l'appercevoir & le fentir

Il n'y a que deux façons d'exister: ou matériellement, ou fpirituellement.

Tout

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Tout ce qui a des parties étenduës & solides, est matière. Tout Etre , qui n'a point de parties étenduës, est esprit. Mais, dira-t-on, l'espace existe;cependant il n'est ni matière, ni esprit: on peut donc exister, sans exister matériellement ou spirituellement ; & il y a peut-être une infi. nité d'Etres dans l'Univers qui sont très différens de ceux que nous connoissons. Je répondrai à cette objection, que par. tout où il y a de l'étenduë, il y a de la matière , & que l'espace des corps

n'est point distinct des corps. D'ailleurs, quand

'admettrois le Vuide, loin de le regarder comme un Etre, je le considererois au contraire comme la privation de tout Etre.

Lacoutume d'admettre des Etres, dont nous n'avons aucune idée, & dont même la nature est contraire aux notions les plus claires, est venuë à la mode dans ces derniers tems. Mr. Boulier a forgé une spiritualité particulière, qui tient un milieu entre la matière, & la spiritualité de l'ame Humaine. Il a reglé que cette nouvelle fpiritualité feroit mortelle, & en a fait l'ame des Bêtes. Les Leibnitiens ont inventé leurs Monades, qui n'ont. point d'étenduë & de parties , & forment cependant l'étenduë & les corps. La MarQ4

quise

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