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Ernest Moret est mort le 11 juillet 1858, à l'âge de trente-quatre ans, avant d'avoir terminé l'auvre qu'il avait entreprise et qu'il se proposait de continuer jusqu'à la révolution de 1789. Initié de son vivant au plan qu'il s'était tracé, nous avons reçu après sa mort la douloureuse mission de réunir ses manuscrits et de coordonner ces pages qui portaient l'empreinte encore toute récente du labeur qu'il a poursuivi avec un inépuisable courage jusque dans ses derniers jours. C'est ainsi que nous pouvons dès à présent annoncer la prochaine publication de deux volumes, qui avec le premier, publié en 1851, contiendront la première période du xviirsiècle, sous le titre de Quinze Ans du règne de Louis XIV.

L'auteur, jaloux de répondre par de constants efforts aux bienveillantes critiques dont le premier volume avait été l'objet, se proposait de le refondre entièrement et de l'enrichir de documents tout nouveaux. Espérance vaine ! ses forces l'ont trahi trop tôt. Les volumes que nous publions ne contiennent pas son dernier mot, et nous savons pertinemment que si quelques chapitres étaient complétement terminés 1, le plus grand nombre devait recevoir des développements considérables. Tel qu'il est, toutefois, cet ouvrage mérite l'attention du public, ne serait-ce que par des épisodes entièrement inédits.

En acceptant la mission que nous a confiée une pieuse sollicitude, nous nous sommes imposé pour premier devoir de respecter scrupuleusement le texte de l'auteur, et si parfois nous avons rencontré quelques lacunes regrettables, il nous a toujours été facile de les combler à l'aide de l'immense quantité de matériaux qu'il avait réunis.

Nous ne terminerons pas sans ajouter que nous croyons etre l'interprète impartial de tous ceux qui

· Notamment les chapitres xiv du lle volume et xvi et xvu du Ille qui ont été lus à l'Académie des sciences morales et politiques, dans les séances publiques des 29 août, 5 septembre et 10 octobre 1857.

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ont connu Ernest Moret, en disant que son ardent amour du juste et du bien et sa patience infatigable à rechercher la vérité lui avaient dès longtemps concilié l'affection et l'estime de chacun, et que sa fin si prompte et si prématurée a valu des regrets unanimes à sa mémoire.

EDMOND SALLARD.

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