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ration les arbres consacrés aux démons, se permit d'en couper soit un rameau, soit une greffe. Ces arbres devaient être arrachés avec leurs racines et brûlés en entier, mais on dut, dans plusieurs cas, élader cette prescription absolue, en les ornant de pieuses images, de même qu'on surmonta de croix les pierres druidiques comprises dans le même anathème'. Cette dernière traduction est de M. de Courcy, dans son Itinéraire de Saint-Pol i Brest.

Salapius dut mourir peu après la tenue de ce concile.

La suite prochainement.

J. de KERSAUSON

· Dom Morice, t. p. cos. 220.
: Rer. de Bret. et Vendée t VI, p. 306-307.

NOTES SUR LE DIOCÈSE DE VANNES

AU XVIII SIÈCLE

Extrait d'un manuscrit de Cillart de Kerampoul

I

son

Dans remarquable Pouillé historique de l'ancien diocèse de Vannes, M. l'abbé Luco, énumérant les travaux de Claude-Vincent Cillart, sieur de Kerampoul, recteur de Grandchamp de 1732 à 1749, signale' « un important manuscrit sur les bénéfices du diocèse de Vannes, conservé aux archives départementales. » Ce manuscrit, don de M. Louis Galles, est classé dans la série I. Il forme un volume, petit in-folio, de 225 pages numérotées. Il est cartonné et recouvert de parchemin. Sur le dos, on lit « Notice || de || Vanes. » Mais le titre complet, inscrit sur le premier feuillet, est celui-ci : « Notice || de tous les Bénéfices du Diocèze de Vannes | on Bretagne. » L'écriture est très nette et très lisible.

Pour chaque paroisse, Cillart de Kerampoul a dressé un tableau divisé en quatre compartiments. On y trouve : 1° le nom des bénéfices et chapelles en français et en breton; 20 la nature des bénéfices, le tilulaire et le patron ; 3° le nominateur ou présentateur aux bénéfices; 4° la distance séparant les bénéfices et chapelles des villes, des paroisses ou des bénéfices voisins.

· Un vol. in-8° de 899 pp. Vannes, imp. Galles. 1881.

- P. 261.

Au-dessous de ces indications et sous le titre différents traits, l'auteur a groupé une série de renseignements concernant les patrons des bénéfices, la quotité des dîmes, le mode de perception des fruits, les usages, les mæurs, les traditions. M. l'abbé Luco s'est attaché à recueillir dans le Pouillé historique, après avoir soumis chaque assertion à un sérieux examen et à une scrupuleuse étude, tout ce qui avait trait aux patrons et aux revenus des bénéfices. Mais le plan de son æuvre lui imposait l'obligation d'éliminer le plus souvent les critiques de l'érudit recteur de Grandchamp à l'adresse de ceux de ses confrères qui lui refusaient les indications nécessaires à son travail, ses réflexions railleuses au sujet de certaines coutumes, ses étymologies, ses digressions historiques. Cette partie anecdotique nous a semblé pouvoir offrir quelque intérêt aux lecteurs de la Revue historique de l'Ouest. Après avoir résumé brièvement la vie de Cillart et indiqué ses travaux, nous reproduirons une partie de ses Notices, dans l'ordre indiqué par le manuscrit, en laissant de côté toutefois certains étails i nutiles et quelques attaques personnelles.

II

Claude-Vincent Cillart naquit à Sarzeau, le 10 août 1686' et fut tenu sur les fonts du baptême par messiry Claude Marquet, recteur de Pontivy et par demoiselle Vincente Cillart, dame du Gouévert. Claude-Vincent était fils de François’, écuyer, sieur de Kérampoul, sénéchal de Rhuys et

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• Registres paroissiaux de Sarzeau, 1686.

· François était fils de Jacques qui fut aussi sénéchal de Rhuys. Le 11 septembre 168i, François épousa à Sarzeau demoiselle Françoise Jocet, dame de Kervillart, fille de messire Sébastien Jocet et de dame Gatienne Bonfils, seigneur et dame de Kervillart, Keralvé (aujourd'hui Keralier), Pommerave, etc.

de dame Renée-Louise Marquet, seur du recteur de Pontivy. François Cillart devint veuf, quelques années après la naissance de Claude-Vincent et se remaria, le 22 septembre 1693, avec demoiselle Jeanne-Françoise Daviers, fille de noble maître Sylvestre Daviers, avocat en la cour et sénéchal de la juridiction de Saint-Gildas. Nous n'avons pu recueillir qu'un petit nombre de détails sur l'ensance et la jeunesse de l'abbé Cillart. Sa présence est signalée, tantôt au château de Kéralier, en Sarzeau où habitait son père, tantôt au presbytère d'Arradon, où son oncle et parrain, Claude Marquet, qui avait élé chargé de sa tutelle, était recteur depuis le 29 octobre 1702. Au mois de mai 1708, Cillart reçut son titre clérical : il n'était que diacre et résidait à Keralier, à la fin de 1710 ou au commencement de 1711, lorsque son oncle résigna en sa faveur, entre les mains du Pape'. Les listes des ecclésiastiques du diocrise de Vannes au dix-huitième siècle, publiées par M. l'abbé Max Nicol, dans la Semaine religieuse?, ont malheureusement une lacune de quelques années et ne nous permettent pas de donner la date précise de son élévation à la prétrise. Sa première signature avec la mention « recteur d'Arradon » se trouve au pied d'un acte de baptême du ?i octobre 1711'bis. Il demeura à Arradon jusqu'à la fin de 1721. A cette époque, pourvu par la cour de Rome du rectorat de NoyalPontivy, il prit, le 27 décembre, possession de ce nouveau siège. Un des auteurs de la Biographie bretonne it. Ie' p. 332, vol. I) raconte qu'il dut quitter cette cure « pour avoir, dit-on, refusé d'encenser la duchesse de Rohan, un jour qu'elle assistait aux offices divins dans l'église de cette paroisse. »

· Pouillé, p. 117.
2 Années 1885 et 1886.

bis Registres paroissiaux d'Arradon. Année 1711. Archives du greffe du tribunal de Vannes. Bien que le Pouillé indique, p. 459, la date du 27 décembre 1721 pour la prise de possession de la cure de Noyal-Pontivy, la dernière signature donnée comme recteur d'Arradon par Cillart de Kerampoul, suit un acte d'inhumation du 17 avril 1722.

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L'évêque le pourvut, le 9 décembre 1732, du rectorat de Grandchamp où il fut installé le 14. Sa signature figure pour la première fois sur les registres paroissiaux de Grandchamp au pied d'un acte d'inhumation du 2 janvier 1733.

Les archives du Présidial de Vannes contiennent quelques pièces de procédure concernant une plainte portée par cinq habitants de Grandchamp contre leur recteur, au mois d'avril 1741, à propos de certains ab:is d'autorité qu'ils lui imputaient. Le Parlement ordonna un enquête qui fut confiée au Présidial par arrêt du 2 mai'. L'enquête et l'arrêt d'finitif ne se trouvent pas dans le dossier. Dans le registre paroissial de 1747, à la date du 30 novembre, Cillart a mentionné la bénédiction et nomination par Jean-Félix-Henri de Fumel, abbé de Belle-Perche au diocèse de Montauban), grand chantre de la cathédrale et vicaire général du diocèse de Vannes, de trois cloches, l'une de mil deux cent quarantedeux livres, nommée Angélique de Saint-Tugdual, pour la paroisse, la seconde, de trois cent quarante livres, nommée Roze-de-Sainte-Marie-de-Burgos, pour la chapelle du Burgos, la troisième de soixante-et-onze livres, nommée Marie de Saint-Gobrien pour la chapelle frairienne domestique du château de Kerléguin, presbytère de la paroisse. « Toutes » trois, ajoute le rédacteur du procès-verbal, sans compères » et sans commères, ayant habilement prétexté qu'on en » avait ôlé leurs armes qui n'y avoient point été mises ; les» dites bénédixions et nominacions en présence et aux accla» mations de tous les paroissiens et des soussignants. »

Au mois d'avril 1749, l'abbé Cillart se trouvant à Locminé où il présidait une mission, tomba dangereusement malade; les derniers sacrements lui furent administrés par JacquesAlexis Le Tallec, recteur de Plumelin. Cillart mourut le 27 avril, à 7 heures du matin, au presbytère de Locminé. Conformément aux dispositions de son testament, son corps

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! Série B. 1223.

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