La chaumière indienne

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Popular passages

Page 40 - ... à allumer du feu. Il sentit alors par son expérience toute la faiblesse de ses ressources, et il se mit à pleurer. Virginie lui dit : « Ne pleure point, mon ami, si tu ne veux m'accabler de chagrin. C'est moi qui suis la cause de toutes tes peines, et de celles qu'éprouvent maintenant nos mères. Il ne faut rien faire, pas même le bien, sans consulter ses parents. Oh ! j'ai été bien imprudente ! » Et elle se mit à verser des larmes. Cependant elle dit à Paul : « Prions Dieu, mon frère,...
Page 75 - Tiens, ma bienaimée, prends cette branche fleurie de citronnier que j'ai cueillie dans la forêt; tu la mettras, la nuit, près de ton lit. Mange ce rayon de miel; je l'ai pris pour toi au haut d'un rocher. Mais auparavant, repose-toi sur mon sein, et je serai délassé.
Page 174 - ... revenant sur ses pas avec une nouvelle furie, elle le couvrait d'énormes voûtes d'eau qui soulevaient tout l'avant de sa carène, et rejetaient bien loin sur le rivage le malheureux Paul, les jambes en sang, la poitrine meurtrie, et à demi noyé. A peine ce jeune homme...
Page 74 - Au matin de la vie, ils en avaient toute la fraîcheur ; tels, dans le jardin d'Eden, parurent nos premiers parents, lorsque, sortant des mains de Dieu, ils se virent, s'approchèrent et conversèrent d'abord comme frère et comme sœur : Virginie, douce, modeste, confiante, comme Eve ; et Paul, semblable à Adam, ayant la taille d'un homme, avec la simplicité d'un enfant.
Page 76 - Tu me demandes pourquoi tu m'aimes : mais tout ce qui a été élevé ensemble s'aime. Vois nos oiseaux : élevés dans les mêmes nids, ils s'aiment comme nous ; ils sont toujours ensemble comme nous. Écoute comme ils s'appellent et se répondent d'un arbre à l'autre. De même, quand l'écho me fait entendre les airs que tu joues sur ta flûte, au haut de la montagne, j'en répète les paroles au fond de ce vallon.
Page 44 - Comme il était dans cette perplexité, une troupe de noirs marrons se fit voir à vingt pas de là. Le chef de cette troupe, s'approchant de Paul et de Virginie, leur dit: ,,Bons petits blancs, n'ayez pas peur; ,, nous vous avons vus passer ce matin avec une négresse de ,,la Rivière-Noire; vous alliez demander sa grâce à son ,,mauvais maître. En reconnaissance, nous vous repor,,terons chez vous sur nos épaules.
Page 33 - C'était un grand homme sec, olivâtre, aux yeux enfoncés et aux sourcils noirs et joints. Virginie, tout émue, tenant Paul par le bras, s'approcha de l'habitant, et le pria, pour l'amour de Dieu, de pardonner à son esclave, qui était à quelques pas de là derrière eux. D'abord l'habitant ne fit pas grand compte de ces deux enfants pauvrement vêtus; mais quand il eut remarqué la taille élégante de Virginie, sa belle tête blonde sous une capote bleue, et qu'il eut entendu le doux son de...
Page 60 - Le malheur ressemble à la montagne noire de Bember, aux extrémités du royaume brûlant de Lahor ; tant que vous la montez, vous ne voyez devant vous que de stériles rochers ; mais quand vous êtes au sommet, vous apercevez le ciel sur votre tête, et îi vos pieds le royaume de Cachemire.
Page 21 - Je n'arrivais point de fois ici que je ne les visse tous deux tout nus, suivant la coutume du pays, pouvant à peine marcher, se tenant ensemble par les mains et sous les bras, comme on représente la constellation des Gémeaux. La nuit même ne pouvait les séparer : elle les surprenait souvent couchés dans le même berceau, joue contre joue, poitrine contre poitrine, les mains passées mutuellement autour de leurs cous, et endormis dans les bras l'un de l'autre.
Page 45 - Nous venons, dit Virginie, de la Rivière-Noire, demander la grâce d'une pauvre esclave marronne, à qui j'ai donné, ce matin, le déjeuner de la maison, parce qu'elle mourait de faim ; et voilà que les noirs marrons nous ont ramenés. » Madame de La Tour embrassa sa fille sans pouvoir parler; et Virginie, qui sentit son visage mouillé des larmes de sa mère, lui dit : « Vous me payez de tout le mal que j'ai souffert! > Marguerite, ravie de joie, serrait Paul dans ses bras, et lui disait :...

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