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Kariondus ou Karmundus, Kariandus, Cariundus, Carvindus, Carmundus, originaire d'Auvergne, d'autres disent Saxon ou Breton, fut envoyé par saint Sidoine Apollinaire voir Nonnéchius, son neveu, évêque de Nantes. Kariundus était juif mais Nonnéchius le converlit, le fit chrétien, et lui donna une éducation tellement supérieure qu'il le rendit digne de lui succéder sur le siège de llantes, ce qui arriva en l'an 475, sous le pontificat de saint Simplicius et le règne d'Hoël I, en Bretagne. Ce fut ce prélat, dit Albert-le-Grand, qui bâtit le premier temple en l'honneur de saint Donatien et saint Rogatien, hors des faubourgs de Nantes, au lieu où les saints martyrs avaient été ensevelis. Un acte de 1160, qui en réfère à un autre de 576, parle de Cauriundus évêque de Nantes. Missirien fait mention de cet acte. Le père Hardouin dans ses conciles, (t. III p. 988. Lettre c), nous a donné un privilège accordé à l'église Saint-Denys et souscrit par l'évêque Kariondus ; mais ce prélat n'a pu souscrire le privilège dont il s'agit, l'abbaye de Saint-Denis et son église n'ayant été fondées par Dagobert que deux cents ans après environ.

Kariundus mourut, d'après Albert de Morlaix, le mardi 27 octobre 492, et fut inhumé dans l'église qu'il venait de faire ériger.

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Cerunius, vel Cerimius, Cermicus, Cernicius, qui fut sacré, la même année, 492, était natif de Nantes et fils d'un noble sénateur. C'est à lui que l'on doit l'érection de l'église Saint-Clément, aux faubourgs, dans laquelle il fut enseveli, le yendredi 2 octobre 498. De son temps, les Saxons, sous la conduite de Marcil Chillon, tinrent la ville de Nantes étroitement assiégée pendant deux mois. Le comte Budic, qui s'y était enfermé, la défendait. Grégoire de Tours rapporte que les assiégeants se retirèrent subitement, saisis de frayeur en voyant au milieu de la nuit, une procession venue de l'église de Saint-Donatien, s'avancer à la rencontre d'une autre procession qui sortait de l'église de Saint-Similien ; après s'être joints, les deux cortèges s'arrêtèrent, prièrent ensemble, et retournèrent ensuite dans les églises d'où ils étaient partis, Dom Lobineau estime qu'il n'y avait rien de surnaturel dans cette apparition et que les deux processions étaient composées des habitants des deux paroisses : ceux-ci n'ayant osé célébrer pendant le jour cette solennité, par la crainte que leur inspiraient les troupes de Chillon, la célébrèrent la nuit. Mais tel n'est pas le récit de saint Grégoire dans son ouvrage (De Gloria mart. lib. I, C. 60).

- C'est de ce saxon (Marcil ou Mars Chillon), dit Travers, à qui nous empruntons ce récit, que le faubourg supérieur de la ville, par lequel il en faisait l'attaque, a pris vraisemblablement le nom de : Marcil, aujourd'hui (1750) le Marcis (Marchix).

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Clemens, vel Clematius, Clemanus, Clemarius, Clément, archidiacre de Nantes, dit Albert-le-Grand, fut élu évêque de Nantes après Cerunius, et sacré par Volusianus de Tours sous le pontificat de saint Symmaque et le règne d'Hoël II, en Bretagne. Il fonda, dit-on, l'église de Saint-Saturnin, à Nantes et mourut le mercredi 13 novembre 502; il fut enseveli à Saint-Similien.

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Epiphanius, Epifanius, sanctus Epifanius, vel Epigonius, succéda à Clemens. Au catalogue des évêques de Nantes, par l'abbé Trévaux, p. 58, nous lisons ce qui suit : « Pierou

. « » remplaça, dit-on, Clément, sur le siège de Nantes et assista » au concile d'Agde, en 506 ; mais son existence comme » évêque de Nantes, n'est pas bien certaine. » Cette existence d'un évêque nommé Pierou est d'autant moins certaine qu'il n'en a jamais existé en effet de ce nom. Mais nous trouvons parmi les évêques souscripteurs du concile d'Agde, tenu en 506, sous le consulat de Messala, la vingt-etunième année du règne d'Alaric II, roi des Visigoths, le 3 des ides de septembre, la signature suivante : Petrus episcopus de Palatio ; Pierre, évêque du Palait ou Palais, ou plutôt le Pallet, près Clisson, faisant partie du diocèse de Nantes. Il est donc plus que probable que la souscription dont nous parlons était celle de l'évêque de Nantes, qui signait du lieu d'une de ses résidences, comme nous avons vu précédemment, un évêque de Poitiers signer : évêque de Riez ou Raiz. Seulement cette signature ne peut appartenir à Clément, mort en 502; elle est donc le fait de son successeur qui, en outre du nom d'Epiphanus ou Epigonius, portait celui de Petrus, Pierre. Cette explication sera, nous n'en doutons pas, admise par tout le monde. Epiphanius, gentilhomme du pays d'Anjou, était d'une naissance illustre. Renommé pour sa charité, il donnait l'exemple de la plus grande piété. Les calamités qui, selon l'expression de Salvien, débordaient alors de toutes parts, demandaient un homme qui fit honneur au diocèse de Nantes. Epiphanius fut à la hauteur de cette tâche. Il était marié lorsqu'il fut appelé à l'épiscopat. Sa femme, dont il se tenait éloigné depuis son élévation au sacerdoce et à la dignité d'évêque, ayant voulu le surprendre, le trouva, dit-on, dans sa chambre, ayant sur son sein un agneau blanc comme la neige et éclatant comme la lumière. Cette femme, qui se croyait méprisée, reconnut (dit Grégoire de Tours, qui rapporte cette merveille dans son livre de la Gloire des Confesseurs chap. 18, d'après le récit que lui en avait fait saint Félix), que l'évêque Epiphane ne se séparait d'elle qu'en raison de son élévation à l'épiscopat qui ne lui permettait plus de vivre désormais avec sa femme.

Epiphane assista aussi au premier concile d'Orléans, tenu le 19 juillet 511' (Labbe, t. IV, concil.) par autorité du pape Symmaque et de Clovis, premier roi chrétien. Il s'y rencontra avec saint Melaine de Rennes et Modeste de Vannes. De cette assistance au concile d'Orléans, le P. Sirmond et dom Ruinart ont conclu à tort que Clovis était maitre de Nantes. Les évêques des différentes nations assistaient aux conciles de la nation et de la province. Les Francs et les Armoricains étant alliés, il n'est point surprenant dès lors que l'évêque de Nantes ait pris part à cette assemblée, quoique n'étant pas sujet de Clovis. Selon quelques auteurs, Epiphanius fit le voyage de Jérusalem, d'où il apporla des reliques de saint Etienne, mort en 527 et non en 518, comme le dit Travers, il fut inhumé dans une chapelle qu'il avait fait élever en l'honneur du premier martyr, près de l'église des saints Donatien et Rogatien. — Biré, dans son Epimasie, p. 53. D'Argentré, Chenu, Charon, MM. de SainteMarthe. Bollandus, T'. I, janvier p. 33. – Mabillon 2. Act. Bened 456 n. 46 – le P. Le Cointe, 3 Annal. Franc., a 530, n. 5

. Dom Lobineau, dans sa Vie de saint Melaine. - M. Baillet et plusieurs autres, font succéder Marsus à Epiphanius, et croient en trouver la preuve dans l'auteur de la vie de saint Melaine. On est étonné de voir tant de savants se méprendre si étrangement. D'abord, les deux catalogues manuscrits du onzième et du douzième siècle, ayant appartenu à la reine Christine de Suède, ne parlent pas de Marsus. En outre, le Breviaire de Rennes, de l'an 1552, qui en parle, dit expressé

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ment qu'il n'était pas évêque et parle de « sancti Marsi, confessoris, non episcopi » Le missel de la même église de l'an 1588, le signale au 21 juin, comme simple prêtre. Bandonet, dans ses Evêques du Mans, nous apprend qu'on voit à Saint-Melaine-lez-Rennes, un ancien tableau des obsèques du saint évêque, où Marsus n'a point rang parmi les évêques, mais qu'il est placé parmi les simples prêtres. On ne peut donc l'admettre dans les catalogues.'

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Eumélius II vel

Eumerus, Emnerus, Eumerius, Evhémérus, originaire du pays d'Orléans, et de noble extraction, succéda la même année (527) à Epiphanius, sous le pontificat de saint Félix IV et le règne d'Hoël·le-Grand, en Bretagne.

Evhémérus, était un prélat de grand mérite, et la régularité de sa vie était tout à fait exemplaire”. Il était diacre de Nantes, lorsque Leutard, qui avait perdu la vue à son service, et qu'il retint toujours dans sa maison, la recouvra au tombeau de saint Martin, où il avait été mené après six ans de cécité. (Grégor. Turon, de Mirac. Sancti Martini, l.4,c. 20). Elevé à l'épiscopat, Evhemerus se fit encore remarquer davantage par ses qualités supérieures; car, s'il fut juge de son peuple, par sa qualité d'évêque, il en fut encore le père, par sa bonté. Tous les pélerins éprouvaient, les effets de son hospitalité ; il distribuait de grands biens aux pauvres, visitait les malades avec un soin paternel, les disposait à bien mourir, faisait, par lui-même, toutes les fonctions de pasteur, autrefois

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· Voir la Revue de Bretagne et de Vendée, janv. 1885.

* Si cette expression régularité de mours revient souvent sous notre plume à propos des évêques de Nantes, de cette époque, c'est qu'hélas ! en ces temps troublés, le clergé, même revêtu des plus hautes dignités, ne donnait pas toujours l'exemple de ce côté.

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